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La ferrure du boeuf, Emile Thierry, 1904, Journal d’agriculture pratique, Tome 1

Merci à Laurent Avon de nous avoir communiqué ce document de 1904 extrait du « Journal d’Agriculture Pratique » consacré la ferrure des boeufs.

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« Revue d’Ethnozootechnie » et les boeufs de travail

La « Revue d’Ethnozootechnie », Patrimoines et Savoirs en Elevage, propose deux numéros consacrés aux bovins de travail

N°60 – Les boeufs au travail

Paru le 17/10/1997 
144 pages 

Sommaire

(144 pages) 
J.M. DUPLAN : Introduction – F. RINIERI-VILLAIN : Attelages de la vallée des Merveilles – F. SIDI MAMMAR : Le statut des boeufs dans les Alpes valaisiennes (Suisse). Réflexions anthropologiques à propos de la castration – M. PRIVAL : Le débardage à traction bovine dans les Bois Noirs (Puy de Dôme) – E. MONPIED : Les boeufs au travail : noms et nombre – L. REVELEAU : Les bovins de travail en Vendée du 19ème siècle aux années 50 – C. HONGROIS : Jouques de Vendée – F. SPINDLER : La répartition géographique en France des bovins utilisés pour la traction et son évolution jusqu’à la dernière guerre – E. MEININGER : Les bovins laboureurs à Cotacachi (Andes septentrionnales de l’Equateur) – F. VERSINI : De la compétition des boeufs-tirants et des charretiers en Guadeloupe – C. GRIFFIN-KREMER : Pourquoi et comment tourner à droite ? Labourer deisal avec des Boeufs – M. BARBOF : Jougs sculptés du Minho et du Douro littoral – E. VALL : La traction bovine en Afrique centrale soudano-sahélienne (Cameroun, Tchad et Centrafrique). 
HOMMAGE A FRANCOIS JUSTON 
N. BOCHET : Présentation des nouvelles contributions – F. JUSTON :A la recherche des attelages bovins à grand effectif. Réflexions d’un bouvier de France sur la Carrese de San Martino. Talents, tournage et poudre aux yeux – M. DES COLOMBIERS : Note sur le meilleur mode d’attelage des boeufs et des vaches (Reproduction d’une publication de 1841). Commentaires de F. JUSTON.

N°32 – Les bovins

Paru le 24/03/1983 
202 pages 

Ce document est aussi consultable directement sur le net en cliquant ici

Sommaire

(202 pages) 
J. M. DUPLAN : Présentation – F. POPLIN : Paléontologie des bovinae et origine des bovins domestiques – A. MUZZOLINI : La préhistoire du boeuf dans le nord de l’Afrique durant l’holocène – L. BODSON : Aperçu de l’élevage bovin dans l’Antiquité – J. M. DUPLAN : Le vocabulaire de l’élevage bovin dans les langues indo-européennes – J. J. LAUVERGNE : Les robes des bovins domestiques et leur formule génétique – C. MECHIN : Ethnologie d’une société forestière : le boeuf d’attelage dans la vallée de la Plaine (Vosges) – R. LAURANS : Les bovins et les transports routiers – N. BOCHET : Le comportement des bovins, savoirs traditionnels et acquis scientifiques – B. DENIS : Parenté et filiation des races bovines françaises actuelles vues par les auteurs anciens – M. THERET : L’introduction des races bovines britanniques dans le cheptel bovin français et ses conséquences – L. AVON : La conservation des ressources génétiques bovines en France : les causes d’amoindrissement – J. BOUGLER : Organisation actuelle des races bovines françaises – J. M. DUPLAN : Interventions et compléments.

Le débardage dans les bois noirs (Puy de Dôme), par Marc Prival

Article de Marc Prival, extrait de la Revue d’Ethnozootechnie n°60 « Les boeufs au travail » du 17/10/1997, parmi de nombreux autres articles sur le sujet.

Merci à Laurent Avon pour sa communication.

Cliquez ici  pour se procurer le numéro complet consacré aux boeufs de travail.

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Plans du travail à ferrer les boeufs de la maison Dubuisson, à Saint-Bonnet-de-Joux (71)

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Toutes photos Joanny Nioulou

Peu de travails à ferrer restent en place en Charollais et en Brionnais, deux régions d’élevage de Saône-et-Loire, où les attelages bovins furent légion.

Celui de la forge Dubuisson, maréchal-ferrant à Saint-Bonnet-de-Joux, trône dans la cour de la forge, au bourg depuis des décennies. Il a servi, voici encore peu d’années, au parage et/ou au ferrage orthopédique de bovins des alentours.

Ce doit être l’un des derniers, sinon le dernier de la région.

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Photo de famille Dubuisson (merci à André Dubuisson)

Il reste une pièce unique d’un patrimoine du Charollais-Brionnais, où les attelages de bovins sont restés très majoritaires jusqu’entre les deux guerres et ont perduré jusque dans les années 1960.

Les toutes dernières paires, à Bois-Sainte-Marie (canton de la Clayette), ont travaillé jusqu’au début des années 1980.

Ce travail à ferrer mérite une préservation au vu de sa rareté et de l’importance qu’ont eu les attelages de bovins dans l’histoire de la région.

Voici les plans et des photos de ce travail. (cliquez sur les photos pour les agrandir)

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Vous pouvez télécharger les plans papiers pour les imprimer, si vous le souhaitez.fichier pdf en cliquant ici.

Le travail est couvert et reste donc en bon état. Seules, les sangles de levage ne sont plus présentes en place. 

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Merci à la famille Dubuisson et à Michel Bouillot pour leur collaboration et leur aide.

Joël Frappier St Denis La Chevasse (85)

Joël Frappier était éleveur de vaches allaitantes sur 36 hectares. Bien qu’ayant acheté un tracteur, il a toujours travaillé en traction animale pour la plupart de ses travaux.

Il a toujours dressé des boeufs (Charollais, Maine-Anjou, Parthenay, Maraichin, Bazadais..) et des chevaux.

Il a eu sur l’exploitation, jusqu’à 4 paires de boeufs et 5 juments. Né avant guerre, il estime avoir dressé au moins 150 paires de boeufs dans sa vie.

Actuellement à la retraite, il exploite encore quelques hectares avec sa paire de boeufs Parthenay. Dès cet hiver 2013/2014, il entame le dressage d’une seconde paire de boeufs Parthenay et forme aussi un voisin au dressage et à la conduite des boeufs d’attelage.

Parallèlement à son activité d’exploitant agricole, il a toujours été très demandé pour participer à de nombreuses manifestations d’attelage et de fête locales, depuis plus de vingt ans.

Le chaussage d’automne…, avec les boeufs, au Chateau pape-Clément à Pessac (33), par Tifenn Vital

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Tifenn au salon de Montmorillon 2013 (Photo L. et A. Bernard)

Merci à Tifenn Vital, bouvière au domaine Château pape-Clément, de nous communiquer un texte sur les travaux d’automne dans les vignes du château.

« Au château Pape clément, alors que les vendanges touchaient à leur fin début octobre, les chevaux et les bœufs ont repris leurs quartiers dans l’enceinte du château. Au programme : chaussage des vignes !

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Apres deux mois de vacances, Blanc et Marrel les Gascons, ont dû rapidement se remettre au travail avec notre participation au salon de la traction animale pour quelques démonstrations simples de la nonchalance avec laquelle ils tirent la griffe ! Clic clac quelques photos et de belles rencontres avec d’autres bouviers, puis il fut temps de s’atteler aux 30 hectares du domaine.

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chaussage pape clément tifenn 12 2013 4 okDevant le travail intensif, les boeufs sont maintenant ferrés régulièrement au domaine.

Charrues potelières, adaptation de disques pour découper proprement la bande enherbée… C’est maintenant aux animaux d’adopter un rythme suffisamment lent pour permettre à la terre de se retourner en limitant les projections et…sans arracher de pieds !

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Tifenn au chateu Pape Clément (photo Jean-Léo Dugast)

Tant qu’ils n’eurent pas bien compris l’objectif des opérations, nos bœufs marchèrent un peu vite malgré nos « dolçament , dolçament » et légères pressions sur les guides afin de leur soumettre nos intentions… Et quand ils en avaient assez, ils n’hésitaient pas à serrer la vigne du mauvais côté en nous guettant d’un œil pour pouvoir ce que nous pouvions faire… bizarrement, lorsque nous nous munissions d’un aiguillon, serrer à droite ou à gauche n’est plus sujet à discussion ! Cependant il n’est pas toujours aisé de tenir une charrue dans l’argile en plus du bâton… Alors pour la prochaine saison, nous allons souder des portes aiguillons sur nos outils ! Et espérer qu’à force de kilomètres, nos deux amis cessent de nous tester régulièrement !

Cependant nous sommes satisfaits de leurs progrès et ils ont bien pris leur part de travail sur les 30 hectares de vignes que nous avons chaussés cet automne ! D’autant plus que nos bœufs ressortent de la saison en belle forme aussi grâce au maréchal-ferrant qui s’est occupé de les ferrer au château à l’aide d’un travail mobile, et d’une séance d’ostéopathie qui leur a débloqué quelques côtes et tensions ! Marrel avait notamment des cervicales bloquées et son port de tête s’est nettement relevé depuis cette manipulation… Depuis, il mobilise beaucoup mieux sa ligne du dessus dans les efforts de traction.

Pour l’hiver, les bœufs vont participer à un chantier de débardage, en paire au joug, en simple au collier… Et nous avons fait quelques séances de travail au cordeau sur Blanc pour préparer cette nouvelle aventure.

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Tifenn au salon de Montmorillon 2013 (Photo Traits de Savoie, Patrick Boonroy)

Cette nouvelle saison nous fait encore progresser dans le travail avec nos bœufs, d’autant plus que nous sommes exigeants : le château n’apprécierait pas des rais tortillant le long des rangs, et même si nous sommes parfois agacés de leurs « désobéissances passives », nous sommes certains d’être sur la bonne voie et de retrouver de saison en saison des animaux de plus en plus finement préparés au travail ! Patience, calme et justesse… Les bœufs nous donnent aussi de belles leçons… »

Tifenn Vital

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Le travail à ferrer les boeufs de la commune d’Anost (71)

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Photos issues du site de la commune d’Anost (71)

Le site de la commune d’Anost dans le Morvan en Saône-et-Loire présente le travail à ferrer entièrement reconstruit voici quelques années, qui se trouve sur la place centrale du village.

Un très beau reportage photographique d’Yvon Letrange, d’un ferrage des boeufs Charollais qu’avait Guy Namur jusqu’à il y a encore peu de temps.

Allez voir le diaporama sur le site de la commune d’Anost (en bas de la page) en cliquant ici.

  Pour travailler, bœufs et vaches étaient ferrés. Pour les maintenir pendant la pose du fer on utilisait des appareils dits « travails », qui alors étaient nombreux en Morvan. Il en reste aujourd’hui quelques-uns dont peu sont en bon état. Vous en découvrirez dans le village, au centre du bourg, ainsi qu’aux hameaux du Mont et du Creux.

  Certains étaient formés de montants de bois portant deux rouleaux munis de sangles grâce auxquelles on soulevait les animaux dont les cornes étaient attachées à une têtière de bois ou de fer. D’autres étaient formés de montants de bois auxquels on accrochait des brancards passés sous le ventre des bêtes qui restaient attelées par paire, le joug étant fixé à l’aide d’une cheville au montant central. C’est surtout ce modèle qui existait dans le sud du Morvan, notamment à Anost. On mettait en général deux fers par patte (ferrement à plat), un seulement à chaque sabot extérieur pour une vache ou un jeune boeuf.

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Photo Yvon Letrange issue du site de la commune d’Anost (71)

Travail au Homesteader tracté avec une paire de boeufs, par Solène Gaudin

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Homesteader équipé du Cover-crops relevé pour accéder à la parcelle

Solène Gaudin, nous communique un article consacré au porte-outil Homesteader de chez « Pioneer », modifié à l’attelage de boeufs par AMB88 cliquez ici pour voir.

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« Le Matériel Homesteader est prévu à la base pour les chevaux, une modification sur la partie avant du timon (modification faite par AMB 88) permet l’attelage d’une paire de boeufs au grand joug.

Les premiers essais sont réalisés sur une parcelle destinée à devenir une surface de maraîchage l’an prochain.

L’objectif du passage du cover-crops est de faire un premier pseudo-labour, de façon à décoller le plomb (plomb = herbe enracinée) avant d’épandre un fumier composté avant l’hiver, pour réaliser soit un labour de printemps ou un pseudo-labour.

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 Boeufs attelés au homesteader

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Le Homesteader permet le travail assis. (Alicia en formation Gestion et Protection de la Faune et de la Nature venu en stage pour la découverte de la traction animale)

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Le Homestaeder étant équipé d’un siège permet le menage par l’arrière

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Au travail vec le cover-crops 

Avis sur l’utilisation du Homesteader avec le cover-crops:

Une largeur de travail intéressante pour les grandes surfaces. Cependant l’outil étant moins large que la voie, l’utilisation doit se faire avec beaucoup de passages et de croisements pour travailler toute la surface. Le confort du bouvier est amélioré  par la position assise avec une conduite par derrière, l’outil étant devant, il évite au bouvier de se retourner pour voir son travail.
Sur un travail avec une terre précédemment travaillée, le passage du cover-crops laisse une bande de terre non décollée. L’outil doit repasser sur  le précédent passage, pour travailler les bandes côte à côte. L’investissement reste lourd pour un travail moyen par rapport à mes attentes. »

Solène Gaudin

Allez voir aussi l’article qu’y a consacré Jean-Léo Dugast sur son blog « Percheron international » en cliquant ici.

 

Liage des boeufs Limousins de Richard Maillet, Vaux (86)

Richard Maillet (cliquez ici pour voir) lie ses deux jeunes boeufs Limousins à l’occasion du salon de la traction animale de Montmorillon 2013.

Mes yeux se sont posés sur vos jougs…, article d’Etienne Petitclerc

Article paru dans le numéro 54 de la revue « Sabots », aimablement communiqué par l’auteur, Etienne Petitclerc. Merci à Etienne pour sa collaboration au site.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

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Mes yeux se sont posés sur vos jougs…

Le regain d’intérêt pour la traction bovine, dont témoigne le « coin des bouviers » de la revue « Sabots », ne peut que réjouir l’Amateur de traction animale. Combien de fois n’a-t-on pas laissé entendre que l’attelage bovin appartenait définitivement au passé, au folklore ?

Qu’il me soit permis d’apporter une modeste contribution à la découverte des bœufs au travail par cet aperçu des modes d’attelage français. Qu’il me soit déjà pardonné de ne pas livrer davantage de considérations techniques mais je préfère laisser à des plumes plus expertes le soin de commenter l’opportunité de tel matériel, les inconvénients de tel autre, comme je renvoie aussi à des communications ultérieures, les commentaires plus ou moins anciens d’utilisateurs reconnus, de vétérinaires, d’ethnographes qui, pour documenter un tel sujet, ont su se faire historiens, géographes, linguistes…

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Le joug double de nuque est la technique d’attelage bovin de loin la plus répandue en France. Il assure les fonctions de soutien, d’équilibre, de direction, de traction et de reculement. Selon les régions, la morphologie des animaux attelés, le travail demandé et les traditions locales, il revêt diverses formes et différentes tailles qui, comme les harnais des chevaux, permettent souvent d’identifier des jougs isolés, devenus anonymes. Monoxyle, ce type de joug est façonné en chêne (peu utilisé car trop lourd), en hêtre, en noyer, en aulne, en frêne, en bouleau, en tilleul…

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Les circonstances nécessitant d’augmenter les attelages sont nombreuses : les déplacements de lourdes charges (blocs de pierre, grumes par exemple), les labours difficiles, les grands véhicules agricoles (chariots et tombereaux betteraviers notamment), les pentes à gravir, les sols meubles. Le problème de la transmission de la force d’un attelage à l’autre ou la transmission simultanée de la force des attelages à la voiture ou à la charrue a connu différentes réponses qu’il est toujours passionnant d’analyser. Ici, une superbe attelée dans entre Valois et Multien (vers 1950).

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Quatre bœufs à la moissonneuse-lieuse en pays Toulousain dans les années 1950. Les bœufs de devant sont menés à l’aide d’un cordeau dont une extrémité est nouée à l’oreille droite du bœuf de droite et l’autre à l’oreille gauche du bœuf de gauche. La paire arrière est classiquement conduite (« touchée ») à l’aiguillon. La tradition de mener des bœufs avec ce système de cordeau (parfois attachée aux oreilles intérieures à l’attelage) se retrouve du Lot-et-Garonne aux Pyrénées.

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Système régulièrement condamné pour sa trop grande rigidité, le joug double de tête (ou de nuque ou de corne) suppose pour une utilité optimale des animaux de gabarit, d’allure et de force identiques. De nombreux brevets d’invention ont été déposés entre 1880 et les années1950 : jougs articulés (permettant de compenser la différence de taille entre les animaux enjougués), jougs coulissants (pour varier l’écartement entre les animaux selon les travaux) ou encore jougs à tirage modulable (pour déporter la traction vers l’animal le plus puissant)…

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Bien lier les bœufs ne s’improvise pas ; force et adresse se combinent dans cet auguste geste. Cette publicité de 1907 vante un système d’attelage et dételage rapide composé de courroies courtes munies de boucles et d’un levier de blocage. Il est intéressant de constater le faible écho de la quasi-totalité de ces innovations. Les causes avancées sont multiples, mais aucune suffit à expliquer complètement ce désintérêt : systèmes finalement peu convaincants voire inadaptés, ignorance de leur existence, cherté, mentalités coutumières voire réfractaires au changement…

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L’attelage bovin, aujourd’hui essentiellement admis comme un attelage en paire, s’est également autrefois pratiqué « en simple ». Le joug à une tête, le jouguet, connaît aussi plusieurs déclinaisons sensiblement différentes selon qu’il s’est agi d’utiliser un véhicule ou de travailler le sol. Dans la région bordelaise (en Médoc notamment), le bœuf est attelé à un jouguet dont les extrémités sont pourvues d’anneaux métalliques dans lesquels sont chevillées les mancelles de brancard d’une charrette. Ce type de jouguet assure les mêmes fonctions que le joug double auquel il emprunte ses caractéristiques « ergonomiques ». On en rencontre des variantes de l’Ardenne belge aux Alpes suisses.

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Le jouguet vosgien est percé de deux trous dans lesquels passent les brancards du chariot local. Cet attelage est unanimement jugé d’une grande rigidité. Les jouguets offrent cependant l’avantage de pouvoir atteler en cheville (en file) comme ici avec un cheval, parfois devant une paire de bœufs au joug double (vu sur des transports de granit dans les Vosges). Le poids des jouguets est d’environ 6 à 8 kg (12 à 30 kg. pour les jougs doubles d’une envergure variant de 1 à quasiment 2 mètres)

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Si le joug de tête est prépondérant en France, dans une partie de l’Espagne et du Portugal, le joug de garrot domine dans le monde (il avantage les bovins à encolure longue et à garrot saillant, surtout buffles et zébus). Les jouguets de garrot sont très répandus de l’Asie à l’Europe du Sud (attelage Napolitain) mais ils ne trouvent d’équivalent en France que dans Manche aux environs de Coutaninville, Blainville, Créances (ici « une noce en Basse Normandie. La belle mère apporte le trousseau de la mariée » par Joseph Louis Hyppolite Bellange en 1834).

Ce type de jouguet, parfois appelé « sauterelle », est peut-être hérité des jougs doubles de garrot très anciennement attestés dans plusieurs régions de France. Il n’en a toutefois subsisté de traces, en métropole, que dans le département de la Manche (région de Granville) et en Savoie (Aix-les-Bains).

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Le joug double savoyard est une curiosité sans autre équivalent en France. Il combine, dans un réglage et un équilibre subtils à obtenir, joug de garrot et joug de nuque. Il emprunte au joug d’encolure les fonctions de soutien et de traction, au joug de tête (ou de corne) celles du reculement et de la direction ; malheureusement, trop peu d’images nous le montre d’une façon détaillée.

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Une variante du jouguet de tête : le jouguet de front. Le modèle présenté ici est une production semi-industrielle. Le Larousse agricole (édition 1921) le décrit comme « une lame métallique portant à ses extrémités deux crochets d’attelage assemblés avec une pièce de bois reposant sur le front du bœuf par l’intermédiaire d’un coussin. Le jouguet est maintenu en place par deux courroies embrassant les cornes ». Ce jouguet assure une certaine indépendance d’allure aux animaux, appréciable au labour par exemple.

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Il ne semble pas attaché à une région en particulier, on le connaît en Berry, en Alsace… On l’observe toutefois principalement dans la moitié nord du pays, plutôt rattaché aux grandes exploitations agro-industrielles comme les célèbres établissements Bajac de Liancourt dans l’Oise ou les exploitations betteravières rattachées à la sucrerie-distillerie de Nassandres dans l’Eure.

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L’un des intérêts du jouguet est de pouvoir atteler à un même matériel (charrue, herse, chariot, charrette, etc.) des chevaux et des bœufs indifféremment mais surtout de varier à volonté les effectifs et les dispositions. Sa publicité en fait ainsi « un facteur moderne de productivité ».

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Ce mode d’attelage est particulièrement adapté aux sols plats et tirants (photographie prise dans le Nord). Le véhicule, ni porté ni retenu, doit s’arrêter par la seule interruption de sa traction. Le contrôle des animaux se fait à l’aide d’un cordeau pris sur un surnez en fer demi-rond crénelé ou une chaîne torse parfois gainés de cuir.

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Le collier moderne est apparu tardivement dans l’histoire de la traction animale sans doute initialement associé au cheval. Individualisant la traction, d’une conception morphologiquement aboutie, il est sensé être le plus efficace des harnais de tirage. Relativement onéreux, on l’a souvent vu comme un signe distinctif de richesse. Certaines régions réputées « pauvres » s’en sont pourtant faites les spécialistes : arrière-pays Rochelais, îles de Ré et d’Oléron, Monts Ardennais, Puy-de-Dôme, Ardèche…

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Le collier de bœuf est reconnaissable à son encolure longue et étroite, à la position des tirages, placés plus haut sur les attelles que pour un cheval. Selon l’utilisation, comme avec les jouguets précédemment évoqués, une sellette, un avaloire, des surfaix, divers types de chaînettes de timon complètent le harnachement. L’attelage bovin au collier particulièrement présent de part et d’autre de la frontière belge fait aussi partie des traditions agricoles lorraines et alsaciennes.

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Officiellement autorisée en France en 1872 (mais restée vierge de toute illustration jusqu’en 1889), l’édition de cartes postales connaît un succès fulgurant au début du XXème siècle. Objets de collection dès leur début, les cartes postales, grâce aux progrès de la photographie, représentent aussi bien des paysages que des monuments emblématiques, des événements locaux, des tranches de vie quotidienne plus ou moins théâtralisée (parfois jusqu’à la caricature!). Elles fixent pour la postérité, humains et animaux. Elles contribuent à façonner des identités régionales. Elles sont aujourd’hui la mémoire des rues, des champs et des usines, des marchés d’autrefois. Mais attention ! L’objectif amusé a souvent choisi des modèles atypiques, comme dans cette scène maintes fois reproduite mais qui ne correspond à aucune tradition beauceronne ! Des rachats de fonds entre éditeurs peuvent aussi « brouiller les cartes » en introduisant des légendes erronées.

Article paru dans le numéro 54 de la revue « Sabots » (Cliquez ici pour voir), aimablement communiqué par l’auteur, Etienne Petitclerc. Merci à Etienne pour sa collaboration au site.

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