< 1 2 16

Rencontres des bouvières et bouviers de France organisées par l’Association Internationale Attelages Bovins d’Aujourd’hui (AIABA) à Chatelus Malvaleix (23) du 14 au 17 Mai 2026

IMG 20260517 110839

Rencontres des bouvières et bouviers de France

organisées par l’Association Internationale Attelages Bovins d’Aujourd’hui (AIABA)

à Chatelus Malvaleix (23)

du 14 au 17 Mai 2026

Comme chaque année se sont tenues les rencontres de meneurs de bovins chez Philippe Kuhlmann. Depuis le déménagement de sa ferme il y a trois ans, le rassemblement a migré de l’Alsace à la Creuse.

Comme à l’habitude, on a pu y croiser un public métissé venu de toute la France, de Belgique et d’Allemagne.

Le programme a été souvent perturbé et modifié par une météo plus qu’incertaine avec de nombreuses averses intenses et des températures basses. Malgré tout, les quelques 70 participants sur trois jours ont pu mettre au joug différentes paires de bœufs de tous âges. Aucun animal extérieur à la ferme n’était présent, seul les animaux de Philippe ont été manipulés.

L’atout majeur d’être à la ferme du mail, est d’avoir à disposition des animaux à tous les stades de dressage.

IMG 20260514 183203

Les Vosgiens et les Ferrandais de la ferme ont été attelés parfois en solo au collier ou au joug vosgien et au joug « occitan » à embanures (logement des cornes creusées dans le joug). Epandeur à fumier, traîne bottes, embattage des faux puis fauche de l’herbe d’affouragement sous la houlette de Maxime Divo, char à quatre roues, à deux roues, travail à la chaîne, mise en guides de jeunes bovins ont été les différents activités jalonnant ces journées. On a parlé réglages, colliers, jougs, dressage, on a échangé conseils et partagé sur tous les aspects autour du sujet.

On peut saluer aussi la venue d’Alexandre Feuillade qui s’est déplacé avec sa forge et son métier à corde. Son atelier à permis à de nombreuses personnes de pratiquer ou découvrir des facettes artisanales bien utiles au monde de l’attelage. Un bourrelier est également venue pendant une partie des rencontres pour présenter son travail.

IMG 20260517 122708

Nous avons aussi remis en route une faucheuse à traction animale qui nous a bien occupé pour réussir à faire les réglages nécessaires à son bon fonctionnement.

IMG 20260515 151048

L’association a eu la chance d’accueillir Jocelyne Porcher, une zootechnicienne française et sociologue de l’élevage, directrice de recherches à l’INRAE. Elle nous a présenté à la salle des fêtes du village, une conférence très intéressante sur les relations entre humains et animaux dans les systèmes agricoles. Le public d’attelage pleinement concerné par le sujet a largement participé aux échanges avec la chercheuse . S’en est suivi l’assemblée générale de l’association.

Les participants aux rencontres se sont aussi rendus à la fête du village avec une paire de bœufs attelés à un char à quatre roues chargé d’herbe fraîche pour participer à sa manière à la manifestation. Nous y avons retrouvé Mic Baudimant, musicien chanteur traditionnel du Berry proche, qui a chanté quelques briolages qui sont des chants traditionnels pour mener les bœufs au travail. Dans la foulée, Francis Bazerque, Joël Blanc et moi même avons également chanté des chants de travail ou en relation avec les bœufs.

On peut aussi rappeler que du lundi 11 mai au mercredi 13 mai, j’encadrai un stage de taille de joug qui a rassemblé à la ferme quatre stagiaires qui ont taillé leur joug adapté à leurs animaux (cliquez-ici).

Les échanges sont toujours très nombreux pendant les séances de travail ou bien pendant les repas qui, outre la grande convivialité, sont un espace où l’on prend le temps de parler et d’échanger.

On peut remercier chacun des participants qui comme chaque année alimentent l’auberge espagnol et permettent de déguster toutes les spécialités régionales. Le repas est le moment où ceux qui ne se connaissent pas peuvent apprendre à se connaître et échanger plus facilement. Merci aux cuisinières qui œuvrent aussi au bon déroulement des repas. Merci aussi à chacun qui n’hésite pas, à un moment ou à un autre, de donner la main pour les mises en place et préparations.

Comme chaque année, la présence des différents participants, meneurs confirmés, en devenir ou en projet conforte l’idée d’organiser ce genre de réunion. En effet chacun y trouve son compte et y retrouve souvent une motivation. La dispersion de chacun est une difficulté dans sa pratique ou son apprentissage. Se retrouver, échanger, partager, se sentir moins seul dans une pratique qui, au yeux du commun des mortels, paraît incongrue, est un rouage essentiel à l’encouragement, au maintien et au partage des savoirs et des pratiques. Par chance en France, l’Association Internationale Attelages Bovins d’Aujourd’hui et l’Association Française de Meneurs de Bovins organisent chacune une rencontre par an dans une complémentarité bénéfique. Merci à tous ceux qui s’engagent. Sans eux, la pratique de l’attelage bovin serait en danger. Les jeunes meneurs sont l’avenir et ils étaient à Chatelus-Malvaleix.

Michel Nioulou

IMG 20260510 160157

IMG 20260512 193613

IMG 20260512 193420

IMG 20260512 153902

IMG 20260512 153826

IMG 20260512 153713

IMG 20260512 153251

IMG 20260512 114140

IMG 20260511 134745

IMG 20260511 132303

IMG 20260511 093658 IMG 20260511 093644

IMG 20260510 194328

IMG 20260510 171053

IMG 20260510 165044

IMG 20260510 165020 scaled

IMG 20260510 164810

IMG 20260510 164707

IMG 20260510 160358

IMG 20260514 153742 IMG 20260515 110125

IMG 20260515 110116

IMG 20260514 190037

IMG 20260514 190033

 IMG 20260514 181402

IMG 20260514 181359

IMG 20260514 175207 IMG 20260514 175156

IMG 20260514 173812

IMG 20260514 173807

IMG 20260514 172901 IMG 20260514 172850

IMG 20260514 172817

IMG 20260514 155732

IMG 20260514 154914

IMG 20260514 154433 IMG 20260514 153755

IMG 20260515 114856

IMG 20260518 150855

IMG 20260517 122741

IMG 20260517 102153

IMG 20260516 155429

IMG 20260516 152820

IMG 20260516 120310 IMG 20260516 113856

IMG 20260516 105644

IMG 20260516 104416

IMG 20260516 094324

IMG 20260515 164039

IMG 20260515 151115

IMG 20260515 141309

IMG 20260516 130531

IMG 20260510 171325

Initiation à la traction bovine 24 septembre 2026 (65)

Attention changement !!!

IMG 20260909 195810

J’ai le plaisir de vous annoncer que la formation d’initiation à la traction bovine avec Fabrice Dubertrand, éleveur bio de vaches Lourdaises à Lafitole (65) et dresseur bovin/équin, aura bien lieu à la fin du mois de septembre 2026.

  • Le financement VIVEA est refusé : une seule journée « à la bonne franquette » le jeudi 24 septembre 2026 qui permettra de se mettre le pieds à l’étrier => gratuit pour tout le monde 

Le nombre de places sera limité à 15 personnes.

Merci de vous inscrire par mail ou téléphone : julien.cantegreil@gab65.com / 06 13 10 73 52

N’hésitez pas à faire suivre l’information à tout personne qui pourrait être intéressé-e !

Bien à vous,

Julien Cantegreil

Animateur élevage GAB 65 julien.cantegreil@gab65.com

06.13.10.73.52

Un métier à ferrer en Couserans (09) 2008

Boeuf de race casta

Article vient du site internet « A l’encre violette ». Pour lire l’article d’origine cliquez sur ce lien

Ce matin-là, les écoliers de La Bastide du Salat, en Ariège, n’en croient pas leurs yeux. En face de leur école, rien que pour eux, ressuscite une scène « d’autrefois le Couserans ». Le métier à ferrer accueille deux bœufs massifs d’environ une tonne, venus en camion du village de Betchat, de l’autre côté des collines boisées. Ils appartiennent à la race « casta », encore appelée « aure » et « saint-girons » du nom de leur berceau d’origine, la vallée d’Aure dans les Hautes-Pyrénées et le bassin de Saint-Girons dans le Couserans. Casta qui vient de « castagne », la châtaigne, désigne la couleur sombre de leur robe. Les vaches de cette race connurent leur âge d’or dans les montagnes d’Ariège, avant la seconde guerre mondiale, lorsqu’elles étaient traites pour la fabrication du célèbre fromage de Bethmale. Depuis 1958, le cheptel est tombé de 30 000 à 300 têtes. Quelques éleveurs tentent de maintenir la survie de la race.

Ancien foorgeron du village

Heureux et ému, Jean Martres, l’ancien forgeron et maréchal-ferrant du village, n’a pas voulu manquer ce moment et égrène volontiers quelques souvenirs et anecdotes. C’est d’ailleurs, son propre métier à ferrer qu’il céda à la commune à l’heure de la retraite, qui va encore prouver sa robustesse face à l’humeur du bétail.
L’essentiel de son travail consistait en l’entretien du matériel à traction animale et le ferrage des chevaux et bovins qui marchaient sur des chemins empierrés pour rejoindre les champs au temps des labours et tirer les chariots de bois et de céréales moissonnées. Son activité cessa au début des années 1960 avec la mécanisation et le développement des tracteurs.

Instalation du boeuf

Les deux bœufs présents ce jour, ne sont attelés qu’à l’occasion de transport du bois dans des endroits d’accès malaisé, et d’animations lors des fêtes locales pour faire renaître les coutumes anciennes. Bien qu’âgés de six ans et demi, c’est la première fois qu’ils entrent dans le système à ferrer pour subir un nettoyage des sabots.

Boeuf installer

Avant d’effectuer l’opération, il s’agit de préparer l’animal afin qu’il devienne inoffensif. En ayant soin de ne pas blesser ses cornes, on lie sa tête au joug à l’avant pour qu’il ne puisse plus avancer ni reculer.

La sangle ventrale

Puis avec un cric, on le soulève légèrement après lui avoir fixé deux sangles ventrales. Ensuite, on entrave une patte arrière en l’enchaînant à un pilier du métier. Enfin, avec une corde, on soulève la patte à travailler afin de la mettre à la bonne portée du maréchal-ferrant qui, aujourd’hui, se contente de « parer le pied » pour fournir au bœuf, un meilleur confort de locomotion.

Entrave patte

A l’aide du rogne-pied et de la mailloche, il enlève le surplus de corne à la partie inférieure du sabot. On dit qu’il « abaisse la muraille » afin que la bête puisse poser correctement la patte sur le sol.

Avec le rogne pied

Ensuite, avec une râpe, il finit d’égaliser la « sole », qui correspond à la plante du pied.

Avec la rape

Enfin, avec la cisaille, il raccourcit l’ongle trop long. Comme lorsque nous coupons trop court un de nos ongles, survient à l’une des pattes, un saignement plus impressionnant que douloureux à voir l’air paisible du bœuf. Le maréchal-ferrant va répéter les mêmes gestes à huit reprises (deux bœufs à quatre pattes, le compte est bon !).

Vue de loin

Jean Martres, volubile, nous conte l’opération de ferrage qui n’est pas prévue aujourd’hui. Il extrayait d’abord les clous des fers usagés à l’aide de grosses tenailles, les « tricoises ». Ensuite, il procédait au ferrage proprement dit qui s’effectuait, pour une meilleure efficacité, le plus souvent, à chaud autour de 1 000 degrés. Ainsi, le fer était bien ajusté et épousait mieux la corne du sabot. Selon la quantité de travail abattu par l’animal et le type de chemins empruntés, la longévité d’un fer était de trois mois. Ce sont 2 500 fers à bœufs qui étaient posés, chaque année, à l’époque florissante de la profession. Il préparait, à la fin mars, son stock de fers qu’il fabriquait à partir d’une ébauche. Comme pour nos chaussures, il existait différentes pointures de fers ( de 2 à 6) adaptées à la taille des sabots. Le fer à bœuf est complètement différent du fer à cheval bien connu qui trônait souvent aux portes des maisons et sur les cheminées en guise de porte-bonheur. Sur chaque sabot de bœuf, sont cloués deux fers de taille inégale car l’ongle intérieur est plus étroit et petit.

Fer a boeuf

Le maréchal-ferrant empiétait souvent sur les prérogatives du vétérinaire trop onéreux pour les paysans. Il lui arrivait, avec sa scie à métaux, de raccourcir les cornes trop longues. Lorsqu’il touchait par malheur, la partie vivante de la corne, il stoppait l’hémorragie de sang en cautérisant au fer rougi. Il procédait aussi, avec le trocart, au perçage des panses des animaux qui avaient trop abusé de trèfle ou sainfoin. Il élaborait encore quelque remède de bonne femme à base de miel, vinaigre et sulfate de cuivre pour soigner, avant de les panser, les bêtes blessées par un clou ou un tesson de bouteille.
Il soignait l’œil des bovins quand une « balle « d’avoine jetée de la grange au-dessus dans la mangeoire de l’étable, se logeait dans la cavité orbitale au risque de faire perdre l’usage de la vue à la bête. Avec son doigt recouvert d’un petit bout de tissu de lin enduit d’huile, il épousait sous la paupière, la forme de l’œil et enlevait le corps étranger gênant.
Jean Martres, digne d’un ostéopathe, se souvient même d’avoir guéri des foulures d’une patte avant d’un bovin en lui repliant le membre sur l’épaule !
Hors La Bastide, la majorité des bêtes provenait de Lacave, le village voisin, et des fermes de la Haute-Garonne limitrophe, notamment de Castagnède, His et Touille.
Le nettoyage des sabots et le ferrage s’effectuaient surtout lorsque le mauvais temps empêchait les agriculteurs de travailler dans leurs champs. Il faut donc imaginer l’affluence de paysans et d’animaux dans la cour du forgeron et sur le pré communal ainsi que les conversations animées presque exclusivement en patois.
La matinée s’achève par un moment fleurant délicieusement le terroir durant lequel le propriétaire des bœufs récapitule en langue occitane, les différentes étapes du nettoyage des sabots.

Proprietaire

Dans mon esprit, dansent des images et des sons d’il y a cinquante ans, le crottin des chevaux qui « décorait » le pavé de la rue de la République, artère principale de ma petite ville natale de Normandie, Monsieur Guignant actionnant le soufflet de sa forge rougeoyante, le bruit du marteau sur l’enclume quand il ferrait d’imposants chevaux percherons ou boulonnais.

Rassemblement des meneurs de bovins du 2 au 4 octobre 2026 (66)

Affiches des rassemblement 2026 V2 scaled

Rassemblement des meneurs de bovins 2026 : les inscriptions sont ouvertes !

Du vendredi 2 au dimanche 4 octobre 2026, l’Association Française des Meneurs de Bovins vous donne rendez-vous à Béna, sur la commune d’Enveitg, dans les Pyrénées-Orientales, au cœur du parc naturel régional des Pyrénées catalanes. Nous serons accueillis chez Eline Hoefsloot, à la ferme Can Llull, pour trois journées de rencontres, d’observations, de pratique et d’échanges autour des bovins. Cette édition sera consacrée à trois grands thèmes : l’éthologie, les bovins de loisir et les bovins de travail. Nos amis les chiens ne sont pas acceptés sur place.

Leonnie Biteau 8350 scaled

Inscription obligatoire

L’inscription, ainsi que la réservation des repas, se fait sur HelloAsso via le lien de l’événement. Le tarif est de 5 € pour le week-end, avec gratuité pour les moins de 18 ans. Le dimanche est gratuit. L’inscription est obligatoire pour le vendredi et le samedi. Les participants qui souhaitent venir avec leurs bovins sont les bienvenus, sous réserve d’inscription préalable. 

Repas

Les repas sont à réserver et à régler à l’avance sur HelloAsso. Le midi, un sandwich à 6 € sera proposé le vendredi, le samedi et le dimanche sur le terrain. Le soir, un repas chaud à 15 € sera proposé le vendredi et le samedi dans une auberge, avec un nombre de places limité. Une buvette sera également proposée sur place.

Lourdais

Animations

Le programme détaillé des animations sera communiqué un peu plus tard, mais le rassemblement s’organisera autour de temps d’échanges, de démonstrations et de réflexions sur les pratiques actuelles avec les bovins.

Hébergement

Plusieurs solutions d’hébergement existent autour d’Enveitg. Pour celles et ceux qui souhaitent réserver un hébergement à proximité, il existe notamment des solutions autour de Cal Viatger et de l’Auberge Saint-Aoulary, à Enveitg. La possibilité de camper sur place est encore en attente de confirmation. Nous vous tiendrons informés.

Vente d’aliments pour bovin

Lors de votre inscription, vous pourrez aussi commander sur HelloAsso des sacs de 25 kg de caroube concassée et des tacos pour bovins, au tarif de 15 € le sac, à récupérer pendant le week-end. 

Tacos Tacos

Caroube concasse Caroube concassée

Vous pouvez vous inscrire à l’événement, réserver vos repas et commander les aliments bovins directement via le formulaire ci-dessous : 

Besoin d’un renseignement ?
Pour toute question concernant le rassemblement, vous pouvez nous contacter par message privé sur Facebook, par mail à lesmeneursdebovin@gmail.com ou par téléphone au 06 52 03 82 10.

Leonnie Biteau 8356 scaled

Formation à la taille de jougs d’attelage avec Michel Nioulou Les 11,12 et 13 Mai 2026 Chatelus-Malvaleix (23)

hpMDDSZBY9og IMG 20260511 161641 scaled

Tailler des jougs d’attelage de bovins en 2026 parait décalé, surprenant, anachronique, improbable, folklorique.

Certes, c’est atypique pour l’époque, voir inconcevable aux yeux de nombreuses personnes non averties.

Pourtant, bien que la chose soit méconnue, nous sommes bien dans une réalité de terrain, dans une pratique actuelle et utilitaire. Trois personnes en France fabriquent encore régulièrement des jougs de travail, pour l’utilisation en agricole ou pour une utilisation de démonstration (fêtes locales, parc à thème, écomusées, entreprises de la traction bovine…).

Gilles Péquiniot en Alsace fait des jougs Vosgiens fabriqués avec les moyens ordinaires d’un menuisier ébéniste (scie, rabots…) du fait de leur forme simple et droite.

Lionel Rouanet et moi même taillons des jougs à la hache et à l’herminette. Ils sont ainsi fabriqués car ils ne peuvent pas être réalisés autrement, les outils classiques de menuisier, contrairement aux jougs vosgiens, ne pouvant produire les formes tout en creux, en courbes et en petits recoins difficiles à réaliser avec une machine sur ce type de joug sculptés.

L’âge avançant, avec mes 62 ans nouvellement fêtés, il me tardait de partager l’expérience acquise pour ma part pendant 21 ans de pratique afin de maintenir un savoir faire en danger du fait du peu d’artisans en capacité de le faire.

Lionel, beaucoup plus jeune que moi a de son côté déjà eu en formation quelques personnes. De mon côté, j’ai eu en stage les jeunes bouviers du Puy du Fou ainsi que deux autres personnes individuelles .

Mon but, en proposant ce type de formation sur trois jours dans le cadre de l’Association Internationale Attelages Bovins d’Aujourd’hui, est de partager et transmettre le maximum des savoirs, de la méthodologie et des erreurs à ne pas commettre pour que parmi les stagiaires, je réussisse à motiver quelques personnes afin de faire perdurer la taille lorsque je ne pourrais plus la pratiquer moi-même.

Certes c’est une niche, mais nombres de personnes ou structures ont besoin chaque année de jougs neufs, adaptés aux morphologies grandissantes des animaux que les jougs anciens, outre le fait qu’ils ne sont pas toujours en état d’assurer une sécurité maximum, sont trop petits pour les animaux actuels même sur les races anciennes pourtant non sélectionnées pour la conformation bouchère.

Mon but était aussi de former des gens qui ne viennent pas apprendre juste pour se faire plaisir à pratiquer une activité insolite comme on irait se dépayser dans une cabane dans les arbres, mais bel et bien pour emmagasiner un savoir et faire perdurer le geste dans un cadre semi professionnel.

Ce fut le cas avec mes quatre stagiaires fort motivés pour tailler le joug de leurs animaux. Deux l’ont fait pour une utilisation dans un cadre agricole purement professionnel. L’une a taillé pour sa paire de vaches liée jusqu’alors au joug vosgien en l’utilisant à la maison pour sortir le bois et cultiver la terre vivrière. Le quatrième stagiaire est venu faire son joug dans le cadre d’une association qui travaille avec la race lourdaise. Ce dernier est aussi vraiment très investi dans le maintien des savoirs ruraux et artisanaux. Son appétit d’apprendre est vraiment à saluer d’autant plus que ses dix sept ans dégagent devant lui un bel avenir de la pratique. Il en est de même pour un second stagiaire de vingt trois ans, à la fois coutelier et paysan sur la ferme familiale, qui présente aussi un bel attachement aux savoir faire et au geste.

Nous avons réussi à pratiquement aboutir trois jougs sur quatre, où seules quelques finitions restaient à faire. Pour des problèmes de contraintes physiques qui ont freiner l’avancé de la taille, le quatrième joug déjà très bien dégrossi, nécessite encore un peu de travail. J’ai proposé à la stagiaire de m’en charger.

Mais le travail de tous sans exception a été vraiment fait avec un grand investissement et une pugnacité remarquable et visiblement avec plaisir. Ce travail est très physique et sollicite, par des postures pas toujours très faciles, des muscles parfois insoupçonnées révélés dès le second matin lorsqu’on redémarre! En tous cas chacun a travaillé avec adresse et un résultat bluffant dans la réalisation, le tout dans la bonne humeur ce qui a contribué à faire oublier la difficulté physique réelle. Un grand merci à Colette, Martin, Erwan et Diégo d’avoir eu à cœur d’avancer au maximum leur joug en étant vraiment très concentré sur leur travail.

Deux stages supplémentaires à venir sont déjà remplis et, chose à signaler, ce ne sont que des stagiaires qui viennent dans un cadre agricole et professionnel.

Je suis ravi d’une telle situation, l’avenir de la réalisation de jougs neufs est peut être en bonne voie d’être assuré, merci à vous tous de votre investissement passé ou à venir.

Le monde n’est pas encore complètement fou, côtoyer de bels personnes investies et passionnées amène quelques bouffées d’espoir dans un avenir incertain qu’ont espère cependant meilleur et humaniste.

Michel Nioulou

Ld75UEr0bbv9 IMG 20260510 160157 scaled

LaVgMZlzeWNu IMG 20260510 160351 scaled

Ko7JhHWyibiX IMG 20260510 160358 scaled

u4niEAcowAFH IMG 20260510 171053 scaled

xqHJ9jm73qvc IMG 20260510 171325 scaled

U08VKgjqeGWV IMG 20260507 110058 scaled

vlgwCbQhiBAt IMG 20260511 093644 scaled

250GluCk0UBC IMG 20260510 190221 scaled

eQlIk3WwLsMN IMG 20260510 194328 scaled

k5L9gXwlGw3g IMG 20260511 114427 scaled

Km5NpGMDmaaC IMG 20260511 100034 scaled

wCXDzUWwhnJo IMG 20260511 114614 scaled

pT4olqZEvy89 IMG 20260511 114652 scaled

gM2w7q4rmyTB IMG 20260512 110629 scaled

2FQKiOrDDGMg IMG 20260511 114718 scaled

Y72ypWicQbHS IMG 20260512 110501 scaled

cjWPJEb9IW7f IMG 20260512 101316 scaled

RPvMdWZGAda8 IMG 20260512 110521 scaled

Formation 2 Mains 4 Cornes auprès de Flora et Gwendoline, Ho’rocher BIO à St Eloi les mines 2026 (63)

epj1qbJyypgH WhatsApp Image 2026 04 03 at 16.45.41

Retour sur 2 actions de formation « 2 Mains 4 Cornes » réalisées en ce début d’année 2026

Ho’rocher BIO à St Eloi les mines (63)

Flora et Gwendoline m’avaient sollicité à l’automne 2025 pour envisager la mise en place d’une formation au sein de leur ferme, avec l’objectif d’appliquer la méthodologie « 2 Mains 4 Cornes » à leurs bovins. Soutenu par un financement VIVEA, le projet s’est concrétisé à travers quatre jours de formation, entre fin mars et début avril 2026.

Sur le même principe qu’à l’Écomusée, nous avons débuté par un temps d’échange théorique. Ce moment m’a permis de faire leur connaissance et de m’imprégner de l’univers de ces deux jeunes femmes, dont l’engagement et le courage étaient déjà évidents. Leurs besoins ont rapidement été identifiés, nous permettant de poursuivre naturellement le travail auprès des animaux.

L’état des lieux du cheptel a été assez rapide à établir, compte tenu de sa taille (huit bovins), complété par la présence de caprins et d’ovins. Flora et Gwendoline, travailleuses infatigables, mènent leur ferme en poly-élevage, avec une production fromagère sur site et une commercialisation notamment sur les marchés locaux.

La formation s’est principalement concentrée sur le travail de deux génisses (âgées de 1,5 et 2,5 ans), de race Ferrandaise et croisée Blanc Bleu Belge.

Les débuts ont été quelque peu mouvementés lors de la première sortie. Bien que les animaux soient habituellement manipulés, ils l’étaient surtout à distance. Le calme et la constance des filles ont toutefois constitué une base relationnelle solide.

Le travail s’est construit progressivement : d’abord par une mise en confiance à travers les soins (étrille, brossage, contacts positifs), puis par la désensibilisation, notamment au licol — outil de contention essentiel pour guider les bovins en sécurité. Nous avons ensuite engagé les premières sorties à l’extérieur du bâtiment.

Flora, Gwendoline, autant que les génisses, ont découvert un nouveau « logiciel ». Celui-ci s’est intégré progressivement, grâce à du temps, de la patience et beaucoup de calme. Jour après jour, chacune a trouvé sa place dans ces nouvelles pratiques.

La formation, qui avait débuté avec des animaux posés mais craintifs, s’est conclue avec deux génisses capables de sortir, d’abord menées en solo aux longues rênes, puis en paire au joug cadre américain.

Restons humbles : le travail reste long et exigeant. Mais les bases d’un futur attelage sont désormais posées. Elles ont émergé grâce aux gestes de Flora et Gwendoline, portés par un équilibre essentiel entre respect, douceur et fermeté — un trio indispensable pour mener à bien un projet de traction bovine.

Les filles souhaitent à terme utiliser leurs animaux pour du petit débardage et du transport. Je suis impatient de suivre l’évolution de cette jeune paire, et surtout les progrès de Flora et Gwendoline.

Car le dressage d’un bovin apprend autant aux femmes et aux hommes qui s’y engagent qu’aux animaux eux-mêmes.

Là réside toute la magie de la relation Homme–Animal.

Site internet : 2mains4cornes.fr 

j7fGpTsio1xh WhatsApp Image 2026 04 03 at 16.45.227

gg5BMO1rppGB WhatsApp Image 2026 04 03 at 16.45.471

N895KiIqI7yS WhatsApp Image 2026 04 03 at 16.45.228

qMEvnqjC0jHe WhatsApp Image 2026 04 03 at 16.45.22

1ère Formation 2 Mains 4 Cornes auprès de l’équipe d’animalier de l’Ecomusée d’Alsace (68) 2026

ySypj5UNRlB0 WhatsApp Image 2026 03 20 at 19.34.02

Retour sur 2 actions de formation « 2 Mains 4 Cornes » réalisées en ce début d’année 2026

1ère Formation 2 Mains 4 Cornes auprès de l’équipe d’animalier de l’Ecomusée d’Alsace.

Après une rencontre riche en échanges avec Sara, référente de l’équipe des animaliers de l’Écomusée d’Alsace, lors du rassemblement de bouviers au Puy du Fou en novembre dernier, un projet de formation a émergé durant l’hiver. L’objectif : accompagner la montée en compétences de la jeune équipe présente sur le site.

En effet, ces derniers mois, l’effectif de soigneurs alsaciens s’est renouvelé et restructuré autour du cheptel d’animaux présents, pour leur plus grand bénéfice.

Cette formation visait à mettre en confiance une équipe encore en quête d’expérience et d’assurance dans la gestion quotidienne de leurs bœufs de travail.

Avec beaucoup d’enthousiasme et de motivation, nous avons débuté par un temps théorique afin d’identifier les besoins réels de chaque participant (cinq animaliers de l’Écomusée ainsi qu’André Kammerer, bouvier alsacien expérimenté, présent en observateur).

Mon objectif était clair : recueillir un maximum d’informations pour établir un état des lieux précis des ressources humaines et animales, et ainsi construire un programme sur mesure, adapté aux axes d’amélioration identifiés.

L’alternance entre temps théoriques en salle et séances pratiques auprès des animaux me semble essentielle. L’assimilation des notions de relationnel positif et de “ménage” passe par cette complémentarité, nourrie par l’observation, la mise en pratique et une analyse constructive des actions de chaque bouvier face aux animaux.

Durant ces trois jours, nous avons travaillé successivement avec une jeune paire de bœufs, une vache, un bœuf plus expérimenté, ainsi que les dernières recrues du cheptel : une vache et son veau de trois mois.

Avec l’ensemble de l’équipe, nous avons défini les priorités suivantes :

  • le recadrage et la mise en confiance de la jeune paire de bœufs ;
  • la désensibilisation du veau au licol et à la longe, en méthode douce ;
  • la première sortie au pré de la vache et de son veau.

Chaque séance a permis aux bouviers de se positionner face aux animaux pour appliquer les apports théoriques, mais aussi d’expérimenter concrètement ce nouveau cadre construit ensemble.

Entre les appréhensions légitimes du départ, la crainte de faire un faux pas ou de ne pas trouver la juste posture face à des animaux imposants, les débuts ont parfois été hésitants.

Mais progressivement, chacun a su trouver ses repères. Grâce à un accompagnement bienveillant et adapté, chaque participant a pu progresser à son rythme.

Au terme de ces trois jours d’échanges, de transmission et d’apprentissage, je suis très fier de voir une équipe renforcée, plus confiante et engagée.

La qualité de l’ambiance collective a largement contribué à lever les appréhensions initiales. L’ensemble des acteurs de cette formation — humains comme animaux — a connu une évolution remarquable, portée par le sérieux et la capacité d’adaptation de chacun.

Un grand merci à toute l’équipe des animaliers pour cette expérience de formation en traction bovine, hors de mes terres vendéennes. Elle confirme mon engagement profond pour la transmission et le partage de ce savoir-faire, que je développe depuis plus de vingt ans, notamment autour du travail avec les bovins.

C’est avec grand plaisir que j’envisage une seconde session, afin de consolider les acquis et accompagner durablement cette dynamique de relation positive initiée avec vos animaux, durant cette semaine magnifiquement ensoleillée.

Site internet : 2mains4cornes.fr 

qq67pPPUjItl WhatsApp Image 2026 03 20 at 19.38.58

nzVm0blaiWYD WhatsApp Image 2026 03 20 at 19.34.04 2

NdzJ9yOCmUjw WhatsApp Image 2026 03 20 at 19.34.05 3

avscvsQONKCT WhatsApp Image 2026 03 20 at 19.34.07 1

yCL3MsJFfHN2 WhatsApp Image 2026 03 20 at 19.34.02 3


Formation taille de joug avec Michel Nioulou : débardage charme taille de jougs (23) 2026

IMG 20260510 171055 scaled

Les 11, 12 et 13 Mai 2026 a eu lieu un stage de taille de jougs organisé par Association Attelages Bovins d’Aujourd’hui et encadré par Michel Nioulou.

La veille, Philippe Kuhlmann a débardé une grosse grume de charme de 5 mètres de long et de  70 cm de pied.

Voici quelques images du débardage avec deux bœufs Vosgiens

IMG 20260510 160358 scaled IMG 20260510 171044 scaled

Livre « Handbuch Rinderanspannung » de Astrid Masson 2015

Handbuch Rinderanspannung

Livre « Handbuch Rinderanspannung » de Astrid Masson 2015.

Résumer :

En plein cœur de Berlin, et pourtant presque en pleine campagne : Dahlem. L’agricultrice Astrid Masson travaille depuis 17 ans à la ferme biologique « Domäne Dahlem » et y mène avec succès un projet d’élevage de bovins de trait depuis 2007.

Dans son ouvrage, « Handbuch Rinderanspannung : Praktischer Ratgeber zu Verhalten, Ausbildung, Beschirrung und Anspannung von Zugrindern » (Livre Allemand. Manuel d’attelage des bovins : Guide pratique sur le comportement, le dressage, l’attelage et le chargement des bovins de trait), elle présente avec sensibilité la nature des bovins : leur comportement social, leurs perceptions sensorielles et leur langage corporel. Elle explique, de manière particulièrement captivante, comment utiliser ces connaissances pour communiquer avec les bovins et les dresser pour les travaux quotidiens (agriculture, sylviculture, attelage et équitation). Astrid Masson offre un panorama complet, des évolutions historiques aux développements actuels, agrémenté de nombreux conseils pratiques.

Forte de sa riche expérience, l’auteure décrit comment un élevage, une alimentation et un dressage adaptés à l’espèce permettent de répondre aux besoins des bovins, à leur anatomie et à leurs exigences spécifiques.

Toute personne envisageant de travailler avec des bovins trouvera dans ce livre des conseils pratiques et détaillés pour choisir la race et l’animal les plus appropriés. L’ouvrage explique en détail les points à prendre en compte lors du dressage du bétail et du choix des harnais appropriés, et présente le matériel adéquat. L’auteur y décrit une approche moderne et novatrice du dressage, allant des méthodes traditionnelles de conduite du bétail aux dernières innovations.

Le livre est seulement disponible en broché. Il est disponible sur amazone

Détails sur le produit

  • Éditeur ‏ : ‎ STARKE PFERDE-Verlag
  • Date de publication ‏ : ‎ 1 novembre 2015
  • Langue ‏ : ‎ Allemand
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 204 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 3980867552
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-3980867559
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 870 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 27.9 x 1.6 x 21 cm

19ᵉ Rencontre des Bouvières et des Bouviers du 13 au 17 mai 2026 (23)

INSCRIPTIONS A LA 19 ème RENCONTRE DES BOUVIERES ET DES BOUVIERS MAI 2026

19ᵉ Rencontre des Bouvières et des Bouviers
Du 13 au 17 mai 2026

Alors on y va. Nouvelle Rencontre des Bouvières et des Bouviers 2026 (23 Creuse). J’y vais. Je m’inscris car cela facilite l’organisation de l’événement.

Inscrivez-vous à la 19ᵉ Rencontre des bouviers et des bouvières, du 13 au 17 mai 2026, de 10h à 18h, pour découvrir ou enrichir vos compétences en matière de menage de bovins.

Pour une rencontre avec Philippe Kuhlmann, qui dresse et mène des bœufs vosgiens et ferrandais. Pour une immersion de 5 jours, ou moins selon vos disponibilités, dans une ferme pratiquant la traction animale bovine tous les jours de l’année. Pour des échanges avec d’autres meneuses et meneurs, expérimenté.e.s ou débutant.e.s. 

Tarifs :

  • Pass 5 jours : libre, minimum 15 € (incluant adhésion AABA et assurance)
  • Gratuit pour les personnes à jour de leur cotisation à l’AABA

Inscription sur Hello Asso :  cliquez ici 

Autre information, la formation à la taille d’un joug sur 3 jours a lieu en amont de la rencontre. Elle est complète. Les pré-inscriptions sont ouvertes pour une seconde session, dont les dates seront déterminées avec les personnes intéressées.

Suivre les actualités et les annonces de l’association : cliquez ici

Leonnie Biteau 21

Leonnie Biteau 26

< 1 2 16