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Laurent Mallet, Lavastrie (15)

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2003 Joly et Baïssou

Laurent Mallet, transporteur de voyageur, taxi et restaurateur, possède trois boeufs Aubracs dressés, qui viennent enrichir l’activité d’animation du restaurant et du petit musée agricole qui s’y rattache.

Il nous présente son parcours et son travail avec ses boeufs.

« L’entreprise familiale a été créée par notre père dans les années 1970. Nous sommes à l’origine transporteur de voyageurs et taxi.

C’est depuis 1985 que nous avons ajouté une activité complémentaire à notre entreprise. En effet, nous sommes également propriétaire d’un restaurant.

Dans le cadre de cette dernière activité, notre père, passionné et amoureux des gestes d’autrefois, avait souhaité créer une exposition de matériels agricoles anciens.

Aussi, au sous-sol de notre restaurant, on trouve notre « musée » retraçant la vie de nos aïeux.

Cette rétrospective de la vie de nos campagnes ne pouvait être complète sans la présence d’un attelage.

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En 1999, nous avons acheté deux jeunes broutards de race Aubrac, Joli et Baïssou (noms des deux derniers boeufs de la ferme familiale), que nous avons eu le plaisir de dresser.

Malheureusement,en 2009, Baïssou est mort d’une crise cardiaque. Son demi frère, Joly, s’ennuyait tellement, qu’il a fallu trouver une solution rapide pour palier à son chagrin.

Un voisin agriculteur possédait une paire de boeufs qu’il avait commencé de dresser.

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Joly et Baïssou

Il a accepté de les mettre en pension chez nous. Nous avons continué le dressage. A ce jour, nous avons donc trois boeufs dressés.

Que faisons-nous de ces boeufs?

Très régulièrement dans notre restaurant, nous recevons des groupes du troisième âge, des associations que nous avons plaisir à accueillir avec notre attelage et à leur offrir l’apéritif dans notre musée familial.

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2013 Clairon et Baïssou 2

Notre attelage est aussi amené à sortir sur des manifestation dites « de terroir » où il défile avec un char: foire des Tersons à Pierrefort, concours de la race Aubrac à Saint-Flour.

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2012 à gauche clairon et Baïssou 2, à droite boeufs de Mr Tufféry (Le Malzieu-Ville 48)

De temps en temps ce sont des mariés qui profitent d’une promenade en char à quatre roues tiré par Clairon et Tambour (Baïssou 2) et parfois Joly qui va maintenant avoir 15 ans.

Ils partagent l’étable avec une jument de trait Comtoise nommée Surprise, et trois moutons: Noisette, Cacahuète et Rabinette. La cohabitation se passe très bien.

On peut retrouver Joli et Baïssou sur un DVD de Guylène Laur, tourné chez nous en 2005 avec notre père décédé depuis. Le fond musical est, bien entendu, « J’ai deux grands boeufs dans mon étable ».

On retrouve les boeufs sur le logo de notre établissement, sur les cartes publicitaires, sur nos véhicules, et sur les étiquettes du vin servi sur nos tables. »

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Jean Garnier, Lissac (43)

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Monsieur Garnier de Lissac en Haute-Loire, Nous communique l’histoire de sa vie avec ses attelages.

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« Permettez-moi de de faire l’historique de cette passion.

J’ai 69 ans, et j’ai travaillé avec une paire de boeufs Aubrac (Murat et Muscat). Je passais le rouleau, la herse et faisais le transport du fumier. C’était la plus belle paire de boeufs de la foire de la Saint-André au Puy-en-Velay en 1951.

Je me rappelle des paysans qui étaient fiers de leurs attelages et qui n’hésitaient pas à donner un coup de brosse avant de les sortir. L’apothéose de leur fierté était de réussir à tirer la batteuse d’un emplacement difficile, là où la paire de leur voisin avait calé!!

En 1953 est arrivé le premier tracteur, un TEA Fergusson. Les boeufs sont restés sur la ferme jusqu’à fin 1956, et en pensant même que le tracteur ne pourrait pas faire tous les travaux, mon père a acheté une paire de vaches Salers très docile. J’ai participé au dressage. Elles s’appelaient Violette et Pervenche.

A contrario des vaches, les boeufs s’achetaient dressés. Ils venaient pour la plupart (à pieds!!) de Lozère, de l’Aveyron ou du Cantal. 

Dans notre région, les attelages de boeufs étaient presque tous des Aubracs, un peu plus lents que les Salers, mais plus résistants à la chaleur.

Pour les paires de vaches, c’était plus varié, on voyait même des croisées ou des « Mézines », une race pure du nom de la montagne la plus haute de Haute-Loire.

Cette race a complètement disparu. La race Aubrac a bien failli être dans le même cas. C’est aujourd’hui chez nous la race allaitante la plus en vogue.

Les noms des boeufs les plus usités sont : Ladet, Lebroux, Rousset, Doura, Froment, Clairon, Dragon…

Le retour de l’attelage.

En 2000, en regardant la vidéo-cassette qui s’intitule « Toi l’auvergnat, dernier paysan » (film de René Duranton sur Michel Boudon de Saint-Jean-des-Ollières, un film tourné dans le Puy-de-Dôme, où un agriculteur travaille comme il y a soixante ans avec ses deux paires de boeufs, il m’est venu l’idée de dresser à nouveau des boeufs.

Un pari un peu fou que m’ont lancé un stagiaire et mon gendre.

A une quinzaine de kilomètres de chez moi, j’ai trouvé trois broutards un peu vieux, dans un élevage correspondant aux normes sanitaires souhaitées.

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Je les ai fait castrer par le vétérinaire, et j’ai choisi les deux plus réguliers, Rancou et Rabissou.

Six mois plus tard, j’ai commencé à mettre le joug que nous avions conservé. Petit à petit, aidé de mon gendre, nous avons avancé dans le dressage, une demi-journée par semaine. Ils traînaient, au début, un bloc de ciment.

Puis, plus tard, nous les attelions au tracteur mis au point mort pour les faire tirer!!

Nous les utilisions de nouveau à la maison pour le débardage du bois de chauffage. C’était leur plus gros travail chez nous.

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Bien sûr, j’ai été demandé pour animer des fêtes et des concours de labours, la plupart du temps bénévolement. Je labourais au brabant et à la charrue à mancherons.

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Après soixante ans, je pensais avoir plus de temps libre et faire diverses animations. Mais j’avais un problème pour le transport, avec la nécessité d’avoir le permis poids lourds car la paire pesait deux tonnes deux cent kilogrammes.

Fin 2008, Rancou a été pris de paralysie incurable. Après de nombreux soins, il est mort à la maison. Il était impensable de le remplacer, et j’ai dû me séparer de Rabissou, pas facile et trop lourd (612 kg de viande).

Je ne regrette pas cette expérience. Le plus important était, à mon sens, de faire connaître à nos enfants et petits-enfants, le travail d’agriculteur en traction animale. J’espère avoir livré mon expérience et mes sentiments. »

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« Les vaches de François », article d’Eric Rousseaux à propos de François Ladet (12)

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Sur une petite route, aux environs de Saint Eulalie d’Olt, dans l’Aveyron…

Texte et photos Eric Rousseaux Paru dans la revue « Sabots » numéro 17, mars / avril 2007.

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Les vaches de François.

Souvent présents lors des moissons à l’ancienne et autres fêtes traditionnelles, les attelages de bœufs et leurs conducteurs enchantent généralement le public. Imaginez alors le bonheur qui vous attend si un jour vous avez la chance d’entrer dans l’intimité de l’un de ces passeurs de mémoire !

Au détour d’une petite route.
Nous en avions pourtant vu, des vaches Aubrac sur les petites routes de l’Aveyron au cours des jours précédents ! Nous venions d’assister à la transhumance qui anime chaque année les Monts d’Aubrac au retour du printemps. Nous aurions dû en être rassasiés…

Ces deux là avaient cependant quelque chose de plus. Telles deux sœurs siamoises, solidarisées par le joug placé sur leur nuque et lié à leurs cornes, elles suivaient docilement un homme marchant devant elles, l’aiguillon posé sur une épaule, la fourche sur l’autre.
Le temps de trouver un emplacement pour se garer, quelques virages plus loin, tout le monde avait disparu. Avec le chant des oiseaux pour seule compagnie, nous marchions, mon épouse et moi-même, à la recherche de cet équipage. Il était forcément dans les parages !
Et puis enfin, un indice : des andains de foin à flanc de coteau… Ce devait être là !
Suants, soufflants, nous avons fini par retrouver « nos vaches » au sommet d’une colline. L’homme était en train de les atteler à une remorque maintes fois rafistolée, comme en témoignaient les composants hétéroclites de sa structure. Après avoir échangé quelques civilités, nous l’avons accompagné et regardé travailler.

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Maintes fois rafistolée…

Essentiellement utilisée pour la production extensive d’animaux de boucherie, et de façon plus marginale, pour la production de lait destiné à la fabrication du fromage de Laguiole, la race Aubrac a longtemps été employée comme bête de trait, spécialement pour les travaux de la ferme, les moissons, le transport du foin et des céréales, mais aussi pour le débardage.
Une paire de bêtes comme celles que nous avions devant nous peut tirer une tonne à la vitesse de 4 kilomètres par heure en travaillant 8 heures par jour et 250 jours par an. Ces animaux, agiles, calmes et appliqués, commencent à travailler à l’âge de 30 mois, ils pèsent en moyenne 700 kg.

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Après avoir été coupé avec une moto faucheuse, le foin a été fané puis andainé avec un râteau faneur tracté par les vaches.

Un homme heureux.
Tout en chargeant son foin, François Ladet, c’est le nom de notre homme, nous résuma sa vie en quelques mots. Aujourd’hui âgé de 67 ans, il avait logiquement succédé à son père sur la petite exploitation familiale, à Sainte Eulalie d’Olt (un des plus beaux villages de France), tandis que ses 5 sœurs quittaient la ferme. L’exploitation comptait alors 40 brebis, 24 vaches et 2 bœufs attelés. Cela suffisait à faire vivre la famille. En hiver, cependant, le père de François débardait avec ses bœufs pour le compte d’une scierie des environs.

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Le joug frontal est maintenu par une lanière de cuir d’abord enroulée autour du joug et de la corne externe, puis sous les cornes, autour du joug et du front sur lequel on a placé un coussin, puis autour du joug et de la corne interne. La lanière est enfin amarrée à un tenon placé à l’extrémité du joug.

François (qui n’avait jamais utilisé un tracteur, précisa-t-il), nous expliqua ensuite comment, chaque année, il dressait un bœuf à l’attelage. Il avait même fait réaliser un joug triple par le menuisier du village. Ce joug, d’un modèle peu commun, était destiné à recevoir un élève que le meneur plaçait entre 2 bœufs expérimentés.

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Un peu d’exercice !

On comprenait bien à l’entendre, que son existence n’avait pas toujours été une partie de plaisir, « j’ai vu de la misère toute ma vie ! ». Mais il semblait que cela soit dit sans amertume, juste pour en faire le constat.

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Là, pour les animaux, il ne s’agit plus de tirer, mais de retenir la voiture, une manoeuvre qui suppose une certaine expérience du travail en montagne…

Enfin, après avoir hissé une dernière fourche de foin en haut de son chargement, le visage illuminé d’un large sourire, François nous avoua qu’il avait maintenant une compagne, du même âge que lui, qui lavait son linge, lui faisait à manger… et que s’en était fini pour lui de vivre « seul comme une bête ».

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Retour à la ferme où ce foin d’excellente qualité sera entreposé pour l’hiver.

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Merci à Eric Rousseau pour nous avoir si gentiment communiqué son article.

Ramassage des pommes avec les boeufs d’Agnès et Luc Bernard à Courgenard (72)

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Agnès et Luc nous ont communiqué des photos du ramassage des pommes en fin d’année sur leur exploitation, pour la réalisation de jus de pommes.

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Sébastien Bonnot, le bugue (24)

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Sébastien Bonnot attelle pour le plaisir.

Après avoir emménagé dans la ferme de son grand-père, il a dressé depuis 2007 plusieurs paires de bovins, comme il se l’était toujours promis.

Après avoir travaillé avec une paire de boeufs Salers qu’il a vendus en 2011, il termine le dressage d’une paire de femelles Salers.

Voici la présentation de son parcours qu’il nous a communiquée:

« L’envie de travailler avec des bovins me tenait à cœur depuis longtemps car j’ai passé tous les jours sans école de mon enfance, chez mes grands parents.

Ceux-ci avaient une petite exploitation agricole avec quelques vaches, une basse-cour…L’entretien des vaches m’a toujours plu et les récits que me faisaient mes aïeuls des travaux effectués avec les bœufs ou les vaches ont aiguisé ma curiosité.

Lorsque les conditions professionnelles l’ont permis, mon épouse Béatrice et moi avons aménagé l’ancienne grange en maison d’habitation et nous avons racheté des bovins en 2007.

Il s’agissait d’une paire de veaux Salers nés en 2006 que j’ai commencé à dresser dès l’âge de 8 mois. Pour me guider dans cette entreprise, deux voisins âgés et mon grand-père m’ont prodigué leurs conseils.

Le dressage a mis du temps car je ne lie que le samedi et le dimanche, à condition que la météo et le planning familial le permettent…Mais finalement, je n’étais pas trop mécontent du résultat. Ils obéissaient à la voix et suivaient correctement. Il faut noter que je fais cela tout seul. A deux, je pense que cela avancerait plus vite.

J’ai vendu cette paire de bœufs en septembre 2011 à un éleveur qui en cherchait une pour travailler et faire des démonstrations en foire (j’avais moi-même fait une douzaine de sorties avec mes bœufs).

Ce qui m’a poussé à les vendre, c’est la quatrième grossesse de mon épouse Béatrice (nous avons quatre garçons). Du coup je n’avais plus le temps de faire travailler mes boeufs, et lorsque je les liais, il fallait à chaque fois tout reprendre.

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Vous pouvez les voir sur cette vidéo, car un voisin m’avait filmé à l’improviste pendant que je ramassais de la fougère avec un autre voisin.

 

   Après cet épisode, le virus ne m’avait pas quitté.

J’avais acheté une génisse Salers en 2010. Elle a eu deux filles, une en mai 2011 et l’autre en mai 2012. Le petit dernier ayant un peu grandi, je me suis mis à dresser les deux sœurs. J’ai dressé l’ainée en solo (ce qui n’est pas le plus facile!), puis lorsque la deuxième a été assez grosse, je les ai mises en paire.

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Pour l’instant, l’aînée travaille pas mal, mais la plus jeune (18 mois), qui est très douce au pré, reste vive et nerveuse avec le joug. Mais c’est l’âge qui veut ça, il faut qu’elle mûrisse.

Aujourd’hui elles tirent la herse, la canadienne ou des petites billes de bois. Je vais sans tarder leur faire essayer la remorque sur pneu. Vous les verrez sur les photos ci-jointes qui datent du 23 décembre.

    Vous pourrez constater que les enfants participent aussi au dressage!

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    Voici donc rapidement un aperçu de mon parcours. Je pourrais vous en écrire plusieurs pages mais j’ai essayé de résumer l’essentiel. »

Plans du travail à ferrer les boeufs de la maison Dubuisson, à Saint-Bonnet-de-Joux (71)

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Toutes photos Joanny Nioulou

Peu de travails à ferrer restent en place en Charollais et en Brionnais, deux régions d’élevage de Saône-et-Loire, où les attelages bovins furent légion.

Celui de la forge Dubuisson, maréchal-ferrant à Saint-Bonnet-de-Joux, trône dans la cour de la forge, au bourg depuis des décennies. Il a servi, voici encore peu d’années, au parage et/ou au ferrage orthopédique de bovins des alentours.

Ce doit être l’un des derniers, sinon le dernier de la région.

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Photo de famille Dubuisson (merci à André Dubuisson)

Il reste une pièce unique d’un patrimoine du Charollais-Brionnais, où les attelages de bovins sont restés très majoritaires jusqu’entre les deux guerres et ont perduré jusque dans les années 1960.

Les toutes dernières paires, à Bois-Sainte-Marie (canton de la Clayette), ont travaillé jusqu’au début des années 1980.

Ce travail à ferrer mérite une préservation au vu de sa rareté et de l’importance qu’ont eu les attelages de bovins dans l’histoire de la région.

Voici les plans et des photos de ce travail. (cliquez sur les photos pour les agrandir)

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Vous pouvez télécharger les plans papiers pour les imprimer, si vous le souhaitez.fichier pdf en cliquant ici.

Le travail est couvert et reste donc en bon état. Seules, les sangles de levage ne sont plus présentes en place. 

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Merci à la famille Dubuisson et à Michel Bouillot pour leur collaboration et leur aide.

Xavier Chauvière, l’Ile d’Olonne (85)

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Xavier Chauvière est exploitant à l’Ile d’Olonne en Vendée. Il travaille en particulier avec des boeufs. Nous attendons des précisions sur son travail.

Ramassage des betteraves fourragères avec les boeufs chez Xavier Chauvière à L’Ile d’Olonne (85)

Adrien Lavignée nous communique quelques photos du ramassage des betteraves fourragères réalisé cette fin d’année 2013 chez Xavier Chauvière, exploitant à l’Ile d’Olonne. Nous les remercions tous les deux pour leur communication.

Toutes photos Adrien Lavignée

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Travail au Homesteader tracté avec une paire de boeufs, par Solène Gaudin

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Homesteader équipé du Cover-crops relevé pour accéder à la parcelle

Solène Gaudin, nous communique un article consacré au porte-outil Homesteader de chez « Pioneer », modifié à l’attelage de boeufs par AMB88 cliquez ici pour voir.

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« Le Matériel Homesteader est prévu à la base pour les chevaux, une modification sur la partie avant du timon (modification faite par AMB 88) permet l’attelage d’une paire de boeufs au grand joug.

Les premiers essais sont réalisés sur une parcelle destinée à devenir une surface de maraîchage l’an prochain.

L’objectif du passage du cover-crops est de faire un premier pseudo-labour, de façon à décoller le plomb (plomb = herbe enracinée) avant d’épandre un fumier composté avant l’hiver, pour réaliser soit un labour de printemps ou un pseudo-labour.

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 Boeufs attelés au homesteader

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Le Homesteader permet le travail assis. (Alicia en formation Gestion et Protection de la Faune et de la Nature venu en stage pour la découverte de la traction animale)

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Le Homestaeder étant équipé d’un siège permet le menage par l’arrière

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Au travail vec le cover-crops 

Avis sur l’utilisation du Homesteader avec le cover-crops:

Une largeur de travail intéressante pour les grandes surfaces. Cependant l’outil étant moins large que la voie, l’utilisation doit se faire avec beaucoup de passages et de croisements pour travailler toute la surface. Le confort du bouvier est amélioré  par la position assise avec une conduite par derrière, l’outil étant devant, il évite au bouvier de se retourner pour voir son travail.
Sur un travail avec une terre précédemment travaillée, le passage du cover-crops laisse une bande de terre non décollée. L’outil doit repasser sur  le précédent passage, pour travailler les bandes côte à côte. L’investissement reste lourd pour un travail moyen par rapport à mes attentes. »

Solène Gaudin

Allez voir aussi l’article qu’y a consacré Jean-Léo Dugast sur son blog « Percheron international » en cliquant ici.

 

Les bœufs de Nassandres, par Etienne Petitclerc

Voici un article d’Etienne Petitclerc paru dans la revue « Sabots » numéro 38 Septembre/Octobre 2010 (cliquez ici pour voir la revue « Sabots »).

Merci à Etienne de nous avoir communiqué cet article patrimonial des plus enrichissants.

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Quatre bœufs portant des jouguets frontaux tirent un chariot betteravier aux environs de Bernay dans l’Eure. Une rapide enquête bibliographique nous faisait rapprocher ce curieux équipage – pour la région – de la sucrerie-distillerie de Nassandres, à une encablure de là. Une autre photographie et les extraits d’une monographie sur l’établissement nous livrent un nouvel éclairage…

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Dans la vallée de Serquigny, le labour profond des terres betteravières exige un attelage puissant. Six bœufs de race Salers sont nécessaires sur la charrue brabant réversible. Le cliché est localisé et l’appartenance à l’exploitation est attestée.

Portons notre attention sur la technique tout à fait particulière d’attelage et de conduite des attelages au jouguet.

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François Juston, qui évoqua laconiquement les attelages de Nassandres dans son fameux ouvrage « Quand la corne arrachait tout » (1), justifiait cette pratique par la liberté de mouvement donnée à chaque animal et, de là, la souplesse conférée à l’attelage. Il avançait aussi l’avantage indéniable de pouvoir faire indistinctement tracter matériels et véhicules par des chevaux et des bovins. Si, sur le fond, cette possibilité est recevable elle n’est, ici, pas de mise. Les exploitations dépendant de la sucrerie n’utilisent que des bœufs à l’exclusion de toute attelée chevaline.

L’information est révélée par une petite monographie consacrée par Louis Duval à cette exploitation en 1900 (2). La lecture de ce texte, concis et richement illustré, contemporain des images ici présentées, s’avère d’emblée d’un rare intérêt.

645 hectares !

La culture qui dépend directement de la sucrerie comprend six fermes : Chrétienville, Les Rufflets, Bigards, Feuguerolles, Beauficel, Beaumontel. Relativement proches les unes des autres et à une distance moyenne de 4 kilomètres de la sucrerie (8 kilomètres au maximum), elles présentent toutes le caractère des fermes de Normandie.

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L’usine se situe dans la vallée de la Risle mais les cultures s’étendent sur le plateau du Neubourg, compris entre les vallées de la Risle, de l’Eure et de la Seine. On rencontre là des terres d’une grande fertilité propres à la pratique d’une culture intensive. L’exploitation agricole totalise 645 hectares dont on tire deux partis. Dans les terres profondes, soit environ 473 hectares, on pratique l’assolement triennal consistant en une rotation de betteraves, de blé, d’avoine ou orge. Les terres peu profondes, converties en herbages permanents plantés de pommiers à cidre, sont consacrées à l’élevage et à l’alimentation d’un troupeau de vaches normandes du Cotentin qui fournissent du lait et du beurre (cette partie de l’activité porte sur 244 animaux : 87 vaches, 70 génisses, 40 génisses pleines et jeunes bœufs, 37 veaux et 10 taureaux).

Les engrais sont largement employés à Nassandres. On met le fumier à la dose de 35.000 à 40.000 kg par hectare pour trois ans ; épandu à la fourche aussitôt que les fumerons ont été disposés dans les champs, on l’enfouit par un labour léger (entre fin août et novembre).

Une large place est également faite aux engrais chimiques. Les betteraves reçoivent l’acide phosphorique sous forme de superphosphates et de phosphates, et l’azote sous forme de nitrate de soude, sulfate d’ammoniaque, chairs ou sang desséchés.

Tous ces engrais sont appliqués pour trois ans en tête de l’assolement, les cultures ultérieures de céréales ne reçoivent pas, sauf exception, d’engrais nouveau.

Machines et mécaniques

Pour la mise en valeur de toutes ces terres, on recourt à un matériel agricole considérable et très complet. Les labours se donnent au moyen de brabants dont les dimensions varient suivant le travail, depuis les grosses charrues pour les défoncements à 0m40 ou 0m50 jusqu’aux bi-socs qui servent au déchaumage.

Des herses en fer dites couleuvres « Bajac », des herses « Howard » en zigzag, des écroûteuses-émotteuses complètent le travail des charrues, suivent le passage de l’extirpateur ou du scarificateur aussitôt après l’enlèvement des céréales.

Toutes les cultures sont semées en ligne avec des semoirs « Zimmermann ».

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La récolte des céréales se fait avec des machines choisies. Les moissonneuses « Adriance » ou « Massey-Harris » sont ainsi préférées aux « Hornsby » et « Wood », robustes mais lourdes à traîner. Ces machines abattent journellement jusqu’à 4 hectares de sorte que la moisson dure environ quinze jours, pourvu que les circonstances atmosphériques s’y prêtent.

Les gerbes relevées sont mises en moyettes, à raison de trois hommes pour une machine. A dessiccation complète, on engrange une partie et on bat l’autre, dès sa rentrée des champs, pour obtenir la quantité nécessaire à la semence de l’exploitation et la vente extérieure. Le restant de la récolte est battu entre mi janvier et février/mars sous des hangars qui servent aussi au stockage de la paille.

Le battage se fait avec une machine à grand travail de construction anglaise « Clayton-Shuttlevorth » assortie d’un lieur et un compteur de gerbes. La batteuse est entraînée par une locomotive routière également de construction anglaise « Burrell and Sons » qui la remorque de ferme en ferme.

L’arrachage des betteraves commence à la mi-septembre. Il se fait aussi mécaniquement avec les appareils « Candelier » à un rang. Dans chaque pièce de terre, le débardage est réalisé au moyen de wagonnets et de voies Decauville.

Les transports s’effectuent dans de grands chariots assez semblables à ceux de Picardie. Huit proviennent de la maison Thiberge, à Courbevoie. Pouvant recevoir jusqu’à 10.000 kg, ils sont tractés, par train de trois ou quatre, des champs jusqu’à la sucrerie par une seconde locomotive routière.

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Tous les autres (combien y en a-t-il ?) sont construits à l’atelier de charronnerie de la sucrerie qui effectue également toutes les réparations de même que la forge entretient tous les instruments aratoires et la mécanique de l’exploitation. Il est fait mention dans une autre étude plus tardive de l’existence d’un atelier de bourrellerie mais il existe probablement déjà en 1900.

Le cheptel

L’exploitation compte 120 à 140 bœufs de trait (il y en eu jusqu’à 150), exclusivement Nivernais et Salers. On en attelle 2 à 6 selon les labours, généralement 4 sur les chariots, 2 ou 3 de front à la moissonneuse-lieuse, 2 en file à l’arracheur de betteraves, un seul pour le binage. L’emploi du jouguet prend alors un nouveau sens, il permet de composer toutes sortes d’attelages y compris en nombre impair, de varier les « combinaisons ».

Répartis dans chaque ferme, les bœufs travaillent deux ans environ puis sont mis à l’engrais et vendus à la boucherie. Leur ration journalière se compose de pulpe (50 à 60 kg.), de menue paille (3 kg.), de sel (jusqu’à 250 gr.), de tourteau d’arachides et de colza (jusqu’à 750 gr.), d’avoine concassée (500 gr.). Pour les animaux à l’engrais cette ration est augmentée de maïs, de farine d’orge et on substitue le tourteau de lin à celui d’arachide.

Le cheptel de l’exploitation comprend aussi (depuis 1898) 400 brebis mères de race Berrichonne, un nombre assez variable de moutons à l’engrais achetés en Beauce et 8 béliers Southdown.

La porcherie de la ferme de Feuguerolles entretient 16 truies et 3 verrats de race Yorkshire provenant directement d’Angleterre. Environ 80 porcelets passent à la ferme de Bigards le temps de leur croissance, une cinquantaine est ensuite mise à l’engrais de la ferme de Chrétienville où ils reçoivent du petit lait et de la farine d’orge et de maïs.

A Chrétienville encore se trouve la vacherie. Le lait est écrémé matin et soir dans une turbine centrifuge qui traite 450 litres à l’heure. Une machine à vapeur verticale de 6 chevaux donne le mouvement à toute l’installation qui comprend, outre l’écrémeuse, une baratte et un malaxeur. Le beurre est fait tous les deux jours de façon à laisser à la crème le temps de mûrir avant d’être soumise au barattage. Il est conservé en glacières et en caves. Les bas produits de la laiterie servent à l’alimentation des jeunes veaux et des porcs ; avant de leur être distribué, le petit-lait est pasteurisé dans un appareil spécial chauffé à la vapeur.

Il faut enfin mentionner l’élève des volailles qui a principalement lieu à la ferme des Rufflets où a été construit un poulailler modèle. Deux couveuses artificielles fonctionnent sans interruption pendant la saison ; la basse-cour comprend des poules races Crève-Coeur, Faverolles et Houdan, des canards de race de Duclair, des dindons et des pintades.

Il est procédé chaque semaine à la ferme de Chrétienville, à l’abattage de quelques moutons et porcs ; la viande débitée est fournie au personnel.

Funiculaire, ponts à bascule, wagons

Comme on l’a vu plus haut, la culture (située sur le plateau) est séparée de l’usine (dans la vallée) par une côte longue et difficile. Pour économiser les attelages – en nombre, en usure et pour gagner du temps – on a installé un véritable chemin de fer funiculaire de 300 mètres. Aux deux extrémités d’un câble se trouvent deux « wagons » ou « trucs », l’un monte tandis que l’autre descend en entraînant le premier grâce à la différence de poids obtenue en remplissant d’eau une réserve. Une pompe centrifuge mue électriquement refoule dans des réservoirs l’eau nécessaire au fonctionnement de l’appareil.

Une autre amélioration d’importance a consisté à installer un système de débardage mécanique des betteraves qui arrivent par wagons depuis l’embranchement qui relie l’usine à la ligne de chemin de fer (l’usine possède ses propres trains). La Compagnie de Fives-Lille a exécuté en 1896, sur mesure, un basculeur sur vérins qui résout le problème du déchargement rapide des wagons, quelles que soient leurs formes ou leurs dimensions. Amenés sur l’appareil, calés, puis basculés sous un angle de 35°, ils sont vidés dans une trémie. Au-dessous, des wagonnets reçoivent les betteraves. Par un plan incliné sur lequel ils sont entraînés par un câble sans fin ils s’élèvent jusqu’à des passerelles établies sous des hangars qui abritent les transporteurs hydrauliques sur lesquels on forme les silos. Les wagonnets abandonnent automatiquement le câble au sommet du plan incliné, continuent à rouler grâce à une légère pente jusqu’à l’endroit voulu où un ouvrier les bascule avant de les renvoyer vers leur point de départ.

Les silos peuvent contenir jusqu’à 12.000 tonnes de betteraves qui s’y conservent dans d’excellentes conditions. L’année du rapport, on doit procéder à l’installation d’un basculeur identique destiné au déchargement des chariots.

Laissons à Louis Duval le soin de conclure :

« Tel est dans son ensemble l’exploitation de Nassandres qui comprend trois parties bien distinctes : culture, sucrerie, raffinerie, mais si intimement liées qu’elles se complètent l’une par l’autre et sont entre elles dans une étroite dépendance. Soumises à une même autorité, toujours le même esprit de suite et de méthode a présidé à toutes les entreprises, en cherchant à concilier les intérêts de la culture et les exigences d’une bonne fabrication. Grâce à un réseau téléphonique qui relie toutes les fermes entre elles et à la Sucrerie – qui est comme le centre de l’exploitation – la surveillance devient à la fois plus active et plus étroite, et l’expression d’une même volonté peut se manifester très vite et très facilement là où il est besoin de donner les instructions nécessaires d’après les informations reçues.

Enfin, si les découvertes de la science entraînent chaque jour des perfectionnements et des transformations dans l’industrie sucrière où nous sommes dans le domaine de la mécanique et de la chimie, il en est de même pour les pratiques agricoles ; le lien qui unit la science à la culture devient toujours plus étroit, et, grâce à cette féconde alliance, l’avenir témoignera de plus en plus que le beau et vaste champ d’études, au milieu duquel les agronomes vivent et contemplent les phénomènes si variés de la vie végétale et animale, offre à l’esprit un intérêt toujours nouveau, et à l’âme une de ses plus saines occupations. C’est ce qu’à Nassandres, on s’est efforcé de prouver ».

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(1)  JUSTON (F.), Quand la corne arrachait tout, Paris, Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, 1994, 199 p.

(2)  Il s’agit probablement de Louis Duval (1840-1917), archiviste-paléographe, conservateur des musées et des Archives de la Ville de Niort, archiviste départemental de la Creuse puis de l’Orne. Chercheur émérite, historien prolixe, il demeure une référence bibliographique incontournable pour la Normandie.

 

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