
Gérald Dumont a toujours exploité une petite ferme à Saint Etienne-le-Molard dans la Loire. il a toujours eu des bovins dressés pour le travail. Il fait de nombreux travaux sur sa ferme avec ses deux vaches Salers.

Gérald Dumont a toujours exploité une petite ferme à Saint Etienne-le-Molard dans la Loire. il a toujours eu des bovins dressés pour le travail. Il fait de nombreux travaux sur sa ferme avec ses deux vaches Salers.
Johnny Krau est double actif et exploite une petite ferme. Il attelle régulièrement deux vaches Simmental.

Le pré des garçons

On va boire à la rivière

Objectif nettoyage du matériel de modestine a la riviere

La nature est partout

Découverte du débardage et aussi la rencontre avec Édith

On visite les vaches de Jo avec Édith

On passe dans les bois

On profite du paysage en les cherchant

Ils ont tenu compagnie a des moutons en nous attendant

Boulot doit attendre a sa place pour harnaché

Qui a dit que les cornes était inutile ?

Bouleau commence a sortir du bois intéressant
On en profite pour découvrir le lieu du rassemblement
J’ai demander a Jo de l’aide pour les mettre au joug. Les maraichins connaissent très bien le joug de garrot mais ils ne connaissent pas le joug avec une immobilisation plus importantes. Voici une vidéo après 5 minutes de mise au joug et la première fois avec cette configuration de guide. Pour continuer dans la nouveauté, c’est une personne qu’ils ne connaissent pas qui les guides.
Un moment extraordinaire
Premier journée au rassemblement des bouviers sous un temps mitigé. Ce matin, Safran et Bouleau sont les premiers à montrer le travail qu’ils font. Le programme, débardage aux longues rênes. Une première pour eux de tirer des petits bois. Ils ont impressionné tout le monde par leur comportement exemplaire et le travail qu’ils fournissent.

Accueil des participants

Les maraichins sont les premiers a faire de la démonstration au joug avec des guides.

C’est Jo et Audrey qui les préparent. C’est une paire qui va être mener avec des personnes différents. Tout cela fait partie de leur éducation.



Vache bretonne pie noir

Quelques explications ostéopathe avec Pauline

En attendant, Bouleau a décider de se coucher avec le joug. C’est plus impressionnant qu’il n’y parait.
Préparation du feu pour le soir

Stand d’Eline qui c’est fait dévalisé en quelques minutes

Moment au coin du feu

Grillade

Moment de présentation en groupe

Jo, Michel et Audrey apprennent a une genisse de monter dans un van etroit

Mission réussi

Grand marche a pied pour aller dans le bourg

Tous les attelages nous accompagne

Corentin et modestine
Chacun avance a sont rythme

Une visite imprevue

On arrive dans le bourg

Transport modestine

On profite du bar en attendant que la soiré commence

On a peut etre jamais vu autend de monde

La famille Kemmerer

Repas du soir

Camion Foodtruck

Un bon repas chaud

Le temps d’une histoire

Le conteur du soir

Bal trad

Les musiciennes

Une veillé au coin du feu







La corne rose – plus qu’un simple projet

Itinéraire de la marche.

Le rassemblement des meneurs de bovins

Photo de groupe

Michel Turpault avec la paire de boeuf normand (Rosier et Lilas)

Léonnie avec les boeufs normands

Les darioleurs dans une manifestations
Avant de ce lancer dans l’aventure, il faut s’entraîner. Entre ballade et une semaine de teste, les occasions sont nombreuses.

Safran en ballade avec le bat.
Entrainement avec un passage dans une rivière
Découverte de la tente



On marche tranquillement vers leur nouvelle maison a l’association des darioleurs

Bouleau a trouver un bon matelas d’herbe pour faire une pause

Bouleau (gauche) et Safran (droite)
On etait a 90 jours du depart !

Première nuit pour moi avec les bœufs n’ont loin dans un pré.

Photo souvenir dans le jardin

Felicie m’a accompagné pendant cette semaine de marche.

On gravite autour de notre lieux de repos pour découvir les chemins au alentour sans le bat

Ration du soir

Vue depuis la tente
Pour la première fois, Bouleau passe devant nous.

Un banc surprenant à Ecoute s’il pleut

Petite photo devant la mairie avant d’arriver a notre destination final

Decouverte du distributeur a pizza et pause repas

Un repas chaud

Je ne suis pas la seul a casser la croute
Entrainement au suivit pour Bouleau et au guide pour Safran.
Entrainement au suivit pour Bouleau et au guide pour Safran.

Arriver dans leur nouvelle maison

Rencontre avec l’association et les boeufs normand
Je continue a les voirs régulièrement pour continuer le dressage et les préparer pour le voyage.
Séance pour les ordres a la voix avec Bouleau.
18 aout 2023

Safran avec le bat

Apprentissage pendant la ballade a faire une pause.

Le bat utiliser pour le voyage. Bat de l’armée suisse.
Petit retour en arriere avec une photo en Août 2022 puis Octobre de la même année et enfin de la semaine dernière. Que du chemin de parcouru.

Photo prise peut de temps après leur arriver de l’élevage

Safran et Bouleau au joug de garrot quelques mois apres leur arriver.

Savran et Bouleau au spectacle de Beauchêne, une semaine avant le depart.
19 aout 2023

Safran et Bouleau dans le van, pres pour le depart.

En route vers notre lieu de départ.
22 aout 2023

Le point de départ de la grande aventure

Safran ouvre la voie

Petite pause pour bouleau qui porte le bat aujourd’hui

Pause rafraichissant par cette chaleur accablante

Première nuit
22 aout 2023

Lever de soleil magnifique

On boit avant de reprendre la marche.

Découverte du patrimoine français

En route !

La campagne française

Pause en attendant de trouver le bon pré pour dormir.

C’est le repas du soir pour se préparer a la journée du lendemain
Moment repos au coucher de soleil
Diapo pour resumer les deux premiers jours
23 aout 2023
Après une première nuit à la belle étoile, nous reprenons la route. Même à 7h, la chaleur commence à devenir pesante. 5km plus tard, on pose nos bagages chez Dominique. Le programme de l’après-midi : sieste.

Coucher du soleil la veille au soir.

Répartition de la charge pour soulagé la fatigue des premiers jours

Arrêt discussion

Pres pour la sieste !
24 aout 2023
Pour notre 4eme jour de marche, nous sommes allés à Magnac-Laval. Après une nuit orageuse, on prend la route. Arrivée à 10h sur la place, on a été accueilli par Mr le Maire et des habitants. De superbes échanges autour des animaux et du voyage. J’ai été encore une fois superbement bien accueilli. Le soir, on a pu faire du tourismes en passant au Magn’accueil, puis devant l’église et enfin le vieux collège. Je remercie encore une fois les personnes qui m’ont hébergé et offert les repas.

Mâtiné pluvieuse

Pause petit déjeuner

Pause rencontre et accueil a Magnac Laval

Pause rencontre et accueil a Magnac Laval sur la place du village

Visite touristique à Magn’accueil

Visite touristique à Magnac Laval.

Visite touristique à Magnac Laval.
25 aout 2023

Bouleau et Safran profite du paysage
Moment détente a midi

Un peu d’humour dans la solitude de la marche

Un bouleau artiste !
On avance doucement mais surement

Photo de groupe de passage.

On profite de l’eau pour faire une petite pause.

On est arrivé pour poser les affaires

Moment détente du soir avec Safran

Safran photogénique
25 aout 2023

Paysage du matin

Safran et Bouleau qui porte le bat

Un reflet dans le miroir

On nous a pris en photo

Photo souvenir à Chateauponsac

Pont romain

Pause du midi

Safran regarde la rivière

Safran a préférer se coucher a côté de moi.

Boulot commence a montrer des signes de fatigue en faisant une tres grosse sieste

Bouleau KO

Vu magnifique sur Chateauponsac

Vu magnifique sur Chateauponsac 2

Le grignotage, c’est la vie.

On continue la visite touristique

De nombreux cairn le long du chemin

Arriver pour notre arrêt du jour
26 aout 2023

Safran et la bache pour proteger les affaire de la pluie.

Changement de paysage

On a trouver un lieu pour la pause du midi

Mode broutage et avec la pluie qui s’annonce

On reprend la route avec Safran (et le chasse mouche confectionné par Vero Nioulou)

Camp du soir et ravitaillement

On profite de l’herbe

On est venu nous rendre visite

Photo souvenir a 3

Photo portrait à trois

Encore une photo à trois

Le moment de la sieste

27 aout 2023


Chemin etroit

Des beaux paysages

Pause déjeuner pour Safran et Bouleau

Pause déjeuner préparer par Gaelle

On reprend la route dans une zone naturelle

Safran ouvre la marche

On est dejà arriver pour le soir

Portrait de Safran

Un maraichin dans un marais
Des boeufs passepartout
27 aout 2023

On trouve beaucoup de maison abandonné

On ne se lasse pas des paysages

On a trouver un nouveau compagnon de route

Pause de midi pour recharger les batteries

Photo souvenir à Saint Leger la Montagne.

On a fait un petit détour
28 aout 2023

Un repos bien mérité

Toujours plus de sieste

Je profite de l’occasion pour faire une lessive.

Bouleau est tres curieux et surtout si il y a manger dans les environs

Toujours plus proche.
Il ne faudrait pas beaucoup plus pour qu’ils rentrent avec moi dans la tente.

Pause de Safran

Photo souvenir a 3

Photo souvenir a 3 (2)

La famille Bayle

Selfie à Mallety
29 aout 2023

On descend de la montagne

Bouleau ferme la marche

Paysage toujours aussi beau

La pluie s’invite

On continue les photos souvenir

Une interview qui a eu lieu cette journée là

Humour noir

Passage de groupe scolaire

Cadeaux que les personne m’ont offert (tomate, crêpes et la spécialité de la boucherie). J’ai profiter de l’occasion pour acheter un burger dans le seul snack de du voyage.
Passage d’un pont pour Bouleau

Pré du soir pour les garçons.
30 aout 2023

Lever du matin

Passager clandestin

Pres au départ

Face a la nature

Bouleau et les fougère

Bouleau se fait attendre

On commence a rechanger de paysages

Toujours le meme retardataire

La ferme a escargot

On pose nos bagages

Toujours plus d’escargot

Nourrissage des escargots

Photo bonus
1 septembre 2023
13eme jour de voyage.
Le départ du matin attire encore beaucoup de monde du village à L’Escargot des Herbes Folles . Le temps de prendre les dernieres photos, il se fait déjà tard. Quelques kilomètres plus tard, on se retrouve devant la frontière entre la Haute Vienne et la Creuse. Et voilà une nouvelle étape de franchie. Puis, après tout ça une petite pause pour faire sécher les vêtements. L’après-midi fut rude. Des grosses chaleurs encore et toujours plus de monté. Le soir on a enfin pu se reposer chez Karine. Les boeufs ont profité de la vu et du jardin.

La ferme d’escargot

Bouleau ferme toujours la marche

On arrive en Creuse

On travers un nouveau village

Pause séchage

On continue a voir des lieux remarquables

Je commence a me rendre compte du chemin parcouru

On recherche l’ombre pour nos pauses. La chaleur est écrasante

On commence a voir les forets de resineux

Se soir, c’est dans un jardin que les garçon sont loger

Ils profite de la fraicheur

Coucher de soleil
2 Septembre 2023

Copine du matin

Paysage verdoyant

On voit de moins en moins de construction humaine

Paysage

Chemin des gaulois

Bouleau a été impressionnant dans la gestion du bat et du chemin même s’il a le don de se frotté a chaque obstacle

Pose du midi a coté de la seul source d’eau que l’on croisera de la journée

On se rapproche de notre étape du soir

Arriver pour le soir
3 septembre 2023
15eme jour.
Un départ avec nos hôtes pour nous mettre sur le bon chemin. On passe à Montboucher en croisant quelques personnes puis on traverse une grande route avant d’arriver à un moulin. Un dernier au revoir et nous voilà repartis tous les trois. Dans l’après-midi, je croise plusieurs personnes qui me disent que je suis attendu au prochain village. Effectivement, quand je suis arrivé j’ai été accueilli avec de l’eau pour les boeufs et une bouteille de jus de pomme (offerte par une cliente anonyme) à La Ferme de Fontloup Tixier . Une dernière photo de groupe et c’est parti pour le repos du soir à Bouzogles. Sur le chemin on redécouvre l’histoire de France avec les mémorials. Il est déjà temps de se reposer.

On dit au revoir a nos hotes qui nous avais accompagner sur les premiers km.

Moulin et étang

C’est partie

Bouleau ouvre la marche

Sur les traces de l’histoire de France

Bouteille offerte par une personne anonyme

Pause devant le magasin de la ferme

On fait une photo devant le magasin
Quand des bœufs croisent une moissonneuse batteuse

On arrive pour notre arrêt du soir

Bouleau est le chouchou des dames

On continue a voir défilé des paysage
4 septembre 2023

A la traverser des champs

On arrive dans de la forêt

La sylviculture

On profite d’un point d’eau

On continue la route

Je profite des paysage

Pause du midi a l’ombre

Toujours plus de paysage

Une église perdu au milieu de la campagne

Bivouac du soir

Coucher de soleil

Safran et la curiosité
5 septembre 2023

Chemin en pierre

Bouleau nous ouvre la voie dans les ronciers

On sort de la forêt
Un moment de plaisir

Retour a la civilisation

Safran et Bouleau se sont cachés

De nouveau paysage

Boeuf tout en 1

On a trouver un cours d’eau

On retourne dans la foret

Tombereau abandonné

Notre lieux de repos du soir

Je décide de laisser les garçons en liberté sans clôture pour le deuxième soir d’affilié.
6 septembre 2023



Nos voisins campeurs d’un soir

On boit une dernière fois avant le depart

Champignon particulier

Safran

On commence a sentir la fin du voyage

Les paysages changent toujours

Je profite de la vue pour faire des photos avec Bouleau et le materiel

Notre lieu pour le soir
Apres avoir enlever le bat a Safran, il a décidé de reste a coté. J’ai eu le temps immortalisé se moment de complicité entre nous deux.

C’est mieux d’etre a coté des affaires que de brouté
Un repos bien mérité
7 septembre












Safran montre a Bouleau comment il faut passer une grille au sol

C’est au tour de safran de trouver la fontaine pour boire

On continue la route

On arrive au centre équestre

Dernier jour de bat pour Safran

C’est le repos du soir et la dernier nuit de se voyage
Corentin m’a rejoint pour partager un repas
8 septembre 2023


On regarde le meilleur itinéraire avec Corentin et Jo

C’est partie pour la derniere journée avec la vue sur le lac

Moment inoubliable de faire marcher les boeufs dans le lac de Vassivière

Pause photo

Un rappel du première jour !
Boulot et le lac

Jo teste Safran au guide

Léonnie et Bouleau sur les rives du lac

Safran et Jo sont devant

On continue les photos souvenirs

Les boeufs sont les stars devant les passants

Moment tranquille

Photo a 3

Léonnie et Safran avec Bouleau de caché

Léonnie et Safran au guide

On continue notre route

Le dernier moment en voyant le lac

Plus que quelques kilomètres

Encore un changement de paysage

On est arriver à « Le peux du tour ». Plus que 2 km pour rejoindre la maison de Pascal et Mélanie

La dernier photo 3 trois de ce voyage à pied

Déchargement des affaires

Repas maison et c’est la fin de se voyage sur les routes

Johnny Krau est double actif et exploite une petite ferme. Il attelle régulièrement deux vaches Simmental.
La Corne Rose est un projet de marche avec des bovins pour soutenir la ligue contre le cancer. En 2023, Corentin Huber, accompagné d’André Kammerer et de la vache Modestine, ont parcouru 750 km depuis l’Alsace. De son côté, Léonnie Biteau a réalisé près de 150 km depuis la Vienne avec les bœufs Safran et Bouleau.
Ces deux marches ont abouti à un rassemblement de bouviers en Creuse, consacré à la traction bovine, à la transmission des savoir-faire et aux échanges. Ce rassemblement a donné lieu à l’article qui suit. Vous pouvez retrouver d’autre articles sur la corne rose en bas de l’article.

Document PDF : La Montagne traction bovine
Voici les autres articles parue dans la presse pour le voyage de la corne rose :
Presse générale :
et bien d’autre
Média spécialisé
Podcast / radio
A L’étranger
Charly Derian est paysan maraîcher à Vesdun, dans le Cher. Il travaille sur une petite surface en vente directe. Depuis 2024, il utilise deux bœufs Highland pour les travaux de la ferme. Les animaux interviennent surtout pour les charrois et sont appelés à assurer d’autres travaux. Ils travaillent au joug vosgien de manière régulière.

Voici un très bel article de la commune de Breitenbach, publié il y a quelques années sur la famille Kammerer avec leurs bovins.
Pour consulter l’article : cliquer ici
En France, aujourd’hui, nombre d’attelages bovins travaillent régulièrement dans toutes les régions, notamment en Alsace, et sont remis au goût du jour dans plusieurs pays européens.Autant l’attelage de chevaux est connu du grand public, médiatisé, de nouveau au travail au sein de nombre de domaines viticoles, agricoles, en forêt, autant les attelages de boeufs ou de vaches travaillent confidentiellement et sont aux yeux du grand public une pratique méconnue, presque oubliée, si ce n’est par son côté folklorique.
Quand on fait appel à la mémoire des anciens de Breitenbach, village autrefois à vocation agricole, viticole et forestière, les souvenirs concernant les attelages bovins affluent. Il faut dire qu’à l’époque, les chevaux étaient beaucoup plus rares, car leur entretien revenait plus cher (en 1927, 3 juments, 49 boeufs de travail recensés). De plus, il fallait un permis pour ferrer les équidés; pour les bovins, ce n’était pas nécessaire. Et quelquefois, les vaches faisaient aussi l’affaire! La solidarité était de mise, les villageois s’associaient, mettant leurs animaux en commun pour former un attelage, utilisé tantôt par l’un, tantôt par l’autre. Joseph se souvient: « Mon grand-père attelait des vaches, mais elles ne pouvaient pas donner de lait et être attelées. Alors, il a cherché un « allié ».
Pour certains, être conducteur d’attelage, c’était un métier. Les frères Stauffer qui pratiquaient le débardage possédaient 5 boeufs. « Ils devaient les nourrir très tôt le matin pour que la digestion soit terminée », raconte Marguerite, la fille d’Albert. Alphonse, agriculteur retraité, témoigne lui aussi: « Mon père faisait beaucoup de voiturage, il élevait ses boeufs lui-même. Chercher le foin, le bois, déposer les cuves aux vendanges, les reprendre… Il montait au Hohwald charger du bois de chauffage pour le ramener à la gare de Villé d’où partait un train de marchandises. Il changeait d’attelage à mi-parcours, les animaux étaient fatigués. A 12 ans, j’ai conduit pour la première fois un attelage à travers le Heuwald au-dessus de Steige ». Un souvenir toujours bien vivace!
Pour le transport, les bêtes étaient toujours par paire; pour les travaux plus légers, une seule suffisait. Dès que leurs cornes étaient assez grandes, l’apprentissage commençait et « c’étaient les vieux bovins qui apprenaient aux jeunes » poursuit Alphonse.
Dans son livre de souvenirs, René Peter, décédé en 2015, évoque l’usage du fouet: » Bien sûr, il était nécessaire pour se faire respecter, mais aussi pour signaler sa présence au voiturier en sens inverse, avant de s’engager dans un chemin creux ou étroit. Il n’était pas utilisé pour tyranniser les bêtes, nous nous faisions obéir par la bonté et la justice. Même lorsque nous leur demandions un très grand effort ou le passage d’une montée difficile, elles ne laissaient jamais tomber leur maître ».
Dernier détail: la race la plus courante était la race Vosgienne, plus résistante, mais plus difficile à ferrer que d’autres.
André Kammerer, lui, n’attelle pas Grivé, son boeuf pour des tâches aussi pénibles. A l’origine, il avait opté pour le cheval, car lors d’un périple en Tchéquie, il avait découvert que dans sa famille d’accueil et dans l’environnement agricole, le cheval de trait était encore très utilisé par les paysans. « En tant que cheminot, je savais que je serai retraité à 50 ans. Je m’étais imaginé qu’il fallait prévoir de meubler son temps. Je sais depuis que ce n’est pas vrai! » déclare-t-il. Après avoir suivi une formation de débardage à cheval, il achète Fidji et projette de devenir « débardeur de loisirs ». Et d’ajouter: » Je possédais les terrains nécessaires et de plus, j’avais la femme qui convenait pour ce genre d’activités! » Mais la carrière du cheval est stoppée net par la maladie de Lyme et il faut se résoudre à s’en séparer.
Il acquiert Ernest, un veau, avec pour ambition de l’éduquer lui-même, toujours après s’être formé. C’est un échec! Agressif, le jeune bovin se révèle ingérable. Sur les conseils d’un dresseur, Philippe Kuhlmann, venu l’observer, André abandonne l’expérience et se résigne: « Ernest n’était pas apte à être appelé ».
Ayant grandi dans un milieu où l’on élevait taurillons et génisses, il persévère . » J’aime l’odeur de ces animaux. J’ai peut-être des gènes de bouvier ». A La Salcée, un jeune éleveur veut se séparer d’une paire de jeunes boeufs vosgiens déjà habitués à être attelés. André n’hésite pas. Le plus grand est vendu, il prendra celui qui reste, Grivé (qui veut dire le « gris » en vosgien, un nom porté par beaucoup de boeufs dans le 88) qui deviendra boeuf de compagnie. « Il n’est pas productif, un peu pour le bois (et pour chercher des pierres à Champenay). Il emmène le fumier que je n’aurais pas si je n’avais pas de boeuf! » plaisante le bouvier.
Grivé coule donc des jours paisibles, savourant herbe et foin qu’André et son épouse Evelyne ont fané à la main cet été. « Il est attachant, mais ne supporte pas les gens qu’il ne connaît pas autour de sa tête ». Néanmoins, il rend service aux associations de la vallée, il est présent sur plusieurs fêtes.
Chaque année, durant le week-end de l’Ascension, Grivé et son propriétaire participent aux journées de la traction bovine à l’Ecomusée d’Ungersheim.

André à l’Ecomusée
D’après André, « beaucoup de gens ont réinvesti cette façon d’attelage ». Une association de bouviers au niveau national et international est en train de se former. On y discute colliers, jougs… Une anecdote fait surface: « En Allemagne, le joug double a été interdit par un certain Adolf Hitler qui trouvait son utilisation incompatible avec le bien-être animal ».
La question ne se pose pas pour Grivé. La race vosgienne, après un déclin dans les années 70, a remonté la pente. Est-ce-que ça va durer? « J’aimerais bien que ça se développe » avoue André.
Lucienne FAHRLAENDER
Voici la thèse réaliser par Maurice Miara ainsi que la vidéo de la soutenance « Panser la terre : la traction animale, une pratique paysanne, durable et moderne » en 2025 qui nous a autorisés le partage.
N’hésitez pas à contacter l’auteur pour plus d’informations sur son travail ou d’éventuels collaborations. Par ailleurs, si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à contacter le réseau Cheval & SHS, plusieurs chercheurs et doctorants travaillent sur ces sujets.
Résumer :
Dans un contexte de prise en compte des enjeux environnementaux, de nombreux agriculteurs écologisent leurs pratiques et s’orientent vers une agroécologie forte. Se développant sous des formes alternatives, ils remettent en question le productivisme, et interrogent nos rapports à la croissance, à la modernité et au progrès. Parmi ces pratiques agricoles alternatives, la traction animale connait un regain d’intérêt et évite de nombreux écueils de l’agriculture conventionnelle. Bien que cette pratique demeure marginale et soit perçue comme folklorique, nous constatons une augmentation du nombre d’installations, notamment des néo-paysans en maraîchage et en viticulture.Ce travail vise à analyser le potentiel de la traction animale agricole en France à s’inscrire comme une pratique durable et moderne dans une perspective de transition agroécologique. En s’appuyant sur l’agronomie systémique, en particulier sur le cadre de l’analyse de pratique, 67 entretiens ont été menés, dont 33 fermes. L’objectif est de comprendre les caractéristiques de la pratique, d’évaluer la durabilité des fermes la mobilisant et d’analyser les conditions de son développement.Les agriculteurs rencontrés sont majoritairement des néo-paysans, animés par une quête de sens et des motivations politiques et de passion pour les équidés. On observe une prédominance de petites fermes, engagées vers une forte écologisation de leurs pratiques. La traction animale occupe souvent une place centrale dans ces systèmes, guidant les choix stratégiques et permettant d’affirmer l’identité paysanne du projet. C’est une forme de coproduction avec le vivant. Par ailleurs, les fermes évaluées à l’aide de la méthode IDEA4 présentent des scores élevés de durabilité, en particulier pour les dimensions agroécologiques et socio-territoriales. Même dans la dimension économique, les fermes ont des résultats équivalents à la moyenne, démontrant la viabilité de ces modèles.Pour autant, la traction animale peine à émerger comme une pratique reconnue et crédible. Les tensions entre les différents acteurs de la communauté de pratique, combinées à son caractère marginal, participent à son invisibilisation. Son utilisation s’inscrit pourtant dans une forme d’innovation, la rétro-innovation, et apparaît comme moderne et durable afin de répondre aux défis de la transition agroécologique.Cette thèse analyse ainsi la réappropriation d’une pratique ancienne par des paysans engagés dans une écologisation de la société, redéfinissant nos rapports aux vivants et s’inscrivant dans une modernité alternative et durable. Les résultats soulignent la pertinence de cette forme d’agriculture alternative et son inscription au sein de la transition agroécologique.
Maurice Miara. Panser la terre : la traction animale, une pratique paysanne, durable et moderne. Géographie. Université de Toulouse, 2025. Français. ⟨NNT : 2025TLSEJ030⟩. ⟨tel-05294495⟩.
Contact : maurice.miara@gmail.com
Lien pour retrouver la thèse : https://theses.hal.science/tel-05294495
Document PDF : Miara_Maurice_2025
Soutenue publiquement et enregistrée à l’Institut Agro, amphithéâtre Camille Moule, Rennes :
Ecole doctorale Temps, Espaces, Sociétés, Cultures. UMR LISST-DR.
Financements : ANRT, CS Filière équine, Fonds éperon. Convention Cifre avec l’Institut national des équidés de travail.
Direction de thèse : M. Mohamed GAFSI, Directeur de thèse, ENSFEA M. Philippe BOUDES, Co-directeur de thèse, L’institut Agro Rennes-Angers Jury : M. Michel STREITH, Président, Université Clermont Auvergne Mme Claire LAMINE, Rapporteure, INRAE Provence-Alpes-Côte d’Azur Mme Estelle DELEAGE, Rapporteure, Université de Caen Normandie Mme Soazig DI BIANCO, Examinatrice, L’Ecole supérieure des agricultures M. Christian MOUCHET, Examinateur, Institut Agro Rennes-Angers.
Table des matières :
Chapitre 1. La traction animale, état des lieux d’une réappropriation marginalisée
I. Caractéristiques et enjeux de la traction animale
II. L’impensé de la traction animale : un trou noir de la recherche
III. Problématique et questions de recherches
Chapitre 2. Une approche systémique qui saisit l’ensemble de la traction animale. Analyse de pratique, repaysannisation, agroécologie et rétro-innovation
I. L’agronomie systémique : cadre méthodologique
II. Le cadre de l’agronomie systémique amendé : une approche de l’opportunité et de la modalité
III. Approche de l’efficacité par l’évaluation de la durabilité
IV. Comment objectiver le développement d’une innovation paysanne ?
Chapitre 3. Démarche et méthodologie
I. Un échantillonnage à plusieurs niveaux : présentation des corpus
II. Une méthode de collecte principalement qualitative et basée sur l’entretien
III. De la singularité à la montée en généralité : traitement des données brutes
Chapitre 4. Mobiliser la TA, un marqueur identitaire ?
I. Des néo-paysans en quête de sens
II. Les raisons de l’adoption de la pratique : des volontés personnelles et politiques
III. La traction animale s’insère dans des projets de production agroécologique
IV. Modalité de la pratique : Dans quels modèles agricoles s’insère la traction animale ?
V. Coproduire avec un autre être vivant : l’attraction animale
VI. Des choix stratégiques graduels par rapport à la pratique
Chapitre 5. Des systèmes de production agroécologiques et durables
I. Avant-propos sur l’usage d’IDEA4 au sein de ce travail
II. Des fermes avec des performances agroécologiques élevées
III. Une implication socio-territoriale forte
IV. « Ça ne doit pas être très rentable quand même ». Analyse des performances économiques
V. Caractéristiques générales de la durabilité des fermes en traction animale
Chapitre 6. Analyse des conditions de développement de la pratique
I. La nécessaire structuration des acteurs de la pratique
II. « C’est nous le futur ». Revendiquer la modernité
III. Dépasser les contraintes spécifiques à la traction animale
Chapitre 7. Discussion générale
I. Une approche d’agronomie systémique qui positionne la traction animale dans le champ des pratiques paysannes
II. Une proposition de société sympoiétique, durable et moderne
III. Quelles perspectives pour la traction animale ?
Conclusion
Mais ce n’est que partie remise ! Nous avons déjà reprogrammée la formation à une période que nous espérons plus propice : ce sera les jeudi et vendredi 24 & 25 septembre 2026.
12 personnes étaient inscrites à la session de janvier. (attention : nombre de places limité à 15 personnes).

Pour la 1ère fois le GAB 65 organise une formation de 2 jours pour s’initier à la traction bovine avec Fabrice Dubertrand, éleveur bio de vaches Lourdaises et dresseur bovin/équin, qui aura lieu les 29 & 30 janvier 2026 à Lafitole (65).
Au programme : un peu de théorie sur l’approche du bovin au travail, les principes du dressage et les différents types d’attelage et beaucoup de pratique sur la préparation de l’attelage, la menage et la conduite de travaux variés (travail à vide, débardage, travail du sol, etc..) !
Formation gratuite pour toutes les personnes éligibles à VIVEA (fonds de formation des agriculteurs), 200€ pour les autres.
Les repas du midi seront pris en commun autour du barbecue.![]()
Renseignements et inscription par mail ou téléphone : julien.cantegreil@gab65.com / 06 13 10 73 52