Catalogue formation prommata 2022-1Formation à la traction bovine aux guides et au collier chez Pascal Durand 26, 27 et 28 Août 2022, Gentioux Pigerolles (23)
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Bon de réservation pour Vaches coifféesN’hésitez pas de faire circuler l’info, par bouche à oreille, pigeon voyageur, malle poste et bien sûr moyens de communication contemporains … !
Jougtiers, la relève arrive…
Vendredi 27 Mai 2022 au matin, Charnay-lès-Mâcon, sept heure trente, sept Jeunes de l’Académie des Bouviers du Puy du Fou arrivent les bras chargés de brioches Vendéennes, de pain frais et de viennoiseries pour un petit déjeuner copieux chez nous.
Lionel Rapin, l’encadrant du groupe, m’avait dit, tu fais juste le café, on amène le reste !
Ce matin là, Véronique mon épouse et moi même accueillons sept passionnés de bovins et de traction bovine.
Sur la route de l’Alsace pour se rendre aux quatre journées « Les bovins d’abord » organisées par Philippe Kuhlmann à Soultzeren et au Valtin pendant le long pont de L’ascension, les jeunes Vendéens profitent de leur déplacement loin de leur région pour s’arrêter chez nous et consacrer une journée complète à la découverte de la taille de deux jougs Vendéens.
Dès huit heures passées, les forces emmagasinées pour la matinée, nous nous dirigeons vers le bac où trempent depuis trois ans des billes de hêtre. Nous choisissons les deux meilleures en prenant en compte tous les critères de qualité nécessaires à la réalisation de deux jougs sans défauts de bois.
La première chose qui surprend les jeunes stagiaires est le poids conséquent des pièces pourtant de sections raisonnables de treize par quinze centimètres et d’un mètre soixante dix de long. Elles sont immergées depuis leur abattage pour qu’elles restent tendres lors de leur taille. Leur séjour prolongé dans le bac les a bien sûr saturées en eau. Depuis au moins deux ans, le bois est « coulé », c’est-à-dire qu’il n’a plus besoin d’être chargé de poids pour rester immergé. Ils peuvent ainsi rester des dizaines années sous l’eau sans s’altérer.
On dépose les deux futurs jougs sur le chantier éphémère installé au milieu du jardin.
Nous sommes en pleine ville et pourtant, fondus dans la végétation et sous des toiles tendues qui nous tiennent au frais, nous allons vivre une journée de travail qui restera mémorable tant pour l’ambiance très conviviale qui c’est installée dès le matin que par l’essence même de cette rencontre :apprendre à tailler des jougs en 2022 et transmettre un savoir-faire dont l’avenir reste précaire.
On sort les gabarits et nous décidons de tracer deux jougs de tailles différentes. Le tracé terminé, les axes repérés, nous entamons la taille de dégrossi.
Au début, les gestes sont hésitants. Peu de gens, qui plus est des personnes jeunes, ont encore l’usage régulier de la hache et encore moins de l’herminette. Mais au fil de la journée, à force de conseils et par la confiance acquise progressivement par chacun dans l’usage des outils, le geste devient meilleur et plus précis.
On commence par l’évidement des têtières, le travail est physique, la hache tombe avec force et les copeaux volent. Je leur conseille de s’économiser, d’avoir des gestes réfléchis et de ne pas travailler en force mais plutôt en souplesse avec les jambes fléchies.
Mais l’enthousiasme est tel que nos jeunes qui travaillent à trois ou quatre par joug en se relayant, restent très dynamiques et rapidement les quatre voûtes de têtière des deux jougs sont creusées.
Après un nouveau petit casse-croûte vers neuf heure trente (la Vendée et la Bourgogne ont la réputation de bien se tenir à table!!), nous attaquons le dégagement de l’arrière des têtières. La pièce commence à ressembler à un joug. Tous se réjouissent de voir apparaître progressivement la forme de l’objet qu’ils utilisent chaque semaine avec les paires de bœufs qu’ils attellent ou qu’ils côtoient. Ils prennent aussi conscience de l’investissement physique nécessaire à la réalisation d’un objet qu’on peut parfois considérer comme bien banal.
Je veille à ce que la taille des deux pièces avance à la même vitesse. Je prends aussi parfois la hache ou l’herminette pour rattraper un petit retard et parfois montrer à nouveau les gestes.
A midi, après avoir remis les pièces dans l’eau, la pause est la bienvenue.
Un repas Mâconnais préparé par Véronique avec saucisson à cuire, pommes de terre et gaufrettes Mâconnaises est plutôt apprécié. Le repas est un moment de partage, on parle, on rit, on échange. Je sens avec moi un groupe uni où chacun paraît toujours très motivé par le projet malgré le côté physique de la taille.
Nous avions préparé un petit cadeau, en l’occurrence un petit plant de frêne à planter symbolisant en partie l’avenir de la planète, mais aussi des futures billes de bois dans lesquelles pourront se tailler des jougs : pas d’arbres, pas de jougs !!! Y était joint un petit porte-clef de cuir en forme de vache réalisé par une amie.
La symbolique de l’avenir du climat ainsi que l’avenir de la taille des jougs en passant par un arbre à planter me semblaient importants. La lenteur de la pousse d’un arbre, le temps nécessaire à la réalisation d’un joug, le pas lent des bœufs, tout se rejoint !!
Le départ pour l’Alsace est prévu à dix-sept heures, le temps est compté !!
Nous ne finirons pas les jougs c’est sûr, mais nous allons tout faire pour bien les avancer. En effet, Christine Arbeit, co-organisatrice de la rencontre en Alsace, a demandé à ce que l’équipe présente le travail réalisé au cours de cette journée de taille lors d’une intervention le samedi au Valtin.
La journée ici en Saône-et-Loire est un peu un événement décentralisé des rencontres Alsaciennes, car Véronique et moi ne pouvions pas être présent dans la haute vallée de Münster cette année.
Chacun se remet donc au travail pour avancer la taille, on tombe les oreilles, on taille la piotte (le corps central du joug). En fin de journée, je montre rapidement quelques étapes suivantes mais, du fait du temps trop restreint à la maison, à leur retour en Vendée, les jeunes devront finir seuls avec l’appui d’un document écrit que je leur ai communiqué avant même leur venue. Ils seront aussi aidés par les sept vidéos de la taille d’un joug Vendéen de A à Z, qui sont en ligne sur le site « Attelages Bovins d’Aujourd’hui » (cliquez ici pour voir).
On enveloppe les deux jougs humides dans une bâche et l’équipe recharge le camion avant de reprendre la route pour Soultzeren et rejoindre l’Alsace et la rencontre « les Bovins d’abord ».
Fin d’un moment rare !!
Parmi Benjamin, Corentin, Hugo, Julien, Léonie, Lionel et Xavier se trouvent peut-être le ou les futurs passeurs du geste. Leur implication et leur engagement se ressent dès les premiers contacts.
Même si la bonne humeur et les blagues fusent sans décesser, l’objectif du projet n’est jamais perdu de vue et le découragement jamais de mise. L’humour n’a jamais freiné le travail et la journée a été très constructive. Leur détermination dans leurs projets autour des bovins d’attelage me paraît rassurante.
A ma connaissance, depuis les disparitions ces dernières années de René Alibert, Pierre Mougin et Marius Saint Léger, il n’y a plus d’anciens jougtiers « de tradition ». Depuis 2005, nous sommes trois à avoir repris la fabrication des jougs de travail : Lionel Rouanet dans les Pyrénées, Gilles Péquiniot en Alsace et moi-même en Bourgogne. Lionel est le plus jeune, Gilles et moi-même approchons la soixantaine, il faut absolument que des jeunes reprennent le flambeau. Lionel a déjà eu quelques stagiaires et moi les sept de cette journée. Je suis bien sûr prêt à réitérer l’opération.
L’avenir de la fabrication des jougs est peut-être en partie passé par Charnay-lès-Mâcon ce 27 Mai 2022 et, sans vanité aucune, j’en suis très heureux et rassuré.
Merci les jeunes, ces moments de partage ont été forts !!
Michel Nioulou
Le nouvel ouvrage de Jean-Paul Abadie qui vient de paraître ‘’Jean le dernier paysan face aux Pyrénées’’ est un témoignage ethnographique comme on en faisait avant et qui tend ici vers l’anthropologie. Ces sciences que la superficialité de notre société a rendues presque désuètes. C’est fort dommage car il reste toujours des sujets et des domaines à explorer et à transmettre.
Le sujet traite des derniers paysans, mais pas seulement. L’ouvrage retrace l’histoire de Jean Noël Dussenty dont les ancêtres venus du Volvestre (région située aux confins de l’Ariège et de la Haute-Garonne) à la fin du XIXème siècle, migrèrent jusqu’au pied des Pyrénées à Bazordan, village situé au Nord Est des Hautes-Pyrénées.
Dès le plus jeune âge, la vie rude et agreste fait de Jean un vrai paysan. Une vie simple, d’homme libre et travailleur, qui va s’éteindre à l’âge de soixante-seize ans dans le petit village de Campistrous, face aux Pyrénées, où il s’était marié.
Jean et son épouse Marie, sont les derniers habitants de ce petit village pyrénéen du Plateau de Lannemezan à avoir mené jusqu’au bout la vie de paysans. Travaillant comme l’ont toujours fait leurs ancêtres avec un attelage de vaches Gasconnes des Pyrénées, vivant en quasi autarcie, ils ont contribué à maintenir leur petite propriété familiale, seul héritage légué par les aïeux. Une fois eux disparus, le paysage qu’ils entretenaient changera totalement.
Un ouvrage dans lequel on parle de paysans, de vaches Gasconnes des Pyrénées, de respect de la nature, de relations humaines, d’adaptation au modernisme, de passé, de présent et aussi d’espoirs d’avenir.
En information complémentaire:
Entretien avec Jean-Paul Abadie pour son livre « Jean, le dernier paysan, face aux Pyrénées » | Fréquence Luzen cliquant ici.
Parution: Octobre 202, 153 pages, EAN : 9782913781986
Ce passionnant livre est en auto édition. Pour vous le procurer, contactez directement l’auteur:
06.83.87.01.57 ou courriel jeanpaul.abadie@gmail.com.
« Huot », « Dia », « Ho », les cris de Jérôme De Juriew résonnent pour guider Hector, dernier arrivé dans la famille du prestataire champenois. Ce bœuf de trois ans a entamé son apprentissage pour travailler le sol aux côtés des juments, chevaux et mules. Sur les terres de Benoît Déhu, à Fossoy dans l’Aisne, Hector a fait ses premiers pas dans le monde de la traction animale.
« Il s’agit d’un croisement entre un Ferrandais et un Vosgien, explique Jérôme de Juriew. Je l’ai acquis auprès d’un des derniers bouviers français, Philippe Kuhlmann, en Alsace. Il n’avait pas encore été conditionné à travailler dans quelque activité et apprend donc très vite. »
D’un poids d’environ 900 kilos, Hector présente l’avantage de ne pas être trop large et peut donc passer sans soucis dans les vignes étroites champenoises. Avançant à une cadence différente du cheval, il apporte une puissance décuplée et est utilisé pour décompacter le sol mais aussi pour des opérations telles que le décavaillonnage.
« Cela fait neuf ans que nous travaillons avec Jérôme pour labourer le sol d’une parcelle de meuniers de 50 ares conduite en bio, informe Benoît Déhu, viticulteur. C’est une manière de valoriser notre terroir. Le travail est plus long qu’au tracteur, mais il y a moins de tassement, et une précision accrue. »
Pour travailler les 50 ares du viticulteur, sur tous les rangs, Jérôme de Juriew a besoin d’une bonne matinée, soit un peu plus de 4 heures. Pourvu d’un canadien agricole, Hector désherbe mécaniquement les adventices qui ont poussé à une vitesse accrue cette année au vu des conditions météorologiques.
« Finalement, le bœuf est animal très polyvalent, avec un caractère tranquille, estime Jérôme de Juriew. Il faut faire attention et le ménager, car il peut se blesser et boiter. Avec un bon entretien, il peut travailler jusqu’à 13 ans sans problème. »
Pour maintenir ses animaux en forme toute l’année, le prestataire d’Orbais-l’Abbaye les utilise l’hiver pour entretenir les bords de rivière ou encore s’occuper des espaces naturels.
« Je réfléchis également à intégrer des lamas, à la fin de l’année, pour débroussailler des sites protégés, révèle l’amoureux des bêtes. J’aime diversifier mes activités. Pour moi, c’est une passion avant tout. »
Reportage de l’émission « invitation au voyage » sur Arte. Merci à Philippe Berte-Langereau de nous l’avoir signalé.
Cliquez ici pour voir l’article et la vidéo.
Article original :
Manuel Fernández
10 nov 2021 . Actualizado a las 20:10 h.
Ver a Domingo Pérez Ron (Santa María do Trobo, A Fonsagrada, 1941) tirar del carro que sostienen sus dos vacas es viajar en el tiempo hasta la época de nuestros abuelos, aquella en la que la mecanización del campo se antojaba como algo lejano e inasumible para los labradores. Basta con observarlo apenas unos minutos para entender que nacer y vivir en la Galicia rural es un lujo que no todos saben o pueden apreciar.
Domingo de Noceda —así lo llaman, en referencia a la aldea en que se crio y en la que ahora reside, con sus dos perros— tiene más de 80 años, pero tiene claro que morirá vinculado a la actividad agraria que desempeñó durante décadas. Él, que pertenece a una generación de hombres y mujeres fuertes, que nacieron en plena posguerra y conocieron en su propia piel la dificultad de vivir en un lugar aislado, disfruta ahora de su jubilación rodeado de montañas, en una aldea localizada a unos diez kilómetros de A Fonsagrada.
Pero Domingo de Noceda vive solo. No se casó y está acostumbrado a una vida rutinaria que empieza sin grandes madrugones y termina cuando la naturaleza duerme, con la llegada de la noche. Su adoración por los animales es palpable a metros de distancia. Suyo es el mérito de amansar a sus dos vacas y de labrar de forma manual las tierras en las que jugó de niño.
Sin embargo, disfrutar de la estampa que supone ver a Domingo entre montañas es un privilegio irrepetible, puesto que por su edad y estado de salud decidió vender una de las reses.

El fonsagradino es uno de los últimos gallegos que, hasta hace apenas unos días, salía con su carro tirado por vacas en busca de toxos. Para ello, la rutina que tan interiorizada tiene era la siguiente: primero tiene que «xoncer» las vacas, pero las tiene tan educadas que ellas solas saben salir de la corte y esperar fuera mientras el hombre coge «o xugo, as molidas e as sogas». Todo tiene truco, pero Domingo de Noceda tiene experiencia de sobra y, seguramente, podría realizar el proceso con los ojos cerrados. Seguidamente hay que «apoñer as vacas ao carro». Allí, a los pies de su casa, emprende camino hacia el monte, donde lo esperan «os toxos xa segados», en pequeños montículos. Pero en la montaña, la pendiente le obliga a cavar para que las ruedas del carro no lo desestabilicen.
Sus animales, fieles compañeros, lo esperan «a carón» mientras él empieza a cargar los tojos. El proceso termina con una cuerda (trelo) que garantiza que la mercancía llegue indemne hasta la corte.
Porque Domingo es un entusiasta del mundo rural, enamorado de Galicia y que adora a los animales. Todo esto que aquí describimos forma parte de su esencia, y es que este entorno se confunde con sus vínculos familiares, ya que son muchos los días en los que la vaca que le queda y sus dos perros son su única compañía
Article traduit :
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La dernière charrette à toxos tirée par les vaches de Domingo
M. Guntín / M. Fernández À FONSAGRADA / LA VOZ
GALICIA
Manuel Fernández
Un habitant de Fonsagrada âgé de 80 ans perpétue une tradition en voie de disparition en Galice
10 nov. 2021. Mis à jour à 20h10
Voir Domingo Pérez Ron (Santa María do Trobo, À Fonsagrada, 1941) tirer la charrette tirée par ses deux vaches, c’est comme remonter le temps, à l’époque de nos grands-parents, où la mécanisation des campagnes semblait lointaine et inabordable pour les agriculteurs. Il suffit de l’observer quelques minutes pour comprendre que naître et vivre dans la Galice rurale est un luxe que peu de gens connaissent ou apprécient.
Domingo de Noceda – comme on le surnomme, en référence au village où il a grandi et où il vit aujourd’hui avec ses deux chiens – a plus de 80 ans, mais il est certain qu’il mourra des suites de l’activité agricole qu’il a exercée pendant des décennies. Il appartient à une génération d’hommes et de femmes forts, nés au cœur de l’après-guerre et ayant vécu les difficultés de la vie en milieu isolé, et profite aujourd’hui de sa retraite au cœur des montagnes, dans un village situé à une dizaine de kilomètres d’A Fonsagrada.
Mais Domingo de Noceda vit seul. Jamais marié, il est habitué à une vie routinière qui commence sans levers matinaux et se termine lorsque la nature s’endort, avec l’arrivée de la nuit. Son adoration pour les animaux est palpable à plusieurs mètres. On lui attribue le mérite d’avoir apprivoisé ses deux vaches et de labourer manuellement la terre où il jouait enfant.
Cependant, admirer Domingo au milieu des montagnes est un privilège unique, car, en raison de son âge et de sa santé, il a décidé de vendre une de ses bêtes.

MANUEL
Le Fonsagradino est l’un des derniers Galiciens à partir, il y a quelques jours encore, avec sa charrette à vaches à la recherche d’ajoncs. Pour ce faire, il a intériorisé la routine suivante : d’abord, il doit « xoncer » les vaches, mais il les a tellement dressées qu’elles savent quitter la cour d’elles-mêmes et attendre dehors pendant que l’homme récupère « le jus, la viande hachée et les cordes ». Il y a une astuce, mais Domingo de Noceda a beaucoup d’expérience et pourrait probablement le faire les yeux fermés. Ensuite, il doit « mettre les vaches sur la charrette ». Là, au pied de sa maison, il part vers la montagne, où « les ajoncs déjà coupés » l’attendent, en petits monticules. Mais sur la montagne, la pente l’oblige à creuser pour que les roues de la charrette ne la déstabilisent pas.
Ses animaux, fidèles compagnons, l’attendent « a carón » pendant qu’il commence à charger les ajoncs. Le processus se termine par une corde (trelo) qui garantit que la marchandise arrive à bon port à la cour.
Domingo est un passionné de la campagne, amoureux de la Galice et des animaux. Tout cela décrit ici fait partie de son essence, et cet environnement se confond avec ses liens familiaux, car il y a de nombreux jours où sa dernière vache et ses deux chiens sont ses seules compagnie.