Lionel Roche travaille deux vaches Ferrandaises en Haute-Loire.
Étiquette : Photo
Brice Letissier,Challes les Eaux (73)
Brice Letissier est exploitant cultivateur. Il nous parle de son parcours et de son passage à la traction bovine.
« J’ai acheté à Philippe Khulmann, en décembre 2011, Emile et Sepi, deux Vosgiens assez sympathiques.
Auparavant, je me demandais vraiment comment faire, pour travailler avec des animaux en traction, afin de minimiser l’utilisation du tracteur.
J’ai essayé avec des chevaux, il y a deux Comtois à la ferme.
Mais mes sensations m’ont poussé vers les bovins, avec qui je me sens plus en affinité.
J’ai donc appelé Philippe Khulmann qui m’a accueilli en stage sur l’année 2011 et, en gros, je suis revenu avec deux boeufs de son élevage, un joug, un collier…
En 2012 j’ai hersé, passé le canadien, semé et fait du transport uniquement avec les boeufs.
René Alibert et Lionel Rouanet, jougtiers, Laissac (12)
René Alibert a taillé des jougs toute sa vie. Il a transmis son savoir et ses techniques à Lionel Rouanet. Lionel a appris méthodiquement, dans un apprentissage continu, à chacune de ses visites fréquentes, chez son maître de stage. Le travail est fait à la hache, à l’herminette et à la plane.




Article de la dépêche du midi :
René Alibert, l’artisan jougtier devenu artiste
Publié le 20/02/2013
LAISSAC
Autrefois symbole de soumission, le joug est devenu, aujourd’hui, un objet d’art et de décoration. Il reste aussi un outil du patrimoine rural, témoin d’un passé récent où les travaux des champs se faisaient à l’aide de la traction animale.
René Alibert est le dernier jougtier de l’Aveyron et peut-être de France. Son métier, il l’a appris avec son père et l’a exercé pleinement jusqu’en 1950. Il se rappelle l’époque faste où, sillonnant de long en large le département, ils ont façonné jusqu’à 20 jougs dans l’année.
A 73ans, René Alibert perpétue ce savoir-faire. Pour son plaisir, l’amour de la belle ouvrage et, sans doute, avec un brin de nostalgie, il continue à fabriquer des jougs. Le rituel est toujours le même. Il y a d’abord le choix du tronc et de l’essence : bouleau, frêne, noyer et merisier sont les essences les plus utilisées. Chaque joug est ensuite taillé dans la masse. Pas besoin d’un «combiné» ou d’une machine-outil sophistiquée. René Alibert n’a besoin que d’outils simples qu’il a soigneusement conservés et entretenus : la hache à col de cygne, le couteau à deux mains, la tarière et une herminette spéciale pour jougtier. Celle qu’utilise Mr Alibert a été fabriquée par Mr Canitrot, forgeron à Ségur.
Le jougtier n’a pas d’établi, il travaille à même le sol, à genoux ou courbé sur son ouvrage. Récemment, Mr Alibert a eu la joie de satisfaire deux irréductibles de la traction animale. Mr Ladet, de Barrage, près de Saint-Geniez, «joint» une paire de vaches pour de petits travaux agricoles. A Saint-Côme, Mr Bessière «joint» une paire de boeufs qu’il promène, l’été, à l’occasion des fêtes votives. Les autres jougs, de toutes dimensions, que René fabrique inlassablement chaque hiver, rejoignent une collection dont il fait profiter ses amis. Une collection à découvrir et un homme à rencontrer pour sa gentillesse, son talent et sa passion intacte et communicative pour ce métier de jougtier auquel il reste viscéralement attaché.
La Dépêche du Midi.
En 1993, un film a été réalisé sur René Alibert par Gilles Charensol. Cliquez ici pour voir la vidéo et les références.
Passage du cultivateur chez Laurent Janaudy à Manziat (01)
Cet hiver, avec ses deux juments, Laurent Janaudy a labouré au brabant une parcelle de prairie.
Afin de préparer une plantation de choux, il vient de faire un passage de cultivateur dans la parcelle avec sa paire de vaches.
Les deux Aubracs, Chanfant et Chassagne, malgré un terrain encore humide, ont démonté le labour au « gribouli ».
Transport du fumier chez Laurent Janaudy à Manziat (01)
Philippe Kuhlmann, Soultzeren (68)
Philippe Kuhlmann, éleveur, dresseur, et utilisateur de bovins, nous présente lui-même son parcours.
«Adolescent, j’ai vu des anciens travailler avec des bœufs vosgiens, et cela m’a fasciné !
Après avoir démissionné de l’ONF, j’ai repris une ferme laitière en vente directe en montagne vosgienne à 21 ans ! Travaillant avec un tracteur au début (1981), j’ai dressé mon taureau de reproduction pour de menus travaux, puis je l’ai utilisé de plus en plus, puis dressé d’autres, puis des paires de bœufs…
En 1985 je me suis séparé de mon tracteur et faisais alors le foin entièrement avec les bœufs attelés.
Pour des raisons familiales, j’ai arrêté ma ferme en 1994 pour débarder sur le plateau de Millevaches avec des bœufs et des taureaux vosgiens, 35000 stères de bois en 6 ans.
Depuis 2001, salarié-animateur à l’Ecomusée d’Alsace, je dressais les bœufs et faisais les animations attelage et transformation du lait.
Parallèlement, j’ai remonté un troupeau de bovins et actuellement ce sont 3 à 5 paires de bœufs, taureaux et vaches qui réalisent les travaux de la ferme, 35 ha de prairies dont 28 fauchées. Une estive de 20 ha permet d’élever les jeunes bêtes, génisses et bouvillons.
Depuis 1982, ce sont 110 à 120 bovins qui ont été débourrés, une bonne partie vendue pour l’attelage en France et à l’étranger, ceux ne donnant pas satisfaction partent en caissettes sous vide!
Un important travail sur le matériel, les moyens d’atteler, est réalisé avec les concours d’artisans travaillant le bois, le cuir, le métal.
J’anime aussi des fêtes de village et suis prêt à transmettre le savoir-faire. Je le fais entre-autres grâce à la rencontre des bouviers et par des articles.
Je travaille à la rédaction d’un manuel pratique sur l’attelage des bovins.»
Coquet et Mignon prêts au travail avec un joug expérimental articulé conçu par Philippe.
Contact:
Philippe Kuhlmann
06 19 05 79 85
ab.ph.kuhlmann@gmail.com
Jean Aimé Pasquet, Juré (42)
Jean Aimé Pasquet, est passionné d’attelage bovin. C’est ainsi qu’il eu plusieurs paires de vaches (Montbéliardes, Brown-Suisses, Ferrandaises). Dernièrement il possédait un attelage de vaches Ferrandaises jusqu’à l’été 2012, avant que l’une de ses vaches meurt à la suite d’un vêlage. Pour la remplacer, il a repris une jeune Ferrandaise qu’il va remettre au dressage.
Il conseille aussi actuellement, Clément Sastre, un jeune bouvier de Saint Romain d’Urfé (42), qui vient de reprendre une paire de boeufs.
Avec ses animaux il réalisait de nombreux travaux chez lui et parfois pour les voisins (bois). Il sortait également pour de nombreuses fêtes locales et lors de rencontres amicales avec d’autres bouviers de la région comme chez Gérald Dumont de Saint Etienne le Mollard (42).
Jacques et Christiane Macombe, Mazière-Naresse (47)
Monsieur et Madame Macombe, agriculteurs à la retraite, sont des passionnés.
Au sein des attelages de la Léone, ils possèdent une cinquantaine de machines agricoles anciennes et proposent au grand public de les faire revivre en traction animale. Pour cela, ils utilisent quatre paires de bovins. Les trois paires de vaches (Tania / Tounette, Tempête / Toscane, Suzie / Salers) et la paire de boeufs (Volcan / Prince), toutes de race Salers et dressées à la maison, travaillent sur toutes sortes de manifestations, travaux des champs, mariages, spectacles.
L’expérience de travail de Jacques Macombe avec les boeufs, dès sa jeunesse, nous permet d’avoir une qualité de travail exceptionnelle avec ses animaux.
La paire de vaches Tania et Tounette est spécialement dressée pour proposer une démonstration d’obéissance, d’adresse et de précision.
Les attelages de la Léone ont produit plusieurs DVD fort bien réalisés, qui présentent tout le travail de ces deux mainteneurs de savoir-faire.
Jean-Luc Guerringue, à Rantechaux (25)
Jean-Luc Guerringue présente lui-même son activité avec ses animaux.
« J’ai actuellement un boeuf vosgien en solo « Chao » et un jeune boeuf de 26 mois « Gamin », que j’attelle en solo et en paire avec Chao. J’ai commencé son dressage en début d’année.
J’ai également Hibou, un jeune boeuf de 9 mois qui sortira comme apprenti cette année. J’ai également deux chevaux Pinto que j’ai dressés à l’attelage. J’élève également pour ma consommation personnelle un boeuf.
Je précise qu’ils sont tous de race Vosgienne.
Je cultive un petit champ pour mes légumes (charrue et hersage avec mes boeufs). Je débarde mon affouage. Je sors dans quelques manifestations avec mes boeufs.
A la maison
Dans les fêtes locales
Je ne suis pas exploitant agricole. J’ai un parcours atypique: mon grand père maternel était un petit paysan Vosgien. Il a travaillé toute sa vie avec des boeufs. C’est lui qui m’a donné le virus: « la vrai vie » comme il disait. Je n’ai découvert le tracteur qu’à quinze ans.
J’ai commencé au lycée agricole de Dannemarie-sur-Crête en 1975 (je suis né en 1959) puis je suis parti en Espace Vert pépiniériste. Là, j’ai découvert le travail avec les chevaux comtois pour buter les arbres et arbustes.
J’ai un long parcours d’agent communal en tant que jardinier puis chef de service dans quatre villes différentes. Je suis aujourd’hui ingénieur au Conseil général du Doubs en tant que chef d’exploitation et adjoint au chef de parc routier du Doubs. J’ai toujours gardé les valeurs acquises chez mes grands-parents, je fais mon cochon chaque année. »
Visite de Philippe Kuhlmann
Marcel Margerit, La roche sur Foron (74)
Marcel Margerit, double actif, exploite une dizaine d’hectares et cinq hectares de bois.
En plus de ses boeufs dressés et de ses quatre chevaux Comtois dressés, il a deux vaches Aubracs et trois génisses.
Il réalise avec ses boeufs, tous les travaux chez lui. Foins, labours, hersage, débardage, charrois du bois de chauffage. Il intervient aussi pour d’autres (débardage d’éclaircies de sapins, labour de jardins…).
Il participe à des manifestations et fêtes de village, fêtes médiévales et mariages.
Il a eu, jusqu’à ces dernières années, deux paires de boeufs (Aubrac et Salers) que l’on voit sur les photos ci-dessous.
En ce moment, il a une paire de boeufs Aubracs en fin de dressage.
Au travail à la maison.
Dans les fêtes.




















































































