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Les bovins de Laurent Billoux à la fête du seigle à Ménessaire (21) 26 Juillet 2015

menessaire 2015 okLe 26 juillet nous étions invités à participer avec notre attelage mixte composé d’Azalée la vache et de Froment, le boeuf, à la fête du seigle de Ménessaire.

Après avoir charrié vers la batteuse la moisson de seigle depuis la terre où elle avait été fauchée à la main, notre attelage était ensuite utilisé pour l’entraînement d’un manège qui actionnait une petite batteuse/dépiqueuse.

Ce n’est pas le travail le plus agréable pour nos animaux, en particulier pour celui qui tourne à l’intérieur du cercle. En effet, le rayon de braquage assez court oblige l’animal du centre à marcher de côté durant toute la séance de travail. Le terrain également en pente créait  une irrégularité du mouvement. Il aurait fallu aussi que nous relions d’une corde, la tête de la bête intérieure à l’axe du manège afin de ne pas dévier du rayon de travail.

Malgré cela, nous étions très contents de la journée. La paire maintenant bien aguerrie, est restée calme, malgré un public nombreux et demandeur de renseignements.

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La fête de Ménessaire dans le Morvan, petite commune de la Côte-d’Or enclavée dans la Saône-et-Loire, nous a permis d’emmener les vaches dans un territoire où l’attelage bovin reste très emblématique. 

Nous avons pu y rencontrer des gens sympathiques en particulier Guy Namur qui comme nous, attelait par passion jusqu’à, il y a peu de temps, une paire de boeuf charollais. 

La commune compte un musée sur le seigle qui présente toutes les facettes et l’utilisation de cette céréale.

Nous avons animé un manège qui entraine une petite machine à battre.

Les vaches n’étaient pas à la fête, surtout pour Anabelle (attelée à droite) qui a marché en crabe tout l’après midi sur un petit cercle autour du manège.

Nous retournons avec plaisir cette année dans ce sympathique village.

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Les jougs et leurs accessoires en Charollais Brionnais

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 Contrairement aux chevaux et leurs harnachements complexes et couteux, le matériel d’attelage des bovins est beaucoup plus simple et limité.

Dans la région du Charollais Brionnais il se compose:

  • d’un joug
  • de deux anneaux d’attelage appelés « cordets »
  • d’un lien en cuir (ou en bois torsadé sur lui même) qui relie les cordets au joug. Ce lien est nommé « tsordzeure » en charollais (chargeouère en bourbonnais) on peut le traduire par: « qui prend la charge »
  • de liens longs qui solidarisent la tête des animaux au joug.

Les jougs:

On trouve en Charollais Brionnais deux types de jougs: 

Le joug découpé aux formes élégantes, esthétiques et travaillées

Les têtières comportent sur le dessus des passages de liens avec un rebord qui évite les ripages de liens éventuels.

Les passages de cornes à l’avant sont entaillés à la forme des cornes.

Des motifs de décoration ainsi que les initiales ou le nom du jougtier sont marqués au fer rouge à l’avant.

Les jougs sont la plupart du temps peints en bleu comme les chars ou les tombereaux.

Au centre on trouve deux ou trois trous pour le positionnement et le réglage de la tsordzeure.

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le joug droit est rudimentaire dans sa taille qui s’inscrit dans une section triangulaire. La forme se retrouve dans le morvan.

La face avant est parfaitement droite, il n’y a pas de logement entaillé pour les cornes. Les têtières n’ont pas de rebords pour retenir les liens à l’arrière.

On trouve en général qu’un seul trou de tsordzeure.

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Les jougs découpés sont les plus fréquemment rencontrés. On retrouve la même forme dans le Haut Beaujolais.

La plupart des jougs observés sont en hêtre ou en frêne. Nous en avons un en cormier. Les jougs en hêtre sont les plus légers. 

Ils étaient fabriqués par les charrons ou les sabotiers comme François Lamborot au vieux bourg de Dyo.

A Charolles la maison Michel / Clément fabriquait des jougs droits et découpés ainsi que tous les articles de boiselerie. Des jougs d’une forme différente étaient envoyés dans la loire.

On y trouvait aussi tout le nécessaire pour l’attelage bovin (liens, cordets, cordes)

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Les cordets:

Les cordets les plus simples à se procurer sont ceux fabriqués par soi-même avec, le plus souvent, des pousses de Chêne de trois ou quatre centimètres à la base torsadées sur elles- même et enroulées en anneau.

Ils peuvent servir sans se rompre quelques mois suivant l’intensité d’utilisation.

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 cordets en bois torsadé anciens (Colombier en Brionnais)

Les cordets en cuir torsadé (comme pour ceux en bois) ont une durée de vie bien plus longue. Bien entretenus ils peuvent servir plusieurs années. Ceux fabriqués en nerfs de boeuf ont encore plus de résistance. Ils sont parfois recouverts d’une gaine de cuir cousue.

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Pour réaliser un cordet à quatre tours (comme tous les anciens que nous avons rencontrés) il faut environ cinq mètres de lanière de cinq centimètres de large.

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cordets anciens en cuir (Colombier en Brionnais)

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noeud d’arrêt d’un cordet cuir ancien (Colombier en Brionnais)

Certaines régions utilisent des anneaux en fer forgé. Mais le système en cuir permet d’absorber les chocs transmis par le timon au joug amenant ainsi un confort appréciable pour les animaux.

La tsordzeure:

La tsordzeure peut être en cuir; elle ressemble alors à une grosse ceinture , ou en bois torsadé comme pour les cordets.

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tsordzeure  ancienne en bois torsadé sur son joug droit d’origine (Colombier en Brionnais)

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 tsordzeure neuve en cuir avec ses deux cordets utilisée à la Garaudaine

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timon, cordets, tsordzeure en situation

Les deux ou trois trous du joug où passent la tsordzeure sont un moyen de réglage lorsque l’un des deux animaux a tendance à être plus dynamique que l’autre.

Ainsi, on fait passer la tsordzeure dans le trou du côté de la bête la plus vive afin de la charger pour la freiner par la charge. De cette manière, les deux animaux progressent parallèlement.

Les liens:

En Charollais Brionnais on les appelle « layoures ».

La plupart des régions utilisent des liens uniquement en cuir (Auvergne) ou en cordes (Ain). En Charollais Brionnais, les liens sont mixtes, cuir et corde de chanvre.

Chaque partie fait deux mètres cinquante à trois mètres soit cinq à six mètres de liens.

Leur largeur varie entre deux et trois centimètres pour le cuir et généralement une section de dix à douze millimètres pour les cordes.

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Le raccord entre le cuir et la corde est simple. Le cuir est entaillé d’une fente de trois centimètres arrêtée à l’emporte pièce de chaque côté. La corde est bouclée à un bout. Le cuir est passé à travers la boucle et le brin de la corde passé à l’intérieur de la fente.

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raccord entre cuir et corde

L’accrochage est fait à l’arrière du joug sur un point d’ancrage(une vis en générale) autour de duquel est inséré le lien cuir fendu de la même manière qu’au raccord cuir / corde.

Parfois le lien est cloué à la place de la vis à l’arrière.

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Le lien cuir sort à l’avant du joug au niveau inférieur des passages de cornes intérieures par une fine mortaise.

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têtière vue de l’avant, on distingue à droite la sortie du lien au passage de cornes intérieures

Au liage, on place sur le front des animaux et sous les liens un coussin appelé en Charollais Brionnais « pieumet ». Il est fait en paille de seigle, en paille de bois (variété de carex) ou simplement en toile de sac de jute rembourrée.

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pieumets anciens en laîche état neuf (Saint Christophe en Brionnais)

Pour chasser les mouches des yeux des animaux pendant la saison chaude on dispose des chasses mouches en cuir ou en cordelettes de chanvre ou de lin. On les appelle « vire-moutses » ou « émoutsets ».

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Les attelages de la Garaudaine utilisent uniquement du matériel neuf réalisé par nos soins (jougs, liens, cordets cuir, tsordzeure, vire-mouches, pieumets).

Manuel Olivier, viticulteur à Nuit-Saint-Georges (21)

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Manuel Olivier est viticulteur en Bourgogne. Il exploite un domaine de grand vins de Bourgogne sur dix hectares de vignobles des Hautes-Côtes de Nuits, de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune.

Depuis 2015, il possède deux boeufs Vosgiens achetés chez Philippe Kuhlmann pour travailler sur le domaine.

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Pendant deux ans, ils ont été utilisés intensément au labour.

Après le départ d’un employé meneur qualifié, le manque de disponibilité des bonnes personnes a fait que les bœufs ont travaillé beaucoup moins, mais Manuel Olivier compte bien les ré-utiliser plus fréquemment prochainement. Il cherche d’ailleurs un bouvier volontaire pour ré-engager le projet.

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Site:http://www.vindebourgogne-manuel-olivier.com/

Journée technique autour du débourrage et dressage des jeunes boeufs le 15 Mai 2015 chez Philippe Kuhlmann à Soultzeren (68)

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Une journée technique organisée dans le cadre des rencontres de bouviers de l’écomusée d’Alsace, s’est déroulée à Soultzeren chez Philippe Kuhlmann le vendredi 15 Mai 2015.

La journée était axée sur le débourrage et dressage des jeunes boeufs.

La longue expérience et le recul de cet éleveur/dresseur de la haute vallée de Munster, dont la seule force motrice au quotidien sur sa ferme est la traction animale bovine, lui permettent  de transmettre et de faire partager un savoir appris auprès des anciens et peaufiné par sa pratique de chaque jour depuis de longues années.

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Pratiquer est une chose importante pour le maintien d’un savoir-faire, mais le transmettre est essentiel et impératif.

C’est un des objectifs prioritaire de Philippe qui d’ailleurs est en train de rédiger un manuel de dressage et d’utilisation des boeufs de travail.

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La journée a rassemblé une bonne quarantaine de participants pour la plupart bouviers, agriculteurs et/ou passionnés venus de tous horizons, le tout sous l’oeil des caméras de la télévision Allemande qui réalisait un documentaire d’une trentaine de minutes sur les quatre jours des rencontres de bouviers de l’écomusée.


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Avant d’aborder le thème du dressage, une suite à la journée technique de 2014 était donnée par la venue d’Eric Petit utilisateur de boeufs Vosgiens et d’un outil polyvalent qu’il a nouvellement construit en s’inspirant du matériel conçu et présenté l’an passé par Philippe Kuhlmann.

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Ce matériel permet soit de déplacer les balles rondes, soit une utilisation en train avant de débardage qui limite les frottements et la résitance au débardage à la traîne. Sa particularité est qu’il peut travailler, sans dételer, aussi bien en poussant qu’en tractionnant grâce à pivot placé en bout de timon lui même positionné façon col de cygne au dessus des boeufs. Il permet aussi des manoeuvres fines et des déplacements en reculant le matériel mais en ayant les boeufs en marche avant (on évite la difficulté du reculement sur une longue distance des animaux).

Il peut aussi être attelé en solo.

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 Une démonstration de manipulation de botte ronde et une utilisation en débardage à montrer l’évolution du projet qui a abouti à un matériel facile d’utilisation et performant.

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Ensuite, manipulations de sociabilisation, débourrage et dressage ont occupé le restant de la journée jusqu’au soir. Du jeune veau jusqu’au boeuf de trois ans, Philippe a expliqué de nombreuses méthodes de mise aux ordres, de précautions à prendre, de techniques de manipulations pour arriver à obtenir un animal à la fois fiable et volontaire au travail.

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Plusieurs paires à différents stades de dressage ont été mises au joug, boeufs Ferrandais, Vosgiens, Hérens.

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La fermeté, la patience, la prudence, l’anticipation de réactions, la fréquence et la régularité de travail, la manière de mettre au joug de jeunes bêtes, ont fait l’objet de démonstrations et de débats alimentés par des questions techniques des participants.

Philippe a aussi illustré ses propos par les exemples de sa pratique et son expérience du dressage au quotidien dans le travail. En effet ses animaux sont rapidement mis en situation de travail en adaptant bien sûr la tâche à leur force et à leur avancement dans le dressage. Il dresse généralement au bois en tirant des pièces plus ou moins grosses selon le degré de dressage et l’âge des animaux.

Un volet matériel d’attelage a aussi été abordé par la venue de Mr Mougin qui fabrique entre autres des jougs Vosgiens et de Jean-Claude Mann, bourrelier sellier qui fabrique et répare des colliers d’attelage pour bovins et qui réalise toutes les garnitures nécessaires aux jougs Vosgiens. Leur venue régulière chaque année permet aux bouviers présents d’avoir des contacts avec des artisans rares mais indispensables.

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En fin d’après-midi, un boeuf Ferrandais noir a été installé dans le travail à ferrer, et un moment a été consacré au ferrage avec la complicité d’un maréchal ferrant venu de Suisse qui a beaucoup pratiqué le ferrage des bovins. 

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Malgré la pluie et une température un peu basse, la journée s’est  déroulée comme si le soleil avait été de la partie. Le repas de midi et l’excellente soupe aux sept herbes et aux saucisses concoctée par Anne-Catherine Kuhlmann a permis encore plus d’échanges et de convivialité.

Prendre le temps de se rencontrer pour des gens qui travaillent souvent éparpillés sur le territoire est un point très apprécié de tous. Les échanges tant techniques qu’humains et amicaux sont capitaux et attendus chaque année pour repartir chez soi regonflé par l’élan d’une pratique commune ré-alimentée et encouragée par des gens comme Philippe, qui sait chaque année captiver son public par son savoir, sa générosité et sa gentillesse.

Il est parfois des gens essentiels, merci à Anne-Catherine et Philippe d’être de ceux-ci.

 Michel Nioulou

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Vidéo N° 2

Vidéo N° 3

Dressage de deux jeunes bœufs Gascons chez Laurent Janaudy à Manziat (01)

 

dressage cadet mignon printemps 2015 1 ok Après s’être séparé de sa première paire de vaches de neuf ans à cause de l’écornage de l’une d’entre elles, Laurent Janaudy a commencé le dressage de deux mâles Gascons qu’il a fait castrer récemment.

Cadet et Mignon, qui n’ont pas encore un an, sont déjà en plein dressage.

Laurent les travaille en paire, joints au joug de garrot. Ils sont pour le moment pleins de promesses, avec un caractère facile.

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Comme Mignon présente encore plus de docilité que Cadet, il a décidé de le faire travailler en solo, conjointement au travail en paire.

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Mené en guides, de derrière, il est déjà parfaitement aux ordres, sans peur et dans un calme étonnant.

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Nous suivrons le parcours prometteur de ces deux Gascons un peu loin de leur berceau d’origine, mais qui se sont acclimatés apparemment sans difficultés à la vie en Val de Sâone.

Chantier école avec les boeufs du lycée agricole de Montmorillon dans les bois de Saint-Pierre près de Poitiers (86)

bois chantier ecole solene 366 okSolène Gaudin nous communique un article sur un chantier école près de Poitiers.

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Depuis le 09 février 2015, les stagiaires du CS UCA (Utilisateurs de Chevaux Attelés) de Montmorillon sont présents dans les bois de St Pierre près de Poitiers. Durant deux semaines, ils apprennent à débarder, moufler, gerber, dans le cadre du module débardage.
Cette année, la commune de Poitiers a décidé d’y mettre les bœufs pour tester leur efficacité, notamment sur la fagotteuse.
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Les bœufs à la fagotteuse
Pour ce faire, les stagiaires sortent le bois abattu à l’aide des chevaux, des bûcherons le coupent et le fendent en bouts d’un mètre. Une intervention est faite ensuite avec un stagiaire pour le ramasser et le mettre en fagots.
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La fagotteuse en cours de chargement et la fendeuse avec le tracteur
Les bœufs sont attelés à un avant-train de l’AMB 88 et la fagotteuse du Bois de St Pierre. Le bois coupé en un mètre est mis dans la fagotteuse et emmené sur une place de dépôt pour le décharger.
L’avantage des bœufs sur cet outil, c’est que l’on n’est pas obligé de rester devant les bœufs comme avec un cheval, deux personnes suffisent pour faire les fagots, alors qu’il faut trois personnes avec un cheval ( un meneur aux guides et deux au chargement).
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Les boeufs sur la place de dépôt
La seconde activité avec les bœufs, c’est le débardage des grosses grumes.
Sur les photos, nous utilisons l’avant-train AMB 88 avec un treuil.
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Débardage avec l’avant-train AMB 88, un treuil et une pince
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Débardage avec l’avant-train AMB 88, un treuil et une pince
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Des écoles à la découverte des bœufs et du débardage

 

Réglage d’un joug neuf « Nioulou » chez Marcel Margerit, la Roche-sur-Foron (74)

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Marcel Margerit travaille sur une petite exploitation de Haute Savoie.

Ses jeunes boeufs Aubracs n’avaient plus de joug à leur taille. C’est pourquoi il a fallu en tailler un neuf adapté à leurs tailles et à leurs cornes.

La particularité du joug est qu’il est fabriqué à partir d’une pièce de bois en plateaux contre-collés. Marcel participe ainsi à tester la résistance au travail d’une telle fabrication.

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Un article y sera prochainement consacré. 

Voici maintenant plus d’un mois que le joug travaille au débardage sans problème.

Voici quelques clichés et une petite vidéo du réglage.

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2014 en photos pour Grivé le boeuf Vosgien d’André Kammerer, Breitenbach (67)

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André Kammerer nous communique quelques photos de son boeuf au travail chez lui ou dans des manifestations auxquelles il a participé avec Grivé son boeuf Vosgien.

Un grand merci pour son envoi.

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Traction bovine au Puy-du-Fou (85), mise en place de « L’académie de bouviers »

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Le Puy-du-Fou assure des formations internes, uniquement destinées aux différents acteurs bénévoles qui interviennent sur le site, pour la Cinéscénie du Puy-du-Fou (Spectacle Nocturne).

Les différentes activités sont organisées en « Académies » qui travaillent autour d’un savoir-faire.

Se met en place autour de la traction animale bovine du site, une « Académie de bouviers », qui permettra de sensibiliser et de former les bouviers en devenir du Puy-du-Fou.

Laurent Martin, qui mène les boeufs sur place et que nous remercions ici, nous communique le texte qui trace les grandes lignes directrices de la formation mise en place afin d’assurer le renouvellement de nouveaux meneurs sur le site.

Cette démarche privée de formation de bouviers, d’une des plus grosses structures touristiques d’Europe, même si elle ne s’adresse qu’aux participants bénévoles du site, a le grand intérêt de maintenir et de transmettre un savoir-faire. Un bouvier formé au Puy-du-Fou, restera un bouvier.

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Présentation du projet d’Académie de Bouviers

L’idée, les motivations :

L’idée de créer une Académie dédiée à l’attelage bovin est venue suite à un constat: la majorité des meneurs de boeufs « bouviers » Puyfolais sont âgés de plus de 70 ans. Dans le même temps, la formation des nouveaux entrants dans le groupe 12 (du village de l’Allée Romaine) ne se fait que sur des temps de formation le mardi et le jeudi matin de janvier à mars. Ceux-ci sont orchestrés par des meneurs avec de l’expérience, mais sans réelle ligne de conduite. Jusque là, cela fonctionnait, mais des manquements aux règles de base de menage et de liage sont observés depuis plusieurs années lors de la cinéscénie. Il est donc souhaitable d’homogénéiser la formation, de façon à ce que tout nouveau bouvier débute avec une base commune préparée en amont.

Pour arriver à une diversité générationnelle ainsi qu’à un niveau de menage confirmé, il faut proposer une autre solution de formation, complémentaire et avec un contenu qui corresponde au public accueilli.

L’Académie de Bouviers se donne comme mission la formation, la transmission et la valorisation de ce savoir, de cet art millénaire et mondialement reconnu.

Mise en place, organisation :

Nous avons choisi d’accueillir nos académiciens sur le créneau du samedi matin, d’octobre à mars, sur un panel d’environ 15 séances. Chaque matinée aura été préparée en amont avec une organisation précise, un thème, des outils, et le plus souvent possible des intervenants confirmés, en lien avec le thème abordé. Nous accueillerons les académiciens à partir de 14 ans, et sans limite d’âge pour les adultes. Pour effectuer toutes les manipulations des bovins en toute sécurité et dans un souci de participation active de nos académiciens, l’effectif sera limité à 8 personnes.

Nous n’avons pas la prétention de former des bouviers en un hiver de temps, mais plutôt de créer une approche pour certains et un approfondissement pour d’autres. Nous inculquerons une base commune pour le liage, le menage, et le dressage …, tout en expliquant que la traction bovine est riche, au point que chaque acteur participant à cet art y apporte sa touche, sa couleur et sa forme…

Synthèse des thèmes prévus en contenu de formation :

Nous commencerons par (re)découvrir le boeuf au pré en liberté, afin d’amener les académiciens à observer l’animal. Le but recherché est de provoquer une lecture instantanée des postures, des attitudes de l’animal en fonction de notre distance d’approche, de nos gestes et de nos attitudes. Cette séance se complétera en manipulant le boeuf à la corde.

L’alimentation et les soins seront abordés durant la seconde séance afin de parfaire l’apprentissage des besoins de l’animal. Nous souhaiterions également faire participer un intervenant sur la pratique de la maréchalerie bovine.

Les manières de lier, mener et dresser les bovins sont très variées, une séance sera donc consacrée aux outils et à tout l’environnement du bouvier ( dressage, jougs, aiguillons, dialectes, gestes et postures) afin que les académiciens se rendent compte de cette jolie diversité.

Suite à ces premières séances, les académiciens auront déjà pris en main les boeufs, les auront liés, menés et auront reçu un aperçu de ce qui entoure les boeufs et la traction. Durant les séances suivantes, nous aborderons avec eux la fabrication du joug, avec dans l’idéal un intervenant en taillage de joug, un autre pour le travail du cuir (ombier) et un autre également pour le travail du fer (timon, tétoire). Dans un souci de complémentarité et de besoin d’autonomie pour nos plus jeunes académiciens, nous instaurerons durant l’hiver des séances avec beaucoup de pratique. Durant celles-ci, ils seront amenés à fabriquer eux-mêmes des aiguillons, pratiqueront du travail de sol, du débardage, du dressage, du dariolage et seront amenés à faire une (des) sortie(s) afin d’aller à la rencontre de personnes qui utilisent ou qui sont en contact quotidiennement avec des boeufs de travail.

Pendant toute la saison d’hiver, les académiciens seront amenés à faire le parallèle avec le fil conducteur, le fil rouge de l’Académie qui sera l’arrivée d’une nouvelle paire de boeufs au printemps. Cela va nous permettre de concrétiser tous les apprentissages au long de la saison en découvrant la paire, en suivant à distance son dressage, éventuellement en commençant la taille d’un joug. Nous pensons important le fait de valoriser et d’impliquer les académiciens Puyfolais dans l’évolution de la traction bovine au Puy-du-Fou, afin que chacun puisse dessiner son avenir en tant que bouvier.

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La traction bovine, un outil pour l’agriculture d’aujourd’hui et pour celle de demain? Colloque à Montmorillon (86) le 10 Décembre 2014 par Michel Nioulou

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Photo Véronique Nioulou

Le colloque sur la traction bovine s’est tenu à Montmorillon le 10 décembre 2014, accueilli au sein du lycée agricole et du CFPPA par Jacques Ferrand, directeur du lycée, Gérard Coti, professeur et chargé de communication, Laurent Imbert, directeur du CFPPA et Emmanuel Fleurentdidier, formateur traction animale à Montmorillon.

Presque une cinquantaine de personnes se sont retrouvées autour du thème de la traction bovine en France. Etat des lieux, avenir, formation et témoignages ont permis aux différents acteurs présents de confronter leurs expériences et leurs points de vue sur le sujet.

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Photo Jean-Léo Dugast

Le projet d’association d’utilisateurs en traction bovine a été évoqué. Si pour le moment rien n’est encore ni clarifié, ni formulé, cette journée a déjà eu le bénéfice de faire se rencontrer de nombreuses personnes qui œuvrent chacune de leur côté, et de prendre conscience qu’elles ne sont pas seules à pratiquer. Au cours de la journée, dans les débats ou dans les pauses, le sujet était à 100% la traction bovine, pratique, technique, dressage, élevage, rentabilité, préparation, matériel, joug.

Exploitants, prestataires de services, amateurs, structures de spectacles, tous ont témoigné et partagé leurs expériences.

Un état des lieux de la traction bovine en France a été dressé par votre serviteur au vu des infos recueillies par le blog Attelages Bovins d’Aujourd’hui.

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De gauche à droite: Gérard Coti, René Dudognon, Emmanuel Fleurentdidier, Christelle de Freitas, Jo Durand, Pierre Nabos (Photo Mic Baudimant)

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De gauche à droite: Michel Nioulou, Nicole Bochet, Cozette Graffin kremer, Laurent Imbert (Photo Mic Baudimant)

Ensuite, Nicole Bochet et Cozette Graffin Kremer, chercheuses et investies sur le sujet, ont présenté les différents réseaux qui se mettent en place en Europe, l’avenir, les actions à mener.

Puis les acteurs de terrain sont intervenus:

  • Jo Durand, exploitant.
  • Pierre Nabos utilisateur/éleveur amateur et dresseur.
  • Christelle de Freitas, utilisatrice et dresseuse professionnelle chez Jean Bartin.
  • Solène Gaudin, prestataire de service en traction animale et utilisatrice de boeufs.
  • Emmanuel Fleurentdidier, formateur en traction animale au lycée agricole de Montmorillon, prestataire et exploitant.
  • René Dudognon, ancien bouvier au sein d’une grosse ferme qui utilisait 5 paires de boeufs.

montmorilloncolloque. a 032 ok montmorilloncolloque. a 034 ok Pierre Nabos et Christelle de Freitas durant leurs interventions (Photo Jean-Léo Dugast)

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René Dudognon pendant les pauses parle de son travail avec les boeufs jusque dans les années 1960 (photo Mic Baudimant)

L’après-midi, trois ateliers thématiques étaient proposés aux participants.

Atelier technique: Peut-on tout faire avec un boeuf?

Atelier organisation: Avantage de la traction bovine aujourd’hui et demain

Atelier formation: Formation pour qui? Par qui? Comment?

On aura pu regretter l’absence d’incontournables comme Philippe Kuhlmann et Olivier Courthiade tous les deux retenus et excusés en début de séance. Malgré l’intérêt des débats et la réactivité des participants, l’expérience et le recul que ces deux piliers représentent pour la promotion de la traction bovine, aurait été du plus grand enrichissement pour tous.

Parmi les participants, on comptait entre autres bouviers, Jean Bartin, André le Faou, ATEA 33, Pierre Gatard, Richard Maillet, Gilles Blaudeau et Carole Lombardot, Laurent Martin et Renaud Sorin, Antoine Dugué…

(note: vous pouvez retrouver l’expérience de la plupart des personnes citées en tapant leur nom dans la fenêtre « Recherche » dans la colonne de droite du site)

Des personnes ayant des projets d’attelage de bovins étaient aussi présentes pour en savoir un peu plus, pour pouvoir croiser des utilisateurs et échanger avec eux.

Mic Baudimant, musicien, brioleur et amateur de traction bovine a participé aussi activement en soulevant quelques questions intéressantes.

Sophie Arlot, réalisatrice de documentaires (voir « La vache fantôme » et les informations sur « le grenier d’images » sur le site) était présente pour en savoir plus, afin de peaufiner le projet d’un film consacré à la traction animale aujourd’hui en France.

Bien sûr, Jean-Léo Dugast couvrait le reportage photographique et nous suivrons ses articles sur son excellent blog et peut-être dans « Sabots » Magazine.

Un panel de jougs et de colliers étaient présentés et ont fait aussi l’objet de confrontations d’expériences d’utilisation.

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Christelle de Freitas, Jo Durand et Emmanuel Fleurentdidier examinent un joug de garrot 

(photo Jean-Léo Dugast)

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Discussions sur le matériel autour de René Dudognon (photo Jean-Léo Dugast)

Un rendez-vous a été donné au Salon de l’Agriculture pour continuer la réflexion et croiser d’autres bouviers dresseurs présents au salon avec leurs animaux.

Nous vous ferons part du contenu des discussions lors de la publication des Actes du Colloque qui sera réalisée prochainement.

A suivre!!

Michel Nioulou

Un grand merci à Jean-Léo Dugast et à Mic Baudimant pour nous avoir communiqué leurs clichés

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