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Traction animale – Chevaux, ânes, mules et bœufs. Qui choisir pour quel travail ?

Infographie - Harnachement et attelage des bœufs

Publié en juin 2019 sur le site Permaculture pour tous, l’article « Traction animale – Chevaux, ânes, mules et bœufs. Qui choisir pour quel travail ? » est écrit par Julien Leray 

L’article a une présentation détaillée des principes de base de la traction animale : relation homme-animal, dressage, guidage, harnachement, organisation des paddocks et choix des outils. Il aborde aussi bien le travail avec les chevaux que celui avec les bœufs et les vaches, en soulignant les différences de conduite, de matériel et de contraintes économiques. L’auteur décrit les usages concrets en maraîchage, en travail du sol, en semis, en débardage et en transport, en lien avec des pratiques de permaculture et de techniques culturales simplifiées.

Lien :

– Traction animale – Chevaux, ânes, mules et bœufs. Qui choisir pour quel travail ?

– Permaculture pour tous

La petite foire paysanne 25 et 26 juillet 2026 Belgique

Dans le cadre de la Petite Foire Paysanne 2026, qui se tiendra les 25 et 26 juillet 2026 à la Ferme agro-écologique de Roiveau (Tournay – ), l’ASBL Meneurs coordonne la mise en place d’un

Village de la traction animale

Cet espace mettra en lumière les savoir-faire, les outils et les pratiques liés à la traction animale, en cohérence avec les valeurs de l’agroécologie paysanne : autonomie, respect du vivant et sobriété technique.

Nous invitons les professionnel·les, artisan·es, associations et utilisateur·rices de traction animale à y participer en présentant :

  • du matériel et des outillages,
  • des innovations et adaptations techniques,
  • des démonstrations ou animations,
  • des services ou savoir-faire liés à la traction animale.

Modalités d’inscription – Exposant·es

Merci d’envoyer votre candidature dès que possible en mentionnant :

  • vos coordonnées complètes,
  • l’espace souhaité,
  • le matériel, produit et/ou animation proposé.

Coordination : ASBL Meneurs
Contact : Marine Chisogne
secretariatasblmeneurs@gmail.com

Nous souhaitons proposer une représentation diversifiée des équipements et solutions disponibles en traction animale. Merci de relayer cet appel dans vos réseaux afin d’enrichir la dynamique collective.

Vous souhaitez vous proposer comme bénévole ?

Les espaces dédiés à la traction animale auront également besoin de personnes motivées pour :

  • l’accueil et l’orientation du public,
  • l’appui logistique,
  • le montage/démontage,
  • l’accompagnement lors des démonstrations.

Si vous souhaitez vous engager comme bénévole, merci de compléter le questionnaire suivant :
https://forms.gle/hHaqXMn3jDFqU7eM9

Nous reprendrons contact avec vous rapidement.

Au plaisir de faire vivre ensemble un espace cohérent, inspirant et ancré dans des pratiques agricoles respectueuses du vivant.

Bien cordialement,

Marine Chisogne

chargée de mission pour l’ASBL Meneurs

https://meneurs.be

Livre « Draft Cattle: Their history, significance and value with a global perspective » Actes du Symposium mondial sur les bovins de trait (8-9 mars 2024 Allemagne)

Livre "Draft Cattle: Their history, significance and value with a global perspective" Actes du Symposium mondial sur les bovins de trait (8-9 mars 2024 Allemagne). couverture du livre

Lancement du livre ! « Draft Cattle: Their history, significance and value with a global perspective. Proceedings of the World Draft Cattle Symposium (March 8–9, 2024). »

Les bovins de trait : histoire, importance et valeur dans une perspective mondiale 

Actes du Symposium mondial sur les bovins de trait (8-9 mars 2024)

En 2024, plus de 126 scientifiques, professionnels de musées et éleveurs de bovins de trait se sont réunis à l’abbaye de Lorsch, site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, pour le premier Symposium mondial sur les bovins de trait.

Nous sommes heureux d’annoncer aujourd’hui la publication des actes de ce colloque exceptionnel. Ces actes offrent une vue d’ensemble complète des résultats de la conférence et permettent d’approfondir l’histoire, l’importance et la valeur des bovins de trait dans une perspective mondiale.

La publication en anglais est consultable et téléchargeable gratuitement en ligne à l’adresse suivante : https://doi.org/10.11588/propylaeum.1713

Pour télécharger directement le livre en PDF : Draft cattle

Claus Kropp

 

Sommaire :

Claus Kropp : Acknowledgments 3
Kirsten Worms : Welcoming words 4
Tanja Busse, Chris Smaje, Helena Norberg-Hodge, Wendell Berry : Patron Statements 5-8
Claus Kropp :  Preface 9
Sommaire : 10-11
Ioana Baskerville :  Draft cattle culture in Romania 42-45
Claus Kropp, Boniface Okumu :  Draft Cattle Use in Northern Uganda  74-77
Claus Kropp, Joseph Simataa :  Draft Cattle Use in the Zambezi Region, Namibia  78-81
D. K. Sadana, Maharani Din, Sabyasachi Das, Malyaj Shrivastava, Tatsama Motilal :  Challenges in reinvigorating draft animal power in India and some opportunities  82-87
Matilda Holmes, Barbara Corson, Claus Kropp :  Interpreting Palaeopathology: biographies of two draught oxen 116-123
Rob Collins :  Concluding Remarks 124-125

Compte Rendu de la réunion des bovins de trait en Allemagne le 14 -15 Février 2026

Voici un très belle article du groupe de bouvier Allemand sur leur réunion et le teste d’aptitude des bovins de travail. 

 

Pour retrouver l’article d’origine : « German bullocky meeting 2026« 


Nous, les éleveurs de bœufs de trait, représentons une petite minorité, certes, mais en pleine croissance, au sein du petit groupe d’utilisateurs d’animaux de trait en Europe. Le Groupe de travail sur les bovins de trait existe depuis une trentaine d’années. Nous sommes une association informelle de personnes qui pratiquent cette technique d’élevage ou qui s’y intéressent. La plupart d’entre nous viennent d’Allemagne, mais certains sont originaires d’Autriche, de Suisse ou de France. Chaque année, une rencontre de deux jours a lieu un week-end de février dans une ferme possédant des vaches, des bœufs ou des taureaux de trait.

Cette année, les 14 et 15 février, Mirko Zimmermann et son mari David ont accueilli près de 40 personnes à Hüttenberg Reiskirchen, près de Wetzlar, malgré une forte opposition ! Quelques semaines avant la rencontre, le district de Lahn-Dill avait été déclaré zone de restriction pour la fièvre catarrhale ovine (type 8), ce qui a nécessité des négociations avec les services vétérinaires et de nombreuses démarches administratives. L’ironie du sort est que le test d’aptitude au trait devait initialement avoir lieu en novembre 2025 au tout nouveau Centre de recherche et de formation sur les bovins de trait, et y avait déjà été reporté pour la même raison. De plus, il a plu pendant des jours avant l’événement, rendant le terrain impraticable ; des conditions peu favorables pour une manifestation en plein air. Enfin, la propriétaire a annulé sa réservation à la dernière minute, alors qu’un dîner et des présentations étaient prévus. Ces deux événements se sont donc déroulés spontanément dans la grange des Zimmermann, qui ont également fourni le repas et les boissons. Malgré tous ces imprévus et des problèmes de santé, les Zimmermann ont réussi à accueillir la réunion.

Traditionnellement, les animaux des hôtes sont attelés les deux jours, et parfois des équipes invitées participent également. Le samedi soir, après un repas convivial, les participants présentent des photos, des courts métrages, des rapports ou des exposés sur leurs activités liées aux bovins de trait. Des conférences spécialisées sont parfois données par des intervenants extérieurs. L’essentiel est d’échanger sur le sujet, et de nombreuses amitiés se sont nouées lors de ces rencontres !

Ce qui a rendu la rencontre de cette année si particulière, c’est l’organisation simultanée d’un test d’aptitude aux bovins de trait ! Nous le devons non seulement à Mirko et David sur place, mais surtout à Claus Kropp, directeur du laboratoire de plein air de Lauresham. En novembre 2024, il y a organisé le premier test d’aptitude depuis près de 80 ans. Ce faisant, il a donné un élan important à la petite mais notable tendance à redécouvrir cette technique culturelle autrefois essentielle et aujourd’hui presque oubliée. L’objectif est de pérenniser cet événement.

Un grand merci aux Zimmermann pour l’organisation de cette rencontre !

Le test d’aptitude ne peut être comparé aux compétitions de traction en Espagne ou aux États-Unis, où le but est de tirer la charge la plus lourde possible sur un traîneau sur une distance donnée, le plus rapidement possible. Il ne peut pas non plus être comparé aux compétitions américaines, qui impliquent diverses épreuves techniques dans des conditions et à des vitesses spécifiques.

Notre test d’aptitude n’a pas pour but de désigner des gagnants ou des perdants. Il s’agit plutôt d’une présentation conviviale et collégiale des aptitudes des bovins de trait, qu’ils soient débutants ou confirmés, et de leurs bergers. Il offre la possibilité de se comparer aux autres, ce qui encourage les participants à s’entraîner avant et pendant le test, et à maintenir leur niveau de performance après celui-ci. De plus, vous recevrez un document pour l’animal dressé, attestant de sa qualification, notamment lors de sa vente.

 

Comme les cinq bovins participants avaient moins de deux ans, l’accent n’était pas encore mis sur la force de traction, mais principalement sur leur aptitude au dressage et à l’apprentissage. L’objectif était de tester les compétences de base pour un travail ultérieur en forêt ou dans les champs, lors de défilés ou en zoothérapie : démarrer, s’arrêter et rester immobile de manière fiable, tourner à droite et à gauche, et faire quelques pas en arrière. Le parcours comportait 5 ateliers :
1. Un parcours de slalom composé de 5 cônes, avec départ et arrivée.
2. Une porte à ouvrir, franchir et refermer.
3. Une barre de 20 cm de haut à enjamber.
4. Un « L » formé de barres à franchir dans un ordre précis, combiné à une
simulation de cages à chiens (barres surélevées) dans laquelle l’animal devait être conduit et rester brièvement immobile.
5. Un point d’attache pour la mise en place et le retrait du harnais.
6. Une rencontre avec un gros tracteur en mouvement, klaxonnant, durant laquelle l’animal devait rester sous contrôle.
Les épreuves exigeaient que l’animal suive les instructions avec assurance et soit dirigé dans toutes les directions, qu’il s’arrête et reste immobile calmement, qu’il « manœuvre » et « se gare », et qu’il soit harnaché de manière détendue.

 

 

Aucune consigne n’était donnée quant à la manière dont les animaux devaient être menés : en licol, à l’aide de rênes, ou selon la méthode nord-américaine sans bride, par la voix, le langage corporel et le fouet. L’essentiel était la maîtrise des situations quotidiennes.
Les trois juges étaient la vétérinaire Elke Treitinger, qui a également effectué les contrôles sanitaires des bovins, Jörg Bremond, cofondateur de Zugrinder AG, et Anne Wiltafsky, experte en comportement et dressage bovins, qui a supervisé l’épreuve. Tous trois possèdent ou ont possédé des attelages de bovins.
Le style d’évaluation d’Anne Wiltafsky a clairement mis en évidence l’essentiel : les points positifs résidaient avant tout dans la qualité de la relation homme-animal, le respect du bien-être et de la sécurité des animaux, ainsi que dans l’interaction harmonieuse, fondée sur la confiance et le respect mutuels.
En résumé : les cinq animaux ont réussi l’épreuve. Cependant, les différences d’approche – tant chez les animaux que chez les humains – face aux différents obstacles étaient intéressantes :
Lisa Marie, une génisse Red Highland d’un an et demi, regrettait visiblement l’absence de son compagnon, resté à la maison avec lequel elle travaille habituellement. Malgré ses hennissements et sa nervosité manifeste, elle a suivi l’expérimenté Karl Wilhelm Becker, qui l’a guidée avec expertise à travers tous les obstacles. Claus Kropp a réalisé le parcours avec deux génisses Original Brown d’un an, très détendues, les encourageant de sa voix et de ses caresses. Doc et Marty l’ont suivi avec confiance, attendant les caresses après chaque épreuve. Markus Wintrich a également guidé deux génisses Vosgiennes d’un an et demi, bien développées, à travers les obstacles l’une après l’autre. Il a eu l’ambition et la patience de guider Onni et Biscuit sur le parcours sans corde, du moins dans certaines sections, en utilisant uniquement sa voix, son langage corporel et des signaux de fouet, ce qu’il a très bien fait.

Pour nous, spectateurs, l’observation fut riche d’enseignements et alimenta de nombreuses discussions. Le lendemain matin, et de nouveau ensuite, certains jeunes animaux furent attelés à des chariots légers.

 

Après un dîner concocté par Mirko et David, trois autres participants ont pris la parole. Julia Blumenthal a relaté son voyage en Ouganda avec Anne Wiltafsky : grâce à ses contacts avec Tillers International, puis lors du Symposium mondial sur les bovins de trait à Lauresham, Anne avait rencontré Boniface Okumu, responsable de l’« Oxenclinic » en Ouganda. Elle avait organisé un atelier sur les animaux de trait et s’était rendue avec Julia dans le nord du pays, près de Gulu. Julia nous a montré des photos de son voyage, illustrant son travail avec le bétail et la population locale. Le court-métrage sur la fabrication artisanale de jougs américains, réalisés uniquement à la machette et à une vitesse fulgurante, était particulièrement impressionnant.

Il y a de nombreuses années, Tillers International (https://tillersinternational.org) a fondé l’Oxenclinic avec Boniface. L’arrêt des financements pour la coopération internationale aux États-Unis a rendu encore plus difficile pour les populations de cette région, après la guerre, d’obtenir un soutien pour une agriculture plus performante et l’autosuffisance, ainsi que pour reconstituer les savoir-faire perdus dans ce domaine.

Claus Kropp a ensuite présenté une série de photos de son travail avec son propre bétail, les animaux du musée et ceux qu’il avait dressés. Parmi ces derniers figuraient principalement des races menacées : Allgäu Original Braunvieh, Hinterwälder, Ansbach Triesdorfer et Rätisches Grauvieh. Il propose d’ailleurs des stages de conduite de bovins de trait à Lauresham (https://kloster-lorsch.de/freilichtlabor/zentrum-fuer-zugrinderforschung-und-ausbildung/).

Anne a raconté plus tard comment elle s’était liée d’amitié avec deux mères célibataires vivant près de l’Oxenclinic. Depuis, elle les soutient : grâce à ses propres économies et à des dons, huit hectares de terrain ont été acquis et un réseau de mères célibataires a été créé sur place grâce à des dons. Ainsi, elles peuvent d’abord s’accorder des prêts entre elles, puis entre elles. Cela leur permet de subvenir à leurs besoins et de s’entraider. Des soins médicaux réguliers ont été organisés et de nouveaux dons ont permis d’assurer la scolarisation des enfants, y compris les repas et le déparasitage pour les prochains mois. Parmi les autres projets à l’étude figurent la construction d’un puits, éventuellement d’un réservoir d’eau de pluie pour l’irrigation pendant la saison sèche, et la garantie du paiement des frais de scolarité à long terme. Ces acquisitions de terres privées pour les agriculteurs sont particulièrement importantes en période d’accaparement des terres (en Ouganda, principalement par la Chine et l’Inde) afin de permettre aux populations locales d’être autosuffisantes – une situation similaire à celle de l’Allemagne, où il devient également de plus en plus difficile pour les agriculteurs et ceux qui souhaitent le devenir d’acquérir des terres, car la terre est une ressource limitée et fait l’objet d’une spéculation croissante de la part de personnes non agricultrices.

 

Travail avec deux vaches Salers en 2025 chez Gérald Dumont, Saint-Etienne-le-Molard (42)

Gérald Dumont a toujours exploité une petite ferme à Saint Etienne-le-Molard dans la Loire. il a toujours eu des bovins dressés pour le travail. Il fait de nombreux travaux sur sa ferme avec ses deux vaches Salers.

Rentrée des foins avec Johnny Krau (67) 2014

Johnny Krau est double actif et exploite une petite ferme. Il attelle régulièrement deux vaches Simmental.

Préparation des terres avec Johnny Krau (67) 2012

Johnny Krau est double actif et exploite une petite ferme. Il attelle régulièrement deux vaches Simmental. 

Travail du sol avec Charly Derian 2025

Charly Derian est paysan maraîcher à Vesdun, dans le Cher. Il travaille sur une petite surface en vente directe. Depuis 2024, il utilise deux bœufs Highland pour les travaux de la ferme. Les animaux interviennent surtout pour les charrois et sont appelés à assurer d’autres travaux. Ils travaillent au joug vosgien de manière régulière.

 

Panser la terre : la traction animale, une pratique paysanne, durable et moderne par Maurice Miara 2025

Voici la thèse réaliser par Maurice Miara ainsi que la vidéo de la soutenance « Panser la terre : la traction animale, une pratique paysanne, durable et moderne » en 2025 qui nous a autorisés le partage.

N’hésitez pas à contacter l’auteur pour plus d’informations sur son travail ou d’éventuels collaborations. Par ailleurs, si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à contacter le réseau Cheval & SHS, plusieurs chercheurs et doctorants travaillent sur ces sujets.

Résumer : 

Dans un contexte de prise en compte des enjeux environnementaux, de nombreux agriculteurs écologisent leurs pratiques et s’orientent vers une agroécologie forte. Se développant sous des formes alternatives, ils remettent en question le productivisme, et interrogent nos rapports à la croissance, à la modernité et au progrès. Parmi ces pratiques agricoles alternatives, la traction animale connait un regain d’intérêt et évite de nombreux écueils de l’agriculture conventionnelle. Bien que cette pratique demeure marginale et soit perçue comme folklorique, nous constatons une augmentation du nombre d’installations, notamment des néo-paysans en maraîchage et en viticulture.Ce travail vise à analyser le potentiel de la traction animale agricole en France à s’inscrire comme une pratique durable et moderne dans une perspective de transition agroécologique. En s’appuyant sur l’agronomie systémique, en particulier sur le cadre de l’analyse de pratique, 67 entretiens ont été menés, dont 33 fermes. L’objectif est de comprendre les caractéristiques de la pratique, d’évaluer la durabilité des fermes la mobilisant et d’analyser les conditions de son développement.Les agriculteurs rencontrés sont majoritairement des néo-paysans, animés par une quête de sens et des motivations politiques et de passion pour les équidés. On observe une prédominance de petites fermes, engagées vers une forte écologisation de leurs pratiques. La traction animale occupe souvent une place centrale dans ces systèmes, guidant les choix stratégiques et permettant d’affirmer l’identité paysanne du projet. C’est une forme de coproduction avec le vivant. Par ailleurs, les fermes évaluées à l’aide de la méthode IDEA4 présentent des scores élevés de durabilité, en particulier pour les dimensions agroécologiques et socio-territoriales. Même dans la dimension économique, les fermes ont des résultats équivalents à la moyenne, démontrant la viabilité de ces modèles.Pour autant, la traction animale peine à émerger comme une pratique reconnue et crédible. Les tensions entre les différents acteurs de la communauté de pratique, combinées à son caractère marginal, participent à son invisibilisation. Son utilisation s’inscrit pourtant dans une forme d’innovation, la rétro-innovation, et apparaît comme moderne et durable afin de répondre aux défis de la transition agroécologique.Cette thèse analyse ainsi la réappropriation d’une pratique ancienne par des paysans engagés dans une écologisation de la société, redéfinissant nos rapports aux vivants et s’inscrivant dans une modernité alternative et durable. Les résultats soulignent la pertinence de cette forme d’agriculture alternative et son inscription au sein de la transition agroécologique.

Maurice Miara. Panser la terre : la traction animale, une pratique paysanne, durable et moderne. Géographie. Université de Toulouse, 2025. Français. ⟨NNT : 2025TLSEJ030⟩. ⟨tel-05294495⟩.

Contact : maurice.miara@gmail.com

Lien pour retrouver la thèse : https://theses.hal.science/tel-05294495

Document PDF : Miara_Maurice_2025

Soutenue publiquement et enregistrée à l’Institut Agro, amphithéâtre Camille Moule, Rennes : 

Ecole doctorale Temps, Espaces, Sociétés, Cultures. UMR LISST-DR.

Financements : ANRT, CS Filière équine, Fonds éperon. Convention Cifre avec l’Institut national des équidés de travail.

Direction de thèse : M. Mohamed GAFSI, Directeur de thèse, ENSFEA M. Philippe BOUDES, Co-directeur de thèse, L’institut Agro Rennes-Angers Jury : M. Michel STREITH, Président, Université Clermont Auvergne Mme Claire LAMINE, Rapporteure, INRAE Provence-Alpes-Côte d’Azur Mme Estelle DELEAGE, Rapporteure, Université de Caen Normandie Mme Soazig DI BIANCO, Examinatrice, L’Ecole supérieure des agricultures M. Christian MOUCHET, Examinateur, Institut Agro Rennes-Angers.

Table des matières

Chapitre 1. La traction animale, état des lieux d’une réappropriation marginalisée

I. Caractéristiques et enjeux de la traction animale 
II. L’impensé de la traction animale : un trou noir de la recherche 
III. Problématique et questions de recherches 

Chapitre 2. Une approche systémique qui saisit l’ensemble de la traction animale. Analyse de pratique, repaysannisation, agroécologie et rétro-innovation 

I. L’agronomie systémique : cadre méthodologique 
II. Le cadre de l’agronomie systémique amendé : une approche de l’opportunité et de la modalité 
III. Approche de l’efficacité par l’évaluation de la durabilité 
IV. Comment objectiver le développement d’une innovation paysanne ? 

Chapitre 3. Démarche et méthodologie 

I. Un échantillonnage à plusieurs niveaux : présentation des corpus 
II. Une méthode de collecte principalement qualitative et basée sur l’entretien 
III. De la singularité à la montée en généralité : traitement des données brutes 

Chapitre 4. Mobiliser la TA, un marqueur identitaire ?

I. Des néo-paysans en quête de sens 
II. Les raisons de l’adoption de la pratique : des volontés personnelles et politiques
III. La traction animale s’insère dans des projets de production agroécologique 
IV. Modalité de la pratique : Dans quels modèles agricoles s’insère la traction animale ? 
V. Coproduire avec un autre être vivant : l’attraction animale 
VI. Des choix stratégiques graduels par rapport à la pratique 

Chapitre 5. Des systèmes de production agroécologiques et durables 

I. Avant-propos sur l’usage d’IDEA4 au sein de ce travail
II. Des fermes avec des performances agroécologiques élevées 
III. Une implication socio-territoriale forte 
IV. « Ça ne doit pas être très rentable quand même ». Analyse des performances économiques
V. Caractéristiques générales de la durabilité des fermes en traction animale 

Chapitre 6. Analyse des conditions de développement de la pratique 

I. La nécessaire structuration des acteurs de la pratique 
II. « C’est nous le futur ». Revendiquer la modernité 
III. Dépasser les contraintes spécifiques à la traction animale 

Chapitre 7. Discussion générale

I. Une approche d’agronomie systémique qui positionne la traction animale dans le champ des pratiques paysannes 
II. Une proposition de société sympoiétique, durable et moderne 
III. Quelles perspectives pour la traction animale ? 

Conclusion 

Reportage photo de Léonnie Biteau lors de la Rencontre des bouvières et bouviers en Creuse (23) 2024

Voici le reportage photographique qu’a réalisé en 2023, Léonnie Biteau et avec la participation d’Edith Papin  lors de la rencontre internationale des bouvières et bouvier de France et d’ailleurs. 

Jour 1 :

Rencontre des bouvières et bouviers

Jour 2

Jour 3 et 4

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