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Bulletin de l’AFMB N°1 2024

Photo de groupe afmb 2024
Le premier bulletin de l’Association Française des Meneurs de Bovins (AFMB) est disponible. Vous y trouverez des informations sur leurs actualités, projets et événements liés à la traction bovine.
MERCI !!!
Reglisse sarthe 2024 breton pie noir
Nous sommes heureux de vous présenter cette première édition de notre bulletin !
Ce bulletin est entièrement consacré à la vie de l’association et revient sur le rassemblement qui a eu lieu récemment en Sarthe.
Cet événement a réuni nos membres, nos bovins, et tous les passionnés autour de la traction bovine ainsi que l’éducation et le dressage.
À travers ces pages, nous espérons partager avec vous l’esprit convivial de cette rencontre et renforcer les liens.
Que vous soyez un passionné de longue date ou que vous veniez tout juste de rejoindre l’AFMB, nous souhaitons que ce bulletin vous inspire et vous donne envie de continuer à soutenir et promouvoir le savoir-faire avec les bovins.
Bonne lecture !
Message de la présidente
Je suis profondément heureuse de vous avoir notamment réunis lors du rassemblement 2024 qui restera exceptionnel. La bonne humeur, les discussions passionnantes et la qualité des échanges resteront inoubliables.
Je tiens à exprimer ma gratitude à chacun d’entre vous. Sans votre implication auprès de l’association et votre présence, rien de tout cela n’aurait été possible.
Un remerciement particulier à Agnès et Luc nos hôtes de cette année, pour leur accueil, leur organisation impeccable, que ce soit pour les animaux, la restauration ou l’hébergement.
Merci à la mairie de Courgenard et au comité des fêtes de nous avoir accueillis et ouvert les portes de leur commune pour le rassemblement en Sarthe.
À nos intervenants Laurent, Pascal, Manu, Philippe, Jo, Audrey, Francis ainsi que nos vétérinaires et nos ostéopathes, qui ont donné forme à ce rassemblement.
À nos artisans Vero, Michel et Eline pour leur savoir-faire.
À nos photographes Guy Chapelier et Jean-Léo Dugast qui ont su capturer ces moments.
Je n’oublie pas ceux qui ont œuvré dans l’ombre cette année : Corentin, Serge, Yves, Édith, Véronique, Léa, Noémie, André, Mélanie… et les journalistes. Merci à tous les bénévoles et à tous ceux qui se reconnaîtront. Votre dévouement a permis de rendre les projets possibles et le rassemblement unique.
Grâce à vous tous, l’association continue de grandir et d’avancer.
Ensemble, nous continuerons à accomplir de grandes choses. Un nouveau chapitre commence pour l’AFMB.
Léonnie Biteau
Assemblée générale
Présentation de l’asso et des derniers changement
Lors de notre premier rassemblement dans la Creuse en 2023, nous avons eu l’occasion de nous retrouver et d’échanger autour de notre passion pour la traction bovine. Cet événement a été un moment clé dans l’histoire de notre association, marquant un tournant important. À cette occasion, nous avons décidé d’actualiser notre fonctionnement et de changer le nom de notre structure.
Logo AFMB. Bulletin de l’AFMB N°1 2024
Ainsi, « Coléo aux Rêves » est devenu l’Association Française des Meneurs de Bovins (AFMB). Ce nouveau nom reflète mieux notre mission : valoriser et promouvoir la traction bovine en France tout en fédérant les passionnés et en soutenant toutes les initiatives en lien avec cette pratique.
Grâce à ce premier rassemblement, nous avons posé les bases de notre identité actuelle et ouvert la voie à de nouveaux projets pour faire rayonner notre passion sur tout le territoire national.
Le bilan de l’année et les projets
L’année écoulée a été marquée par de nombreux changements et de belles réussites pour notre association. Tout a commencé avec le rassemblement en Creuse en septembre 2023, qui a permis de réunir de nombreux passionnés et de poser les bases de cette aventure. À cette occasion, la marche solidaire “la corne rose” a permis de récolter 9 118,40 euros pour la ligue contre le cancer.
Depuis, nous avons créé une page Facebook et helloasso pour l’AFMB. L’association a également été active au-delà de nos frontières, avec une participation au World Draft Cattle Symposium 2024 en Allemagne. Nous avons aussi participé à la 17ème Rencontre Internationale des Bouviers et Bouvières de France avec l’Association Attelage Bovin d’Aujourd’hui.
Pour l’avenir, nous avons plusieurs projets passionnants, dont l’organisation du Rassemblement des Meneurs de Bovins de 2025. Nous travaillons également pour aider Michel avec le Blog Attelages Bovins d’aujourd’hui.
Changement dans la cotisation
Suite aux décisions collectives prises lors de AG, nous avons décidé d’augmenter le montant de la cotisation, qui passe de 5 € à 15 €. Pour les membres vivant dans le même foyer, une seule cotisation suffit, facilitant ainsi l’adhésion pour les familles.
Pour le renouvellement de votre cotisation, nous vous proposons deux options pratiques : vous pouvez remplir le formulaire de renouvellement et le renvoyer par courrier au siège de l’association ou bien effectuer votre paiement en ligne via notre lien HelloAsso.
Rassemblement des meneurs de bovins
Luc et Agnes Sarthe 2024 avec reglisse
MERCI à vous tous qui avez participé à ce Rassemblement des Meneurs de Bovins à Courgenard, qui, chacun à votre manière avez fait de cet évènement une réussite, bouviers, famille, amis, ostéopathes, vétérinaire, commune, visiteurs.
Votre venue chez nous nous à comblés.
Agnès et Luc Bernard
Retour sur la rencontre : échanges et savoir-faire
Lors de cette rencontre, programmée pour être chaque année dans un nouveau département, j’ai eu le plaisir de représenter Prommata, Prommata international et, mon intérêt pour le travail avec les bovins attelés en solo au collier et menés de derrière avec les guides.
Il est fréquent de rencontrer des personnes confondant naïvement « motorisation » et « mécanisation » . Les démonstrations d’outils modernes permettent de montrer l’existence mais aussi l’intérêt écologique et agroécologique de la traction bovine et de la de la traction animale (TA) en général. Merci Manu d’avoir amené « el Forcat », outil traditionnel espagnol léger maniable et polyvalent. Bel exemple d’outil qui à gagné en polyvalence en étant construit en acier et non plus en bois comme les tout premiers il y a bien longtemps. J’en profite pour préciser que des bovins seront probablement présent aux journées d’échange de Prommata le 26 et 27 octobre 2024 à Tréal (56), on sera là pour échanger sur ce sujet également.
Au niveau de la recherche, de la promotion, de la formation…restreindre la Traction animale aux équidés serait restreindre purement et simplement l’usage de la traction animale. Quand nous constatons que la majorités des personnes travaillant ou voulant travailler avec des bovins a été en contacte avec des équidés de travail avant de le faire avec les bovins, on comprend que la TA est un tout.
Les 3 principales motivations de celles et ceux qui travaillent avec les bovins sont :
– L’envie et l’affinité avec les bovins
– Les besoins mais aussi l’accessibilité économique. Elle permet une mécanisation agricole économique sur de petites structures. Elle rend accessible techniquement la production vivrière (légumes, lait, viande, transport de bois…). Quand le revenu de l’activité principale est faible, la production vivrière rend viable une activité économique non viable sans cela !
– L’envie de faire de la traction animale même quand on ne se sent pas en confiance ou en sécurité avec des chevaux.
L’écologie, la production d’aliments sains non industriels, la résilience et la relocalisation des systèmes agricoles n’étant pas une préoccupation d’actualité, ces rencontres ont été organisées sans aucun financements extérieurs ! Merci La Ferme d’Héliacynthe, Agnès et Luc Bernard pour l’accueil et l’organisation, merci Léonnie pour le travail dans l’Association Française des Meneurs de Bovins, Merci à tous et toutes pour le reste !
Pour diverses raisons, qu’elles soient mécaniques, sanitaires ou autres, il n’y avait pas de paires de bœufs travaillant au joug, toute la diversité des manières de travailler avec des bovins n’était donc pas représentée. Pour les personnes intéressées par ces pratiques il faudra aller en Creuse chez Philippe pour le WE de l’ascension ou en Vendée à l’automne 2025 pour une nouvelle rencontre comme celle là, organisée par l’AFMB.
La présence de veaux, génisses et jeunes adultes à permis de cibler les exercices et discussions sur l’approche des jeunes bovins et, sur les étapes de la mise en confiance et du dressage.
Ces échanges étaient suffisamment techniques pour donner des éléments concrets à celles et ceux qui dressent leurs premiers bovins comme à celles et ceux qui ne vont pas tarder à s’y mettre. C’était l’occasion d’écouter et de voir l’approche des collègues, j’ai apprécié l’écoute et le respect mutuel de ces rencontres.
Quand je vois l’excellent travail réaliser par Marine avec son jeune bœuf Froment du Léon, (elle s’est lancée avec attention, patience détermination et seulement 3 jours de formation avec mes vaches !) Je me dis que la traction bovine peut être un soutien accessible pour celles et ceux qui ont envie ou besoin dans leurs activités agricoles ou vivrières.
Les échanges ne sont bien sur pas restés sur le dressage et le guidage, des ostéopathes nous ont fait part des points de vigilance lors du travail avec les jougs de tête, de garrot, le collier… Une vétérinaire nous à parlé des pieds des bovins, les incontournables Michel et Véro nous ont présentés, les vires mouches, la taille des jougs et….les gaufrettes maison ! Sans parler des colliers 3 points révisés, amenés par Bena animal training, des séances d’essayage des caveçons…
Par Pascal Durand
Le mot du week-end
A première vue on dirait une réunion de famille, une espèce de cousinade avec les anciens et les petits derniers. Ça rigole, ça chante, ça raconte des histoires. C’est sûr, tout le monde est heureux de se retrouver.
Nous sommes à Courgenard, chez Agnès et Luc et, en vrai, il s’agit du rassemblement des meneurs de bovins.
J’ai eu le plaisir de partager ce moment dont le thème était l’attelage du bovin en solo, au collier et aux longues rênes, le dressage des jeunes animaux. Merci, vraiment, pour l’accueil, pour les partages, pour les moments d’échanges, c’était intense, c’était parfait.
André Kammerer
Vie associative
Hommage à Nicole Bochet
Nicole bochet

Notre amie Nicole Bochet, qui a assisté depuis dix ans aux rencontres des bouviers à l’Écomusée d’Alsace et chez Philippe Kuhlmann, est décédée en Bretagne où elle louait une maison chez un éleveur de vaches Bretonne Pie Noir, une race qu’elle affectionnait tout particulièrement. Elle s’intéressait au travail avec les bœufs depuis son enfance, fascinée par une paire de vaches Casta qui labouraient près de la résidence familiale à Luchon en Haute-Garonne. Elle a tenu beaucoup à encourager les fondateurs des deux associations aujourd’hui consacrées à l’attelage bovin jusqu’aux dernières semaines de sa vie.
Cozette Griffin-Kremer
Actualités
Le rassemblement de l’AFMB a eu la chance d’être relayé par plusieurs articles de presse, ce qui a permis de faire connaître l’événement au-delà de nos cercles habituels. De plus, France 3 a réalisé un reportage diffusé dans l’émission « Ici 19/20 », offrant un aperçu de l’ambiance du rassemblement et mettant en avant le travail des meneurs. Cela a été une belle opportunité de montrer notre passion et de valoriser la traction bovine auprès d’un public plus large.
Événements à Venir
26 – 27 octobre 2024 Journée d’échange (56) PROMMATA
29 mai au 1er juin 2025 La rencontre des bouvières et des bouviers de France et d’ailleurs AABA
8 – 10 novembre 2025 Rassemblement en Vendée AFMB
2026 Rassemblement dans les Pyrénées AFMB
Adhésion
Pour continuer à faire vivre notre passion commune et développer nos projets, nous vous invitons à adhérer ou à renouveler votre adhésion pour l’année à venir.
La cotisation est fixée à 15 €.
Nous pouvons vous proposer deux options :
     . Effectuer votre cotisation en ligne via notre lien HelloAsso.
    . Remplir le formulaire de renouvellement et le retour par courrier au siège de l’association ( Cliquez ici:fichier pdf bulletin adhésion)

Bulletin d'adhésion afmbPhotos communiquées par l’AFMB.

fichier pdf Bulletin AFMB N1

Traction animale bovine Rencontre dans la Sarthe 2024, article facebook de Pascal Durand

sarthe 2024 nioulou (16)
Lors de cette rencontre, programmée pour être chaque année dans un nouveau département, j’ai eu le plaisir de représenter Prommata, Prommata international et, mon intérêt pour le travail avec les bovins attelés en solo au collier et menés de derrière avec les guides.
Il est fréquent de rencontrer des personnes confondant naïvement « motorisation » et « mécanisation » . Les démonstrations d’outils modernes permettent de montrer l’existence mais aussi l’intérêt écologique et agroécologique de la traction bovine et de la de la traction animale en général. Merci Manu d’avoir amené « el Forcat », outil traditionnel espagnol léger maniable et polyvalent. Bel exemple d’outil qui à gagné en polyvalence en étant construit en acier et non plus en bois comme les tout premiers il y a bien longtemps. J’en profite pour préciser que des bovins seront probablement présent aux journées d’échange de Prommata le 26 et 27 octobre 2024 à Tréal (56), on sera là pour échanger sur ce sujet également.
sarthe 2024 g chapelier (17)
Centrés sur la France et les 2 dernières décennies, certains pourraient croire que la traction animale agricole se restreint aux équidés !!!!
Au niveau de la recherche, de la promotion, de la formation…restreindre la Traction animale aux équidés serait restreindre purement et simplement l’usage de la traction animale.
Quand nous constatons que la majorités des personnes travaillant ou voulant travailler avec des bovins a été en contacte avec des équidés de travail avant de le faire avec les bovins, on comprend que la TA est un tout. Les 3 principales motivations de celles et ceux qui travaillent avec les bovins sont :
  • L’envie et l’affinité avec les bovins
  • Les besoins mais aussi l’accessibilité économique. Elle permet une mécanisation agricole économique sur de petites structures. Elle rend accessible techniquement la production vivrière (légumes, lait, viande, transport de bois…). Quand le revenu de l’activité principale est faible, la production vivrière rend viable une activité économique non viable sans cela !
  • L’envie de faire de la traction animale même quand on ne se sent pas en confiance ou en sécurité avec des chevaux.
L’écologie, la production d’aliments sains non industriels, la résilience et la relocalisation des systèmes agricoles n’étant pas une préoccupation d’actualité, ces rencontres ont été organisées sans aucun financements extérieurs ! Merci La Ferme d’Héliacynthe, Agnès et Luc Bernard pour l’accueil et l’organisation, merci Léonie pour le travail dans l’Association Française des Meneurs de Bovins (AFMB), Merci à tous et toutes pour le reste !
sarthe 2024 g chapelier (18)
Pour diverses raisons, qu’elles soient mécaniques, sanitaires ou autres, il n’y avait pas de paires de bœufs travaillant au joug, toute la diversité des manières de travailler avec des bovins n’était donc pas représentée. Pour les personnes intéressées par ces pratiques il faudra aller en Creuse chez Philippe pour le WE de l’ascension ou en Vendée à l’automne 2025 pour une nouvelle rencontre comme celle là, organisée par l’AFMB.
Il n’y avait pas non plus d’animaux adultes permettant de travailler seul avec la Kassine au milieu du public, celles-là préparaient leur vêlage ou s’occupaient de leur jeune veau !
La présence de veaux, génisses et jeunes adultes à permis de cibler les exercices et discussions sur l’approche des jeunes bovins et, sur les étapes de la mise en confiance et du dressage.
Ces échanges étaient suffisamment techniques pour donner des éléments concrets à celles et ceux qui dressent leurs premiers bovins comme à celles et ceux qui ne vont pas tarder à s’y mettre.
C’était l’occasion d’écouter et de voir l’approche des collègues, j’ai apprécié l’écoute et le respect mutuel de ces rencontres.
Quand je vois l’excellent travail réaliser par Marine avec son jeune bœuf Froment du Léon, (elle s’est lancée avec attention, patience détermination et seulement 3 jours de formation avec mes vaches !) Je me dis que la traction bovine peut être un soutien accessible pour celles et ceux qui ont envie ou besoin dans leurs activités agricoles ou vivrières.
Les échanges ne sont bien sur pas restés sur le dressage et le guidage,
des ostéopathes nous ont fait part des points de vigilance lors du travail avec les jougs de tête, de garrot, le collier…
une vétérinaire nous à parlé des pieds des bovins,
les incontournables Michel et Véro nous ont présentés, les vires mouches, la taille des jougs et….les gaufrettes maison !
Sans parler des colliers 3 points révisés, amenés par Bena animal training
des séances d’essayage des caveçons…
Bien concentré sur les échanges enrichissants je n’ai pas pris beaucoup de photos ou vidéos, sur le blog Attelages Bovins d’Aujourd’hui ABA ou les pages Facebook de l’AFMB vous en retrouverez plein d’autres.
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Rassemblement autour de l’attelage bovin organisé par l’Association Française des meneurs de bovins (AFMB) 20, 21, 22 septembre 2024, Courgenard (72)

 

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Depuis l’an passé, deux associations autour de la traction bovine œuvrent pour la promotion et le développement de la pratique. Après la rencontre de l’Ascension 2024 en Creuse à Chatelus-Malvaleix organisée par « L’Association Attelage Bovins d’Aujourd’hui », c’est l’AFMB (Association Française des Meneurs de Bovins) qui organisait ses secondes rencontres désormais itinérantes au fil des années.

Il faut saluer le fait que des membres actifs des deux associations étaient présents tout comme chez Philippe Kuhlmann en Mai.

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C’est Agnès et Luc Bernard à Courgenard dans la Sarthe qui accueillaient au sein de « La Ferme d’Héliacynthe », la grosse cinquantaine de participants venus de toute la France. L’itinérance de cette manifestation a le grand avantage de permettre l’accès à la manifestation à un public de la grande région autour du point de rencontre, sans avoir à traverser toute la France. Au fil des ans, toutes les régions aurons cette facilité d’accès grâce au caractère nomade de ces rencontres. Ainsi, cette année, des bouviers et autres personnes de l’Ouest de la France et des Pays de Loire concernés par la traction bovine, étaient présents et élargissaient ainsi le cercle de personnes engagées et désireuses de partager et de promouvoir la pratique.

Ces rassemblements techniques et pratiques sont cependant très conviviaux et l’émulation qu’ils provoquent est évident.

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La ferme d’Héliacynthe sur laquelle les propriétaires Luc et Agnès pratiquent la traction bovine depuis 2011, à été l’écrin parfait pour ces trois jours d’échanges. La qualité de l’organisation et de l’intendance de Luc et Agnès et des membres actifs de L’AFMB dont Léonnie Biteau, est à saluer chaleureusement. Elle a permis un déroulement agréable, confortable et efficace de ces trois jours.

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Le thème dominant était la sociabilisation, le dressage et la mise au travail de jeunes animaux. Une sixaine d’animaux d’âges différents ont été les acteurs de ces journées.

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Jean Léo Dugast, photographe de renom de la traction animale (http://percheron-international. blogspot.com/) et Guy Chapelier un ami de la famille Bernard ont réalisé de nombreux clichés de ces journées. La presse locale ainsi que France 3 Pays de Loire ont couvert l’événement.

 

Pour cette rencontre, tous les animaux étaient au collier. Deux paires supplémentaires au joug étaient prévues mais, en dernière minute, elles n’ont pas pu être présentes sur la manifestation. Luc et Agnès mettaient à disposition plusieurs animaux à partir de cinq mois dont le boeuf Réglisse. Jo Durand de Gentioux-Pigerolles (23) était venu avec une jeune vache et Marine Ardoin de Baguer-Morvan (35) avait déplacé son jeune boeuf Froment du Léon.

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En plusieurs sessions sur la carrière de la ferme, différents intervenants ont décrit et présenté leurs méthodes d’approches et de mise au travail. Laurent Martin de « 2 mains 4 cornes » des Herbiers (85), Philippe Kuhlmann éleveur dresseur de Chatelux-Malvaleix (23), Pascal et Jo Durand paysans de Gentioux-Pigeroles (23) sont intervenus séparément ou conjointement sur les différents ateliers. Une intervention des ostéopathes Laurie Cheramy et David Menu de Bessay sur Braye (72) et de la vétérinaire Clohé Boisseau du Theil sur Huisne (61) ont permis d’aborder l’impact du travail sur l’animal et les bonnes méthodologies à appliquer en conséquence .

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Une forêt située au abords de la ferme à permis de débarder des bois de différentes sections en fonction de l’âge et du niveau de travail des animaux.

Un espace « maraîchage » a vu évoluer les bovins avec différents outils dont la Kassine et la forca. Pascal Durand est intervenu en détail pour présenter toutes les possibilités et avantages de la Kassine. Emmanuel Fleurentdidier présentait quand à lui, la forca, outil d’origine espagnol très léger et maniable.

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Côté matériels, accessoires et informations, Léonnie Biteau à l’accueil tenait à disposition différentes documentations dont le livre sur l’attelage bovin de Philippe Kuhlmann. Laurent Martin présentait son entreprise autour de l’attelage bovin (prestations, médiation, formation à la traction bovine…) avec documents et matériel ludique. Eline Hoefsloot de Enveitg (66) proposait de nombreux colliers trois points d’occasion remis en état. Emmanuel Fleurentdidier de la région de Montmorillon (86) avait aussi différents jouguets et accessoires en lien avec l’attelage bovin. Léa Rigal, jeune bourrelière de Blanzat (63) avec son entreprise « Les Vaches seront bien Gardées » présentait un licol de sa fabrication et a échangé avec les meneurs afin de cerner les besoins en bourrellerie pour les bovins. Véronique Nioulou, passionnée de travaux de fil, présentait des vire-mouche tressés selon des méthodes traditionnelles et un atelier qui a permis à quelques personnes d’apprendre la technique de tressage de ces indispensables accessoires pour lutter contre les mouches pendant l’attelage . Michel Nioulou présentait différents jougs anciens ou neufs de sa fabrication ainsi que des démonstrations de confection de coussins d’attelage en paille.

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Dimanche, animaux et meneurs se sont déplacés au bourg de Courgenard pour présenter le travail avec les bovins sur une terre à proximité de la brocante organisée dans le village. Michel et Véro Nioulou ont présenté des démonstrations (vire- mouche et taille de jougs) Laurent Martin présentait des documents sur son entreprise autour des bovins de travail.  

Comme d’habitude lors de ce type de rencontre, la convivialité et la bonne humeur n’ont en rien freiné les échanges techniques et les pratiques de terrain. Le partage de savoir a été intense, les nombreux contacts nouveaux et l’émulation que suscite un tel rassemblement, ont été plus que bénéfiques à tous. Pendant la journée, les repas et les soirées, l’attelage bovin et tout son environnement était LE sujet !!!

Le nombre de nouveaux meneurs ou de personnes en instance de se mettre à l’attelage bovin ne cesse de grandir depuis plusieurs années. A chaque fois la constatation de l’engouement croissant pour la pratique motive chacun d’entre nous et permet de maintenir animaux, lignées de travail, dresseurs, éleveurs, savoirs et savoir-faire. Le milieu est modeste, inconnu de beaucoup, méprisé parfois mais bien vivant, empreint de dynamisme, de bonne volonté et bien ancré dans la réalité d’aujourd’hui. Il vit sa vie au pas, mais avance, sûrement!!!.

Le blog Attelages bovins d’Aujourd’hui, les différents facebook et réseaux permettent le lien et la communication entre chaque rassemblement. Mais les rencontres physiques renforcent ces liens et les concrétisent. Comme chaque fois nous sommes tous regonflés à bloc jusqu’aux prochaines rencontres organisées cette fois ci par l’association ABA pour l’ascension 2025 chez Philippe kuhlmann en Creuse.

Facebook blog ABAhttps://www.facebook.com/AttelagesBovins

Association ABAhttps://www.facebook.com/profile.php?id=61566358018020

le monde des bovins de travailhttps://www.facebook.com/groups/1322217608689601/

AFMBhttps://www.facebook.com/profile.php?id=100064865853452

Blog ABAhttp://attelagesbovinsdaujourdhui.unblog.fr/

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sarthe 2024 g chapelier (2) Rassemblement, traction bovine

Les boeufs d’Emmanuel Fleurendidier dans Les France de l’Histoire Sur les traces des Gaulois – Première partie le 12 Décembre 2023

vallus

Deux documentaires sur les Gaulois vont être diffusés sur Arte TV.

On peut y voir intervenir Emmanuel Fleurentdidier avec une paire de bœufs.

Cliquez ici pour voir le lien 

Les bœufs au travail, vingt ans après – et demain. Une note personnelle Cozette GRIFFIN-KREMER

nettoyage terre laurent janaudy 1 ok. Les bœufs au travail, vingt ans après –

Chez Laurent Janaudy Novembre 2017 Photo Véronique Nioulou

Article publié en septembre 2020 sur le site de la Société d’Ethnozootechnie et reproduit avec son aimable accord.

 Ethnozootechnie n° 107 – 2020  cliquez ici pour voir et ici pour voir l’article en ligne.

Une note personnelle Cozette GRIFFIN-KREMER Chercheure associée au Centre de recherche bretonne et celtique, Université de Bretagne Occidentale, Brest 18, rue Gambetta, 78120 Rambouillet Contact : griffin.kremer@wanadoo.fr

Résumé : La Société d’Ethnozootechnie a souvent joué un rôle important dans la reconnaissance de l’utilisation de l’énergie animale et a consacré plusieurs numéros d’Ethnozootechnie aux bovins. Engagée dans les efforts pour faire connaître et apprécier le travail avec les bœufs depuis plus d’une vingtaine d’années, je propose ici une esquisse de l’évolution et de l’actualité des bouviers en France et à l’étranger. Il s’agit surtout d’un long travail à multiples acteurs pour construire un réseau d’information qui a également alimenté un nombre considérable de rencontres et de publications. Mots-clés : travail avec les boeufs, bouviers, savoir-faire, races bovines, travail de réseau.

Working oxen, twenty years later – and tomorrow – A personal note. Summary: The Société d’Ethnozootechnie has often contributed to recognition of the use of animal power and dedicated several issues of Ethnozootechnie to bovines. Having been involved in the efforts to make working with cattle better known and more valued for over twenty years, I would like to propose a sketch of the development and current situation of oxdrivers in France and abroad. This has been a long cooperative work on the part of multiple actors to construct a network that provides information as well as underwriting a considerable number of colloquia and publications. Keywords: working cattle, oxdrivers, skills, cattle breeds, networking.

N.B. Les liens aux revues, sites/blogs Internet, fêtes, associations, institutions ou groupes de travail mentionnés sont indiqués dans la Bibliographie.

fête 2018 de la vache Nantaise (22)

Pierre Nabos et ses boeufs, Fête de la Vache Nantaise 2018. Photo Michel Nioulou

Entre 1995 et le début du XXIe siècle, il y a eu tout un florilège de numéros de la revue Ethnozootechnie consacrés aux bovins, de la transhumance au lait pour Paris, de la domestication au travail, ainsi que l’annonce de travaux importants comme l’inventaire des attelages par Laurent Avon en 2006 qui recensait 146 paires encore attelées en France. Pour certain/es Sociétaires, cette boucle était bouclée par un moment fort lors de la Fête de la Vache Nantaise en 2018 au champ dédié à la traction animale. Laurent nous y a rejoints pour voir le bouvier Philippe Kuhlmann, venu d’Alsace en tant qu’invité des organisateurs de la fête. Cela nous a donné l’occasion d’honorer le travail en faveur des bouviers et le recensement des attelages menés à bien par Laurent. Il a inspiré la continuation actuelle de cet attachement au travail avec les bœufs en France et bien au-delà (Avon 2006 ; travail continué par Lucie Markey). Laurent a aussi retrouvé des amis de longue date comme Nicole Bochet, elle-même apprentie-bouvière.

En 1997, la rencontre à l’EHESS (École des Hautes Études en Sciences Sociales) organisée par Nicole Bochet, Jean-Maurice Duplan et François Sigaut, a donné lieu à la publication du n° 60 de la revue de la Société d’Ethnozootechnie « Les bœufs au travail », tout particulièrement dédié à François Juston, auteur en 1994 du manuel « Quand la corne arrachait tout ». Cet événement fut accueilli avec un tel enthousiasme qu’il a fallu en prévoir un « bis » à la Bergerie Nationale, cette fois organisé par Germain Dalin dans le cadre du Festival Animalier International de Rambouillet (F.A.I.R.) (Dalin, 1999). Olivier Courthiade, muletier, bouvier, responsable de maintes actions pour la reconnaissance des races de chevaux comme le Merens, assista aux deux rencontres. A Rambouillet, l’expert en matière d’attelage au Morvan, Philippe Berte-Langereau, a apporté une partie de sa collection de jougs. Outre ses publications (Berte-Langereau, 1996 ; 2000), il continue aujourd’hui encore à œuvrer pour la reconnaissance du travail avec les bovins. Avec Michel Nioulou, inventeur du blog pour l’attelage bovin, il propose de coordonner une enquête qui permettrait une vue synthétique de la diversité des attelages sur le territoire français métropolitain et d’outre-mer, à l’instar de celle sur le Portugal faite par F. Galhano et de B. Pereira (Berte-Langereau Enquête).

En 2006, la SEZ a de nouveau organisé une rencontre autour des « Bovins, de la domestication à l’élevage » (n°79 de la revue). Plusieurs communications concernaient la traction bovine, celle de Li Guoqiang pour la Chine, celle de la spécialiste de l’attelage slovène Inja Smerdel, centrée sur les relations humaines-bovines, et la mienne sur un témoignage ancien de transition du joug de tête au joug de garrot, étoffée plus tard pour une revue d’archéologie (Griffin-Kremer, 2010a). L’année 2006 était riche pour la traction bovine. Le colloque du 23-24 octobre 2006 sur « Traction Animale et briolage », organisée par Germain Dalin, fondateur du F.A.I.R., la SEZ, la Bergerie Nationale et Jean-Pierre Bertrand de l’Association de Recherche et d’Expression pour la Culture Populaire en Vendée (Arexpco), a accueilli des bouviers vendéens, des « brioleurs » tels Mic Baudimant des Thiaulins de Lignières, le bouvier alsacien Philippe Kuhlmann et le maître cocher Jean-Louis Cannelle, entre autres (Griffin-Kremer, 2006a). La rencontre était fructueuse autant par la convivialité que par les divergences qu’elle a permis de mettre à jour, y compris une anecdote bien révélatrice. La Bergerie avait assuré un triple passage (presque « homérique », pourrait-on dire…) du champ de labour avec un tracteur pour faciliter le travail des bouviers et des brioleurs. Trop facile pour être tout à fait « vrai », selon Jean-Louis Cannelle, qui a tenu à montrer au public qu’une démonstration n’équivaut pas travail réel, en ouvrant une raie « vraie » dans le gazon à côté avec son cheval de trait. Arrivé au bout d’une seule longue raie, Cannelle et son cheval étaient tous deux en nage, et il a invité les spectateurs à toucher le soc de la charrue. Tous ont retiré la main, surpris par l’intense chaleur qui s’en dégageait (Griffin-Kremer, 2007, photo). Cela n’enlevait rien au travail des laboureurs venus de la Vendée. Philippe Kuhlmann jugeait leurs labours « très propres », marque évidente d’estime de la part d’un pair hors-pair (ibid. et Griffin-Kremer, 2006b). L’Arexcpo et divers collaborateurs ont poursuivi ce projet par la suite lors d’un colloque qui a donné lieu à la publication d’un volume remarquable auquel le Professeur Bernard Denis a apporté une contribution – 399 pages et un DVD de chants enregistrés, du Berry au Cambodge en passant par l’Afrique (Le chant en plein air…).

Toujours sur ce sujet de la voix, c’est encore la SEZ qui en 2008 a accueilli une journée d’étude consacrée à « L’homme et l’animal : voix, sons, musique… » (n°84 de la revue). Plusieurs contributions touchaient directement à la question de comment manier les bovins au travail ou racontaient leurs charmes : celle du bouvier Philippe Kuhlmann pour l’Alsace, Inja Smerdel pour la Slovénie, Cozette Griffin-Kremer pour les cultures « celtiques » des Îles Britanniques. Germain Dalin y a évoqué ses propres aventures de « relations » avec les taureaux lors de son travail sur l’insémination artificielle et – pour ne pas être injuste envers les chevaux de trait – Henri Baron nous a époustouflés (le mot n’est pas trop fort) avec son évocation des commandes et surtout la démonstration en plein amphithéâtre de l’Académie de l’Agriculture du claquement de son fouet en micocoulier. Par ailleurs, l’article sur le grincement des chars au Portugal par Mouette Barboff était accompagné d’une photo impressionnante de transport de seigle par des attelages de bœufs, menés par des femmes. Les travaux d’ethnologues recèlent de trésors sur les pratiques et les croyances liées aux bœufs (un seul exemple, Méchin, 2010), spécifiques à tel ou tel terroir, sujet vastissime.

Revenons un peu en arrière dans notre chronologie pour évoquer un grand acteur de la traction bovine – l’Écomusée d’Alsace. En pleine crise d’existence de l’Écomusée en 2006-2007, François Kiesler, chargé du programme de l’agriculture, et le bouvier Philippe Kuhlmann ont malgré tout accueilli la rencontre des Ethnozootechnie  Bouviers d’Alsace (Simon, 2007), à laquelle ont participé des spécialistes de la traction chevaline comme Jean-Louis Cannelle du Centre Européen de Ressources et de Recherches en Traction animale (CERRTA) ou Pit Schlechter de la Fédération Européenne du Cheval de Trait pour la promotion de son Utilisation (FECTU). Ces rencontres se sont poursuivies chaque année depuis et ont vite attiré l’attention de participants étrangers – luxembourgeois, belges, britanniques, suisses, et surtout, bon voisinage oblige, de nombreux allemands. Depuis le début, Philippe Kuhlmann a littéralement fait le pont entre Français et Allemands à travers des réunions dans les deux pays, aujourd’hui renforcées par l’accueil de stages de formation de bouviers deux fois par an au sein de l’Ecomusée d’Alsace. Certes, ce n’est pas le seul exemple de formations – le CFPPA de Montmorillon (Coti, 2014), tout comme des privés comme Olivier Courthiade ou Emmanuel Fleurentdidier, en ont proposées – mais c’est sans doute celle avec l’histoire la plus riche et le rayonnement le plus durable.

Une tradition inventée de l’autre côté du Rhin lui fait écho, puisque les bouviers attachés aux spécificités et aux plaisirs de l’attelage allemand tiennent eux aussi une réunion annuelle depuis 1998. C’est une initiative particulièrement réussie de l’avis de tous, à cause d’une organisation aussi efficace que détendue et simple – trouver un hôte (les candidats ne manquent pas), donner une date fin janvier ou début février lorsque les gens de musées sont plus libres, et voir qui vient, une vingtaine au début, une soixantaine aujourd’hui. En 2020, c’est au tour d’un musée de plein air près de Hambourg, le Museumsdorf Volksdorf, d’accueillir le groupe. Au fil des ans, les rencontres allemandes, avec un saut « à l’étranger » en 2019 en Autriche, ont eu lieu en alternance, chez des privés ou dans des musées de tailles et de vocation variées, souvent dans d’immenses sites tels le musée de plein air à Kommern ou la ferme urbaine du Domaine de Dalhem à Berlin, ou au plus rural Laboratoire de plein-air Lauresham à Kloster Lorsch, abbaye médiévale désignée patrimoine mondial par l’UNESCO, dans le Land de Hessen.

Toutes ces réunions, alsaciennes et allemandes, ont fait l’objet d’articles dans la revue Sabots. Son éditeur, François Durand, propose depuis des années un « coin des bouviers » où trouver des rapports sur d’autres rencontres en France, des témoignages de meneurs comme Olivier Courthiade, Philippe Kuhlmann, Emmanuel Fleurentdidier, entre bien d’autres, ou de jougtiers comme René Alibert et son disciple, Lionel Rouanet (ne pas oublier que le « pilote » du blog des bouviers, Michel Nioulou, est aussi jougtier à ses heures). Aujourd’hui, les informations qui paraissent régulièrement dans les pages de Sabots sont relayées par le blog mis en route par Michel : « Attelage Bovins d’Aujourd’hui ». Ces informations sont diffusées régulièrement par le site Internet des Allemands et par des articles en anglais vers les bouviers du monde anglo-saxon, de l’Angleterre à l’Amérique du Nord jusqu’en Australie (Griffin-Kremer, 2012, 2014, 2018).

Pour les évènements valorisant la traction bovine en France, la Fête de la Vache Nantaise, tant prisée depuis ses débuts par Laurent Avon, soutenue par Bernard Denis et des sociétaires divers, a connu en 2018 un point culminant avec la « grande attelée » – la participation simultanée de cinq attelages, qui travaillaient en face d’un champ dédié au débardage avec des chevaux. Évidemment, la mission de la Fête de la Vache Nantaise est de valoriser et de promouvoir celle-ci, mais les organisateurs font aussi connaître d’autres races au sein du « Village des races locales » et prévoient à chaque fête un « invité d’honneur ». En 2018, c’était le porc basque, venu avec un cortège d’éleveurs, de musiciens et de chefs, car la cuisine est parmi les attractions les plus prisées. Cette manifestation de 2018 a aussi rendu hommage au photographe Jean-Léo Dugast, spécialiste des chevaux percherons, grand connaisseur des Horse Progress Days aux États-Unis, qui fait des recherches en tant qu’historien (Dugast, 2019). Il garde aussi un « coin » dans son cœur pour la traction bovine et ses photos prêtent un cachet exceptionnel aux pages de Sabots. Par ailleurs, Sabots ne néglige pas les documents d’archives et fait appel à des auteurs comme Eric Rousseaux ou Étienne Petitclerc pour donner un aperçu sur le passé de la traction animale, sur les relations ville-campagne ou sur les transports par attelages bovins. Étienne a profité de sa collection personnelle de documents photographiques et de dessins pour écrire un compendium détaillé sur les véhicules qui s’appelle « Attelées ! » (Petitclerc, 2016).

Au fil des ans, un réseau international s’est ainsi tissé. Très tôt, l’activité des bouviers allemands, comme l’implication professionnelle de leur « pilote » dans la sauvegarde des races à petits effectifs dans l’Union Européenne, a attiré l’attention d’un expert en matière de traction animale britannique, Paul Starkey, riche de toute une carrière consacrée aux enquêtes pour la FAO et autres organisations internationales (Starkey, 1994 et site « Starkey »). En 2004, il a invité Jörg Bremond, chef informel du groupe allemand et moi-même à rencontrer divers acteurs du travail avec des animaux de trait et de la recherche sur les équipements à Silsoe, Angleterre, dans le cadre de la réunion de la Transport Animal Welfare Society (TAWS), animée surtout par des vétérinaires soucieux de favoriser le bien-être  humain en promouvant celui des animaux de travail dans les pays du « Sud » (TAWS, 2004), tout comme les « développeurs » français, qui ont fourni des documents et accumulé une expérience remarquable en matière de traction animale (Lhoste et al., 2010). Pour renvoyer l’ascenseur, Olivier Courthiade a consenti à proposer avec moi, au pied levé, une rencontre chez lui, à Méras, en Ariège (GriffinKremer, 2005), à l’automne de la même année pour accueillir les Anglais Starkey et le directeur du Musée de Plein-Air Weald & Downland, Richard Harris, avec les Allemands, dont le spécialiste du développement dans le « Sud » et du collier à trois points Rolf Minhorst (2005, 2008), Jörg Bremond et le bouvier du Musée de Plein-Air de la Rhénanie, Gerd Linden. François Sigaut, connu de tous à la SEZ, Mouette Barboff, ethnologue spécialiste du Portugal, et moi-même avons fait le voyage à Méras, pour y être rejoints par Laurent Avon et le neveu de François, Jacques Holtz.

La même année 2004, lors de la réunion annuelle de la Société pour l’Étude des Traditions Populaires (SFLS Society for Folk Life Studies) que j’ai co-organisée avec Fañch Postic, collègue au Centre de recherche bretonne et celtique, Brest (CRBC), Inja Smerdel, alors Directrice du Musée Ethnographique Slovène, est venue parler du patrimoine immatériel, dont le savoir-faire des bouviers auquel elle a plus tard consacré un article en anglais (Smerdel, 2013). François Sigaut a présenté ses interrogations sur les façons diverses de labours, sujet qui a fait couler des lacs d’encre tout au long des études rurales en Europe et au-delà. Ensuite, l’équipe de recherche de François (EHESS/CNAM) a suivi avec attention – et attendrissement – l’évolution de ses rencontres avec les agriculteurs de la région nantaise qui ont précédé l’exposition « Des hommes et des charrues ». Attendrissement, parce que c’est la seule fois que nous avons entendu François avouer franchement être ravi qu’on le contredise, et avec ferveur, puisque certains agriculteurs lui ont dit simplement, « mais, non, Monsieur Sigaut, ce n’est pas du tout comme ça qu’on faisait ». François en est revenu ébloui, et heureux. Ces rencontres en pays nantais ont abouti au colloque « Techniques de travail de la terre, hier et aujourd’hui, ici et là-bas » co-organisé par René Bourrigaud et François en 2006, suivi de la publication « Nous Labourons » (Bourrigaud et Sigaut, 2007). Le colloque a attiré des spécialistes de l’agriculture de l’Antiquité égyptienne ou de l’Asie actuelle, d’autres pays européens, des pays du « Sud », tout comme des experts sur les régions françaises et le vocabulaire des parlers locaux. Lors du colloque, Inja Smerdel nous a raconté une allégorie populaire slovène qui a inspiré par la suite le titre de la publication : « Pendant le labourage d’un champ, une mouche se pose sur la corne du bœuf. A sa camarade qui en passant lui demande ce qu’elle peut bien faire là, elle répond : « Nous labourons ».

L’implication à l’international des Européens a été renforcée en 2006 par l’invitation adressée à Jörg Bremond et à moi d’intervenir lors du colloque sur le travail avec des bovins au musée de Colonial Williamsburg, Virginie (USA), fenêtre majeure sur l’énergie animale, tout près de la capitale américaine. C’est aussi durant ces années que les choses prennent une tournure internationale encore plus fructueuse… Le directeur du Musée National de l’Agriculture et des Industries Alimentaires de Pologne, à Szreniawa près de Poznan, le Dr. Jan Maćkowiak, avait déjà un vif intérêt pour un passé « disparu » dans son pays – l’utilisation des bœufs en Pologne, où l’on racontait qu’il n’y avait que des chevaux, affirmation que les enquêtes du musée sur l’art et les documents historiques avait démentie. Lors de la réunion de l’AIMA (Association internationale des musées d’agriculture) à Novi Sad, Kulpin, Serbie, il a entendu ma communication sur le travail avec les bovins et le patrimoine immatériel (Griffin-Kremer, 2008), et les choses se sont emballées – il invite Allemands, Américains, Britanniques, Estoniens, Français, Hongrois, Tchèques et Roumains à assister au colloque « Mission et options pour le développement des musées d’agriculture dans le monde contemporain » dont le thème principal était l’utilisation de l’énergie animale (Griffin-Kremer, 2010b). Le vif intérêt des Polonais pour la traction bovine les a amenés à embaucher un bouvier roumain pour assurer l’utilisation des bœufs de travail à la ferme du musée. Par la suite, ils ont envoyé une équipe de cinq personnes pour accompagner leur zootechnicien en visite d’étude à la ferme du Domaine de Dahlem à Berlin, aux grands musées de plein-air à Detmold et à Lindlar en Westphalie, et à Kommern en Rhénanie, pour finir la tournée à l’Écomusée d’Alsace en France, où ils ont rencontré le Prof. Bernard Denis (Nowakowska et Wołoszyński, 2012).

Ces échanges sur la traction bovine ont renforcé les liens entre les anciens membres de l’AIMA, et ont accompagné, à travers plusieurs réunions en Pologne, en Normandie et en Écosse, une relance importante de l’association, à partir de 2008-2012. Depuis, nous avons pu assurer la mise en place d’un site Internet, le lancement d’un bulletin, l’AIMA Newsletter et, aujourd’hui, un blog régulier diffusé aux membres et aux amis. Le « fil » actuel du blog traite d’un « bétail » particulier, les abeilles, et se révèle très fructueux (AIMA Blog). La relance de l’AIMA a surtout impliqué un travail intense de réseau avec des associations amies, telles l’ALHFAM nord-américain (Association of Living History, Farming and Agriculture Museums), la SFLS (Society for Folk Life Studies), hôte d’une réunion cruciale pour la relance de l’AIMA en Écosse, l’EXARC (l’Association des musées d’archéologie expérimentale). Ce « consortium » de partenaires, et la détentrice des droits, Dr. Grith Lerche, ont réussi en 2019 à mener à bien un projet phare pour l’histoire et l’anthropologie de l’agriculture : la mise en ligne sous la houlette de l’Université de Heidelberg, de la revue Tools & Tillage dans la banque de données HEIDI (Tools & Tillage). « T&T », comme l’appelaient affectueusement ses lecteurs, regorge d’articles sur les outils de labours, comme sur les observations et les expérimentations sur la traction animale, surtout bovine. La boucle ne se referme pas, mais se poursuit, grâce à l’enquête qui sera bientôt lancée par Claus Kropp (Membre pour l’Allemagne à l’AIMA) sur l’utilisation des bœufs de travail dans les musées.

Par ces temps de crise sanitaire, la réunion annuelle en Alsace à l’Ascension, tout comme la formation proposée par Philippe Kuhlmann en mars 2020, ont été annulées, mais Claus Kropp, aidé par le savoir très « technologique » d’EXARC, a réussi à tenir un congrès entièrement numérique le 9-10 mai 2020 sur « l’Expérience de l’expérimentation archéologique », durant lequel il y a eu deux séances sur le dressage et la formation en traction bovine à son musée. Plus de 400 personnes, de l’Allemagne à l’Australie, ont participé en virtuel. Exemple du travail de réseau entre ces associations : Claus était invité à participer au 50e réunion-anniversaire de l’ALHFAM aux États-Unis cet été, annulée mais passée en numérique les 22-26 juin. Il y aurait rencontré de nombreux acteurs de la traction chevaline et bovine d’Amérique du Nord, tels les grands musées comme le Colonial Williamsburg, des musées d’histoire vivante comme Howell Living History Farm, l’association pour la formation en traction animale pour les « small farmers » de partout dans le monde, Tillers International au Michigan (USA), ou les participants venus de la Livestock Conservancy, qui promeuvent les races à petits effectifs ou menacées.

Heureusement, en attendant que les rencontres « en vrai » reprennent, il y a des croisements de fils fructueux entre les experts et la documentation de leurs pratiques. Grâce à la FECTU (Fédération des chevaux de trait pour leur utilisation), la vénérable revue Draft Animal News a pu reprendre et Rural Heritage continue à publier la revue du même nom, consacrée à l’utilisation de la traction animale dans le cadre d’agricultures et d’élevages à modeste échelle. Le maître-bouvier américain et professeur d’université Drew Conroy poursuit son enseignement et les publications qui visent les bouviers de par le monde. Du côté français, l’Écomusée d’Alsace soutient Philippe Kuhlmann pour la rédaction de son manuel, appuyé par la riche documentation de l’EMA, et Olivier Courthiade a depuis longtemps promis de réunir ses nombreux écrits sur l’attelage bovin dans un volume technique, comparable à son ouvrage sur le dressage des mules et mulets. Au sein du groupe allemand (Arbeitsgruppe Rinderanspannung), le site est déjà enrichi par une photothèque de jougs et de harnachements ainsi que d’une bibliographie de référence. Chef de ferme au Musée de Plein-Air du Domaine de Dahlem à Berlin, Astrid Masson, a publié un livre remarquable sur le dressage des bovins dans le cadre d’une exploitation agricole soumise aux contraintes d’un site urbain ouvert (Masson, 2015). Y figurent des chapitres écrits par Rolf Minhorst, le spécialiste du collier à trois points prisé par les Allemands pour son efficacité au travail autant que pour ses qualités reconnues de confort pour les animaux, et par la spécialiste d’éthologie bovine, Anne Wiltafsky, inventrice d’une « Kuhschule » (École de et à Vaches). Astrid Masson est également membre du Conseil d’Administration du GEH (Gesellschaft für Erhaltung alter und gefährdeter Haustierrassen), l’association allemande qui réunit les acteurs pour la sauvegarde et la promotion des races domestiques anciennes et menacées. Il faut noter que bon nombre des bouviers allemands ou français sont des bouvières – Astrid, Anne, la vétérinaire Elke Treitinger « pilote » du site Internet allemand, Christine Arbeit de la Fête de la Vache Nantaise et sa fille Mélusine, ou Elvire Caspar, petite-fille de François Juston, parmi bien d’autres. Avec son enthousiasme bien connu, Nicole Bochet de la SEZ a assisté à la formation à la traction bovine proposée par Manu Fleurentdidier au CFPPR de Montmorillon et assiste depuis des années à la réunion des bouviers à l’Écomusée d’Alsace. Parmi les participants aux réunions à l’EMA ou en Allemagne, la répartition entre femmes et hommes est égale et plusieurs couples mènent des bœufs ensemble.

Les musées et associations citées ici s’impliquent évidemment en faveur de la conservation et de la promotion des races de leurs régions, que ce soient des chiens « bouviers » ou des bovins. Ils répondent au vif intérêt du public pour le travail avec les animaux dans les musées d’histoire vivante, les écomusées ou de plein-air, ou les musées d’archéologie expérimentale. Ils se concertent aussi avec les autres acteurs de la traction animale pour les exploitations de taille modeste, tel le maraîchage, souvent en situation périurbaine, et invitent régulièrement les nombreux développeurs d’équipements tels le français PROMMATA, qui opèrent au niveau international. Il va sans dire que les équipementiers sont bien représentés lors des Fêtes de la Vache Nantaise tous les quatre ans.

Ces passionnés signalent cependant le manque de reconnaissance chez les acteurs plus « institutionnels » des enjeux de la traction animale qui pourrait favoriser une transition vers des sources d’énergie renouvelables, vers une production agricole plus « circulaire ». La traction bovine, ne pourrait-elle pas aider à rentrer dans les confins vertueux du fameux « donut » (Raworth, 2017, 2018) prôné aujourd’hui même par les mandarins de la grande finance, tel Jamie Dimon de la Banque J.P. Morgan Chase ? (Tisdall, 2020 ; Linnane, 2020) Le volume phare de l’UNCTAD Wake up before it is too late, Make agriculture truly sustainable now for food security in a changing world porte sur sa couverture la photo d’un agriculteur qui utilise un attelage de bovins pour labourer son champ. Le livre ne contient cependant aucun chapitre consacré à l’utilisation de l’énergie animale. MOND’Alim 2030, Panorama prospectif de la mondialisation des systèmes alimentaires (2017) consacre une seule page à « ces acteurs de la mondialisation agricole et alimentaire que l’on n’invite jamais », mais il s’agit en l’occurrence de narcotrafiquants et de terroristes qui s’emparent des terres, des transports et des stocks d’aliments dans des pays souvent encore riches d’une agriculture paysanne (MOND’ALIM 2030, 2017).

Si les bouviers allemands, pour la plupart des « Hobbybauer » (paysans amateurs), avouent que leurs bêtes dans l’ensemble ne sont plus adaptées à un travail exigeant, ils poursuivent l’expérimentation avec des races telles la Rätisches Grauvieh (Grise rhétique), petite et trapue, qui ressemblent aux bovins des livres d’enluminures du Moyen Âge. Ils s’accordent à dire qu’il n’y a aucun éleveur en Allemagne comme Philippe Kuhlmann en Alsace qui vise à produire des bêtes aptes à la production laitière aussi bien qu’à l’utilisation au travail. D’ailleurs, les bovins sont la seule source pour la traction et le débardage sur son exploitation. 

fête 2018 de la vache Nantaise (84)

La « grande attelée » pour la fin de la Fête de la Vache Nantaise 2018. Photo Michel Nioulou.

Il y a vingt ans, Nicole Bochet et moi-même avons évoqué l’idée de faire comme les Japonais et leurs imitateurs ailleurs dans le monde : obtenir un statut de « trésors nationaux vivants » pour les experts bouviers. C’était sans doute peu réaliste, mais nous avons posé la question à Olivier Courthiade, aussi Sociétaire, il y a quelques années. Il nous a répondu de sa façon habituelle : « Je m’en fiche de trésors, il faut nous soutenir pour amener plus de travail, c’est ça qui compte, le travail ». Depuis plus de vingt ans, j’ai le privilège de connaître et d’apprendre de gens qui utilisent les bovins dans le travail des musées, pour les loisirs et sur des exploitations où les bœufs ou les vaches sont la principale force motrice. J’ai pu constater le nombre de jeunes qui souhaitent s’installer en agriculture « bio » à économie circulaire, et qui ont pris conscience du plaisir qui peut exister entre un être humain et une bête de travail. À l’instar du programme agricole de l’Écomusée d’Alsace, ils cherchent comment « atteler » la sagesse et la diversité de pratiques traditionnelles aux besoins réels de production (Griffin-Kremer, 2020). Aujourd’hui, suite à une crise qui a renforcé l’intérêt pour les circuits courts de l’approvisionnement alimentaire, je pense qu’il est temps de revoir la copie et d’explorer plus sérieusement le potentiel de l’utilisation de la traction bovine, entre autres.

Les rencontres et les publications de la Société d’Ethnozootechnie qui traitent du « bœuf au travail » remontent bien avant les années 2000. Ne serait-ce pas le moment de revenir à ces questions sur un niveau plus international ? Nicole Bochet et moi-même, nous proposons d’inclure la SEZ parmi les invités lors d’une telle rencontre. Ce serait une occasion de réunir les acteurs cités ici, d’en inviter d’autres, et de remercier la Société pour ses engagements si souvent clairvoyants et courageux. De pouvoir poser la question aussi : une vache ou un bœuf de travail, bref, l’énergie animale, ne rentrent-ils pas facilement dans le fameux « donut » qui ose envisager une autre économie pour le XXIe siècle ? (Raworth, 2017, 2018).

N.B. Ce texte étant bien une « note personnelle », il y a forcément des omissions et des oublis. Que les personnes concernées m’en pardonnent et je ferai mieux une autre fois.

Références

Note : tous les liens Internet cités étaient accessibles le 15 juin 2020

AIMA (Association international des musées d’agriculture) page d’accueil https://www.agriculturalmuseums.org/, bulletins https://www.agriculturalmuseums.org/news-2/aima-newsletters/ et blog https://www.agriculturalmuseums.org/newsevents/news/

ALHFAM (Association of Living History, Farming and Agricultural Museums) https://alhfam.org/ Arbeitsgruppe Rinderanspannung https://www.zugrinder.de/de/ (DE) et German Working Cattle Group https://www.zugrinder.de/en/ (EN)

Attelages bovins d’aujourd’hui, blog : http://attelagesbovinsdaujourdhui.unblog.fr/

AVON (L.), 2006, Traction bovine, inventaire des attelages 2006, Institut de l’élevage. Travail continué par Lucie Markey.

BERTE-LANGEREAU (P.), 1996, Les Galvachers & Charretiers du Morvan, Éditions Nourrices du Morvan, 1996, ou 2000 Le Temps des Attelages, même éditeur.

BERTE-LANGEREAU (P.), Enquête « Propositions concernant les jougs » sur le blog de Michel Nioulou « Attelages bovins d’aujourd’hui » : http://attelagesbovinsdaujourdhui.unblog.fr/2020/04/29/projet-douvrage-sur-les-jougs-de-franceappel-a-contribution-par-philippe-berte-langereau/

BOURRIGAUD (R.) et SIGAUT (F.) (dir.), 2007, Nous Labourons. Actes du colloque « Techniques de travail de la terre, hier et aujourd’hui, ici et là-bas » Nantes, Nozay, Châteaubriant, 25-28 octobre 2006, Editions du Centre d’histoire du travail, Nantes, 2007.

CERRTA (Centre Européen de Ressources et de Recherches en Traction Animale) https://www.formationtractionanimale.com/

Colonial Williamsburg (museum) https://www.colonialwilliamsburg.org/

CONROY (D.), 2008, Oxen: A Teamster’s Guide to Raising, Training, Driving & Showing, 2008; enseignement à l’Université de New Hampshire https://colsa.unh.edu/person/andrew-conroy

COTI (G.), 2014, Compte-rendu des Actes du Colloque sur la traction animale bovine du 10 décembre 2014, Montmorillon (86) sur le blog de Michel Nioulou http://attelagesbovinsdaujourdhui.unblog.fr/2015/01/22/actes-du-colloque-sur-latraction-animale-bovine-du-10-decembre-2014-montmorillon-86-rediges-par-gerard-coti/

DALIN (G.), 1999, Les bœufs au travail, Actes du colloque, Festival Animalier Internationale de Rambouillet (FAIR), 26 septembre 1998.

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Tools & Tillage en ligne https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/tools_tillage Partenariat et liens par volume ou par article à consulter sur le site de l’AIMA (Association Internationale des Musées d’Agriculture) https://www.agriculturalmuseums.org/category/announcement/

UNCTAD, 2013, Wake up before it is too late, Make agriculture truly sustainable now for food security in a changing world. UNCTAD United Nations Conference on Trade and Development, Trade and Environment Review 2013, 321 pages, aussi disponible en ligne : https://unctad.org/en/pages/PublicationWebflyer.aspx?publicationid=666#:~:text=TER13%2C%20entitled%20Wake%20u p%20Before,released%20on%2018%20September%202013.&text=By%20way%20of%20illustration%2C%20food,for%2 0the%20period%202003%2D2008.

WILTAFSKY (A.), Pour un aperçu du travail d’Anne Wiltafsky https://www.zugrinder.de/en/ (2 minutes) ou https://www.youtube.com/watch?v=rd2ZICFB2Hg (26 minutes, synchronisé en français), mènent à d’autres liens à la « Kuhschule » sur YouTube

Claire Declide, MOUTON (16)

Photo 4 bis Léon débardage Septembre 2019

Claire Declide, céréalière bio en Charentes, nous communique un texte sur son expérience et ses projets de jeune bouvière. Nous la remercions vivement pour sa contribution.

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Céréalière en Charente, je suis accompagnée par Léon, un Vosgien de deux ans et demi, depuis le mois de Mai 2019. Il vient de l’élevage de Monsieur Philippe Kuhllmann et a été débourré (en solo par l’arrière) par Manu et Émile Fleurentdidier en Avril 2019.

Je viens de la traction équine, que je pratique en «loisir» au sein de l’association des Traits Charentais depuis 2016, date d’achat de ma jument de trait, Ella.

J’ai suivi quelques formations en traction équine (BPREA, Haras Nationaux) avant de connaître les bœufs en Septembre 2018.

Photo 3 Léon spectacle Traits Charentais Aout 2019

Je rencontre une paire de bœufs chez Manu et Émile à Moulismes dans la Vienne et découvre ainsi le travail des bovins. Je suis tout de suite très séduite: ils ont des gabarits plus petits qu’un cheval de trait, ils sont plus rustiques, ils passent partout, sont braves dans le travail et d’une excellente compagnie (calmes et affectueux). Naturellement, ils m’ont paru plus accessibles que le cheval: une santé moins délicate, une facilité d’entretien au quotidien, des aptitudes rapides au travail malgré leur jeune âge.

Photo 2 bis Léon et Emile éducation Mai 2019

C’était un peu «fou» de ma part de vouloir un bovin de travail, car j’ai très peu d’expérience de travail et surtout, je ne viens pas d’une famille qui pratiquait l’élevage (bovin ou équin d’ailleurs). J’avais donc peu de notions sur leur comportement, leur santé et leurs besoins, mais j’avais conscience, avec l’expérience de ma jument, que toute la bienveillance du monde ne valait pas de solides connaissances en élevage…

Photo 4 ter Léon vignes Octobre 2019

Mais bon, Léon est arrivé ici, à deux ans, entier encore et j’ai fait tout mon possible pour lui fournir un environnement adéquat. Aujourd’hui, il s’entend très bien avec Ella, et ils vivent bien ensemble.

Dès son arrivée en Mai 2019, il a tout de suite été mis au travail, je le sortais, plusieurs fois par semaine, pour lui apprendre les ordres, en ajoutant, au fur et à mesure, des outils.

Nous avons commencé par lui faire faire des traînes en débardage, un peu de débusquage, de l’entretien de haies et il connaît aussi le travail de hersage de prairies.

Photo 5 Léon débardage Novembre 2019

J’essaie, selon mes disponibilités, de le faire travailler une fois par semaine au minimum, mais ce n’est pas toujours évident. Léon voyage très bien cela dit, ce qui nous permet de nous déplacer aisément.

Les sessions les plus intéressantes, doivent durer plusieurs jours pour mettre en place des automatismes, tant pour lui que pour moi.

J’ai découvert que Léon était aussi un très bon compagnon de marche. Avec le mauvais temps que nous avons connu ces derniers mois, impossible de faire des travaux agricoles dans de bonnes conditions, alors j’ai décidé que nous irions marcher afin d’essayer le bât. Je n’ai pas de bât ici mais j’ai essayé de lui mettre de petites charges sur le dos pour qu’il s’y habitue et cela n’a jamais posé problème. Je me suis aussi amusée à lui monter dessus, ce qu’il a très vite accepté aussi.

Photo 4 Léon débardage Septembre 2019

Castré en décembre 2019, il a passé un mois sans travailler. Depuis janvier, nous arrivons à programmer du travail, notamment du débardage, qui est, selon moi, l’une des activités agricoles les moins répétitives.

J’espère pouvoir le mettre au labour ainsi qu’à l’attelage cette année. A terme, j’aimerais pouvoir travailler notre (petite) vigne, pouvoir nettoyer mes haies et mes arbres sur la ferme avec lui, et aussi avoir un minimum de production en pommes de terre, maïs, haricots blancs que nous pourrions entretenir ensemble.

J’aimerai avoir le plaisir futur d’échanger avec vous, les autres bouviers, tant sur le travail que sur la joie de passer du temps avec nos compagnons.

Claire.

 

 

 

 

Labour à la ferme d’Ayana avec deux boeufs Vosgiens à SAULGE (86)

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 Merci à Emmanuel fleurentdidier de nous avoir indiqué cet activité de traction bovine.

Cliquez ici pour voir et  ici 

Voir aussi en cliquant ici.

Moisson avec un bœuf vosgien et le vallus, Fête de Grannos, 11 au 18 Août 2019, par Emmanuel Fleurentdidier

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Une grande première depuis plus de deux mille ans. C’est au mois d’Août qu’ont lieu les fêtes de Grannos chez les Lemovices, peuple gaulois du Limousin, sur l’oppidum de Coriobona dans la vallée de l’Issoire.

Coriobona est un village reconstitué, grandeur nature avec une ferme aristocratique fortifiée, où l’on peut découvrir la vie au quotidien des Gaulois lors du I er siècle avant J.-C., celle de l’artisanat, des guerriers et des marchands (Cliquez ici pour voir). C’est avec leur chef Eporenos (Monsieur Boos Patrick) restituteur et de toute la troupe des Gaulois d’Esse que va se dérouler la moisson.

Ce n’est pas la première fois que j’interviens sur ce site puisqu’en automne 2017 avec Solène Gaudin nous avons participé au tournage d’un documentaire « Le vrai visage des Gaulois », où nous avions réalisé un labour à l’araire gauloise, avec deux bœufs vosgiens.

labour

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Cette fois-ci,  il s’agit de la moisson avec le vallus, la moissonneuse gauloise, dont la représentation a été trouvée en Gaule Belge.

vallus

C’est une première pour cette reconstitution avec un bœuf vosgien.

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D’autres essais avaient été réalisés avec un cheval ou un âne et même avec des hommes. La réalisation de la moissonneuse n’est pas seulement du folklore « à la gauloise » pour le grand public venu passer la journée sur ce site, mais c’est surtout une restitution  grandeur réelle avec deux archéologues, Sammy Benmakhad  doctorant archéo-agronome, et Stéphane Gaudefroy,  de l’INRAP et céramologue, venus pour l’occasion.

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Le vallus a été réalisé par Patrick Boos d’après des sculptures, et de deux textes antiques de Pline et de Columelle.

Le vallus est tout en bois:  c’est une caisse avec, à l’avant, un peigne qui vient cueillir les épis d’épeautre, et à l’arrière des brancards dans lesquels on vient loger le bœuf. Ce vallus est connu par les Gaulois dans le nord de la France, en Belgique, et en Allemagne, lieu de grandes cultures où l’on cultive l’épeautre et le millet.

Paradoxalement, c‘est une machine tractée, mais où  « l’outil » est devant le boeuf.

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A l’arrière, un homme qui tient  le vallus  règle la hauteur de coupe. A l’avant, un homme rabat les épis vers le peigne.

Cette moisson va se faire avec Tino, bœuf vosgien de quatre ans, dressé au menage en solo par l’arrière. Là, on n’a pas mis la charrue avant le bœuf, mais le vallus.

Il a donc fallu apprendre à Tino à tirer pour pousser l’outil. Lors de la préparation et pour la présentation,  je suis aidé par Emile qui sera à la manœuvre du vallus mais aussi par Elian qui sera rabatteur.

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 Tino est un bœuf qui apprend vite même si la manœuvre est délicate pour lui.

Il faut qu’il tire le vallus pour qu’il avance, qu’il apprenne à le faire tourner et à faire demi-tour sur place. Pour cela, on a fabriqué un vallus d’entraînement, un essieu, une caisse, et des brancards. Le valllus doit être équilibré car le bœuf tire et Emile doit tenir les brancards pour tenir la direction mais n’avoir aucun poids à porter. Tino pousse bien l’outil, il faut maintenant le faire tourner, ce qu’il réalise assez bien, puis faire demi-tour sur place. Après une heure d’entraînement, on sait que Tino va pouvoir réaliser la moisson.

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Fin Juillet, Emile, Tino et moi nous nous rendons à l’oppidum de Coriobona, où nous  retrouvons Patrick Boos qui va nous montrer le vallus avec lequel nous allons travailler. On garnit Tino puis on le met dans les brancards. C’est Patrick qui se place à l’arrière pour la direction, puis l’on fait marcher Tino. Il effectue des lignes droites et des demi-tours. Tout se passe comme à l’entraînement.

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Nous sommes prêts pour la moisson.

Enfin, les grands jours arrivent, les visiteurs sont là en nombre et certains sont venus spécialement pour voir un bœuf travailler, suite à l’annonce faite sur le blog de Michel Nioulou : « Attelages Bovins d’aujourd’hui ».

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Après la présentation du vallus et de Tino dans l’hémicycle du village, on se rend dans le champ où l’on doit moissonner l’épeautre, accompagnés des Gaulois du village et des archéologues.

C’est un grand moment de l’Histoire que l’on va reconstituer, avec des gestes autrefois quotidiens que l’on va réaliser dans l’idée de les redécouvrir. Tino est prêt, tout le monde attend ses premiers pas dans le champs. C’est parti, Tino pousse ou tire et Patrick rabat les épis vers le peigne du vallus. Les premiers épis tombent dans la caisse. Le vallus fonctionne, la moisson se déroule comme il y a deux mille ans. On peut voir la satisfaction des reconstituteurs,  des Gaulois d’Esse, des archéologues, et de Patrick qui a fabriqué le vallus, des bouviers, qui ont tous le sentiment de vivre une grande première.

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Maintenant que l’on sait que ça marche, cette reconstitution permet aussi de faire quelques modifications sur le vallus afin d’améliorer la récolte mais c’est aussi ce qu’ont dû faire les Gaulois de l’époque.

Ces journées étaient plus que de la simple démonstration, elles vont permettre de continuer les recherches et les études à venir, montrer au public le travail de la traction bovine, expliquer le futur à travers le passé. Mais nous sommes « aujourd’hui » , au temps où l’on se pose toutes ces questions sur notre avenir, notre agriculture, nos énergies, nos sols, mais aussi sur notre travail avec les animaux….

La moisson se termine sous les applaudissements du public! Alors merci à tous ces gens d’être venus redécouvrir notre passé, merci à Patrick Boos, aux Gaulois d’Esse, aux archéologues. Merci à Solène Gaudin pour son travail en amont, à Michel Nioulou pour son blog qui aide à communique. Merci à Tino, premier bœuf à pousser le vallus depuis deux mille ans. Un grand merci à Emile  et Elian pour les heures de préparation de dressage. Comme toujours chez les Gaulois, c’est avec un banquet que s’achève la fête de Grannos.

Emmanuel Fleurentdidier

Bosognatos «  celui qui connaît les bœufs »

Contact :

les Gaulois d’Esse, le pont Binot, 16 500 ESSSE

lesgauloisdesse@free.fr

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Maison Boidron, Château Calon, des boeufs dans la vigne, Montagne (33)

Reportage photographique de Léonnie Biteau sur le pôle traction animale à la Fête de la vache Nantaise 2018

Léonnie Biteau est une excellente photographe (Voir son Instagram en cliquant ici) et côtoie la traction bovine au sein de l’académie des bouviers du Puy du Fou.

Elle était présente à la Fête de la vache Nantaise 2018 au Dresny et nous a permis de publier son travail réalisé sur l’événement.

Nous la remercions très chaleureusement de cette collaboration.

Partie 1 : La grande attelée de boeufs

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Partie 2 : Les boeufs de Jean-Bernard Huon. 

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Partie 3: Jérémy Bulteau 

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Partie 4 : Jean-Marc Chauveau

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Partie 5: Joseph Durand 

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Partie 6: Lionel Rouanet, jougtier 

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Partie 7: Emmanuel et Emile Fleurentdidier 

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Partie 8: Pierre Nabos

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Partie 9 : quelques ambiances autour des boeufs et des bouviers

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