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Retour en image du rassemblement des meneurs de bovins à Bena (66) 2026

Voici une vidéo etquelques photos  réaliser lors du rassemblement des meneur de bovins chez Eline HOESFSLOOT à Béna dans les Pyrénées-Orientales avec l’association française des meneurs de bovins. 

Merci au deux photographes (Henri AMEGLIO et Jean Batiste Pozza) pour avoir immortalisé le week-end.

Rencontre

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Travois

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Dressage et maniabilité

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Article « Cerdagne : à Béna, les bouviers font vivre la traction bovine » Journal la semaine du roussillon 2026 (66)

Début octobre, l’Association française des meneurs de bovins a tenu son rassemblement annuel à Béna, au-dessus d’Enveitg. Des participants venus de toute la France ont témoigné de leurs savoir-faire, démontrant que le bœuf a une belle place et un bel avenir dans le travail comme dans le loisir.

Des bouviers attachés à des pratiques moins intensives

Malgré la place prépondérante du tracteur en agriculture, quelques irréductibles bouviers résistent en France. « Tu ne peux pas forcément vivre en faisant de l’agriculture avec un attelage, mais selon le type d’exploitation il n’y a pas besoin de tracteur, explique Paul Libmann, ancien vétérinaire rural de Cerdagne et Capcir. Les bouviers qui se rassemblent portent des traditions, ils veulent conserver et transmettre leurs savoir-faire, ils sont contre l’élevage et l’agriculture intensifs et leur philosophie de travail consiste à respecter d’abord le sol, ce qui est possible avec des bœufs. »

C’est le cas par exemple de Jo, retraité de 78 ans dans la Creuse, mais bouvier toujours actif. Il dit être « né sous les vaches » et travailler un hectare de légumes grâce à une bête. « Mon fils a quatre vaches de travail. Notre approche consiste à se focaliser sur la petite agriculture spécialisée, qui demande une grande précision. »Pour leur part, Matthieu et Stéphanie, maraîchers du Maine-et-Loire, travaillent avec des vaches de race nantaise, dont une génisse qu’ils conduisent aux rênes.

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Un meneur et sa paire de bœufs avancent dans un chemin de Béna, au-dessus d’Enveitg. © F.J.

Du travail agricole à la médiation animale

Mener un bœuf ou une vache dans les champs relève d’une passion du dressage et de la relation avec l’animal. Mais le bovin est de plus en plus utilisé dans d’autres domaines. Ainsi cet agent animalier et dresseur de bœufs du parc d’attractions vendéen le Puy du Fou a créé une académie pour la valorisation bovine en traction, en médiation animale et en figuration artistique.« J’ai trois paires de bœufs en médiation auprès de publics handicapés, âgés ou délinquants. Nous avons l’image du bovin pour le lait et la viande mais il y a tout un relationnel avec ces animaux. »À Béna, Eline Hoefsloot, éthologue et hôte de ce rassemblement, sait éduquer des vaches de race Galloway pour la balade. Le rassemblement 2026 s’est d’ailleurs déroulé à la ferme Can Llull et était consacré notamment à l’éthologie, aux bovins de loisir et aux bovins de travail.

Une association créée pour transmettre les savoir-faire

L’association a été créée en 2023 par deux jeunes amoureux des bovins. Avant de fonder ce collectif qui regroupe aujourd’hui plus de 140 adhérents, la présidente Léonnie Biteau et le trésorier Corentin Huber ont chacun accompli une marche de plusieurs semaines à travers le pays, l’une en compagnie de deux bœufs, le second avec sa Modestine âgée de trois ans. L’objectif étant de partager connaissances, techniques, matériel et traditions, bouviers et fabricants de jougs (il en reste trois en France) se retrouvent une fois par an dans un lieu différent. Le choix de Béna n’est pas anodin : d’une part, l’hôte est membre de l’association et pratique le dressage de bovins, d’autre part la Cerdagne et le Capcir sont des lieux d’utilisation traditionnelle de l’attelage bovin en agriculture. Et, selon les participants réunis, le plus gros réseau de bouviers se trouve dans la chaîne des Pyrénées. Le rassemblement s’inscrit dans la mission affichée par l’Association française des meneurs de bovins : fédérer les pratiquants et promouvoir la traction bovine et la transmission des savoir-faire associés.

Le programme du Rassemblement des meneurs de bovins (66) 2026

Programme des activites 2026

 

Le Rassemblement des meneurs de bovins 2026 approche. Il se déroulera les 2, 3 et 4 octobre à Béna, sur la commune d’Enveitg, dans les Pyrénées-Orientales.

Pendant trois jours, meneurs, intervenants et personnes intéressées par la traction bovine pourront se retrouver autour des animaux, des pratiques et des expériences de chacun.

Vendredi 2 octobre

La première journée débutera par une présentation du rassemblement et des participants. La matinée sera notamment consacrée aux principes de l’apprentissage chez les bovins et à la fabrication d’un travois. L’après-midi permettra de voir les bovins au travail, avec du dressage et du petit débardage, tout en poursuivant la fabrication du travois. La journée se terminera par des exercices entre participants et un temps de questions-réponses.

Samedi 3 octobre

Le samedi permettra d’aborder plusieurs aspects du dressage et de la relation avec les bovins. Après des apports théoriques dans la matinée, l’après-midi sera consacré à la pratique avec du travail au travois, de la désensibilisation et des exercices en petits groupes. La fin de journée permettra également d’échanger autour du choix des animaux et des bovins de loisir. L’Assemblée générale de l’Association française des meneurs de bovins aura lieu à 21 h.

Dimanche 4 octobre

Le dimanche laissera davantage de place aux démonstrations et aux activités avec les bovins. À partir de 10 h, plusieurs attelages seront présentés, avec déambulation et participation du public. Un parcours ludique et un slalom avec les bovins seront également proposés. Après le repas, un dernier temps d’échange permettra de revenir sur le rassemblement avant sa clôture.

Des intervenants aux expériences différentes

Plusieurs personnes participeront aux échanges et aux activités tout au long du rassemblement : Eline Hoefsloot, Jean Bernard Abadie, Francis Bazerque, Michel Nioulou, Olivier Courthiade, Laurent Martin et Léonnie Biteau.

Symposium mondial sur les bovins de trait 2027 : envoyez vos questions

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À l’occasion du prochain World Draft Cattle Symposium, qui se tiendra en janvier 2027, les organisateurs souhaitent recueillir les questions que se posent aujourd’hui les personnes qui travaillent avec des bovins.

Nous connaissons tous cette situation : « Si seulement je pouvais trouver quelqu’un pour m’aider à répondre à cette question sur les bovins de travail… »

L’idée est simple : chacun peut envoyer les questions les plus intéressantes avant le 1er novembre, par mail à aba.attelagesbovinsdaujourdhui@gmail.com ou à c.kropp@kloster-lorsch.de.

Les questions sélectionnées seront transmises aux intervenants du symposium ainsi qu’à d’autres personnes expérimentées dans le domaine. Elles pourront ensuite être abordées lors de la conférence en janvier.

Un exemple : « Comment réussir à faire du foin sur un terrain très pentu avec mes bovins ? »

Journée d’échange Prommata (38) Janvier 2026

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Le 18 janvier 2026, Prommata a organisé une journée d’échange autour de la traction animale en Isère à St Antoine l’Abbaye.

La journée a été répartie entre la présentation du lieu, la présentation de la thèse (Expérimentations transdisciplinaires sur la traction équine en maraichage : trajectoires, pratiques, et impact sur le milieu) de Fabienne Boivin avec des ateliers de travail, et la présentation des différentes associations présentes localement ou en France (Prommata International, Réseau Professionnel Auvergne Rhône-Alpes Traction Animale, Hippotese, Marianne, Trait Paysan Centre-Val de Loire, Association Française des Meneurs de Bovins), sans oublier tous les échanges qui ont ponctué la journée.

Nous avons pu aussi présenter, avec Anna, l’association Attelage Bovin d’Aujourd’hui et le blog de Michel Nioulou, Attelages Bovins d’Aujourd’hui.

Merci à tous pour l’ambiance, les échanges et le partage.2

Merci a Mathieu pour son accueil et le lieu exceptionnel de Massabielle.

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Journées européennes du patrimoine à Bourg-Argental avec Maryse et Michel BERNE 19 et 20 Septembre 2026 (42)

Journee du patrimoine

Samedi 19 et Dimanche 20 Septembre 2026 Maryse et Michel BERNE de la ferme à l’ancienne à BOURG- ARGENTAL 42220 pour les journées européennes du patrimoine ferons une démonstration de travail avec une paire de bovins (entre 15h et17h30 ) une activitée depuis 1993.

Retour dans le passé en franchissant la porte de ce musée qui sauvegarde outils, matériels et ustensiles du monde rural. Découvrez le travail des paysans avec un attelage de boeufs et essayez-vous à la traite grâce à une vache en résine grandeur nature !
Faire découvrir ou redécouvrir les outils et le matériel utilisés au 19ème siècle et au début du 20ème (dans le monde rural). Présence d’animaux sur le site.
Trouver toutes les informations sur le site en cliquant sur le lien : loiretourisme

 

Rencontres des bouvières et bouviers de France organisées par l’Association Internationale Attelages Bovins d’Aujourd’hui (AIABA) à Chatelus Malvaleix (23) du 14 au 17 Mai 2026

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Rencontres des bouvières et bouviers de France

organisées par l’Association Internationale Attelages Bovins d’Aujourd’hui (AIABA)

à Chatelus Malvaleix (23)

du 14 au 17 Mai 2026

Comme chaque année se sont tenues les rencontres de meneurs de bovins chez Philippe Kuhlmann. Depuis le déménagement de sa ferme il y a trois ans, le rassemblement a migré de l’Alsace à la Creuse.

Comme à l’habitude, on a pu y croiser un public métissé venu de toute la France, de Belgique et d’Allemagne.

Le programme a été souvent perturbé et modifié par une météo plus qu’incertaine avec de nombreuses averses intenses et des températures basses. Malgré tout, les quelques 70 participants sur trois jours ont pu mettre au joug différentes paires de bœufs de tous âges. Aucun animal extérieur à la ferme n’était présent, seul les animaux de Philippe ont été manipulés.

L’atout majeur d’être à la ferme du mail, est d’avoir à disposition des animaux à tous les stades de dressage.

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Les Vosgiens et les Ferrandais de la ferme ont été attelés parfois en solo au collier ou au joug vosgien et au joug « occitan » à embanures (logement des cornes creusées dans le joug). Epandeur à fumier, traîne bottes, embattage des faux puis fauche de l’herbe d’affouragement sous la houlette de Maxime Divo, char à quatre roues, à deux roues, travail à la chaîne, mise en guides de jeunes bovins ont été les différents activités jalonnant ces journées. On a parlé réglages, colliers, jougs, dressage, on a échangé conseils et partagé sur tous les aspects autour du sujet.

On peut saluer aussi la venue d’Alexandre Feuillade qui s’est déplacé avec sa forge et son métier à corde. Son atelier à permis à de nombreuses personnes de pratiquer ou découvrir des facettes artisanales bien utiles au monde de l’attelage. Un bourrelier est également venue pendant une partie des rencontres pour présenter son travail.

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Nous avons aussi remis en route une faucheuse à traction animale qui nous a bien occupé pour réussir à faire les réglages nécessaires à son bon fonctionnement.

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L’association a eu la chance d’accueillir Jocelyne Porcher, une zootechnicienne française et sociologue de l’élevage, directrice de recherches à l’INRAE. Elle nous a présenté à la salle des fêtes du village, une conférence très intéressante sur les relations entre humains et animaux dans les systèmes agricoles. Le public d’attelage pleinement concerné par le sujet a largement participé aux échanges avec la chercheuse . S’en est suivi l’assemblée générale de l’association.

Les participants aux rencontres se sont aussi rendus à la fête du village avec une paire de bœufs attelés à un char à quatre roues chargé d’herbe fraîche pour participer à sa manière à la manifestation. Nous y avons retrouvé Mic Baudimant, musicien chanteur traditionnel du Berry proche, qui a chanté quelques briolages qui sont des chants traditionnels pour mener les bœufs au travail. Dans la foulée, Francis Bazerque, Joël Blanc et moi même avons également chanté des chants de travail ou en relation avec les bœufs.

On peut aussi rappeler que du lundi 11 mai au mercredi 13 mai, j’encadrai un stage de taille de joug qui a rassemblé à la ferme quatre stagiaires qui ont taillé leur joug adapté à leurs animaux (cliquez-ici).

Les échanges sont toujours très nombreux pendant les séances de travail ou bien pendant les repas qui, outre la grande convivialité, sont un espace où l’on prend le temps de parler et d’échanger.

On peut remercier chacun des participants qui comme chaque année alimentent l’auberge espagnol et permettent de déguster toutes les spécialités régionales. Le repas est le moment où ceux qui ne se connaissent pas peuvent apprendre à se connaître et échanger plus facilement. Merci aux cuisinières qui œuvrent aussi au bon déroulement des repas. Merci aussi à chacun qui n’hésite pas, à un moment ou à un autre, de donner la main pour les mises en place et préparations.

Comme chaque année, la présence des différents participants, meneurs confirmés, en devenir ou en projet conforte l’idée d’organiser ce genre de réunion. En effet chacun y trouve son compte et y retrouve souvent une motivation. La dispersion de chacun est une difficulté dans sa pratique ou son apprentissage. Se retrouver, échanger, partager, se sentir moins seul dans une pratique qui, au yeux du commun des mortels, paraît incongrue, est un rouage essentiel à l’encouragement, au maintien et au partage des savoirs et des pratiques. Par chance en France, l’Association Internationale Attelages Bovins d’Aujourd’hui et l’Association Française de Meneurs de Bovins organisent chacune une rencontre par an dans une complémentarité bénéfique. Merci à tous ceux qui s’engagent. Sans eux, la pratique de l’attelage bovin serait en danger. Les jeunes meneurs sont l’avenir et ils étaient à Chatelus-Malvaleix.

Michel Nioulou

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Un métier à ferrer en Couserans (09) 2008

Boeuf de race casta

Article vient du site internet « A l’encre violette ». Pour lire l’article d’origine cliquez sur ce lien. 

Ce matin-là, les écoliers de La Bastide du Salat, en Ariège, n’en croient pas leurs yeux. En face de leur école, rien que pour eux, ressuscite une scène « d’autrefois le Couserans ». Le métier à ferrer accueille deux bœufs massifs d’environ une tonne, venus en camion du village de Betchat, de l’autre côté des collines boisées. Ils appartiennent à la race « casta », encore appelée « aure » et « saint-girons » du nom de leur berceau d’origine, la vallée d’Aure dans les Hautes-Pyrénées et le bassin de Saint-Girons dans le Couserans. Casta qui vient de « castagne », la châtaigne, désigne la couleur sombre de leur robe. Les vaches de cette race connurent leur âge d’or dans les montagnes d’Ariège, avant la seconde guerre mondiale, lorsqu’elles étaient traites pour la fabrication du célèbre fromage de Bethmale. Depuis 1958, le cheptel est tombé de 30 000 à 300 têtes. Quelques éleveurs tentent de maintenir la survie de la race.

Ancien foorgeron du village

Heureux et ému, Jean Martres, l’ancien forgeron et maréchal-ferrant du village, n’a pas voulu manquer ce moment et égrène volontiers quelques souvenirs et anecdotes. C’est d’ailleurs, son propre métier à ferrer qu’il céda à la commune à l’heure de la retraite, qui va encore prouver sa robustesse face à l’humeur du bétail.
L’essentiel de son travail consistait en l’entretien du matériel à traction animale et le ferrage des chevaux et bovins qui marchaient sur des chemins empierrés pour rejoindre les champs au temps des labours et tirer les chariots de bois et de céréales moissonnées. Son activité cessa au début des années 1960 avec la mécanisation et le développement des tracteurs.

Instalation du boeuf

Les deux bœufs présents ce jour, ne sont attelés qu’à l’occasion de transport du bois dans des endroits d’accès malaisé, et d’animations lors des fêtes locales pour faire renaître les coutumes anciennes. Bien qu’âgés de six ans et demi, c’est la première fois qu’ils entrent dans le système à ferrer pour subir un nettoyage des sabots.

Boeuf installer

Avant d’effectuer l’opération, il s’agit de préparer l’animal afin qu’il devienne inoffensif. En ayant soin de ne pas blesser ses cornes, on lie sa tête au joug à l’avant pour qu’il ne puisse plus avancer ni reculer.

La sangle ventrale

Puis avec un cric, on le soulève légèrement après lui avoir fixé deux sangles ventrales. Ensuite, on entrave une patte arrière en l’enchaînant à un pilier du métier. Enfin, avec une corde, on soulève la patte à travailler afin de la mettre à la bonne portée du maréchal-ferrant qui, aujourd’hui, se contente de « parer le pied » pour fournir au bœuf, un meilleur confort de locomotion.

Entrave patte

A l’aide du rogne-pied et de la mailloche, il enlève le surplus de corne à la partie inférieure du sabot. On dit qu’il « abaisse la muraille » afin que la bête puisse poser correctement la patte sur le sol.

Avec le rogne pied

Ensuite, avec une râpe, il finit d’égaliser la « sole », qui correspond à la plante du pied.

Avec la rape

Enfin, avec la cisaille, il raccourcit l’ongle trop long. Comme lorsque nous coupons trop court un de nos ongles, survient à l’une des pattes, un saignement plus impressionnant que douloureux à voir l’air paisible du bœuf. Le maréchal-ferrant va répéter les mêmes gestes à huit reprises (deux bœufs à quatre pattes, le compte est bon !).

Vue de loin

Jean Martres, volubile, nous conte l’opération de ferrage qui n’est pas prévue aujourd’hui. Il extrayait d’abord les clous des fers usagés à l’aide de grosses tenailles, les « tricoises ». Ensuite, il procédait au ferrage proprement dit qui s’effectuait, pour une meilleure efficacité, le plus souvent, à chaud autour de 1 000 degrés. Ainsi, le fer était bien ajusté et épousait mieux la corne du sabot. Selon la quantité de travail abattu par l’animal et le type de chemins empruntés, la longévité d’un fer était de trois mois. Ce sont 2 500 fers à bœufs qui étaient posés, chaque année, à l’époque florissante de la profession. Il préparait, à la fin mars, son stock de fers qu’il fabriquait à partir d’une ébauche. Comme pour nos chaussures, il existait différentes pointures de fers ( de 2 à 6) adaptées à la taille des sabots. Le fer à bœuf est complètement différent du fer à cheval bien connu qui trônait souvent aux portes des maisons et sur les cheminées en guise de porte-bonheur. Sur chaque sabot de bœuf, sont cloués deux fers de taille inégale car l’ongle intérieur est plus étroit et petit.

Fer a boeuf

Le maréchal-ferrant empiétait souvent sur les prérogatives du vétérinaire trop onéreux pour les paysans. Il lui arrivait, avec sa scie à métaux, de raccourcir les cornes trop longues. Lorsqu’il touchait par malheur, la partie vivante de la corne, il stoppait l’hémorragie de sang en cautérisant au fer rougi. Il procédait aussi, avec le trocart, au perçage des panses des animaux qui avaient trop abusé de trèfle ou sainfoin. Il élaborait encore quelque remède de bonne femme à base de miel, vinaigre et sulfate de cuivre pour soigner, avant de les panser, les bêtes blessées par un clou ou un tesson de bouteille.
Il soignait l’œil des bovins quand une « balle « d’avoine jetée de la grange au-dessus dans la mangeoire de l’étable, se logeait dans la cavité orbitale au risque de faire perdre l’usage de la vue à la bête. Avec son doigt recouvert d’un petit bout de tissu de lin enduit d’huile, il épousait sous la paupière, la forme de l’œil et enlevait le corps étranger gênant.
Jean Martres, digne d’un ostéopathe, se souvient même d’avoir guéri des foulures d’une patte avant d’un bovin en lui repliant le membre sur l’épaule !
Hors La Bastide, la majorité des bêtes provenait de Lacave, le village voisin, et des fermes de la Haute-Garonne limitrophe, notamment de Castagnède, His et Touille.
Le nettoyage des sabots et le ferrage s’effectuaient surtout lorsque le mauvais temps empêchait les agriculteurs de travailler dans leurs champs. Il faut donc imaginer l’affluence de paysans et d’animaux dans la cour du forgeron et sur le pré communal ainsi que les conversations animées presque exclusivement en patois.
La matinée s’achève par un moment fleurant délicieusement le terroir durant lequel le propriétaire des bœufs récapitule en langue occitane, les différentes étapes du nettoyage des sabots.

Proprietaire

Dans mon esprit, dansent des images et des sons d’il y a cinquante ans, le crottin des chevaux qui « décorait » le pavé de la rue de la République, artère principale de ma petite ville natale de Normandie, Monsieur Guignant actionnant le soufflet de sa forge rougeoyante, le bruit du marteau sur l’enclume quand il ferrait d’imposants chevaux percherons ou boulonnais.

Rassemblement des meneurs de bovins du 2 au 4 octobre 2026 (66)

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Rassemblement des meneurs de bovins 2026 : les inscriptions sont ouvertes !

Du vendredi 2 au dimanche 4 octobre 2026, l’Association Française des Meneurs de Bovins vous donne rendez-vous à Béna, sur la commune d’Enveitg, dans les Pyrénées-Orientales, au cœur du parc naturel régional des Pyrénées catalanes. Nous serons accueillis chez Eline Hoefsloot, à la ferme Can Llull, pour trois journées de rencontres, d’observations, de pratique et d’échanges autour des bovins. Cette édition sera consacrée à trois grands thèmes : l’éthologie, les bovins de loisir et les bovins de travail. Nos amis les chiens ne sont pas acceptés sur place.

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Inscription obligatoire

L’inscription, ainsi que la réservation des repas, se fait sur HelloAsso via le lien de l’événement. Le tarif est de 5 € pour le week-end, avec gratuité pour les moins de 18 ans. Le dimanche est gratuit. L’inscription est obligatoire pour le vendredi et le samedi. Les participants qui souhaitent venir avec leurs bovins sont les bienvenus, sous réserve d’inscription préalable. 

Repas

Les repas sont à réserver et à régler à l’avance sur HelloAsso. Le midi, un sandwich à 6 € sera proposé le vendredi, le samedi et le dimanche sur le terrain. Le soir, un repas chaud à 15 € sera proposé le vendredi et le samedi dans une auberge, avec un nombre de places limité. Une buvette sera également proposée sur place.

Lourdais

Animations

Le programme détaillé des animations sera communiqué un peu plus tard, mais le rassemblement s’organisera autour de temps d’échanges, de démonstrations et de réflexions sur les pratiques actuelles avec les bovins.

Hébergement

Plusieurs solutions d’hébergement existent autour d’Enveitg. Pour celles et ceux qui souhaitent réserver un hébergement à proximité, il existe notamment des solutions autour de Cal Viatger et de l’Auberge Saint-Aoulary, à Enveitg. La possibilité de camper sur place est encore en attente de confirmation. Nous vous tiendrons informés.

Vente d’aliments pour bovin

Lors de votre inscription, vous pourrez aussi commander sur HelloAsso des sacs de 25 kg de caroube concassée et des tacos pour bovins, au tarif de 15 € le sac, à récupérer pendant le week-end. 

Tacos Tacos

Caroube concasse Caroube concassée

Vous pouvez vous inscrire à l’événement, réserver vos repas et commander les aliments bovins directement via le formulaire ci-dessous : 

Besoin d’un renseignement ?
Pour toute question concernant le rassemblement, vous pouvez nous contacter par message privé sur Facebook, par mail à lesmeneursdebovin@gmail.com ou par téléphone au 06 52 03 82 10.

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Formation à la taille de jougs d’attelage avec Michel Nioulou Les 11,12 et 13 Mai 2026 Chatelus-Malvaleix (23)

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Tailler des jougs d’attelage de bovins en 2026 parait décalé, surprenant, anachronique, improbable, folklorique.

Certes, c’est atypique pour l’époque, voir inconcevable aux yeux de nombreuses personnes non averties.

Pourtant, bien que la chose soit méconnue, nous sommes bien dans une réalité de terrain, dans une pratique actuelle et utilitaire. Trois personnes en France fabriquent encore régulièrement des jougs de travail, pour l’utilisation en agricole ou pour une utilisation de démonstration (fêtes locales, parc à thème, écomusées, entreprises de la traction bovine…).

Gilles Péquiniot en Alsace fait des jougs Vosgiens fabriqués avec les moyens ordinaires d’un menuisier ébéniste (scie, rabots…) du fait de leur forme simple et droite.

Lionel Rouanet et moi même taillons des jougs à la hache et à l’herminette. Ils sont ainsi fabriqués car ils ne peuvent pas être réalisés autrement, les outils classiques de menuisier, contrairement aux jougs vosgiens, ne pouvant produire les formes tout en creux, en courbes et en petits recoins difficiles à réaliser avec une machine sur ce type de joug sculptés.

L’âge avançant, avec mes 62 ans nouvellement fêtés, il me tardait de partager l’expérience acquise pour ma part pendant 21 ans de pratique afin de maintenir un savoir faire en danger du fait du peu d’artisans en capacité de le faire.

Lionel, beaucoup plus jeune que moi a de son côté déjà eu en formation quelques personnes. De mon côté, j’ai eu en stage les jeunes bouviers du Puy du Fou ainsi que deux autres personnes individuelles .

Mon but, en proposant ce type de formation sur trois jours dans le cadre de l’Association Internationale Attelages Bovins d’Aujourd’hui, est de partager et transmettre le maximum des savoirs, de la méthodologie et des erreurs à ne pas commettre pour que parmi les stagiaires, je réussisse à motiver quelques personnes afin de faire perdurer la taille lorsque je ne pourrais plus la pratiquer moi-même.

Certes c’est une niche, mais nombres de personnes ou structures ont besoin chaque année de jougs neufs, adaptés aux morphologies grandissantes des animaux que les jougs anciens, outre le fait qu’ils ne sont pas toujours en état d’assurer une sécurité maximum, sont trop petits pour les animaux actuels même sur les races anciennes pourtant non sélectionnées pour la conformation bouchère.

Mon but était aussi de former des gens qui ne viennent pas apprendre juste pour se faire plaisir à pratiquer une activité insolite comme on irait se dépayser dans une cabane dans les arbres, mais bel et bien pour emmagasiner un savoir et faire perdurer le geste dans un cadre semi professionnel.

Ce fut le cas avec mes quatre stagiaires fort motivés pour tailler le joug de leurs animaux. Deux l’ont fait pour une utilisation dans un cadre agricole purement professionnel. L’une a taillé pour sa paire de vaches liée jusqu’alors au joug vosgien en l’utilisant à la maison pour sortir le bois et cultiver la terre vivrière. Le quatrième stagiaire est venu faire son joug dans le cadre d’une association qui travaille avec la race lourdaise. Ce dernier est aussi vraiment très investi dans le maintien des savoirs ruraux et artisanaux. Son appétit d’apprendre est vraiment à saluer d’autant plus que ses dix sept ans dégagent devant lui un bel avenir de la pratique. Il en est de même pour un second stagiaire de vingt trois ans, à la fois coutelier et paysan sur la ferme familiale, qui présente aussi un bel attachement aux savoir faire et au geste.

Nous avons réussi à pratiquement aboutir trois jougs sur quatre, où seules quelques finitions restaient à faire. Pour des problèmes de contraintes physiques qui ont freiner l’avancé de la taille, le quatrième joug déjà très bien dégrossi, nécessite encore un peu de travail. J’ai proposé à la stagiaire de m’en charger.

Mais le travail de tous sans exception a été vraiment fait avec un grand investissement et une pugnacité remarquable et visiblement avec plaisir. Ce travail est très physique et sollicite, par des postures pas toujours très faciles, des muscles parfois insoupçonnées révélés dès le second matin lorsqu’on redémarre! En tous cas chacun a travaillé avec adresse et un résultat bluffant dans la réalisation, le tout dans la bonne humeur ce qui a contribué à faire oublier la difficulté physique réelle. Un grand merci à Colette, Martin, Erwan et Diégo d’avoir eu à cœur d’avancer au maximum leur joug en étant vraiment très concentré sur leur travail.

Deux stages supplémentaires à venir sont déjà remplis et, chose à signaler, ce ne sont que des stagiaires qui viennent dans un cadre agricole et professionnel.

Je suis ravi d’une telle situation, l’avenir de la réalisation de jougs neufs est peut être en bonne voie d’être assuré, merci à vous tous de votre investissement passé ou à venir.

Le monde n’est pas encore complètement fou, côtoyer de bels personnes investies et passionnées amène quelques bouffées d’espoir dans un avenir incertain qu’ont espère cependant meilleur et humaniste.

Michel Nioulou

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