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Les boeufs de Frédéric Iehlé au bois, article de la dépêche de l’éclaireur du pays de Bray, Mars 2014

Article issu de l’Eclaireur du Pays de Bray, Mars 2014

Pour voir l’article sur le site de l’Eclaireur du Pays de Bray: cliquez ici.

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Toutes photos issues du site de la Dépêche de l’Eclaireur du Pays de Bray

Ses bœufs ramassent le bois en forêt de Lyons

Frédéric Iehlé est un amoureux des animaux et particulièrement des bœufs normands. Il remet au goût du jour une pratique ancestrale : l’utilisation des bovins pour le bois.

Scène rare en forêt de Lyons : des bœufs sont utilisés pour transporter du bois. A Martagny, Frédéric Iehlé s’est lancé dans cette aventure depuis quelque temps, aidé de son ami Noël Dubosc. « Ce travail consiste à récupérer le bois d’un précédent chantier mécanisé pour consommation personnelle, le tout sous l’égide de l’ONF (Office Nationale de la Forêt, NDLR) », commente Frédéric.
Les deux animaux regroupent le bois en divers endroits après que les pièces intéressantes aient été identifiées et regroupées. L’ONF peut ainsi évaluer le nombre de stères récoltées en vue de la réalisation du contrat.

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Dur au début

Les deux bœufs normands, issus d’un élevage de Bosc-Hyons, sont encore en phase d’apprentissage. « Cela a été un peu dur au début, mais ça va de mieux en mieux ! sourit Frédéric. Il a fallu notamment les apprendre à tourner. Et lorsqu’ils voient un peu d’herbe, ils s’arrêtent parfois pour brouter…  »
L’éleveur a eu cette idée en se remémorant de vieux souvenirs. « Lorsque j’étais petit, j’avais vu des vaches sortir du fumier dans le Cantal. Je suis retombé sur des photos et me suis dit : pourquoi ne pas recommencer ?  » Mais cette démarche n’a rien d’un regret du temps passé ou d’une certaine nostalgie. Il s’agit plutôt d’un plaisir pour les deux hommes, et la mise en œuvre d’une certaine philosophie.

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Auxiliaires

« Ce que je fais avec ces animaux est la preuve que ces boeufs peuvent encore être des auxiliaires et non pas uniquement des arbres à viande ou des animaux de batterie« , lâche Frédéric. L’homme est scandalisé de voir encore trop souvent des bovins dans les prés en hiver, pataugeant dans la boue. “Je connais plusieurs exemples de traitements, au sens des conditions de vie, qui ne sont pas normales. Les bœufs ont une capacité de compréhension mais aussi d’attachement. « Ils sont loin d’être idiots! » insiste Frédéric Iehlé.
Bref, le Brayon essaie d’opposer ce qu’il obtient de ses bovins dans un environnement calme à ce que les bœufs d’élevage subissent aujourd’hui. Je suis bien conscient que ce que je fais n’est pas soumis aux contraintes économiques de l’élevage, mais il y a tout de même des limites qui ne devraient pas être dépassées ».
L’homme aime ses animaux. Certains l’ont peut-être d’ailleurs croisé en train de se « promener » avec ses deux bœufs. Frédéric habite en effet à quelques pas de la parcelle de forêt sur laquelle ils s’affairent. « Je viens à pieds, nous parcourons la distance en quelques minutes», conclut-il. De quoi permettre de multiplier les sorties.

Nicolas Demollien

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Plantation de pommes de terres sur Billons, chez Julie l’heureux, Moulismes (86) par Solène Gaudin

Solène Gaudin nous communique cet article à propos de la plantation de pommes de terre effectuée ce printemps chez Julie L’Heureux à Moulismes (86), une jeune maraîchère bio, récemment installée, qui compte faire intervenir la traction animale dans ses pratiques culturales.

Merci à Solène pour sa participation active au site.

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Plantation de pommes de terres sur billons.

Solène Gaudin intervient chez Julie L’heureux à Moulismes (86), une maraîchère qui s’est installée récemment et qui veut travailler en traction animale. Solène s’occupe de la partie traction animale avec les boeufs et son cheval. Elles sont aidées ici par Ingrid Poinset qui veut aussi faire du maraîchage en traction animale et qui découvre les boeufs.

Les travaux de plantation des pommes de terre ont été réalisés avec Grivé, un boeuf Vosgien mis au collier.

Le choix du boeuf pour ce genre de travail par rapport au cheval, a été justifié par la culture sur billons, avec des inter-rangs très étroits. Un cheval a tendance à écraser les billons même en marchant dans l’inter-rangs. Un boeuf billarde moins qu’un cheval, d’où le choix du boeuf. De plus, son pas est plus lent avec moins d’à-coups.

Sur les photos et vidéos, les billons sont d’abord montés avec la Kassine. Après un passage de sous-soleuse, les pommes de terre sont placées dans les inter-rangs. Puis un passage de disques billonneurs en chevauchement sur deux billons pour créer un billon sur la pommes de terre.

On fait un aller-retour pour bien monter ces nouveaux billons.

Pour finir, on passe la sous-soleuse dans les nouveaux inters-rangs.

Le lendemain, un nouveau passage a été fait pour remonter encore les billons.

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 Passage des billons qui préparent les rangs de pommes de terre

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Passage de la sous-soleuse

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Passage des disques billonneurs

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Second passage le lendemain des disques billonneurs

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Second passage le lendemain des disques billonneurs

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Nouveaux billons avec un passage double.

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Nouveaux billons avec un passage double.

Solène Gaudin

 Allez voir les articles consacrés à Julie L’heureux en cliquant ici et en cliquant ici.

BAZILLAC capitale de la traction animale en Midi-Pyrénées, 6 Avril 2014: des boeufs, des vaches, de chevaux, des ânes et des mulets..

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Toutes photos issues du site CDTE 65

Merci à Vincent Jean-Bernard de nous avoir communiqué ce compte-rendu par Adishat, de la journée de traction animale qui s’est déroulée le 6 avril 2014 à Bazillac .

BAZILLAC capitale de la traction animale en Midi-Pyrénées.

Quel bonheur pour l’équipe des Cavaliers Attelages de Loisirs en Bigorre (CALB) qui avait préparé avec minutie cette journée.

Un wee-kend sous le soleil.

Dès 8 heures les chineurs étaient présents, venus nombreux pour le vide-écurie et grenier ainsi que pour les produits proposés sur le marché fermier:

Camions et bétaillères déversant un flot de chevaux, mules, ânes, vaches, boeufs.

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Apres un solide casse-croûte Bigourdan, tout ce petit monde se mit au travail. Tout au long de la journée se succédèrent des démonstrations de labour avec des équipages de boeufs et de vaches Castas, dont celui appartenant au plus ancien bouvier pyrénéen GILBERT SEREIN d’Orieux, toujours accompagné de son fidèle second: CHRISTIAN SARRAMEA.

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Suivaient deux as du labour avec un brabant superbement réglé suivait ALAIN LABORDE avec une jeune paire de boeufs Lourdais passant le « lissadou » ainsi que FRANCIS BAZERQUE venu de la Haute-Garonne avec une paire de vaches Lourdaises attelées à un semoir à mais de 1900.

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Le plus jeune, PIERRE NABOS, nous a présenté une arbalète composée d’une paire de vaches Béarnaises et d’une jument Bretonne attelée à une charrue trisoc. Superbe coup d’oeil!

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JEAN PILO et ses percherons: cumulées, leurs 3 tonnes tractaient une déchaumeuse.

BRUNO CARDEILHAC et sa jument Bretonne passait la herse.

ERIC PRECHAC faisait tourner une faneuse.

HELENE travaillait la vigne avec une sulfateuse.

Le gascon GUY SOUQUERE semait du blé avec un Mérens.

SERGE DULOUT ET GEORGIEN tractaient des billes de bois avec leurs mulets venant des Landes.

ALAIN DERIS avec une superbe paire de mules à l’escalette pour les nouveaux ayant fait des formations de traction à Montmorillon.

FABRICE LORIOT avec un mulet bâté.

VINCENT BESANCON du 64 et sa jument Ardennaise.

FABRICE BOURRIANE avec un Castillonais. Il est prestataire de service pour la ville de Saint-Girons.

MARC PETIGIANI et son âne des Pyrénées.

Le plus ancien, ALFRED TAPIE, nous a fait une démonstration de chargement de billes à l’ancienne, sur un camion.

Toute cette belle journée était animée par les trompes de chasse.

N’oublions pas ce passionné d’attelages, VINCENT JEAN BERNARD dit « LE BIGOURDAN », véritable encyclopédie donnant tout les détails de tels ou tels travaux.

Cette journée fut une magnifique vitrine de la traction animale, drainant une foule de visiteurs émerveillés.

Encore un grand merci à tous les bénévoles qui ont contribué à cette journée.

Adishat.

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Le 1er colloque des bouviers en Ariège a eu lieu le 9 Mars 2014, à Nescus (09), par Solène Gaudin

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Arrivée en haut sur les prairies où est mis le fumier avant l’épandage, pendant la rencontre de bouviers chez Olivier Courtiade.

La journée a commencé par la présentation des personnes présentes, entre autres: Claude Baquié, Pierre Nabos, Lionel Rouanet (jouguiers), Pierre Bonzom, Francis Bazerque, Rémy Dos Reis et son grand-père, Manu Fleurentdidier (formateur traction animale), Olivier Courtiade…. Il y a environ une trentaine de personnes présentes pour cette journée sur la ferme d’Olivier Courtiade.

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C’est en début de journée, on doit être une trentaine (sur la photo, on est moins, tout le monde n’est pas arrivé), le président d’Autrefois le Couserans, Mr Claude Baquié nous explique le déroulement de la journée.

Un film de présentation  du travail et du dressage de boeufs sur la ferme d’Olivier Courtiade est passé ( Envoie le petit!) ainsi qu’un reportage sur le dariolage à travers les régions françaises et le monde. Le visionnage dure jusqu’à l’heure du repas.

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Photo Lionel Rouanet

Le repas fut un moment d’échange entre les participants,(expérience de chacun, anecdotes, chants…)

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Après le repas,  Olivier Courtiade, nous explique les différentes façons de travailler avec les boeufs (collier, …) et pour commencer, il nous explique qu’il utilise le joug de garrot parce que les cornes ne sont pas assez solides pour être liées.

Dans l’après-midi, Olivier Courthiade a fait une démonstration de liage de sa paire de boeufs et de conduite avec une activité sur le transport du fumier puis le travail d’une jeune paire de boeufs au joug de garrot pour le passage d’un bandage de roue sur une prairie.

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Olivier Courtiade met à la charrette sa paire de boeufs gascons.

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Un stagiaire d’Olivier Courtiade amène la charrette de fumier en haut de la colline pour l’épandre sur des champs.

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En fin d’après-midi, visite à l’éco-musée d’Azen pour voir la collection de jougs de plusieurs régions de France avec les commentaires d’Olivier Courtiade. 

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Visite à l’éco-musée d’Azen avec Olivier Courtiade et présentation des différents jougs de France

Solène Gaudin

Merci à Solène pour sa participation active et soutenue au site.

Voici quelques images vidéos de la journée.

Et les bœufs remplacèrent les chevaux…, par Etienne Petitclerc

Etienne Petitclerc nous livre aimablement un article paru dans la revue « Sabots » N°58 Janvier/Février 2014.

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Ce bouvier endimanché conduit son attelée par le côté gauche, position qui assure une vision d’ensemble et une conduite précise de l’attelage.

Dans les plaines céréalières, le cheval de trait règne en maître depuis le Moyen-âge, indissociablement lié à l’idée de richesse de la grande agriculture. En 1820, ce monopole vit pourtant ses dernières heures. L’introduction de nouvelles pratiques culturales, notamment celles de plantes industrielles comme la betterave, va bientôt engendrer des besoins de traction inédits, érigeant les bœufs en auxiliaires déterminants de la prospérité du nouveau système agricole.

Trois idées fortes caractérisent le mouvement général de modernisation de l’agriculture française entre la seconde moitié du XVIIIème siècle et la fin du XIXème siècle : l’abandon progressif de la jachère au profit des cultures fourragères et des prairies artificielles, la prise en compte de l’élevage comme une production agricole à part entière menant à une réflexion sur la sélection des espèces animales et, enfin, une première vague de mécanisation du travail.

Entre 1830 et 1880, surtout, de nombreuses inventions bousculent l’activité agricole. A des rythmes certes très différents selon les régions, une série continue de changements intervient dans l’équipement des fermes, d’abord avec de petits matériels domestiques (comme les coupe-racines, les écrémeuses, les tarares, etc.) gagnant ensuite le gros outillage, allant jusqu’à modifier le parcellaire et le bâti. La portée utilitaire de ces changements semble finalement moins importante que le fait qu’elle prouve une ouverture possible des campagnes au progrès. Rapidement, de grands complexes industriels prospèrent, notamment dans le secteur de la mécanique agricole : Bajac (charrues), Puzenat (râteaux, herses), Société Française, Brouhot, Merlin (matériels de battage), pour n’en citer qu’une poignée. Dans un effet d’encouragement réciproque, les secteurs agricoles et industriels (sidérurgique et chimique) s’entraînent sur le « chemin vertueux de l’innovation », emportant dans leur sillage une partie de l’artisanat et du commerce rural (les forges, par exemple, se font concessionnaires de faucheuses et de moissonneuses).

Le chemin de fer, qui désenclave à partir du milieu du XIXème siècle la plupart des régions, joue un rôle fondamental en donnant aux échanges un cadre national. La carte des excellences agricoles se précise fondée sur de nouveaux horizons commerciaux notamment vers de grandes villes autrement plus lointaines et consommatrices que les traditionnelles capitales provinciales. L’urbanisation du pays devient un moteur essentiel de la modernisation de l’agriculture. Le rapport matériel et intellectuel au temps et à l’espace s’en trouve complètement affecté.

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En route pour la pesée…

A partir du second Empire, dans les plaines septentrionales, jusqu’alors sacrifiées au « primat céréalier », l’industrie sucrière connaît un essor exceptionnel. Les exploitations qui s’y consacrent acquièrent des proportions extraordinaires en superficie, en personnel, en matériels de culture et de transport. Les besoins en force de traction sont de fait multipliés. En dépit de qualités indéniables de rusticité pour les uns, de vélocité pour les autres, les chevaux de trait que la poste et l’armée ont entretenus et encouragés, ceux dont le roulage s’est satisfait jusqu’à présent, ne correspondent plus à la demande. Ils manquent de stature pour les norias de gros charrois, pour les labours profonds. En 1860, le Percheron « type » toise à peine 1,55m. pour 550 kg ! S’il existe bien quelques races de gros trait, à la réputation aussi solide qu’ancienne, comme le Flamand, le Boulonnais, le Comtois ou le Poitevin, leurs effectifs restent insuffisants pour alimenter un commerce devenu plus exigeant. Leurs berceaux, étroits, routiniers, à l’écart des nouveaux axes commerciaux, peinent à relever le défi de fournir en nombre à l’industrie, à la grande agriculture en cours de mécanisation les races améliorées que leur évolution réclame sans délai.

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Les attelages de 4 ou 6 bœufs nivernais étaient courants dans les fermes céréalières de Beauce. Un effectif de 12 à 24 bœufs et autant de chevaux (par attelées de 3 ou 4) était fréquent dans les exploitations de 200 et 300 hectares.  

Tandis que l’amélioration des chevaux et des moutons est devenu depuis un siècle une véritable affaire d’Etat, c’est seulement vers 1830 que l’élevage bovin s’affiche comme une préoccupation gouvernementale, avec le prime intérêt d’accéder à la demande bouchère des villes où une partie de la population consomme désormais régulièrement de la viande. Les autorités, acquises aux préceptes anglais qui préconisent le croisement, choisissent la race Durham pour être l’amélioratrice générale d’un élevage français médiocrement considéré. Comme ce fut le cas pour les chevaux un siècle avant, le croisement continu prôné par les autorités n’aboutit guère qu’à produire des sujets sans figure, ne trouvant pas davantage de tournure dans leur descendance qu’ils n’en ont eux-mêmes mais, surtout, ne présentant plus les caractères et les dispositions recherchés par le commerce ordinaire : polyvalence, rusticité, endurance, précocité…

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Une force longtemps restée sans égale pour tirer les lourdes machines et accomplir les travaux pénibles.

Les débats entre partisans et opposants du sang anglais agitent les comices, les concours, les sociétés d’agriculture qui se développe un peu partout. Avec l’abandon de cette expérience, dès milieu du XIXe siècle, le principe de spécialisation des races est théorisé et les zootechniciens se prennent de passion pour les vertus de l’indigénat. Les souches locales reviennent en grâce alors qu’on redécouvre le principe d’amélioration par la sélection en race pure. On s’attache désormais à fixer les caractères typiques et appréciés d’une population : format, couleur de robe, aptitudes.

En 1850-1860, la France compte environ 14 millions de bovins répartis entre 138 dénominations, 66 qualifiées de « races » (L.Moll & E.Gayot, La connaissance générale du bœuf, Librairie Firmin Didot, 1860), les autres réparties entre sous-races, variétés et populations !

Pour le trait, quelques grandes races émergent, issues d’une heureuse démarche de spécialisation entamée vers 1820. Limousins, Gascons, Charolais-Nivernais gagnent la faveur des chefs d’exploitation. Beaucoup préfèrent la « race blanche » à toutes les autres : rompus pour la plupart aux durs travaux forestiers en Morvan (qui fournit aussi d’excellents bouviers), ces bœufs achetés vers 4-5 ans travaillent sans difficulté 5 à 6 ans avant d’être réformés, engraissés (avec les pulpes de sucreries, les drêches de brasserie ou de distillerie) et revendus pour la boucherie. D’autres apprécient la vitesse du pas et la robustesse des Gascons mais déplorent la difficulté à les engraisser… On sait aussi que la fréquentation de marchands spécialisés et que les réseaux de foires ont pu influencer le choix des exploitants. Il n’en demeure pas moins qu’il existe, comme pour le choix des chevaux, une grande homogénéité des remontes : il est rare de voir dans les étables des Salers voisiner avec des Aubrac !

Pendant cinquante ans, dans les manuels de zootechnie comme dans la presse agricole, le commentaire des avantages et des inconvénients du bœuf et du cheval pour le travail devient un exercice obligé qui, à vrai dire, n’établit jamais complètement la supériorité de l’un sur l’autre.

Chevaux et bœufs de trait vont donc rester éminemment complémentaires dans la plupart des grandes exploitations jusqu’à la déferlante des tracteurs dans les années 1950.

Etienne Petitclerc

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Cinq bœufs « au collier » pour un chariot betteravier.

Julien Paris, photographe, reportage sur les boeufs au travail à la ferme de Méras chez Olivier Courthiade (09)

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Photo de Julien Paris extraite de son site

Julien Paris est un photographe talentueux. Il a fait deux belles séries chez Olivier Courtiade, à la ferme de Méras en Ariège et sur un chantier de débardage.

Série de photos consacrées au chantier de débardage au bois du Bastard à Pau, où Blanc et Marrel, les deux boeufs Gascons, ont travaillé au milieu des équipes de débardage de « Cheval Environnement »… Onze chevaux et deux bœufs!!!

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Photo de Julien Paris extraite de son site

Allez découvrir le travail de photographe de Julien Paris.

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Photo de Julien Paris extraite de son site

Atelier Sellerie JEAN-CLAUDE MANN, harnachements pour bovins, colliers d’attelage, coussins, Muhlbach-sur-Munster (68)

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Photo extraite du site « La route du fromage », Münster (cliquez ici pour voir)

En Alsace, à Muhlbach-sur-Munster (68), Jean-Claude Mann, sellier, fabrique et répare tous les harnachements. Il vous propose aussi des cloches de vaches et leurs colliers.

Il fabrique des colliers et des coussins d’attelage pour bovins, sangles et tous cuirs nécessaires à l’attelage.

Cliquez ici pour voir un article sur lui.

Contacts: Téléphone: 03.89.77.64.50 Mail: mann.jeanclaude@hotmail.fr

Chapeau de tête fait en feutre , rembourrage ouate + tissu,  prototype mis au point avec Philippe Kuhlmann

Possibilité de faire la même chose en cuir et crin. On peut y voir le chapeau ainsi que les courroies.

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Collier d’attelage pour bœuf.

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les boeufs de Frédéric Iehlé pendant l’hiver 2013/2014, Martagny (27)

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Frédéric Iehlé nous communique un texte sur son hiver avec ses boeufs.

« La Rouge Mare / 26 janvier 2014

C’est l’hiver.

On le passe à l’abri dans l’étable sur un plancher de chêne avec un tapis de caoutchouc en guise de litière. Plus de paille, presque plus de fumier juste de la bouse à ramasser. Surtout un grand confort pour les pieds. Pieds qui ne font absolument pas partie des sujets de sélection des races bovines étant donné la durée de vie assez courte de cette espèce.

Ihélé frédéric 2014 travaux hiver 2 okLes bœufs ne sont pas plus sales pour autant, à l’exception de Peelish qui ne rate jamais un couchage sur bouse…

Au total c’est une petite heure de travail pour tout nettoyer matin et soir avec un coup de jet sur les tapis le soir pendant les deux heures quotidiennes de liberté et de désaltération à l’abreuvoir.

Auparavant les pieds qui marinaient dans le fumier devenaient sensibles et marcher ensuite sur les chemins empierrés devenaient un calvaire avec des difficultés pour maintenir l’attelage régulier. Maintenant les pieds sont toujours propres et les allures de l’attelage sont plus homogènes. Reste que la sensibilité sur les silex des chemins est variable entre chaque bœuf et que certains endroits ne sont pas toujours appréciés. Mais nous n’en sommes pas encore à la nécessité de ferrer.

Le comble ! Le graissage du bourrelet de peau entre les onglons des quatre pieds avec de la graisse à traire après nettoyage au jet bien sûr. Cela assouplit cette peau et donne à deux de mes bœufs une démarche franchement plus souple en hiver. L’été, rosée et marche libre dans la pâture suffisent à l’entretien des pieds.

Pour compléter les soins des pieds, la pédicure vérifie et taille les pieds tous les deux ans s’il n’y a pas nécessité plus tôt bien sûr.

Il y a aussi la douche mensuelle, si besoin. Un mélangeur permet d’avoir l’eau chaude sur le robinet extérieur. Le nettoyage est plus facile, plus rapide et surtout cela évite de voir le bœuf rentrer son ventre au contact de l’eau froide.

C’est le premier hivernage avec tout cet équipement et soins, c’est aussi le premier hivernage le plus simple et le plus abouti que les bœufs et moi passons.

L’hiver c’est aussi le moment où les bœufs travaillent le plus car ils sont à la maison.

Les Bretons sont à la guinguette (châssis de 205 habillé de bois) pour emmener le fumier dans la pâture à deux petits kilomètres de la maison, mais tout en pentes et côtes, avant qu’au printemps il ne soit étalé et disséminé par les Normands en traînant soit des branches soit trois rails d’épandeur. Il faut reconnaître que cet hiver, étant donné la quantité d’eau et donc l’état de la pelouse qu’il faut obligatoirement traverser, le fumier est plutôt stocké sur place pour ne pas transformer la pelouse en bourbier.

Les Normands sont plutôt cette année au débardage. Peelish l’avait déjà fait l’année dernière mais seul avec un collier de cheval bricolé (j’ai essayé de trouver un collier mais sans succès, un bourrelier aussi pour en fabriquer un, mais sans plus de succès …). Cette année, le débardage se fait avec la paire de Normands sur un chantier de nettoyage après le passage des exploitants forestiers où l’on récupère de belles pièces de bois laissées sur place et sur le nettoyage de cloisonnement (passage au sein d’une plantation) envahi de bouleaux. Le bouleau fait de très beaux feux et les pièces de hêtres et chêne fournissent la chaleur. Et puis l’achat de stères à l’ONF n’est pas exorbitant, ce qui ne gâte rien. Encore mieux avec la forêt à trente mètres derrière la maison et 10 minutes de marche pour aller sur le chantier !

Le chantier ! Nous y voilà.

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Joug Alibert d’Aveyron, liens Fargeix du Puy de Dôme, élingue fabriquée par une PME spécialisée en levage portuaire en Bretagne pour la traction, voilà notre équipement plus notre calme, c’est nous les Normands de Lyons !

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Là on est en plein sous-bois pour refaire le cloisonnement. Il faut savoir tourner sur place et au patron de nous éviter les souches dont les chocs résonnent dans les cornes. Pour cela un outil est en préparation, une sorte d’entonnoir qui regroupera les extrémités de bois et « glissera » sur les obstacles.

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La charge se prépare.

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Maintenant il faut la sortir et nos 750-800 kilos chacun font le boulot.

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Non on ne sortira pas tout d’un coup, le patron ne veut pas nous écœurer, juste nous faire acquérir endurance petit à petit avec des coups à donner pour sortir du sous-bois et puis de la traction pépère jusqu’au lieu de cubage final.

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La traction pépère mais traction tout de même avec toutes les branches ! Mais cela permet de comprendre que le boulot n’est pas le bagne en alternant dur et plus facile.

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Combien de temps va-t-on attendre les pieds dans l’eau que le patron soit enfin prêt ?

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Encore ces deux-là et on s’arrête. Faut surtout ne pas nous écœurer et nous faire regretter de mettre tout notre cœur à l’ouvrage. Et puis merde on y va tout seul, on les sort ces deux derniers, on connaît le chemin !

Voilà une après-midi des Normands en forêt de Lyons au travers de quelques photos et quelques unes de mes idées sur le bien vivre avec mes potes les bœufs. »

Frédéric Iehlé

Jean-Marc de Berranger, photographe

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Jean-Marc de Berranger (jmdeberranger@yahoo.fr) est photographe professionnel.

De la carte postale au monde de l’audio-visuel, il a promené ses objectifs dans toute la France.

Il a en particulier photographié la session de formation traction bovine en 2012 à Montmorillon.

« Souvenirs de la France paysanne » un livre de photographies, un témoignage.

Il a édité, en Octobre 2012, chez « Geste Edition », un livre sur les derniers paysans traditionnels du Poitou, avec un texte de Pierre Vignaud.

Bien que ne comportant pas d’images d’attelages bovins, ce livre est un témoignage de la vie des exploitations traditionnelles des années 1970.

Cliquez ici pour le commander

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Photographies de Jean-Marc de Berranger à la formation traction bovine à Montmorillon (86) en avril 2012

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Jean-Marc de Berranger est photographe professionnel, il a réalisé une série de 62 photos lors de la formation « traction bovine » à la Jarrouie, la ferme du lycée agricole de Montmorillon le 5 Avril 2012.

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Merci à Jean-Marc de Berranger de nous avoir donné l’autorisation de publier ses images.

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