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Un éleveur témoigne de l’intelligence et des qualités de la race Casta – Pyrénées 2025

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Race Casta

La Casta est reconnaissable à sa robe châtain plus ou moins foncée, ses muqueuses claires, ses cornes en lyre évasée. Cette vache au caractère bien trempé peut évoluer sur tous types de terrain. Autrefois traite, son lait est à l’origine du célèbre fromage de Bethmale. Les bœufs étaient autrefois considérés comme la « Rolls Royce » des bœufs, en raison de leur intelligence innée et de leur volonté de travailler, de la robustesse de leurs sabots et parce qu’ils n’avaient pas besoin de nourriture supplémentaire pendant les périodes de travail.

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Caractéristiques :

Hauteur au garrot femelles : 135 cm

Hauteur au garrot mâles : 140 cm

Poids adulte femelles : 600 kg

Poids adulte mâles : 800 kg

Mes expériences avec les Casta

J’ai commencé à élever des Casta en 2015. J’ai été immédiatement impressionné par leur intelligence et leur profonde sensibilité.

Ils semblaient sauvages et portaient leur domestication comme une robe qu’on pouvait abandonner à tout moment.

Petit à petit, à force de patience et de douceur, j’ai gagné leur confiance et découvert à quel point c’était une race incroyable.

Menacées d’extinction dans les années 80, elles se sont suffisamment rétablies pour avoir une population relativement stable, même si elles restent en danger.

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À mon avis, leur réputation, qui les a parfois valus d’être qualifiées de vache du diable ou de race la plus têtue de France, est totalement injustifiée !

Certes, il faut du temps pour les rassurer sur le bien-fondé de nos motivations, mais une fois cette confiance établie, la relation et le contact qu’elles offrent sont tout simplement incroyables.

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Suite au suicide d’un frère bien-aimé, les Casta m’ont aidée à traverser une période très difficile. Pour les remercier de leur soutien, je me suis sentie obligée de relancer mon projet avec eux et ils sont désormais au cœur des stages que je propose chez moi en été, où mes hôtes peuvent venir passer du temps en leur compagnie.

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En bref, je suis un peu obsédée par eux – et heureusement !

Ils vivent au moins la moitié de l’année dans un mélange de feuillus et de résineux. Ils se plaisent très bien en forêt, où les hêtres, les chênes et les frênes leur fournissent une nourriture très riche en minéraux du printemps à la fin de l’été. Ils ont également accès à des pâturages de bonne qualité, entièrement bio.

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En hiver, ils ne mangent que du foin – pas de farine ni d’autres compléments alimentaires. Mon objectif a toujours été de proposer un élevage le plus naturel possible. Je n’ai que très rarement besoin de faire appel au veto et l’ambiance au sein du troupeau est généralement d’un calme absolu.

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MOUNTJOY David

Being with Cows Retreats

http://www.beingwithcows.com

Raulet

11230 Saint Benoît

France

+33 7 86 10 18 42

À vendre – Jeune bœuf Casta (20 mois) 2025 / Pyrénées

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Je suis David Mountjoy, éleveur installé près de Chalabre (11230), au pied des Pyrénées. Je pratique un élevage très extensif, où mes vaches vivent dehors toute l’année, passant la moitié de l’année en sous-bois. Mon troupeau est composé de Galloways et de Casta, une race autochtone de la région.

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Vente de Zach

Aujourd’hui, je cherche une personne motivée pour travailler avec Zach, un jeune bœuf Casta de 20 mois. Il n’a jamais été attaché, mais je passe beaucoup de temps avec mon troupeau, et il est bien habitué à la présence humaine. J’ai déjà livré deux bœufs Casta à Laurent Martin en Vendée, qui a été impressionné par leur intelligence et leur volonté de travailler. J’espère trouver pour Zach un foyer tout aussi attentif et passionné.

Je peux le livrer si nécessaire.

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MOUNTJOY David

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France

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Formation avec Eline Hoefsloot : Théorie de l’Apprentissage Appliquée à l’Education des Bovins – Du mardi 13 au samedi 17 mai 2025, Enveitg (66)

Eline Hoefsloot

Ferme Can Llull

Eline Hoefsloot,6 rue Melchior Durand, hameau de Béna, 66760 Enveitg

Tél/WhatsApp : 06 65 50 36 52

Formation

Théorie de l’Apprentissage Appliquée à l’ Education des Bovins

Du mardi 13 au samedi 17 mai 2025

Objectif :

Cette formation est une introduction aux théories de l’apprentissage. Elle offre des bases et des pistes de recherche pour plus d’efficacité dans les projets de dressage ainsi que dans les interactions avec les animaux. On pourrait aussi l’intituler « La communication animale scientifique ».

Les formateurs :

Eline Hoefsloot CPAT-KA, comportementaliste animalière, certifiée IATCB (International Animal Trainers Certification Board)

Paul Libmann, vétérinaire Modalités : .

– Formation intensive, nombre de participants limité, chaque stagiaire travaillant personnellement avec les animaux. – Horaires : mardi de 10h à 15h, et les mercredi, jeudi et vendredi de 9h à 15h, le samedi de 9h-13h. – Théorie et pratique – Travail sur bovins principalement, mais aussi sur individus d’autres espèces : cheval, chien… pour illustrer l’UNIVERSALITE des PRINCIPES d’APPRENTISSAGE. – Attestation de formation et copie du powerpoint. 

Jour 1

Théorie

– Pourquoi s’intéresser à la théorie (bien plus passionnante qu’on ne le pense!)

– L’évolution des techniques de dressage

– L’importance de connaître l’espèce : sa perception du monde, son langage et son expression corporelle, sa vie sociale.

Pratique : Prise de contact avec les bovins : nourrir les génisses, leur mettre le licol, les conduire en longe, les maintenir à l’attache. Observation et interprétation de leurs réactions.

Jour 2 Théorie

– Les deux composantes de la réussite du dressage : la communication et la motivation.

– L’apprentissage : conditionnements classique et opérant.

– Élaboration d’un plan de dressage.

Pratique : Apprendre à un jeune bovin a accepter le harnachement et le matériel de traction. Lui apprendre à donner les pieds. La conduite aux longues rênes. Jour 3 Théorie Présentation de 3 méthodes :

– La méthode dite « éthologique »

– La méthode constructive et le concept « approche/retrait »

– Le clicker training : voir détail J4

Pratique : La santé bovine; savoir observer et interpréter les principaux symptômes. Jour 4 Théorie Utilisation de la nourriture de façon stratégique et introduction au clicker training.

Pratique : faire entrer des bovins dans le couloir de contention en minimisant leur stress. Apprentissage de la « cible ».

Jour 5 Théorie. – L’importance de l’environnement et des émotions. – L’intérêt de l’analyse du comportement pour la résolution de problèmes.

Pratique  parcours d’obstacles au sol et montée dans le van.

Tarifs : . Formation avec hébergement à la ferme: 395€ TTC. 4 nuitées. Repas non compris. Formation sans hébergement: 295€ TTC .

ATTENTION :

*C’est la dernière année à ces tarifs !

*Il n’y a que 3 chambres à la ferme. Inscrivez-vous vite pour en bénéficier. Sinon, il y a des chambres d’hôte à proximité (non compris dans le tarif).

Compte rendu de la réunion chez Anne Wiltafsky et Famille à Tuttlingen par Astrid Masson, (Allemagne, près du Lac Constance) 2025

Ballade allemagne

Fig.1. Promenade (Photo Astrid Masson), la fille ainée d’Anne sur Geanna

TRADUCTION française

Le « Groupe de Travail ZUGRINDER » (Bœufs de trait) a été fondé durant les années 1990 par une poignée de personnes, notamment Jörg Bremond et Rolf Minhorst, tous deux présents à la rencontre mi-février 2025. Ils ont constaté à cette époque que presque personne en Allemagne ne maîtrisait plus l’utilisation des bœufs de travail. Depuis lors, ce groupe, ouvert à tous, réunit une fois par an quelque 40 à 60 personnes, généralement vers la mi-février, tous invités par une personne ou par une institution comme un musée qui peut montrer son propre travail avec des bœufs, des vaches et même des veaux. Les participants travaillent ensemble pendant un week-end, parlent « boulot » et montrent des techniques et des équipements. Enfin, on y discute beaucoup du comportement et de la communication avec les bovins, car il n’existe pratiquement aucune littérature scientifique sur ce sujet. Le mot d’ordre de la rencontre, c’est « sans communication, il n’y a pas de collaboration ».

Philippe Kuhlmann

Fig. 2. Les participant/es (Photo Astrid Masson)

Cette fois, la rencontre s’est déroulée sous un soleil radieux, une fine couche de neige et des températures avoisinant les -3°C chez Anne Wiltafsky et sa famille à Tuttlingen, à une bonne vingtaine de kilomètres au nord-ouest du lac de Constance. C’est une ferme où l’on utilise une race en voie de disparition en Allemagne, les Vosgiens, tandis qu’en France, les Vosgiens sont soutenus par l’État en tant que race locale et menacée. Cependant, Anne a acheté ses quatre veaux en Sarre, auprès d’une des rares entreprises en Allemagne qui les utilise encore dans l’aménagement paysager et aussi pour la traite. Biscuit et Beaux ont maintenant 7 mois, Onni et Belle sont un peu plus jeunes et sont chez Anne depuis 6 semaines. Geanna, une croisée Holstein-Fleckvieh de 14 ans, vit également avec la famille.

Anne et veau de face 2

Fig. 3. Anne Wiltafsky et amie (Photo Léonnie Biteau)

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Anne et veau qui cours

Fig. 4. Sautillant avec Anne (Photo Léonnie Biteau)

La spécialité d’Anne est l’observation du comportement et la manipulation respectueuse des bovins de trait et elle a déjà dressé de nombreux animaux. Ce week-end, elle nous a montré comment initier de manière ludique des veaux à leurs futures tâches. Pour l’entraînement, elle utilise consciemment les besoins et les élans naturels des animaux, comme le besoin de jouer après avoir bu du lait maternel : tout éleveur de bovins connaît le « sautillement » des très jeunes veaux, juste après avoir bu au pis de leur mère ou du seau contenant son lait. Anne utilise cette explosion d’énergie naturelle pour courir avec les veaux, sauter par-dessus des obstacles ou monter des escaliers. 

Elle profite de leur curiosité naturelle pour leur faire découvrir des objets inconnus qu’ils sont censés tirer, par exemple. Plus tard, on leur enfile même des chaussettes de yoga antidérapantes pour qu’ils puissent monter les escaliers de la maison sans crainte. Les veaux apprennent très tôt à donner ou à lever leurs pattes, ce qui est très utile plus tard, quand ils apprennent à enjamber des cordes ou quand il faut parer la corne des sabots.

Mise des chaussettes

Fig. 5. Chaussettes anti-dérapantes et patte levée (Photo Astrid Masson)

Veau maison

Fig. 6. Allez hop, on monte l’escalier (Photo Léonnie Biteau)

Imaginez notre surprise à suivre Beaux qui montait l’escalier jusqu’au premier étage, puis qui traversait un pont sur le toit de la grange pour sortir ! Après, on s’est réuni autour d’un buffet champêtre, apporté par les participants et accompagné par une soupe aux lentilles et des boissons chaudes, auprès de deux feux de bois et des sièges divers pleins de couvertures. Tout à côté, les gens partageaient leurs savoir-faire comme, par exemple, pour l’épissage de cordes ou la diversité des bottines à vache.

Anne a eu l’idée géniale – entre beaucoup d’autres – de mettre de la paille sur des bâches pour que les veaux se couchent pour se reposer et ! bon nombre de participants se sont allongés à leurs côtés, comme quoi les relations humaines-animales allaient bon train.

épissure

Fig. 7. Épissage (Photo Astrid Masson)

veau coucher

Fig. 8. Et on se couche (Photo Léonnie Biteau)

Durant l’après-midi, divers objets ont formé un « parkour » sur le pâturage enneigé, notamment des jouets à veaux en forme de boudins en caoutchouc d’un mètre de long, un toboggan en plastique pour enfants et – oui ! – une batterie.

Tout d’abord, les animaux s’en sont approchés avec précaution, puis les ont reniflés de long en large, et ont fini par les juger si inoffensifs qu’ils pouvaient les lécher. Justement, il faut permettre aux animaux à bien prendre le temps d’examiner les objets, par exemple lorsqu’ils sont censés les tirer pour la toute première fois, et avant de les y atteler.

veaux et batterie

Fig. 9. On joue aussi à la batterie (Astrid Masson)

Collier et 3 veaux 2

Fig. 10. Puis on suit les copines (Photo Léonnie Biteau)

À l’aide d’un petit collier, un des plus grands veaux a tiré une des légers boudins en caoutchouc à travers le parkour d’obstacles. Les autres veaux l’ont suivi, courant librement autour de lui, et ont ainsi pu perdre leur peur du « monstre » mystérieux en caoutchouc.

Le soir, nous avons mangé ensemble à La Lochmühle, une ancienne ferme convertie en hostellerie. Comme d’habitude lors de ces réunions, chacun a pu montrer des photos ou des films de son travail avec les bêtes. La vétérinaire Elke Treitinger a donné une conférence intitulée « Manger, ça s’apprend ». Elle y montrait comment, contrairement aux idées reçues, les veaux commencent parfois à ruminer dès l’âge de 3 jours et mangent du foin le premier ou le deuxième jour – mais pas de la même façon que leur mère. Ils doivent d’abord l’apprendre et ils ne peuvent le faire que si des bovins adultes ou au moins plus âgés sont présents. Chez les veaux sans contact avec des aînés, ce comportement est retardé de 2 à 3 semaines. Elle a donc préconisé de leur offrir du foin dès leur premier jour.

Philippe Kuhlmann a montré des images et des films impressionnants de son travail avec des bœufs et des taureaux vosgiens dans la forêt. Il est actuellement le seul agriculteur de ma connaissance qui cultive des prairies et des forêts sans tracteur sur une exploitation de 40 hectares dans la Creuse.

Bovins et train

Fig. 11. Rencontre des tractions (Photo Edwin Rotzal) : Ben et Bubi, Gris rhétiques menés par Gerd Döring et Maximilian Bauer devant une locomotive KDL de 70ch, fabrication 1944 par la firme Budich à Breslau, roulant sur une voie à 600mm d‘écartement.

Edwin Rotzal a présenté ses photos du mois de janvier : débardage avec Ben et Bubi, les bêtes de la famille Döring. Il y avait aussi des scènes impressionnantes de la locomotive à vapeur du chemin de fer local à voie étroite en pleine coopération avec les bouviers.

Ruben Klemm, 19 ans, a surpris tout le monde avec des photos de la récolte du foin, du transport de fumier et d’autres travaux réalisés exclusivement avec deux bœufs de trait tardivement castrés et un cheval. L’exploitation est située à Pobiedna, en Pologne, près de la frontière tchèque et à peine 50 km au sud-est de Görlitz. Elle est gérée par ses parents, avec lui et ses 2 frères. Ruben est venu à la rencontre en vélo et – signe des nombreux succès à assurer les contacts fructueux – est reparti pour passer un moment chez Philippe Kuhlmann.

Astrid Masson a également montré des photos des débuts naïfs de son travail avec des vaches et des bœufs, allant de 2006 à aujourd’hui sur le Domaine de Dahlem et à la ferme d’Auenhof à Pabstthum, où elle utilise des Pies Noires Allemandes (Niederungsrinder) et des Vogelsberger (Rotes Höhenvieh).

Tete de veau

Fig. 12. Remarquez le collier pour bébé, mais aussi l’épis sur le front (Photo Astrid Masson)

Le dimanche matin, on a discuté des hipposandales à vaches, de comment manipuler le sens de la croissance des cornes en faisant de petites marques de lime dessus, et sur la question de savoir si la forme de la tête et les épis des poils sur le front pourraient indiquer le caractère d’une vache. Les conversations se sont poursuivies lors d’une jolie balade dans la neige avec le petit quatuor de veaux et la fille d’Anne chevauchant la vache Geanna. De retour à la ferme autour du feu de cheminée, nous avons terminé les restes du buffet. Ensuite, les participants sont rentrés chez eux – à vélo, en train ou en voiture, inspirés et enrichis de nouvelles idées.

Un aspect de la rencontre tout particulièrement encourageant et bienvenu, c’est que bon nombre de jeunes sérieusement intéressés y ont participé. Certains travaillent et s’entraînent déjà avec des bovins. Cette technique de travail avec les bœufs présente tant d’avantages – écologiques, sociaux et même économiques – et pourrait rencontrer un intérêt renouvelé à l’avenir.

Quiconque s’intéresse aux activités du « Groupe de Travail ZUGRINDER » peut les suivre sur le site Internet www.zugrinder.de ou sur le forum : https://www.pferdekutscher.de/vorpferd/index.php?board/13-zugrinder-rinderanspann/

https://www.pferdekutscher.de/vorpferd/index.php?board/13-zugrinder-rinderanspannung/

Astrid Masson

Traduction/adaptation Cozette Griffin-Kremer avec Léonnie Biteau, André Kammerer, Michel Bastien

La fin de Peelish et de Peeshoo 2025

Peelish et de Peeshoo 1

La fin de Peelish et de Peeshoo

Peelish (à droite) et Peesho sur la route du chantier débardage en mars 2015 -Forêt de Lyons

Peelish et de Peeshoo 2

Peelish et Peeshoo au débardage en mars 2015 – Forêt de Lyons

Ils sont partis en 2025 tous les deux, mes deux Normands à un mois d’intervalle, Peeshooo le premier le 7 décembre et Peelish le 5 février.

Ils ont été euthanasiés tous les deux à la maison dans leur dernier environnement en Auvergne où je les avais déménagés de Normandie en mai 2016 avec leurs copains d’étable Bretons Pie Noire, Naha et Naki .

Ces deux derniers sont maintenant les seuls et sûrement les derniers occupants de l’étable au moins sous ma houlette.

La température n’y est plus la même, elle est plus froide en cette période d’hiver sans les deux radiateurs Normands même après avoir fait une chasse à toutes les ouvertures même les plus petites pour assurer aux Bretons la meilleure température nécéssitée par leurs dix neuf ans, les Normands en avaient dix huit.

Ils sont un peu perdus sans ces deux monstres de plus d’une tonne à leur côté que je croyais immortels ou au moins au départ desquels je n’avais jamais pensé ni imaginé un après tant je ne voyais pas pourquoi le faire.

Maintenant j’appréhende le moindre problème qui pourrait toucher Naha ou Naki et qui m’obligerait à arrêter la vie de l’un d’eux. Comment survivrait alors le dernier ou comment supporterait-il le fait de rester seul en attendant sa fin? Alors je continue à les papouiller et les surveille comme le lait sur le feu.

Et puis il y a les chaînes pendantes.

Je les avais déjà évoquées dans un article publié dans Sabots il y a une quinzaine d’année. Ces chaînes d’attache à la crèche qu’ils ne portent plus mais que je laisse en place.

Ces deux là ne serviront plus, elles vont rouiller et ne poliront plus la planche de la crèche puisque sans mouvements du cou auquel elles étaient reliées.

Je suis dans la même situation que ces deux éleveurs connaissaient , l’un dans le canton de Vauds en Suisse et l’autre dans le Cantal, lorsqu’ils devaient se séparer d’une de leur vache. Pendant plusieurs jours ils ne pipaient mot et moi je prends la plume.

Ce n’est pas uniquement la mort de deux bœufs Normands que j’évoque, c’est aussi tous les changements que leur départ génère, les nouvelles habitudes à prendre puisqu’ils ne sont plus là, celles auxquelles je renonce puisque devenues inutiles, le rangement de leur matériel de travail et toute une organisation  qu’ils nécessitaient et qui m’attachait à eux.

Et puis il y a moi avec mes soixante treize ans dont les dix huit derniers passés en leur seule compagnie et tous les souvenirs accumulés avec eux d’éducation, d’apprentissage, de débardage en forêt de Lyons en Normandie, les soucis de matériel ou de santé de l’un ou de l’autre.

Il ne me reste plus maintenant que les petits trucs que je ramasse comme le dernier morceau de pierre à sel de Peelish retrouvé en nettoyant la crèche, une touffe de poils et tous ces changements d’organisation.

Je vivais comme eux dans le moment présent goûtant le bonheur de travailler avec eux, de les entretenir en hiver et de les remettre à l’herbe au printemps.

Je n’ai jamais pensé à de tels moments de décision à prendre auparavent.

Alors à quoi toutes ces années ensemble ont-elles servies ?

Bien évidemment à les protéger de la fin la plus violente qui soit et à les faire vivre dix huit ans de pâtures au milieu de leur troupeau de quatre, à leur apprendre le travail et à partager tous les trois et cinq en incluant les deux Bretons.

Peelish et de Peeshoo 3Peelish en haut à droite au dessus de Naha, Peesho devant lui au dessus de Naki lors d’une sieste en groupe

Et puis il ya tout ce qu’ils m’ont laissé de souvenirs du jour où j’ai été les chercher, de leur première

liberté dans le carré de pâture derrière la maison, les  échappées de Peeshoo, son saut par dessus la brouette fourragère qui en est restée marquée, un bout de pierre à sel, les câlins de Peelish, et  bien d’autres sur lesquels je ne peux que tomber au fur et à mesure que le temps passe et que ma mémoire me les rappelle.

J’ai veillé Peeshoo pendant sa dernière nuit, j’ai été lui cherché du floconné à l’écurie pour qu’il mange mais il ne voulait plus et je n’ai pas pu ou su le convaincre qu’il avait encore des années devant lui.

Alors j’ai pris la décision finale pour qu’il parte au plus vite sans avoir à subir des tentatives de relevage successives qu’il ne comprenait plus. J’espère avoir pris cette décision assez rapidement pour qu’il soit libéré sans avoit trop à subir des efforts physiques et certainement mentaux qui lui auraient été imposés.

Je me souviens avoir crié, si ce n’est hurlé, son nom deux fois quand le camion a démarré après avoir chargé son corps. Je préfère croire qu’il m’a entendu.

Pour Peelish je n’ai pas hésité. Il est parti avec quelques douleurs mais avant que son état ne se détériore au point de ne plus pouvoir se relever.

Je l’ai emmené dans une pâture en bordure de route au licol, il a pu mangé un peu d’herbe pendant le trajet et puis il s’est couché doucement après une première injection et avant la seconde surdosée qui a arrêté son cœur.

Comme un gosse, j’espère qu’ils se sont retrouvés tous les deux sur le chemin de la pâture toujours verte avec un ruisseau et quelques arbres pour abri que j’appelle la Lisière des bouleaux vers laquelle j’ai déjà envoyé beaucoup de mes chats, chiens, volailles et mon vieux cheval, Cheyenne en 2019.

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Peeshoo en premier plan et Peelish en second

Pee’lish désignait l’ourson mâle dans une langue du Grand Nord oubliée aujourd’hui, nom qui lui allait comme un gant, et Pee’sho le lynx. Ces deux noms, même si le second ne correspondait pas vraiment à celui qui le portait, m’ont permis d’avoir un nom unique pour les encourager lors des efforts de débardage soit Lespee.

Ces deux animaux , très câlin pur l’un et très fantasque pour l’autre, m’ont marqué au delà de tout ce à quoi je m’attendais.

J’espère leur avoir fait une belle vie. Il me reste maintenant à faire en sorte qu’il en soit ainsi pour mes deux dernierx chevaux, deux bretons pie noire de dix neuf ans, deux derniers chiens, mon chat et mes quatre poules, avant de tous les rejoindre ce qui me tarde déjà tant la proximité que chacun d’eux m’a accordé depuis presque vingt années a été forte et sans faille.

Frédéric Iehlé

Bulletin de l’AFMB N°1 2024

Photo de groupe afmb 2024
Le premier bulletin de l’Association Française des Meneurs de Bovins (AFMB) est disponible. Vous y trouverez des informations sur leurs actualités, projets et événements liés à la traction bovine.
MERCI !!!
Reglisse sarthe 2024 breton pie noir
Nous sommes heureux de vous présenter cette première édition de notre bulletin !
Ce bulletin est entièrement consacré à la vie de l’association et revient sur le rassemblement qui a eu lieu récemment en Sarthe.
Cet événement a réuni nos membres, nos bovins, et tous les passionnés autour de la traction bovine ainsi que l’éducation et le dressage.
À travers ces pages, nous espérons partager avec vous l’esprit convivial de cette rencontre et renforcer les liens.
Que vous soyez un passionné de longue date ou que vous veniez tout juste de rejoindre l’AFMB, nous souhaitons que ce bulletin vous inspire et vous donne envie de continuer à soutenir et promouvoir le savoir-faire avec les bovins.
Bonne lecture !
Message de la présidente
Je suis profondément heureuse de vous avoir notamment réunis lors du rassemblement 2024 qui restera exceptionnel. La bonne humeur, les discussions passionnantes et la qualité des échanges resteront inoubliables.
Je tiens à exprimer ma gratitude à chacun d’entre vous. Sans votre implication auprès de l’association et votre présence, rien de tout cela n’aurait été possible.
Un remerciement particulier à Agnès et Luc nos hôtes de cette année, pour leur accueil, leur organisation impeccable, que ce soit pour les animaux, la restauration ou l’hébergement.
Merci à la mairie de Courgenard et au comité des fêtes de nous avoir accueillis et ouvert les portes de leur commune pour le rassemblement en Sarthe.
À nos intervenants Laurent, Pascal, Manu, Philippe, Jo, Audrey, Francis ainsi que nos vétérinaires et nos ostéopathes, qui ont donné forme à ce rassemblement.
À nos artisans Vero, Michel et Eline pour leur savoir-faire.
À nos photographes Guy Chapelier et Jean-Léo Dugast qui ont su capturer ces moments.
Je n’oublie pas ceux qui ont œuvré dans l’ombre cette année : Corentin, Serge, Yves, Édith, Véronique, Léa, Noémie, André, Mélanie… et les journalistes. Merci à tous les bénévoles et à tous ceux qui se reconnaîtront. Votre dévouement a permis de rendre les projets possibles et le rassemblement unique.
Grâce à vous tous, l’association continue de grandir et d’avancer.
Ensemble, nous continuerons à accomplir de grandes choses. Un nouveau chapitre commence pour l’AFMB.
Léonnie Biteau
Assemblée générale
Présentation de l’asso et des derniers changement
Lors de notre premier rassemblement dans la Creuse en 2023, nous avons eu l’occasion de nous retrouver et d’échanger autour de notre passion pour la traction bovine. Cet événement a été un moment clé dans l’histoire de notre association, marquant un tournant important. À cette occasion, nous avons décidé d’actualiser notre fonctionnement et de changer le nom de notre structure.
Logo AFMB. Bulletin de l’AFMB N°1 2024
Ainsi, « Coléo aux Rêves » est devenu l’Association Française des Meneurs de Bovins (AFMB). Ce nouveau nom reflète mieux notre mission : valoriser et promouvoir la traction bovine en France tout en fédérant les passionnés et en soutenant toutes les initiatives en lien avec cette pratique.
Grâce à ce premier rassemblement, nous avons posé les bases de notre identité actuelle et ouvert la voie à de nouveaux projets pour faire rayonner notre passion sur tout le territoire national.
Le bilan de l’année et les projets
L’année écoulée a été marquée par de nombreux changements et de belles réussites pour notre association. Tout a commencé avec le rassemblement en Creuse en septembre 2023, qui a permis de réunir de nombreux passionnés et de poser les bases de cette aventure. À cette occasion, la marche solidaire “la corne rose” a permis de récolter 9 118,40 euros pour la ligue contre le cancer.
Depuis, nous avons créé une page Facebook et helloasso pour l’AFMB. L’association a également été active au-delà de nos frontières, avec une participation au World Draft Cattle Symposium 2024 en Allemagne. Nous avons aussi participé à la 17ème Rencontre Internationale des Bouviers et Bouvières de France avec l’Association Attelage Bovin d’Aujourd’hui.
Pour l’avenir, nous avons plusieurs projets passionnants, dont l’organisation du Rassemblement des Meneurs de Bovins de 2025. Nous travaillons également pour aider Michel avec le Blog Attelages Bovins d’aujourd’hui.
Changement dans la cotisation
Suite aux décisions collectives prises lors de AG, nous avons décidé d’augmenter le montant de la cotisation, qui passe de 5 € à 15 €. Pour les membres vivant dans le même foyer, une seule cotisation suffit, facilitant ainsi l’adhésion pour les familles.
Pour le renouvellement de votre cotisation, nous vous proposons deux options pratiques : vous pouvez remplir le formulaire de renouvellement et le renvoyer par courrier au siège de l’association ou bien effectuer votre paiement en ligne via notre lien HelloAsso.
Rassemblement des meneurs de bovins
Luc et Agnes Sarthe 2024 avec reglisse
MERCI à vous tous qui avez participé à ce Rassemblement des Meneurs de Bovins à Courgenard, qui, chacun à votre manière avez fait de cet évènement une réussite, bouviers, famille, amis, ostéopathes, vétérinaire, commune, visiteurs.
Votre venue chez nous nous à comblés.
Agnès et Luc Bernard
Retour sur la rencontre : échanges et savoir-faire
Lors de cette rencontre, programmée pour être chaque année dans un nouveau département, j’ai eu le plaisir de représenter Prommata, Prommata international et, mon intérêt pour le travail avec les bovins attelés en solo au collier et menés de derrière avec les guides.
Il est fréquent de rencontrer des personnes confondant naïvement « motorisation » et « mécanisation » . Les démonstrations d’outils modernes permettent de montrer l’existence mais aussi l’intérêt écologique et agroécologique de la traction bovine et de la de la traction animale (TA) en général. Merci Manu d’avoir amené « el Forcat », outil traditionnel espagnol léger maniable et polyvalent. Bel exemple d’outil qui à gagné en polyvalence en étant construit en acier et non plus en bois comme les tout premiers il y a bien longtemps. J’en profite pour préciser que des bovins seront probablement présent aux journées d’échange de Prommata le 26 et 27 octobre 2024 à Tréal (56), on sera là pour échanger sur ce sujet également.
Au niveau de la recherche, de la promotion, de la formation…restreindre la Traction animale aux équidés serait restreindre purement et simplement l’usage de la traction animale. Quand nous constatons que la majorités des personnes travaillant ou voulant travailler avec des bovins a été en contacte avec des équidés de travail avant de le faire avec les bovins, on comprend que la TA est un tout.
Les 3 principales motivations de celles et ceux qui travaillent avec les bovins sont :
– L’envie et l’affinité avec les bovins
– Les besoins mais aussi l’accessibilité économique. Elle permet une mécanisation agricole économique sur de petites structures. Elle rend accessible techniquement la production vivrière (légumes, lait, viande, transport de bois…). Quand le revenu de l’activité principale est faible, la production vivrière rend viable une activité économique non viable sans cela !
– L’envie de faire de la traction animale même quand on ne se sent pas en confiance ou en sécurité avec des chevaux.
L’écologie, la production d’aliments sains non industriels, la résilience et la relocalisation des systèmes agricoles n’étant pas une préoccupation d’actualité, ces rencontres ont été organisées sans aucun financements extérieurs ! Merci La Ferme d’Héliacynthe, Agnès et Luc Bernard pour l’accueil et l’organisation, merci Léonnie pour le travail dans l’Association Française des Meneurs de Bovins, Merci à tous et toutes pour le reste !
Pour diverses raisons, qu’elles soient mécaniques, sanitaires ou autres, il n’y avait pas de paires de bœufs travaillant au joug, toute la diversité des manières de travailler avec des bovins n’était donc pas représentée. Pour les personnes intéressées par ces pratiques il faudra aller en Creuse chez Philippe pour le WE de l’ascension ou en Vendée à l’automne 2025 pour une nouvelle rencontre comme celle là, organisée par l’AFMB.
La présence de veaux, génisses et jeunes adultes à permis de cibler les exercices et discussions sur l’approche des jeunes bovins et, sur les étapes de la mise en confiance et du dressage.
Ces échanges étaient suffisamment techniques pour donner des éléments concrets à celles et ceux qui dressent leurs premiers bovins comme à celles et ceux qui ne vont pas tarder à s’y mettre. C’était l’occasion d’écouter et de voir l’approche des collègues, j’ai apprécié l’écoute et le respect mutuel de ces rencontres.
Quand je vois l’excellent travail réaliser par Marine avec son jeune bœuf Froment du Léon, (elle s’est lancée avec attention, patience détermination et seulement 3 jours de formation avec mes vaches !) Je me dis que la traction bovine peut être un soutien accessible pour celles et ceux qui ont envie ou besoin dans leurs activités agricoles ou vivrières.
Les échanges ne sont bien sur pas restés sur le dressage et le guidage, des ostéopathes nous ont fait part des points de vigilance lors du travail avec les jougs de tête, de garrot, le collier… Une vétérinaire nous à parlé des pieds des bovins, les incontournables Michel et Véro nous ont présentés, les vires mouches, la taille des jougs et….les gaufrettes maison ! Sans parler des colliers 3 points révisés, amenés par Bena animal training, des séances d’essayage des caveçons…
Par Pascal Durand
Le mot du week-end
A première vue on dirait une réunion de famille, une espèce de cousinade avec les anciens et les petits derniers. Ça rigole, ça chante, ça raconte des histoires. C’est sûr, tout le monde est heureux de se retrouver.
Nous sommes à Courgenard, chez Agnès et Luc et, en vrai, il s’agit du rassemblement des meneurs de bovins.
J’ai eu le plaisir de partager ce moment dont le thème était l’attelage du bovin en solo, au collier et aux longues rênes, le dressage des jeunes animaux. Merci, vraiment, pour l’accueil, pour les partages, pour les moments d’échanges, c’était intense, c’était parfait.
André Kammerer
Vie associative
Hommage à Nicole Bochet
Nicole bochet

Notre amie Nicole Bochet, qui a assisté depuis dix ans aux rencontres des bouviers à l’Écomusée d’Alsace et chez Philippe Kuhlmann, est décédée en Bretagne où elle louait une maison chez un éleveur de vaches Bretonne Pie Noir, une race qu’elle affectionnait tout particulièrement. Elle s’intéressait au travail avec les bœufs depuis son enfance, fascinée par une paire de vaches Casta qui labouraient près de la résidence familiale à Luchon en Haute-Garonne. Elle a tenu beaucoup à encourager les fondateurs des deux associations aujourd’hui consacrées à l’attelage bovin jusqu’aux dernières semaines de sa vie.
Cozette Griffin-Kremer
Actualités
Le rassemblement de l’AFMB a eu la chance d’être relayé par plusieurs articles de presse, ce qui a permis de faire connaître l’événement au-delà de nos cercles habituels. De plus, France 3 a réalisé un reportage diffusé dans l’émission « Ici 19/20 », offrant un aperçu de l’ambiance du rassemblement et mettant en avant le travail des meneurs. Cela a été une belle opportunité de montrer notre passion et de valoriser la traction bovine auprès d’un public plus large.
Événements à Venir
26 – 27 octobre 2024 Journée d’échange (56) PROMMATA
29 mai au 1er juin 2025 La rencontre des bouvières et des bouviers de France et d’ailleurs AABA
8 – 10 novembre 2025 Rassemblement en Vendée AFMB
2026 Rassemblement dans les Pyrénées AFMB
Adhésion
Pour continuer à faire vivre notre passion commune et développer nos projets, nous vous invitons à adhérer ou à renouveler votre adhésion pour l’année à venir.
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    . Remplir le formulaire de renouvellement et le retour par courrier au siège de l’association ( Cliquez ici:fichier pdf bulletin adhésion)

Bulletin d'adhésion afmbPhotos communiquées par l’AFMB.

fichier pdf Bulletin AFMB N1

Week-end des bouviers en Allemagne, 15 – 16 février 2025

Portrait vache

La rencontre annuelle des bouviers allemands s’est tenue le week-end du 15 et 16 février. Organisé par Anne Wiltafsky, cet événement a réuni une quarantaine de participants venus d’Allemagne, de Pologne, de Suisse et de France (André Kammerer, Philippe Kuhlmann, Julie Boulenguez et Léonnie Biteau). Ce fut un moment d’échanges riche autour de la traction bovine et du travail avec les animaux.

Autre anne

Carriere chez anne Samedi 15 février

C’est sous un superbe soleil d’hiver et un paysage enneigé que la rencontre a débuté. Malgré des températures comprises entre -6°C et 2°C, l’ambiance était chaleureuse.

10h00 – PRESENTATION DE LA ROUTINE MATINALE AVEC LES BOVINS

Anne a commencé la matinée en partageant sa routine avec ses veaux. Chacun d’eux reçoit individuellement des granulés et du lait, c’est aussi l’occasion pour elle de les manipuler en douceur, de les toucher et de les masser. Les personnes ont été touchées par la sérénité qui se dégageait de cette interaction entre Anne et ses animaux. Une fois nourris, les veaux ont eu droit à un moment de jeu dans la carrière, où ils ont franchi de petits obstacles sous le regard attentif des participants.

Tété veau

Groupe anne

Anne, veau et groupe

Anne et veau cours

Veau et saut

Anne et veau profil

Profitant de ce temps d’observation, Anne a expliqué les bases du comportement et de la psychologie animale, soulignant l’importance d’adapter l’apprentissage aux spécificités des bovins. Elle a également illustré comment ces principes s’appliquent à d’autres animaux de la ferme, comme ses chiens et ses poules.

Anne et Poule

Un des moments les plus insolites de la matinée a été l’entrée improbable d’un veau dans la maison, équipé de chaussettes antidérapantes. Il a gravi les escaliers jusqu’au deuxième étage pour être nourri, avant de traverser le grenier et de ressortir à l’extérieur pour rejoindre la carrière.

Groupe et veau

Léonnie Biteau-8048

Veau maison

11h30 – DÉPART POUR LE PÂTURAGE

Une fois les veaux nourris, Anne a préparé sa vache Gianna, une Holstein de 14 ans, pour le transport du foin au pré à l’aide d’un traîneau. Les quatre jeunes veaux, Beaux, Bell, Biscuit et Onni, ont ouvert la marche du groupe jusqu’au champ. Anne a installé dans leur pré une bâche qu’elle ouvre ou qu’elle ferme pour garder la paille au sec et proposer une zone de repos propre à ces animaux la journée.

Anne vache et foin

Groupe et foin

12h – REPAS CONVIVIAL

Le froid étant toujours présent, un feu a été allumé pour griller saucisses et pommes de terre avec distribution de boisson chaude. Chacun a contribué au repas en apportant divers plats : bretzels, fromages, soupes, lentilles, pains, gâteaux, bières, et bien d’autres spécialités. Ce moment de partage a permis aux participants d’échanger et de faire connaissance.

Repas du midi

14h – EXERCICES

L’après-midi a été consacré à la désensibilisation des jeunes bovins. Anne a installé divers objets (batterie, bancs, bâches, boudins en plastique…) pour permettre aux animaux de les explorer librement. Un des moments improbables a été celui où Anne tirait un petit toboggan derrière elle, invitant les veaux à la suivre.  Cette désensibilisation des animaux est importante pour leur stabilité émotionnelle et pour la découverte du monde.

Scéance désensibilisation

Veaux et tapis

Discussion et veau

Tobogan et 3 veaux

Ensuite, un travail avec de petits colliers et des charges légères a été mis en place. Les veaux ont appris à traverser différentes structures, telles que des bâches, des obstacles et même un groupe de personnes.

Collier et 3 veaux

exercice veau

observation et explication

15h30 – PAUSE GOÛTER

Après cet après-midi d’exercices, les participants sont retournés à l’intérieur pour une pause au chaud et poursuivre les discussions.

17h – DERNIER NOURRISSAGE ET JEUX

La fin de journée a été rythmée par une dernière tétée et la routine journalière avec les veaux, offrant un dernier moment d’échange avant le départ pour la soirée.

18h30 – SOIRÉE A LA LOCHMÜHLE

Les participants se sont rendus à la Lochmühle pour récupérer leurs chambres et partager un repas commun.

20h – PRÉSENTATION ET ÉCHANGES

La soirée s’est poursuivie par la projection de vidéos et de photos des activités de chacun. Plusieurs interventions ont eu lieu :

– Astrid Masson a présenté son parcours.

– Philippe Kuhlmann a exposé son travail en débardage avec plusieurs paires de bovins et ses outils.

– Un jeune bouvier a partagé son expérience de fauchage de 20 hectares entièrement en traction animale (bovins et chevaux).

– Un autre chantier de débardage réalisé en décembre 2024 a été présenté.

Après cette belle soirée, chacun a rejoint son lit pour une nuit de repos bien méritée.

Dimanche 16 février

10h – DERNIER NOURRISSAGE DES VEAUX ET DISCUSSIONS

La matinée a débuté tranquillement avec le nourrissage des veaux, suivi d’échanges par petit groupe.

11h – PRÉSENTATION SUR LA MORPHOLOGIE DES BOVINS ET RETOUR D’EXPÉRIENCE

Philippe Kuhlmann a donné une explication détaillée sur la morphologie des bovins. André a ensuite présenté les hipposandales utilisées lors de la marche de la Corne Rose en 2023, en mettant en avant leurs particularités et les adaptations qui ont été nécessaires pour les bovins.

11h30 – BALADE

La matinée s’est poursuivie par une promenade d’1h30 autour de la ferme d’Anne. Ce fut un moment particulier, car chaque paire de veau a trouvé une nouvelle famille au cours du week-end. Leurs futurs propriétaires ont ainsi commencé à les prendre en main et à se familiariser avec eux.

Ballade

Léonnie Biteau-8295

13h – REPAS ET FIN

Le week-end s’est achevé par un dernier repas convivial. Les participants se sont dit au revoir, certains promettant de se retrouver lors de prochaines rencontres.

Week-end des bouviers en Allemagne

Ce week-end n’aurait pas été possible sans l’engagement de tous les participants, avec qui avons eu le plaisir d’échanger. Nous tenons à remercier chaleureusement Anne et sa famille pour leur accueil et leur générosité, ainsi que tous ceux qui ont contribué à faire de cette rencontre un moment mémorable. En espérant que ces échanges continueront à renforcer les liens au sein des bouviers.

Léonnie Biteau

Charly Derian, le jardin du crot, paysan maraîcher, Vesdun (18)

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Originaire de l’Essonne et après avoir travaillé dans différents secteurs hors agricole, Charly Derian décide de se mettre à son compte en avril 2021 et s’installe en autodidacte comme paysan maraîcher sur une petite surface d’à peine un hectare à Vesdun dans le Cher.

Il pratique la vente directe à la ferme et sur les marchés.

Il envisageait dès le début de travailler en traction animale avec un cheval ou un âne mais se laissait le temps de mettre en place la pratique.

Mais les choses vont parfois plus vite que prévu !!

Il acquière deux jeunes mâles highlands de 6 et 8 mois chez une éleveuse en Creuse pour tenir compagnie à une jument en garde chez lui. Il devait à l’origine en prendre un seul, mais il se laisse convaincre d’en prendre un second. Après la disparition de la jument, les deux bœufs étant là et en âge d’être mis au dressage, il décide après quelques temps de réaliser son projet de traction animale en commençant le travail en Mars 2024 grâce à la rencontre avec Philippe Kuhlmann.

Celui-ci va l’aider au dressage et le former à la traction. Les bœufs apprennent vite et même s’il reste du chemin, ils commencent à bien travailler en ce début d’année 2025 et rendent déjà de grands services. Cliquez ici pour voir

Sa conduite de culture est un travail en sol vivant sans de grosses interventions régulières en profondeur. Mise à part quelques travaux de surface au cultivateur et parfois un labour sur des reprises de nouvelles parcelles, les animaux sont plus appelés à réaliser les différents charrois de fumiers, paille et autres matières organiques destinées aux cultures.

Ils serviront également à très court terme à tous les autres travaux comme le bois de chauffage et les foins en été.

Ses bœufs travaillent au joug Vosgien et au collier pratiquement tous les jours de la semaine. Charly a parfois l’aide de quelques amis lors de travaux du sol pour guider l’outil.

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Participez à un projet avec la FAO sur les races bovines 2025

La FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) travaille actuellement au développement d’un outil utilisant l’intelligence artificielle pour reconnaître les races bovines. Ce projet nécessite une contribution importante en images.

Grégoire Leroy, ancien sociétaire de la Société d’Ethnozootechnie et collaborateur de la FAO depuis près de dix ans, est à la recherche de photos libres de droits de bovins adultes dont la race est identifiée pour alimenter cette base de données. L’objectif est de réunir environ 100 photos différentes par race française bien sûr, mais aussi d’autres pays. 

Si vous possédez des photos, vous pouvez les transmettre via un outil en ligne simple à utiliser : Le lien vers l’outil de collecte de photos. L’interface est en anglais mais c’est très facile d’utilisation. 

Un grand merci à l’avance de l’attention que vous porterez à cette démarche.

Pour mieux comprendre l’objectif et le fonctionnement de ce projet, nous vous invitons à consulter le document détaillé ci-dessous. Ce dernier vous fournira plus d’informations sur le processus de collecte d’images et l’importance de cette initiative pour le suivi des races bovines à l’échelle mondiale.

Processus de collecte d’images sur les races bovines

L’identification des races est une condition préalable à la gestion durable des races domestiques. Une identification précise permet aux parties prenantes d’estimer et de surveiller la taille des populations de races, en particulier lorsque les systèmes d’enregistrement individuels ne sont pas développés. Pour soutenir le suivi et l’étude des races d’élevage, la FAO développe actuellement une application logicielle basée sur l’intelligence artificielle qui facilitera l’identification de la race d’un animal à partir d’une photographie, en fournissant des propositions basées sur une base de données de référence existante de photos de races exemplaires. Une fois développée, l’application sera mise à la disposition des parties prenantes impliquées dans la gestion des ressources génétiques animales ainsi que du grand public.

La version pilote de l’application se concentrera dans un premier temps uniquement sur les bovins, l’espèce pour laquelle les données (photos) sont actuellement les plus disponibles. Néanmoins, les photos dont nous disposons actuellement pour les bovins ne sont pas encore suffisantes, c’est pourquoi nous vous demandons de nous aider. Pour que le logiciel de reconnaissance d’images fonctionne correctement, la base de données de référence doit contenir un grand nombre de photos de chaque race. Nous aimerions que vous nous aidiez à constituer notre base de données de photos, en partageant toutes les images des races bovines qui résident dans votre pays.

Les droits d’auteur des images fournies par le tiers restent la propriété du (des) fournisseur(s) d’images ou du (des) détenteur(s) des droits originaux. Les fournisseurs d’images ne peuvent télécharger que des images pour lesquelles ils ont le droit ou la permission de le faire, et en téléchargeant des images, ils reconnaissent et accordent à la FAO une licence pour télécharger des images sur l’outil de collecte d’images DAD-IS sur les races bovines. Les images seront stockées exclusivement aux fins du processus de collecte d’images DAD-IS sur les races bovines et ne seront pas reproduites, republiées, distribuées ou utilisées pour créer de nouvelles œuvres.

Pour ce faire, rendez-vous sur le site https://cattle-image-retrieval-microservice-tzpoevo4wq-ew.a.run.app/ et sélectionnez le pays pour lequel vous souhaitez télécharger des images. Après avoir cliqué sur « suivant », vous pouvez utiliser le menu déroulant pour sélectionner une race bovine présente dans le pays de votre choix et télécharger des images de la race sélectionnée. Il n’y a pas de limite au nombre d’images pouvant être téléchargées pour une race donnée, et nous vous encourageons à en télécharger autant que possible. Si le téléchargement a réussi, une fenêtre pop-up s’affiche avec une confirmation et le menu déroulant peut être utilisé pour choisir la race suivante. Si possible, le format .JPEG est préférable. Pour toute question, contactez gregoire.leroy@fao.org .

FAO 1

FAO 2 Fao 3

Formation en traction bovine du 17 au 21 mars 2025, 2 mains 4 cornes, Laurent Martin, Chanverrie (85)

Formation laurent martin 04 2025

Du 17 au 21 mars prochain se déroulera la prochaine session de formation en Traction Bovine, sous le format 4 jours. Il y a 3 places disponibles pour cette session qui me permettra de mettre à l’honneur mes dernières recrues, 2 jeunes bœufs de race CASTA âgés de 16 mois. 
Je suis disponible pour échanger sur vos différents projets axés autour de la Traction Bovine et serai ravi de vous accueillir au sein de 2 Mains 4 Cornes pour partager mes 20 ans d’expériences avec les bovins.

Lieu de la formation/Adresse:   

L’ensemble des formations «Traction Bovine» délivrées par 2 Mains–4 Cornes, se déroulent à l’adresse suivante:  
Lieu-dit : La Mouillonière -85130 CHANVERRIE

Un parking est à votre disposition 200mètres après le passage du pont sur votre gauche.

Dates et horaires

La prochaine formation 4 jours se déroulera du17mars 2025 à 13h30 au vendredi 21 mars 2025 à 12h00.

Les horaires sont les suivants:
   – 13h30-17h pour le lundi.(Arrivée possible dès13h)
   – 8h00-12h00/13h30-17h00 pour le mardi mercredi et jeudi
   -8h-12h00 le vendredi  

 

Repas et hébergements:

Un local avec un espace repas est à disposition des participants sur la ferme(Micro-onde, Frigo, café…)
Pas d’hébergement possible sur la ferme mais des campings, gîtes et des hôtels sont disponibles à proximité.

Équipements:
Merci de prévoir des vêtements imperméables,
chauds ainsi que des chaussures de sécurités et
des gants.

Cliquez sur les liens ci-dessous pour plus d’infos:

2 Mains 4 Cornes propose différentes activités afin de mettre en avant la relation associée aux bovins. Un panel riche d’activités créées sur mesure pour répondre aux besoins de particuliers, de professionnels, de collectivités ou encore d’entreprises souhaitant profiter des qualités multiples qu’offrent les bovins. 

 

Les 6 activités qui composent le panel sont hétéroclites et à la fois très complémentaires. Elles sont toutes axées vers la promotion de valeurs parfois oubliées, de bon sens, de bienveillance et de respect, que ce soit des hommes et des animaux. Elles sont axées sur la mise en valeur de l’animal pour ses aptitudes auprès du monde paysan. Elles mettent en lumière le bœuf au travers de démonstrations, de mises en scène afin d’éveiller le grand public et les jeunes générations aux atouts de cet animal souvent oubliés et méconnus. Mais surtout, le bovin s’inscrit comme « booster de vie » auprès de différents publics pour stimuler la confiance, la communication, favoriser et entretenir l’autonomie et enfin permettre, si besoin, aux publics bénéficiaires de retrouver une juste place dans la société.
Je vous invite à découvrir l’ensemble des activités 2 Mains 4 Cornes sur le site internet : https://2mains4cornes.fr/
À bientôt,
Laurent Martin
Léonnie Biteau-56
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