Journées d’échanges PROMMATA 2021, anniversaire des 30 ans
Oyé Oyé !! Une nouvelle rencontre des bouviers, bouvières va avoir lieue!
Cette année, elle se nomme « Les bovins d’Abord » et elle a lieue dans le massif des Vosges lors du week-end de l’Ascension.
4 Jours !!! Une occasion unique de rencontrer des pratiquant-e-s et passionnée-e-s de la traction bovine et ce qui tourne autour.
Jeudi et vendredi seront des journées techniques
Pour toutes précisions vous pouvez joindre l’organisation de la rencontre au 06 86 47 21 31
Programmation:
JEUDI 26 MAI à partir de 10 h
A Soultzeren 68140, Chemin du Lodenbach , en Alsace dans le haut Rhin, France
La restauration est à l’initiative de chacun sous la forme d’auberge espagnole ( vos spécialités régionales attendues, hum…). Animation musicale prévue, pensez à venir avec vos instruments et échauffer votre voix !
VENDREDI 27 MAI à partir de 10 h
La restauration est à l’initiative de chacun sous la forme d’auberge espagnole ( vos spécialités régionales attendues, hum…). Animation musicale prévue, pensez à venir avec vos instruments et échauffer votre voix !
SAMEDI 28 MAI
La journée se déroulera au village Le Valtin 88230 avec le soutien de la municipalité et du comité des fêtes
DIMANCHE 29 MAI
La journée se déroulera au village de Soultzeren 68140 avec le soutien de la municipalité et du comité des fêtes
Pour toutes précisions vous pouvez joindre l’organisation de la rencontre au 06 86 47 21 31
Le dimanche 6 juin 2021, le Musée départemental des tumulus de Bougon (79) a organisé une démonstration de traction animale d’araire dans le cadre de la manifestation nationale des Rendez-vous au jardin. Conservant un site mégalithique composé de cinq monuments exceptionnels, le Musée propose un voyage en Préhistoire. S’intéressant particulièrement au Néolithique, époque à laquelle les populations deviennent sédentaires en domestiquant certaines espèces animales et végétales le parcours de visite est ponctué par des expositions, des reconstitutions et le site archéologique.
L’araire, outil agricole à « tout faire* » apparaît vers -3500 avant notre ère1. Simple d’apparence, il est néanmoins complexe à produire et nécessite un savoir-faire pour qui souhaite s’en servir. Les recherches archéologiques et l’ethnologie font état de cet outil largement oublié dans nos régions.
Composés de matériaux périssables, les témoignages archéologiques sont rares et souvent partiels.
L’objectif de la démonstration réalisée au Musée était de tester en situation une reproduction d’araire d’inspiration archéologique et faire se rencontrer deux mondes professionnels qui ont à apprendre l’un de l’autre.
* travailler le sol : labourer, sillonner, butter, etc.
L’araire réalisé par Jérémie Vosges de la société Arkéo Fabrik est composé d’une pièce ramifiée d’orme. Le timon est formé d’une longue branche et le dental est taillé dans le tronc de l’arbre. Lors de l’expérimentation, le timon a été prolongé d’un faux-timon en frêne pour plus de maniabilité.
Les pièces annexes, mais néanmoins indispensables, sont réalisées en châtaignier pour le mancheron et en if pour le reille interchangeable. Le reille est solidarisé au corps de l’araire par un astucieux système de maintien : ces deux éléments sont percés d’une mortaise carrée dans laquelle vient se coincer le mancheron qui verrouille l’ensemble. Cette reconstitution s’inspire assez fidèlement d’une découverte archéologique exceptionnelle datée du tout début de l’âge du Bronze dans le site italien de Lavagnone près du lac de Garde. Le modèle est celui d’un araire dental.
La paire de jeunes bœufs, de leurs noms Max et Gaston, était menée par Laurent MARTIN, leur propriétaire et dresseur, ainsi que par Jo DURAND, éleveur et dresseur confirmé. Pour ces deux bœufs de race Vosgienne, cette démonstration de travail était leur première sortie réelle, depuis leur arrivée chez Laurent en août 2020. En effet, leur dressage est encore en cours et durera jusqu’en milieu d’année 2022. Toutefois, la majorité des bases du dressage sont déjà posées et acquises. C’est justement par le biais de travaux comme ceux réalisés au musée que leur apprentissage se valide, en nouant acquis et expérience.
Mis au joug sur un modèle américain, l’attelage à l’araire a nécessité l’utilisation de sangles en cuir et de cordes. L’ensemble formait ainsi un outil à la fois souple et stable, permettant un travail de sol efficace et aussi respectueux du rythme et des capacités des animaux.
Pour Laurent comme pour les bœufs, le maniement de l’araire fut une découverte. Mais grâce aux conseils affûtés et à l’expérience de Jo, le trio a pu assurer la bonne réalisation du projet. La parcelle de 400m² fut ainsi travaillée sans peine en 3h30 par Max et Gaston, en alternant phases de travail et de repos. Les passages successifs en croisé ont permis d’obtenir un résultat homogène. A noter que pour finir, Max a assuré à lui seul le tirage du rondin utilisé pour enfouir les graines de sarrasin semées par le public quelques minutes auparavant.
Si la culture du sarrasin n’est pas attestée dans nos régions au Néolithique sa présence à l’état sauvage a été mise en évidence grâce à différentes études. Citons notamment les analyses de restes de pollens réalisés dans la sépulture collective de la Chaussée Tirancourt (Somme)2. Le sarrasin sera récolté et transformé dans le cadre d’un projet pédagogique associant des élèves de 6een octobre 2021.
1 Pétrequin et. al. Les outils à moissonner et la question de l’introduction de l’araire dans le Jura (France). 2006. Pétrequin et. al., dir. Premiers chariots, premiers araires, CNRS éditions.
2Girard M. La sépulture collective néolithique de la Chaussée-Tirancourt (Somme) Analyse Pollinique. 2006, BSPF, n°103, p. 133-142
Maryse et Michel Berne (rouvrent leur musée agricole pour la saison 2020.
N’hésitez pas à faire un détour par Bourg-Argental dans le parc du Pilat, à 1h 15 de Lyon, 35 minutes de l’autoroute A7 et 30 kilomètres de Saint Etienne, pour découvrir leur ferme de montagne, leur musée et rencontrer deux passionnés dont la gentillesse est à la hauteur de leur investissement dans l’attelage des bovins, la sauvegarde du patrimoine agricole et le maintien des savoir-faire.
Attention, le musée est fermé le dimanche.
Contact, Maryse et Michel Berne:
04 77 39 60 75
maryse1955@hotmail.fr
En 1993-1994, l’Ecomusée de Savigny-le-Temple (Seine-et-Marne) présentait l’exposition « Jougs, contre Jougs ».Cette exposition était une initiative de l’AFMA (Fédération des Musées d’Agriculture et du Patrimoine Rural), du musée national des Arts et Traditions populaires, avec le CNRS et bien-sûr de l’Ecomusée de Savigny-le-Temple, pour son financement.
« Cent jougs des provinces de France » étaient proposés à la découverte des visiteurs mettant en valeur leurs variations typologiques et les travaux effectués par les bovins ainsi attelés. Les jougs provenaient des collections du musée national des ATP mais aussi de très nombreux musées ruraux à travers la France.
Depuis lors, aucune exposition de cette importance n’a été réalisée. Le musée national des ATP a reçu le legs de la très importante collection de jougs rassemblée par Jacques Leclerc et est devenu, en 2013, le musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem). L’Ecomusée de Savigny-le-Temple a été dissout et ses collections en partie conservées aujourd’hui au musée départemental de Seine-et-Marne à Saint-Cyr-sur-Morin.
En accord avec les organisateurs et notamment Edouard de Laubrie, à cette époque commissaire-adjoint de l’exposition et aujourd’hui responsable du pôle « agriculture & alimentation » au Mucem et par le biais de Pierre Del Porto, Président de l’AFMA qui en a réalisé la copie, vous trouverez le fac-similé du catalogue de cette exposition, présenté ici en deux parties.
Un grand merci à tous ces acteurs, de permettre de partager ce document qui, sans eux, serait resté confidentiel et oublié.
Pour les découvrir, cliquez sur les liens ci-dessous:
Jougs, contre Jougs 1993 Part 1
Jougs, contre Jougs 1993 Part 2
Voici en dix-sept parties publiées au fil des jours, des clichés réalisés par Léonnie Biteau aux rencontres de bouviers 2019 à l’Ecomusée d’Alsace d’Ungersheim.
Elle a laissé traîner discrètement son oeil et son cadre sur quatre jours de rencontres riches et diverses.
Merci à elle pour sa remarquable contribution et son travail de qualité.
Partie 1
Partie 2
Partie 3
Partie 4
Partie 5
Partie 6
Partie 7
Partie 8
Partie 9
Partie 10
Partie 11
Partie 12
Partie 13
Partie 14
Partie 15
Partie 16
Partie 17
La famille Mallet de Lavastrie, restaurateur et taxi possède deux paires de boeufs Aubrac.
Une grande première depuis plus de deux mille ans. C’est au mois d’Août qu’ont lieu les fêtes de Grannos chez les Lemovices, peuple gaulois du Limousin, sur l’oppidum de Coriobona dans la vallée de l’Issoire.
Coriobona est un village reconstitué, grandeur nature avec une ferme aristocratique fortifiée, où l’on peut découvrir la vie au quotidien des Gaulois lors du I er siècle avant J.-C., celle de l’artisanat, des guerriers et des marchands (Cliquez ici pour voir). C’est avec leur chef Eporenos (Monsieur Boos Patrick) restituteur et de toute la troupe des Gaulois d’Esse que va se dérouler la moisson.
Ce n’est pas la première fois que j’interviens sur ce site puisqu’en automne 2017 avec Solène Gaudin nous avons participé au tournage d’un documentaire « Le vrai visage des Gaulois », où nous avions réalisé un labour à l’araire gauloise, avec deux bœufs vosgiens.
Cette fois-ci, il s’agit de la moisson avec le vallus, la moissonneuse gauloise, dont la représentation a été trouvée en Gaule Belge.
C’est une première pour cette reconstitution avec un bœuf vosgien.
D’autres essais avaient été réalisés avec un cheval ou un âne et même avec des hommes. La réalisation de la moissonneuse n’est pas seulement du folklore « à la gauloise » pour le grand public venu passer la journée sur ce site, mais c’est surtout une restitution grandeur réelle avec deux archéologues, Sammy Benmakhad doctorant archéo-agronome, et Stéphane Gaudefroy, de l’INRAP et céramologue, venus pour l’occasion.
Le vallus a été réalisé par Patrick Boos d’après des sculptures, et de deux textes antiques de Pline et de Columelle.
Le vallus est tout en bois: c’est une caisse avec, à l’avant, un peigne qui vient cueillir les épis d’épeautre, et à l’arrière des brancards dans lesquels on vient loger le bœuf. Ce vallus est connu par les Gaulois dans le nord de la France, en Belgique, et en Allemagne, lieu de grandes cultures où l’on cultive l’épeautre et le millet.
Paradoxalement, c‘est une machine tractée, mais où « l’outil » est devant le boeuf.
A l’arrière, un homme qui tient le vallus règle la hauteur de coupe. A l’avant, un homme rabat les épis vers le peigne.
Cette moisson va se faire avec Tino, bœuf vosgien de quatre ans, dressé au menage en solo par l’arrière. Là, on n’a pas mis la charrue avant le bœuf, mais le vallus.
Il a donc fallu apprendre à Tino à tirer pour pousser l’outil. Lors de la préparation et pour la présentation, je suis aidé par Emile qui sera à la manœuvre du vallus mais aussi par Elian qui sera rabatteur.
Tino est un bœuf qui apprend vite même si la manœuvre est délicate pour lui.
Il faut qu’il tire le vallus pour qu’il avance, qu’il apprenne à le faire tourner et à faire demi-tour sur place. Pour cela, on a fabriqué un vallus d’entraînement, un essieu, une caisse, et des brancards. Le valllus doit être équilibré car le bœuf tire et Emile doit tenir les brancards pour tenir la direction mais n’avoir aucun poids à porter. Tino pousse bien l’outil, il faut maintenant le faire tourner, ce qu’il réalise assez bien, puis faire demi-tour sur place. Après une heure d’entraînement, on sait que Tino va pouvoir réaliser la moisson.
Fin Juillet, Emile, Tino et moi nous nous rendons à l’oppidum de Coriobona, où nous retrouvons Patrick Boos qui va nous montrer le vallus avec lequel nous allons travailler. On garnit Tino puis on le met dans les brancards. C’est Patrick qui se place à l’arrière pour la direction, puis l’on fait marcher Tino. Il effectue des lignes droites et des demi-tours. Tout se passe comme à l’entraînement.
Nous sommes prêts pour la moisson.
Enfin, les grands jours arrivent, les visiteurs sont là en nombre et certains sont venus spécialement pour voir un bœuf travailler, suite à l’annonce faite sur le blog de Michel Nioulou : « Attelages Bovins d’aujourd’hui ».
Après la présentation du vallus et de Tino dans l’hémicycle du village, on se rend dans le champ où l’on doit moissonner l’épeautre, accompagnés des Gaulois du village et des archéologues.
C’est un grand moment de l’Histoire que l’on va reconstituer, avec des gestes autrefois quotidiens que l’on va réaliser dans l’idée de les redécouvrir. Tino est prêt, tout le monde attend ses premiers pas dans le champs. C’est parti, Tino pousse ou tire et Patrick rabat les épis vers le peigne du vallus. Les premiers épis tombent dans la caisse. Le vallus fonctionne, la moisson se déroule comme il y a deux mille ans. On peut voir la satisfaction des reconstituteurs, des Gaulois d’Esse, des archéologues, et de Patrick qui a fabriqué le vallus, des bouviers, qui ont tous le sentiment de vivre une grande première.
Maintenant que l’on sait que ça marche, cette reconstitution permet aussi de faire quelques modifications sur le vallus afin d’améliorer la récolte mais c’est aussi ce qu’ont dû faire les Gaulois de l’époque.
Ces journées étaient plus que de la simple démonstration, elles vont permettre de continuer les recherches et les études à venir, montrer au public le travail de la traction bovine, expliquer le futur à travers le passé. Mais nous sommes « aujourd’hui » , au temps où l’on se pose toutes ces questions sur notre avenir, notre agriculture, nos énergies, nos sols, mais aussi sur notre travail avec les animaux….
La moisson se termine sous les applaudissements du public! Alors merci à tous ces gens d’être venus redécouvrir notre passé, merci à Patrick Boos, aux Gaulois d’Esse, aux archéologues. Merci à Solène Gaudin pour son travail en amont, à Michel Nioulou pour son blog qui aide à communique. Merci à Tino, premier bœuf à pousser le vallus depuis deux mille ans. Un grand merci à Emile et Elian pour les heures de préparation de dressage. Comme toujours chez les Gaulois, c’est avec un banquet que s’achève la fête de Grannos.
Emmanuel Fleurentdidier
Bosognatos « celui qui connaît les bœufs »
Contact :
les Gaulois d’Esse, le pont Binot, 16 500 ESSSE