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Premiers pas en traction bovine Créhen avec Vroom (22) 2026

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Vroom, du petit veau au bouvier

Dans le petit village côtier de Créhen, dans les Côtes-d’Armor, se trouve une ferme laitière en agriculture biologique. Ici, les paysans sont profondément investis dans l’éducation à l’environnement et la sensibilisation à la cause paysanne.

Cette volonté d’ouverture se traduit au quotidien : stagiaires, parents et enfants du bourg franchissent régulièrement les portes de la ferme. Certains viennent chercher du lait, d’autres participent à la traite, aux soins des animaux ou simplement découvrir la vie de la ferme. La ferme est également ouverte aux visiteurs curieux de comprendre le quotidien de la paysannerie.

Les animaux, habitués à cette présence humaine, vivent au contact des visiteurs. Certains d’entre eux apprécient même particulièrement les caresses et les câlins des enfants.

La naissance de Vroom
C’est dans cette ferme qu’un jour est né un tout petit veau.

Issu d’un croisement de Jersey, de Montbéliarde et de Prim’Holstein, il était si petit que, malgré ses grands yeux de biche et son adorable bouille, sa valeur économique était quasi nulle.

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Cette semaine-là, Marie était en stage à la ferme dans le cadre de ses études d’ostéopathie animale. Face à la situation, la décision n’était pas simple. Que faire de ce petit veau qui, en grandissant, deviendrait pourtant un bœuf puissant ?

Une idée lui fut alors proposée : et si Marie l’adoptait ?Commence alors un terrible dilemme. Que faire d’un petit veau différent des autres, plus petit, plus fragile, dont l’avenir dans le circuit classique semblait bien incertain ? Mais que deviendrait-il si personne ne lui donnait sa chance ?

Après quelques jours de réflexion, Marie prit finalement la décision de l’adopter.

Le petit veau fut baptisé Vroom.

De l’ostéopathie à la traction
Pendant toute sa jeunesse, Vroom accompagna Marie dans son apprentissage de l’ostéopathie animale. Les manipulations, les soins et les contacts réguliers avec l’être humain ont progressivement contribué à en faire un animal particulièrement doux et docile.

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Une relation de confiance s’est ainsi construite entre eux, et Marie lui a probablement sauvé la vie en lui offrant une autre destinée que celle qui lui était initialement promise.

Mais l’histoire de Vroom ne s’arrête pas là.

La ferme accueille également des chevaux de trait bretons, qui viennent y apprendre le travail de traction animale et l’attelage, encadrés par Sylvaine. Alors, forcément, une idée a commencé à germer : pourquoi ne pas proposer, à lui aussi, une formation à la traction ?

Après tout, Vroom avait déjà les qualités essentielles : la force d’un futur bœuf, mais surtout un tempérament calme, curieux et proche de l’humain.

Les premiers pas d’un bouvier
C’est ainsi qu’à la ferme biologique Hamoniaux, à Créhen, dans les Côtes-d’Armor, nous avons commencé à faire nos premiers pas dans l’univers de la traction bovine.

Avec Vroom, nous découvrons peu à peu ce métier de bouvier : apprendre à communiquer avec l’animal, comprendre ses réactions, travailler dans le respect de son rythme et construire, séance après séance, une relation fondée sur la confiance.

Vroom n’était peut-être pas destiné à grand-chose aux yeux de l’économie agricole.

Mais il avait une autre histoire à écrire.

Celle d’un petit veau devenu un grand bœuf, d’un animal sauvé par une rencontre, et peut-être, bientôt, celle d’un véritable compagnon de travail.

Voici donc l’histoire de Vroom, notre petit bouvier, et de nos premiers pas dans la traction bovine.

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Article « Cerdagne : à Béna, les bouviers font vivre la traction bovine » Journal la semaine du roussillon 2026 (66)

Début octobre, l’Association française des meneurs de bovins a tenu son rassemblement annuel à Béna, au-dessus d’Enveitg. Des participants venus de toute la France ont témoigné de leurs savoir-faire, démontrant que le bœuf a une belle place et un bel avenir dans le travail comme dans le loisir.

Des bouviers attachés à des pratiques moins intensives

Malgré la place prépondérante du tracteur en agriculture, quelques irréductibles bouviers résistent en France. « Tu ne peux pas forcément vivre en faisant de l’agriculture avec un attelage, mais selon le type d’exploitation il n’y a pas besoin de tracteur, explique Paul Libmann, ancien vétérinaire rural de Cerdagne et Capcir. Les bouviers qui se rassemblent portent des traditions, ils veulent conserver et transmettre leurs savoir-faire, ils sont contre l’élevage et l’agriculture intensifs et leur philosophie de travail consiste à respecter d’abord le sol, ce qui est possible avec des bœufs. »

C’est le cas par exemple de Jo, retraité de 78 ans dans la Creuse, mais bouvier toujours actif. Il dit être « né sous les vaches » et travailler un hectare de légumes grâce à une bête. « Mon fils a quatre vaches de travail. Notre approche consiste à se focaliser sur la petite agriculture spécialisée, qui demande une grande précision. »Pour leur part, Matthieu et Stéphanie, maraîchers du Maine-et-Loire, travaillent avec des vaches de race nantaise, dont une génisse qu’ils conduisent aux rênes.

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Un meneur et sa paire de bœufs avancent dans un chemin de Béna, au-dessus d’Enveitg. © F.J.

Du travail agricole à la médiation animale

Mener un bœuf ou une vache dans les champs relève d’une passion du dressage et de la relation avec l’animal. Mais le bovin est de plus en plus utilisé dans d’autres domaines. Ainsi cet agent animalier et dresseur de bœufs du parc d’attractions vendéen le Puy du Fou a créé une académie pour la valorisation bovine en traction, en médiation animale et en figuration artistique.« J’ai trois paires de bœufs en médiation auprès de publics handicapés, âgés ou délinquants. Nous avons l’image du bovin pour le lait et la viande mais il y a tout un relationnel avec ces animaux. »À Béna, Eline Hoefsloot, éthologue et hôte de ce rassemblement, sait éduquer des vaches de race Galloway pour la balade. Le rassemblement 2026 s’est d’ailleurs déroulé à la ferme Can Llull et était consacré notamment à l’éthologie, aux bovins de loisir et aux bovins de travail.

Une association créée pour transmettre les savoir-faire

L’association a été créée en 2023 par deux jeunes amoureux des bovins. Avant de fonder ce collectif qui regroupe aujourd’hui plus de 140 adhérents, la présidente Léonnie Biteau et le trésorier Corentin Huber ont chacun accompli une marche de plusieurs semaines à travers le pays, l’une en compagnie de deux bœufs, le second avec sa Modestine âgée de trois ans. L’objectif étant de partager connaissances, techniques, matériel et traditions, bouviers et fabricants de jougs (il en reste trois en France) se retrouvent une fois par an dans un lieu différent. Le choix de Béna n’est pas anodin : d’une part, l’hôte est membre de l’association et pratique le dressage de bovins, d’autre part la Cerdagne et le Capcir sont des lieux d’utilisation traditionnelle de l’attelage bovin en agriculture. Et, selon les participants réunis, le plus gros réseau de bouviers se trouve dans la chaîne des Pyrénées. Le rassemblement s’inscrit dans la mission affichée par l’Association française des meneurs de bovins : fédérer les pratiquants et promouvoir la traction bovine et la transmission des savoir-faire associés.

Livre « Oxen: A Teamster’s Guide, to Raising, Training, Driving and Showing » de Drew Conroy 2008

Livre "Oxen: A Teamster's Guide, to Raising, Training, Driving and Showing" de Drew Conroy

Drew Conroy travaille avec les bœufs depuis son adolescence. Il grandit dans le New Hampshire et forme sa première paire à treize ans. Cette expérience le conduit vers un parcours centré sur l’élevage, l’étude et l’usage du bovin de travail.

Il écrit plusieurs ouvrages sur la traction bovine. « Oxen: A Teamster’s Guide » (Boeuf : le guide du meneur. Livre anglais) reste le plus utilisé. Ce livre décrit le choix des animaux, leur logement, leur alimentation, le dressage des veaux et des bœufs adultes, l’ajustement du joug et l’usage des équipes pour les travaux agricoles ou forestiers. Il traite aussi des interventions en démonstration et en concours. Conroy y expose ce qu’il applique sur ses propres équipes et ce qu’il transmet à ses étudiants.

Il enseigne aujourd’hui les sciences animales à l’Université du New Hampshire. Il forme des étudiants à la sélection des bœufs, à leur conduite et à leur mise au travail. Son enseignement repose sur la pratique, l’observation et la maîtrise du joug et des attelages.

Conroy mène aussi des travaux en Afrique. Il étudie les usages des bœufs dans des systèmes agricoles où la traction animale reste présente. Il décrit les méthodes locales, les conditions de travail, les choix de matériel et les critères de sélection des animaux. Ces études lui permettent de comparer les pratiques selon les contextes.

Le livre est disponible en version epub sur amazone. La version brocher est difficilement trouvable en France.

Voici une liste des principaux ouvrages de Drew Conroy :

  • Oxen: A Teamster’s Guide — première édition : 1999. Google Livres
  • Oxen: A Teamster’s Guide to Raising, Training, Driving & Showing — édition révisée : 2008. AbeBooks
  • The Oxen Handbook (avec D. Barney) — 1986. Goodreads
  • Ox Yokes: Culture, Comfort and Animal Welfare — conférence/texte publié en 2004.

Information sur le livre « Oxen: A Teamster’s Guide, to Raising, Training, Driving and Showing »

  • Éditeur ‏ : ‎ Storey Books
  • Date de publication ‏ : ‎ 1 février 2008
  • Langue ‏ : ‎ Anglais
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 256 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 1580176925
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-1580176927
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 862 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 21.59 x 1.91 x 27.31 cm
  • Fait partie de la série ‏ : ‎ Storey’s Working Animals

En Bretagne, le paysan breton qui refuse le tracteur I SLICE VOYAGE 2012

Rencontres des bouvières et bouviers de France organisées par l’Association Internationale Attelages Bovins d’Aujourd’hui (AIABA) à Chatelus Malvaleix (23) du 14 au 17 Mai 2026

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Rencontres des bouvières et bouviers de France

organisées par l’Association Internationale Attelages Bovins d’Aujourd’hui (AIABA)

à Chatelus Malvaleix (23)

du 14 au 17 Mai 2026

Comme chaque année se sont tenues les rencontres de meneurs de bovins chez Philippe Kuhlmann. Depuis le déménagement de sa ferme il y a trois ans, le rassemblement a migré de l’Alsace à la Creuse.

Comme à l’habitude, on a pu y croiser un public métissé venu de toute la France, de Belgique et d’Allemagne.

Le programme a été souvent perturbé et modifié par une météo plus qu’incertaine avec de nombreuses averses intenses et des températures basses. Malgré tout, les quelques 70 participants sur trois jours ont pu mettre au joug différentes paires de bœufs de tous âges. Aucun animal extérieur à la ferme n’était présent, seul les animaux de Philippe ont été manipulés.

L’atout majeur d’être à la ferme du mail, est d’avoir à disposition des animaux à tous les stades de dressage.

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Les Vosgiens et les Ferrandais de la ferme ont été attelés parfois en solo au collier ou au joug vosgien et au joug « occitan » à embanures (logement des cornes creusées dans le joug). Epandeur à fumier, traîne bottes, embattage des faux puis fauche de l’herbe d’affouragement sous la houlette de Maxime Divo, char à quatre roues, à deux roues, travail à la chaîne, mise en guides de jeunes bovins ont été les différents activités jalonnant ces journées. On a parlé réglages, colliers, jougs, dressage, on a échangé conseils et partagé sur tous les aspects autour du sujet.

On peut saluer aussi la venue d’Alexandre Feuillade qui s’est déplacé avec sa forge et son métier à corde. Son atelier à permis à de nombreuses personnes de pratiquer ou découvrir des facettes artisanales bien utiles au monde de l’attelage. Un bourrelier est également venue pendant une partie des rencontres pour présenter son travail.

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Nous avons aussi remis en route une faucheuse à traction animale qui nous a bien occupé pour réussir à faire les réglages nécessaires à son bon fonctionnement.

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L’association a eu la chance d’accueillir Jocelyne Porcher, une zootechnicienne française et sociologue de l’élevage, directrice de recherches à l’INRAE. Elle nous a présenté à la salle des fêtes du village, une conférence très intéressante sur les relations entre humains et animaux dans les systèmes agricoles. Le public d’attelage pleinement concerné par le sujet a largement participé aux échanges avec la chercheuse . S’en est suivi l’assemblée générale de l’association.

Les participants aux rencontres se sont aussi rendus à la fête du village avec une paire de bœufs attelés à un char à quatre roues chargé d’herbe fraîche pour participer à sa manière à la manifestation. Nous y avons retrouvé Mic Baudimant, musicien chanteur traditionnel du Berry proche, qui a chanté quelques briolages qui sont des chants traditionnels pour mener les bœufs au travail. Dans la foulée, Francis Bazerque, Joël Blanc et moi même avons également chanté des chants de travail ou en relation avec les bœufs.

On peut aussi rappeler que du lundi 11 mai au mercredi 13 mai, j’encadrai un stage de taille de joug qui a rassemblé à la ferme quatre stagiaires qui ont taillé leur joug adapté à leurs animaux (cliquez-ici).

Les échanges sont toujours très nombreux pendant les séances de travail ou bien pendant les repas qui, outre la grande convivialité, sont un espace où l’on prend le temps de parler et d’échanger.

On peut remercier chacun des participants qui comme chaque année alimentent l’auberge espagnol et permettent de déguster toutes les spécialités régionales. Le repas est le moment où ceux qui ne se connaissent pas peuvent apprendre à se connaître et échanger plus facilement. Merci aux cuisinières qui œuvrent aussi au bon déroulement des repas. Merci aussi à chacun qui n’hésite pas, à un moment ou à un autre, de donner la main pour les mises en place et préparations.

Comme chaque année, la présence des différents participants, meneurs confirmés, en devenir ou en projet conforte l’idée d’organiser ce genre de réunion. En effet chacun y trouve son compte et y retrouve souvent une motivation. La dispersion de chacun est une difficulté dans sa pratique ou son apprentissage. Se retrouver, échanger, partager, se sentir moins seul dans une pratique qui, au yeux du commun des mortels, paraît incongrue, est un rouage essentiel à l’encouragement, au maintien et au partage des savoirs et des pratiques. Par chance en France, l’Association Internationale Attelages Bovins d’Aujourd’hui et l’Association Française de Meneurs de Bovins organisent chacune une rencontre par an dans une complémentarité bénéfique. Merci à tous ceux qui s’engagent. Sans eux, la pratique de l’attelage bovin serait en danger. Les jeunes meneurs sont l’avenir et ils étaient à Chatelus-Malvaleix.

Michel Nioulou

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Un métier à ferrer en Couserans (09) 2008

Boeuf de race casta

Article vient du site internet « A l’encre violette ». Pour lire l’article d’origine cliquez sur ce lien. 

Ce matin-là, les écoliers de La Bastide du Salat, en Ariège, n’en croient pas leurs yeux. En face de leur école, rien que pour eux, ressuscite une scène « d’autrefois le Couserans ». Le métier à ferrer accueille deux bœufs massifs d’environ une tonne, venus en camion du village de Betchat, de l’autre côté des collines boisées. Ils appartiennent à la race « casta », encore appelée « aure » et « saint-girons » du nom de leur berceau d’origine, la vallée d’Aure dans les Hautes-Pyrénées et le bassin de Saint-Girons dans le Couserans. Casta qui vient de « castagne », la châtaigne, désigne la couleur sombre de leur robe. Les vaches de cette race connurent leur âge d’or dans les montagnes d’Ariège, avant la seconde guerre mondiale, lorsqu’elles étaient traites pour la fabrication du célèbre fromage de Bethmale. Depuis 1958, le cheptel est tombé de 30 000 à 300 têtes. Quelques éleveurs tentent de maintenir la survie de la race.

Ancien foorgeron du village

Heureux et ému, Jean Martres, l’ancien forgeron et maréchal-ferrant du village, n’a pas voulu manquer ce moment et égrène volontiers quelques souvenirs et anecdotes. C’est d’ailleurs, son propre métier à ferrer qu’il céda à la commune à l’heure de la retraite, qui va encore prouver sa robustesse face à l’humeur du bétail.
L’essentiel de son travail consistait en l’entretien du matériel à traction animale et le ferrage des chevaux et bovins qui marchaient sur des chemins empierrés pour rejoindre les champs au temps des labours et tirer les chariots de bois et de céréales moissonnées. Son activité cessa au début des années 1960 avec la mécanisation et le développement des tracteurs.

Instalation du boeuf

Les deux bœufs présents ce jour, ne sont attelés qu’à l’occasion de transport du bois dans des endroits d’accès malaisé, et d’animations lors des fêtes locales pour faire renaître les coutumes anciennes. Bien qu’âgés de six ans et demi, c’est la première fois qu’ils entrent dans le système à ferrer pour subir un nettoyage des sabots.

Boeuf installer

Avant d’effectuer l’opération, il s’agit de préparer l’animal afin qu’il devienne inoffensif. En ayant soin de ne pas blesser ses cornes, on lie sa tête au joug à l’avant pour qu’il ne puisse plus avancer ni reculer.

La sangle ventrale

Puis avec un cric, on le soulève légèrement après lui avoir fixé deux sangles ventrales. Ensuite, on entrave une patte arrière en l’enchaînant à un pilier du métier. Enfin, avec une corde, on soulève la patte à travailler afin de la mettre à la bonne portée du maréchal-ferrant qui, aujourd’hui, se contente de « parer le pied » pour fournir au bœuf, un meilleur confort de locomotion.

Entrave patte

A l’aide du rogne-pied et de la mailloche, il enlève le surplus de corne à la partie inférieure du sabot. On dit qu’il « abaisse la muraille » afin que la bête puisse poser correctement la patte sur le sol.

Avec le rogne pied

Ensuite, avec une râpe, il finit d’égaliser la « sole », qui correspond à la plante du pied.

Avec la rape

Enfin, avec la cisaille, il raccourcit l’ongle trop long. Comme lorsque nous coupons trop court un de nos ongles, survient à l’une des pattes, un saignement plus impressionnant que douloureux à voir l’air paisible du bœuf. Le maréchal-ferrant va répéter les mêmes gestes à huit reprises (deux bœufs à quatre pattes, le compte est bon !).

Vue de loin

Jean Martres, volubile, nous conte l’opération de ferrage qui n’est pas prévue aujourd’hui. Il extrayait d’abord les clous des fers usagés à l’aide de grosses tenailles, les « tricoises ». Ensuite, il procédait au ferrage proprement dit qui s’effectuait, pour une meilleure efficacité, le plus souvent, à chaud autour de 1 000 degrés. Ainsi, le fer était bien ajusté et épousait mieux la corne du sabot. Selon la quantité de travail abattu par l’animal et le type de chemins empruntés, la longévité d’un fer était de trois mois. Ce sont 2 500 fers à bœufs qui étaient posés, chaque année, à l’époque florissante de la profession. Il préparait, à la fin mars, son stock de fers qu’il fabriquait à partir d’une ébauche. Comme pour nos chaussures, il existait différentes pointures de fers ( de 2 à 6) adaptées à la taille des sabots. Le fer à bœuf est complètement différent du fer à cheval bien connu qui trônait souvent aux portes des maisons et sur les cheminées en guise de porte-bonheur. Sur chaque sabot de bœuf, sont cloués deux fers de taille inégale car l’ongle intérieur est plus étroit et petit.

Fer a boeuf

Le maréchal-ferrant empiétait souvent sur les prérogatives du vétérinaire trop onéreux pour les paysans. Il lui arrivait, avec sa scie à métaux, de raccourcir les cornes trop longues. Lorsqu’il touchait par malheur, la partie vivante de la corne, il stoppait l’hémorragie de sang en cautérisant au fer rougi. Il procédait aussi, avec le trocart, au perçage des panses des animaux qui avaient trop abusé de trèfle ou sainfoin. Il élaborait encore quelque remède de bonne femme à base de miel, vinaigre et sulfate de cuivre pour soigner, avant de les panser, les bêtes blessées par un clou ou un tesson de bouteille.
Il soignait l’œil des bovins quand une « balle « d’avoine jetée de la grange au-dessus dans la mangeoire de l’étable, se logeait dans la cavité orbitale au risque de faire perdre l’usage de la vue à la bête. Avec son doigt recouvert d’un petit bout de tissu de lin enduit d’huile, il épousait sous la paupière, la forme de l’œil et enlevait le corps étranger gênant.
Jean Martres, digne d’un ostéopathe, se souvient même d’avoir guéri des foulures d’une patte avant d’un bovin en lui repliant le membre sur l’épaule !
Hors La Bastide, la majorité des bêtes provenait de Lacave, le village voisin, et des fermes de la Haute-Garonne limitrophe, notamment de Castagnède, His et Touille.
Le nettoyage des sabots et le ferrage s’effectuaient surtout lorsque le mauvais temps empêchait les agriculteurs de travailler dans leurs champs. Il faut donc imaginer l’affluence de paysans et d’animaux dans la cour du forgeron et sur le pré communal ainsi que les conversations animées presque exclusivement en patois.
La matinée s’achève par un moment fleurant délicieusement le terroir durant lequel le propriétaire des bœufs récapitule en langue occitane, les différentes étapes du nettoyage des sabots.

Proprietaire

Dans mon esprit, dansent des images et des sons d’il y a cinquante ans, le crottin des chevaux qui « décorait » le pavé de la rue de la République, artère principale de ma petite ville natale de Normandie, Monsieur Guignant actionnant le soufflet de sa forge rougeoyante, le bruit du marteau sur l’enclume quand il ferrait d’imposants chevaux percherons ou boulonnais.

Philippe Kuhlmann, l’un des derniers bouviers en activité 2022 (68)

Publication le 13 janv. 2022 par France 3 Grand EstFrance 3 Grand Est

Philippe Kuhlmann est agriculteur à Soultzeren, dans la vallée de Munster. Mais sur son exploitation, aucun tracteur. Depuis 40 ans, il dresse des bœufs et des taureaux, puis fait ses foins et travaux agricoles grâce à la traction animale. Des compétences qui font la réputation du bouvier (l’un des derniers en activité) partout en France et même plus loin. Ses bovins sont très demandés et des jeunes, qui veulent se lancer dans le métier d’agriculteur, se déplacent chez lui pour découvrir sa philosophie et son savoir-faire. Car la traction bovine connaît un regain d’intérêt. Portrait de ce passionné. Reportage N. Gaschy, X. Ganaye.

Retour d’expérience de la formation 2 Mains 4 Cornes, à l’Ecomusée d’Alsace, 2026

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À l’Écomusée d’Alsace, nous avons eu le plaisir d’accueillir Laurent Martin, de 2 Mains 4 Cornes, pour une formation de trois jours sur site.

Répartie équitablement entre théorie et pratique sur nos propres bovins, cette formation a été particulièrement enrichissante pour notre équipe. Elle nous a permis de développer nos compétences, de mieux comprendre nos animaux et de gagner en confiance dans leur manipulation au quotidien.

Les échanges avec Laurent ont été riches en enseignements et en retours d’expérience, apportant un regard précieux sur nos pratiques. Cette formation nous a également permis d’affiner notre lecture du comportement des bovins et d’adapter nos interventions afin de favoriser des manipulations plus calmes, plus sûres et plus respectueuses du bien-être animal.

Nous repartons avec de nouveaux outils, une approche encore plus sereine du travail avec nos bovins et l’envie de continuer à progresser dans cette démarche.

Merci pour votre lecture.
Sara Soret

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Vidéo « Coeur de mule » avec une Matthias Lee et une paire de bœuf (09) 2025

Matthias reprend l’activité d’une ferme d’Olivier Courthiade, en traction animale à Nescus (09). Entre sons et gestes, un langage se tisse entre ces animaux et lui, fait de reconnaissance mutuelle. Ici, nous captons leurs souffles, leurs pas, leur vitalité. La voix de Matthias nous rappelle aussi l’espérance que détient cette pratique millénaire. Un film de Coline Armand.

Livre « La Béarnaise : Une vache, des hommes, un pays » d’Emmanuel Ribaucourt 2020

Livre La Bearnaise Une vache des hommes un pays dEmmanuel Ribaucourt 2020 la bearnaise une vache des hommes un pays

Emmanuel Ribaucourt est passionné par la biodiversité domestique et les races anciennes. Il intervient activement au sein de la Fondation du Patrimoine et siège au conseil d’administration de l’Association de sauvegarde de la race bovine béarnaise ainsi qu’à la Société d’ethnozootechnie.

Le livre retrace l’épopée de la vache béarnaise et présente le Béarn, son passé rural, la vie quotidienne des paysans d’autrefois et le parcours des éleveurs d’aujourd’hui. Il s’intéresse également à la biodiversité domestique de la région et à son importance pour la conservation des races locales. Une partie de l’ouvrage est consacrée à l’utilisation de la vache béarnaise pour la traction animale, montrant comment elle est attelée pour les travaux agricoles et forestiers dans son territoire traditionnel.

 

Auteur : Emmanuel Ribaucourt

Éditeur : DELACHAUX & NIESTLE

Date : 05/03/2020

Pages : 256

Taille : 29,3 x 22,9

Type : Relié

ISBN : 9782603027011

 

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