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Livre « Oxen: A Teamster’s Guide, to Raising, Training, Driving and Showing » de Drew Conroy 2008

Livre "Oxen: A Teamster's Guide, to Raising, Training, Driving and Showing" de Drew Conroy

Drew Conroy travaille avec les bœufs depuis son adolescence. Il grandit dans le New Hampshire et forme sa première paire à treize ans. Cette expérience le conduit vers un parcours centré sur l’élevage, l’étude et l’usage du bovin de travail.

Il écrit plusieurs ouvrages sur la traction bovine. « Oxen: A Teamster’s Guide » (Boeuf : le guide du meneur. Livre anglais) reste le plus utilisé. Ce livre décrit le choix des animaux, leur logement, leur alimentation, le dressage des veaux et des bœufs adultes, l’ajustement du joug et l’usage des équipes pour les travaux agricoles ou forestiers. Il traite aussi des interventions en démonstration et en concours. Conroy y expose ce qu’il applique sur ses propres équipes et ce qu’il transmet à ses étudiants.

Il enseigne aujourd’hui les sciences animales à l’Université du New Hampshire. Il forme des étudiants à la sélection des bœufs, à leur conduite et à leur mise au travail. Son enseignement repose sur la pratique, l’observation et la maîtrise du joug et des attelages.

Conroy mène aussi des travaux en Afrique. Il étudie les usages des bœufs dans des systèmes agricoles où la traction animale reste présente. Il décrit les méthodes locales, les conditions de travail, les choix de matériel et les critères de sélection des animaux. Ces études lui permettent de comparer les pratiques selon les contextes.

Le livre est disponible en version epub sur amazone. La version brocher est difficilement trouvable en France.

Voici une liste des principaux ouvrages de Drew Conroy :

  • Oxen: A Teamster’s Guide — première édition : 1999. Google Livres
  • Oxen: A Teamster’s Guide to Raising, Training, Driving & Showing — édition révisée : 2008. AbeBooks
  • The Oxen Handbook (avec D. Barney) — 1986. Goodreads
  • Ox Yokes: Culture, Comfort and Animal Welfare — conférence/texte publié en 2004.

Information sur le livre « Oxen: A Teamster’s Guide, to Raising, Training, Driving and Showing »

  • Éditeur ‏ : ‎ Storey Books
  • Date de publication ‏ : ‎ 1 février 2008
  • Langue ‏ : ‎ Anglais
  • Nombre de pages de l’édition imprimée  ‏ : ‎ 256 pages
  • ISBN-10 ‏ : ‎ 1580176925
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-1580176927
  • Poids de l’article ‏ : ‎ 862 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 21.59 x 1.91 x 27.31 cm
  • Fait partie de la série ‏ : ‎ Storey’s Working Animals

En Bretagne, le paysan breton qui refuse le tracteur I SLICE VOYAGE 2012

Le programme du Rassemblement des meneurs de bovins (66) 2026

Programme des activites 2026

 

Le Rassemblement des meneurs de bovins 2026 approche. Il se déroulera les 2, 3 et 4 octobre à Béna, sur la commune d’Enveitg, dans les Pyrénées-Orientales.

Pendant trois jours, meneurs, intervenants et personnes intéressées par la traction bovine pourront se retrouver autour des animaux, des pratiques et des expériences de chacun.

Vendredi 2 octobre

La première journée débutera par une présentation du rassemblement et des participants. La matinée sera notamment consacrée aux principes de l’apprentissage chez les bovins et à la fabrication d’un travois. L’après-midi permettra de voir les bovins au travail, avec du dressage et du petit débardage, tout en poursuivant la fabrication du travois. La journée se terminera par des exercices entre participants et un temps de questions-réponses.

Samedi 3 octobre

Le samedi permettra d’aborder plusieurs aspects du dressage et de la relation avec les bovins. Après des apports théoriques dans la matinée, l’après-midi sera consacré à la pratique avec du travail au travois, de la désensibilisation et des exercices en petits groupes. La fin de journée permettra également d’échanger autour du choix des animaux et des bovins de loisir. L’Assemblée générale de l’Association française des meneurs de bovins aura lieu à 21 h.

Dimanche 4 octobre

Le dimanche laissera davantage de place aux démonstrations et aux activités avec les bovins. À partir de 10 h, plusieurs attelages seront présentés, avec déambulation et participation du public. Un parcours ludique et un slalom avec les bovins seront également proposés. Après le repas, un dernier temps d’échange permettra de revenir sur le rassemblement avant sa clôture.

Des intervenants aux expériences différentes

Plusieurs personnes participeront aux échanges et aux activités tout au long du rassemblement : Eline Hoefsloot, Jean Bernard Abadie, Francis Bazerque, Michel Nioulou, Olivier Courthiade, Laurent Martin et Léonnie Biteau.

Symposium mondial sur les bovins de trait 2027 : envoyez vos questions

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À l’occasion du prochain World Draft Cattle Symposium, qui se tiendra en janvier 2027, les organisateurs souhaitent recueillir les questions que se posent aujourd’hui les personnes qui travaillent avec des bovins.

Nous connaissons tous cette situation : « Si seulement je pouvais trouver quelqu’un pour m’aider à répondre à cette question sur les bovins de travail… »

L’idée est simple : chacun peut envoyer les questions les plus intéressantes avant le 1er novembre, par mail à aba.attelagesbovinsdaujourdhui@gmail.com ou à c.kropp@kloster-lorsch.de.

Les questions sélectionnées seront transmises aux intervenants du symposium ainsi qu’à d’autres personnes expérimentées dans le domaine. Elles pourront ensuite être abordées lors de la conférence en janvier.

Un exemple : « Comment réussir à faire du foin sur un terrain très pentu avec mes bovins ? »

Journée d’échange Prommata (38) Janvier 2026

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Le 18 janvier 2026, Prommata a organisé une journée d’échange autour de la traction animale en Isère à St Antoine l’Abbaye.

La journée a été répartie entre la présentation du lieu, la présentation de la thèse (Expérimentations transdisciplinaires sur la traction équine en maraichage : trajectoires, pratiques, et impact sur le milieu) de Fabienne Boivin avec des ateliers de travail, et la présentation des différentes associations présentes localement ou en France (Prommata International, Réseau Professionnel Auvergne Rhône-Alpes Traction Animale, Hippotese, Marianne, Trait Paysan Centre-Val de Loire, Association Française des Meneurs de Bovins), sans oublier tous les échanges qui ont ponctué la journée.

Nous avons pu aussi présenter, avec Anna, l’association Attelage Bovin d’Aujourd’hui et le blog de Michel Nioulou, Attelages Bovins d’Aujourd’hui.

Merci à tous pour l’ambiance, les échanges et le partage.2

Merci a Mathieu pour son accueil et le lieu exceptionnel de Massabielle.

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Carnaval, boeuf à ceder Belgique 2026

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Bœuf a céder.
Carnaval Bœuf Jersey/Montbéliard de 6 ans.
Ultra a l’ecoute. respectueux,  vif d’esprit et sensible. Éduqué à la traction au collier. Mené  aux guides et a la tête.  Attelage aux brancards et travaux agricoles légers.  Carnaval a besoin d’une vraie relation en dehors du travail.
Visible en Belgique , province du Luxembourg .
Contact par mail : gaetan.pyckhout@gmail.com
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Rencontres des bouvières et bouviers de France organisées par l’Association Internationale Attelages Bovins d’Aujourd’hui (AIABA) à Chatelus Malvaleix (23) du 14 au 17 Mai 2026

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Rencontres des bouvières et bouviers de France

organisées par l’Association Internationale Attelages Bovins d’Aujourd’hui (AIABA)

à Chatelus Malvaleix (23)

du 14 au 17 Mai 2026

Comme chaque année se sont tenues les rencontres de meneurs de bovins chez Philippe Kuhlmann. Depuis le déménagement de sa ferme il y a trois ans, le rassemblement a migré de l’Alsace à la Creuse.

Comme à l’habitude, on a pu y croiser un public métissé venu de toute la France, de Belgique et d’Allemagne.

Le programme a été souvent perturbé et modifié par une météo plus qu’incertaine avec de nombreuses averses intenses et des températures basses. Malgré tout, les quelques 70 participants sur trois jours ont pu mettre au joug différentes paires de bœufs de tous âges. Aucun animal extérieur à la ferme n’était présent, seul les animaux de Philippe ont été manipulés.

L’atout majeur d’être à la ferme du mail, est d’avoir à disposition des animaux à tous les stades de dressage.

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Les Vosgiens et les Ferrandais de la ferme ont été attelés parfois en solo au collier ou au joug vosgien et au joug « occitan » à embanures (logement des cornes creusées dans le joug). Epandeur à fumier, traîne bottes, embattage des faux puis fauche de l’herbe d’affouragement sous la houlette de Maxime Divo, char à quatre roues, à deux roues, travail à la chaîne, mise en guides de jeunes bovins ont été les différents activités jalonnant ces journées. On a parlé réglages, colliers, jougs, dressage, on a échangé conseils et partagé sur tous les aspects autour du sujet.

On peut saluer aussi la venue d’Alexandre Feuillade qui s’est déplacé avec sa forge et son métier à corde. Son atelier à permis à de nombreuses personnes de pratiquer ou découvrir des facettes artisanales bien utiles au monde de l’attelage. Un bourrelier est également venue pendant une partie des rencontres pour présenter son travail.

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Nous avons aussi remis en route une faucheuse à traction animale qui nous a bien occupé pour réussir à faire les réglages nécessaires à son bon fonctionnement.

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L’association a eu la chance d’accueillir Jocelyne Porcher, une zootechnicienne française et sociologue de l’élevage, directrice de recherches à l’INRAE. Elle nous a présenté à la salle des fêtes du village, une conférence très intéressante sur les relations entre humains et animaux dans les systèmes agricoles. Le public d’attelage pleinement concerné par le sujet a largement participé aux échanges avec la chercheuse . S’en est suivi l’assemblée générale de l’association.

Les participants aux rencontres se sont aussi rendus à la fête du village avec une paire de bœufs attelés à un char à quatre roues chargé d’herbe fraîche pour participer à sa manière à la manifestation. Nous y avons retrouvé Mic Baudimant, musicien chanteur traditionnel du Berry proche, qui a chanté quelques briolages qui sont des chants traditionnels pour mener les bœufs au travail. Dans la foulée, Francis Bazerque, Joël Blanc et moi même avons également chanté des chants de travail ou en relation avec les bœufs.

On peut aussi rappeler que du lundi 11 mai au mercredi 13 mai, j’encadrai un stage de taille de joug qui a rassemblé à la ferme quatre stagiaires qui ont taillé leur joug adapté à leurs animaux (cliquez-ici).

Les échanges sont toujours très nombreux pendant les séances de travail ou bien pendant les repas qui, outre la grande convivialité, sont un espace où l’on prend le temps de parler et d’échanger.

On peut remercier chacun des participants qui comme chaque année alimentent l’auberge espagnol et permettent de déguster toutes les spécialités régionales. Le repas est le moment où ceux qui ne se connaissent pas peuvent apprendre à se connaître et échanger plus facilement. Merci aux cuisinières qui œuvrent aussi au bon déroulement des repas. Merci aussi à chacun qui n’hésite pas, à un moment ou à un autre, de donner la main pour les mises en place et préparations.

Comme chaque année, la présence des différents participants, meneurs confirmés, en devenir ou en projet conforte l’idée d’organiser ce genre de réunion. En effet chacun y trouve son compte et y retrouve souvent une motivation. La dispersion de chacun est une difficulté dans sa pratique ou son apprentissage. Se retrouver, échanger, partager, se sentir moins seul dans une pratique qui, au yeux du commun des mortels, paraît incongrue, est un rouage essentiel à l’encouragement, au maintien et au partage des savoirs et des pratiques. Par chance en France, l’Association Internationale Attelages Bovins d’Aujourd’hui et l’Association Française de Meneurs de Bovins organisent chacune une rencontre par an dans une complémentarité bénéfique. Merci à tous ceux qui s’engagent. Sans eux, la pratique de l’attelage bovin serait en danger. Les jeunes meneurs sont l’avenir et ils étaient à Chatelus-Malvaleix.

Michel Nioulou

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Quelques attelages bovins contemporains, Montage vidéo de Michel Nioulou 2026

A l’occasion de la réalisation d’une vidéo courte présentant rapidement les attelages bovins Français destinée à être présentée lors de l’organisation prochaine d’un symposium international en Allemagne organisé par Clauss Kropp, j’ai monté cette vidéo à partir des documents communiqués par un certain nombre de bouviers. Bien sûr la liste n’est pas exhaustive, mais nous n’avons malheureusement pas de vidéos de tous les meneurs de bovins de France.

Je me permets à cette occasion relancer une nouvelle fois l’ensemble des bouviers Français pour qu’ils nous communiquent vidéos et/ou textes présentant leur travail, leur expérience professionnelle ou non avec leurs attelages.

N’hésitez pas non plus à en parler autour de vous. Merci!

Initiation à la traction bovine 24 septembre 2026 (65)

Attention changement !!!

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J’ai le plaisir de vous annoncer que la formation d’initiation à la traction bovine avec Fabrice Dubertrand, éleveur bio de vaches Lourdaises à Lafitole (65) et dresseur bovin/équin, aura bien lieu à la fin du mois de septembre 2026.

  • Le financement VIVEA est refusé : une seule journée « à la bonne franquette » le jeudi 24 septembre 2026 qui permettra de se mettre le pieds à l’étrier => gratuit pour tout le monde 

Le nombre de places sera limité à 15 personnes.

Merci de vous inscrire par mail ou téléphone : julien.cantegreil@gab65.com / 06 13 10 73 52

N’hésitez pas à faire suivre l’information à tout personne qui pourrait être intéressé-e !

Bien à vous,

Julien Cantegreil

Animateur élevage GAB 65 julien.cantegreil@gab65.com

06.13.10.73.52

Un métier à ferrer en Couserans (09) 2008

Boeuf de race casta

Article vient du site internet « A l’encre violette ». Pour lire l’article d’origine cliquez sur ce lien. 

Ce matin-là, les écoliers de La Bastide du Salat, en Ariège, n’en croient pas leurs yeux. En face de leur école, rien que pour eux, ressuscite une scène « d’autrefois le Couserans ». Le métier à ferrer accueille deux bœufs massifs d’environ une tonne, venus en camion du village de Betchat, de l’autre côté des collines boisées. Ils appartiennent à la race « casta », encore appelée « aure » et « saint-girons » du nom de leur berceau d’origine, la vallée d’Aure dans les Hautes-Pyrénées et le bassin de Saint-Girons dans le Couserans. Casta qui vient de « castagne », la châtaigne, désigne la couleur sombre de leur robe. Les vaches de cette race connurent leur âge d’or dans les montagnes d’Ariège, avant la seconde guerre mondiale, lorsqu’elles étaient traites pour la fabrication du célèbre fromage de Bethmale. Depuis 1958, le cheptel est tombé de 30 000 à 300 têtes. Quelques éleveurs tentent de maintenir la survie de la race.

Ancien foorgeron du village

Heureux et ému, Jean Martres, l’ancien forgeron et maréchal-ferrant du village, n’a pas voulu manquer ce moment et égrène volontiers quelques souvenirs et anecdotes. C’est d’ailleurs, son propre métier à ferrer qu’il céda à la commune à l’heure de la retraite, qui va encore prouver sa robustesse face à l’humeur du bétail.
L’essentiel de son travail consistait en l’entretien du matériel à traction animale et le ferrage des chevaux et bovins qui marchaient sur des chemins empierrés pour rejoindre les champs au temps des labours et tirer les chariots de bois et de céréales moissonnées. Son activité cessa au début des années 1960 avec la mécanisation et le développement des tracteurs.

Instalation du boeuf

Les deux bœufs présents ce jour, ne sont attelés qu’à l’occasion de transport du bois dans des endroits d’accès malaisé, et d’animations lors des fêtes locales pour faire renaître les coutumes anciennes. Bien qu’âgés de six ans et demi, c’est la première fois qu’ils entrent dans le système à ferrer pour subir un nettoyage des sabots.

Boeuf installer

Avant d’effectuer l’opération, il s’agit de préparer l’animal afin qu’il devienne inoffensif. En ayant soin de ne pas blesser ses cornes, on lie sa tête au joug à l’avant pour qu’il ne puisse plus avancer ni reculer.

La sangle ventrale

Puis avec un cric, on le soulève légèrement après lui avoir fixé deux sangles ventrales. Ensuite, on entrave une patte arrière en l’enchaînant à un pilier du métier. Enfin, avec une corde, on soulève la patte à travailler afin de la mettre à la bonne portée du maréchal-ferrant qui, aujourd’hui, se contente de « parer le pied » pour fournir au bœuf, un meilleur confort de locomotion.

Entrave patte

A l’aide du rogne-pied et de la mailloche, il enlève le surplus de corne à la partie inférieure du sabot. On dit qu’il « abaisse la muraille » afin que la bête puisse poser correctement la patte sur le sol.

Avec le rogne pied

Ensuite, avec une râpe, il finit d’égaliser la « sole », qui correspond à la plante du pied.

Avec la rape

Enfin, avec la cisaille, il raccourcit l’ongle trop long. Comme lorsque nous coupons trop court un de nos ongles, survient à l’une des pattes, un saignement plus impressionnant que douloureux à voir l’air paisible du bœuf. Le maréchal-ferrant va répéter les mêmes gestes à huit reprises (deux bœufs à quatre pattes, le compte est bon !).

Vue de loin

Jean Martres, volubile, nous conte l’opération de ferrage qui n’est pas prévue aujourd’hui. Il extrayait d’abord les clous des fers usagés à l’aide de grosses tenailles, les « tricoises ». Ensuite, il procédait au ferrage proprement dit qui s’effectuait, pour une meilleure efficacité, le plus souvent, à chaud autour de 1 000 degrés. Ainsi, le fer était bien ajusté et épousait mieux la corne du sabot. Selon la quantité de travail abattu par l’animal et le type de chemins empruntés, la longévité d’un fer était de trois mois. Ce sont 2 500 fers à bœufs qui étaient posés, chaque année, à l’époque florissante de la profession. Il préparait, à la fin mars, son stock de fers qu’il fabriquait à partir d’une ébauche. Comme pour nos chaussures, il existait différentes pointures de fers ( de 2 à 6) adaptées à la taille des sabots. Le fer à bœuf est complètement différent du fer à cheval bien connu qui trônait souvent aux portes des maisons et sur les cheminées en guise de porte-bonheur. Sur chaque sabot de bœuf, sont cloués deux fers de taille inégale car l’ongle intérieur est plus étroit et petit.

Fer a boeuf

Le maréchal-ferrant empiétait souvent sur les prérogatives du vétérinaire trop onéreux pour les paysans. Il lui arrivait, avec sa scie à métaux, de raccourcir les cornes trop longues. Lorsqu’il touchait par malheur, la partie vivante de la corne, il stoppait l’hémorragie de sang en cautérisant au fer rougi. Il procédait aussi, avec le trocart, au perçage des panses des animaux qui avaient trop abusé de trèfle ou sainfoin. Il élaborait encore quelque remède de bonne femme à base de miel, vinaigre et sulfate de cuivre pour soigner, avant de les panser, les bêtes blessées par un clou ou un tesson de bouteille.
Il soignait l’œil des bovins quand une « balle « d’avoine jetée de la grange au-dessus dans la mangeoire de l’étable, se logeait dans la cavité orbitale au risque de faire perdre l’usage de la vue à la bête. Avec son doigt recouvert d’un petit bout de tissu de lin enduit d’huile, il épousait sous la paupière, la forme de l’œil et enlevait le corps étranger gênant.
Jean Martres, digne d’un ostéopathe, se souvient même d’avoir guéri des foulures d’une patte avant d’un bovin en lui repliant le membre sur l’épaule !
Hors La Bastide, la majorité des bêtes provenait de Lacave, le village voisin, et des fermes de la Haute-Garonne limitrophe, notamment de Castagnède, His et Touille.
Le nettoyage des sabots et le ferrage s’effectuaient surtout lorsque le mauvais temps empêchait les agriculteurs de travailler dans leurs champs. Il faut donc imaginer l’affluence de paysans et d’animaux dans la cour du forgeron et sur le pré communal ainsi que les conversations animées presque exclusivement en patois.
La matinée s’achève par un moment fleurant délicieusement le terroir durant lequel le propriétaire des bœufs récapitule en langue occitane, les différentes étapes du nettoyage des sabots.

Proprietaire

Dans mon esprit, dansent des images et des sons d’il y a cinquante ans, le crottin des chevaux qui « décorait » le pavé de la rue de la République, artère principale de ma petite ville natale de Normandie, Monsieur Guignant actionnant le soufflet de sa forge rougeoyante, le bruit du marteau sur l’enclume quand il ferrait d’imposants chevaux percherons ou boulonnais.

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