Retrouvez Jean-Luc Guerrringue et ses boeufs sur ce reportage de France 3 publié en Novembre 2019.
Reportage L.Ducrozet, Philippe Arbez
Retrouvez Jean-Luc Guerrringue et ses boeufs sur ce reportage de France 3 publié en Novembre 2019.
Reportage L.Ducrozet, Philippe Arbez
Je vais essayer de vous écrire un article sur mes expériences « bovines. »
Passionnée d’équins dès mon plus jeune âge, j’ai acquis mon premier cheval à dix ans, un vif Camarguais destiné au triage des taureaux. Je suis d’abord cavalière, fascinée par les animaux de travail, et j’ai passé un Certificat de Spécialisation pour le métier de Cocher en 2006 au CFPPA de Montmorot, suite à un voyage en attelage qui avait débuté dans le Minervois et s’était achevé dans le Jura.
J’ai suivi la formation en réalisant des stages dans diverses fermes, en différents lieux (Belgique, Ariège, Pyrénées-Orientales, Jura, etc…). Entre-temps, je me suis occupée du petit troupeau de la maison, trois mules et quatre chevaux, et j’ai pu expérimenter différentes attitudes et aptitudes de ces agréables compagnons.
Les mules ont une énergie qui me dépasse par moment, ayant de très jeunes enfants à cette époque et n’étant pas disponible à cent pour cent. Les chevaux de trait manquent de régularité dans le travail de la terre (ce qu’ils ont fini par acquérir avec le temps !) et on me conseille régulièrement les bovins !!
L’histoire du boeuf a donc commencé avec l’arrivée de Mireille et Niko, des éleveurs-voyageurs qui, cherchant un lieu pour fabriquer un « travail » afin de ferrer leurs vaches, se sont arrêtés à la maison quelques jours.
Partis des Pyrénées-Atlantiques pour se rendre dans les Alpes, où une estive les attendait, ils ont fait une halte de plusieurs jours, ce qui m’a permis de leur faire part de mon « coup de coeur » pour Nougaï, leur jeune veau Béarnais.
Et puis, les voyageurs sont repartis, sept mois se sont écoulés, et la vie a continué lorsqu’un coup de fil inattendu est arrivé disant ceci: « Viviane, ton veau est sevré, il t’attend dans le Vaucluse ! »
Partagée entre le doute et l’envie, je pars avec mes deux filles enchantées chercher Nougaï, déjà costaud, qui rentre tout juste dans le petit van qu’on m’a prêté pour l’occasion. A l’aise avec la bourrellerie, j’ai pu, avec mon rouleau de cuir, réaliser un licol sur mesure.
Nougaï est arrivé fatigué et perdu dans son nouveau chez lui : une belle clôture deux fils et un box de trois par trois l’attendaient (il semblait tout petit). Rapidement je lui mets une brave jument de trait pour lui tenir compagnie et prends un rendez-vous avec le vétérinaire pour la castration (étape délicate). Nous allons le voir, le brosser presque tous les jours afin qu’il s’habitue à nous, il est content de nous entendre arriver, fort démonstratif, il meugle et nous suit le long de la clôture lorsqu’on part.
Et puis très vite, j’ai commencé à vouloir faire des promenades au licol, et de loin, impossible de savoir qui mène qui, et puis, petit à petit, plus de doute, c’est moi qui le mène. Il tient à l’attache et monte dans le camion sans difficulté.
Mes deux filles et moi décidons de partir à la Mer, cinq jours de balade, une jument pour soulager mes deux filles et le boeuf bâté pour porter nos affaires, ainsi que la marche pour tisser la confiance et le voyage pour tester nos envies et notre tenacité.
Le voyage est magnifique, l’accueil que suscite notre petite tribu me « bluffe », la présence du boeuf surprend, le saugrenu du projet amuse les gens et la présence de Nougaï pousse au respect.
La bienveillance naît grâce à la présence de mes deux filles et du boeuf, j’en reste complètement stupéfaite !
De retour de ce petit périple, j’entreprends d’atteler Nougaï, il accepte le harnais sans souci, étant déjà habitué à l’attache sur une chaîne de six mètres cinquante, il n’est pas surpris par le contact des « traits » qui viennent régulièrement dans ses pattes. Il tire très vite son pneu par monts et par vaux, les enfants se régalent de descendre et monter sur celui-ci, et rient sans arrêt, oubliant même la présence de l’animal.
Le convoi est heureux et l’entreprise a fonctionné parfaitement. J’essaye par la suite de le mener avec les longues rênes plutôt qu’à la tête, ce qui le déstabilise un peu dans les premiers temps et qu’il accepte par la suite. Je nous sens donc prêts pour « tenter » le Grand Jour, le jour où nous allons mettre Nougaï dans les brancards devant l’attelage agricole 4 roues. J’ai toujours une bonne montée d’adrenaline à ce moment-là, ayant déjà essuyé quelques départs dynamiques. Je choisis une petite route légèrement montante sur laquelle le boeuf n’aurait pas trop à tirer. Les premiers trois cent mètres vont bien, et puis une légère descente provoque le contact de « l’avaloir », surprenant Nougaï qui se met au trot. Cela m’ oblige à lâcher les seuls liens qui nous unissent. Nougaï rentre dans un grand pré longeant la route, galope, pour finalement s’arrêter, essoufflé. Il nous attend, inquiet.
Nous reprenons donc les « commandes » et repartons jusqu’à la maison bien tendus mais quand même satisfaits par cette première sortie. Quelques jours après, nous reprenons le boeuf entre deux barres en bois et reculement serré afin de le désensibiliser, nous faisons plusieurs sorties en le contraignant régulièrement, ce qu’il accepte petit à petit.
Par la suite, nous sommes repartis avec un attelage tiré par une jument et le boeuf monté ou bâté vers l’Ariège par la Voie Verte (Mirepoix-Foix-Saint Girons). Ce voyage nous permet de déménager certains animaux vers notre prochaine destination, car nous allons nous installer sur la Ferme des Moulis (09290 Camarade).
Nous n’avons pas ré-attelé le boeuf sur ce périple comme il était prévu, car nous avons rencontré sur notre chemin trop de marcheurs et de cyclistes en cette période estivale. De plus Nougaï est vite sensible des pieds et cherche rapidement à marcher sur le bas-côté.
Pour les connaisseuses et les connaisseurs, vous comprendrez très vite que ce genre de périple avec un bovin créait des « noeuds administratifs » plutôt désagréables. J’avais pris soin avant de partir de faire faire à Nougaï une prophylaxie (une prise de sang) pour pouvoir prouver au cas où, que mon animal n’était pas porteur de maladies contagieuses, mais la démarche est apparue incomplète et on me culpabilisa d’avoir mal fait, la bonne démarche étant de créer un nouveau « Cheptel », d’obtenir un nouveau numéro afin d’être enregistré en Ariège, de procéder à une première prophylaxie quinze jours avant « l’introduction »(dans le cheptel nouvellement créé) et de faire une seconde prophylaxie quinze jours après « l’introduction ».
Ces démarches n’ayant « ni queue ni tête » me concernant, puisque mon cheptel n’est composé que d’un seul bovin, je contacte donc la Chambre d’Agriculture de l’Aude afin de faire passer Nougaï pour un animal « forain » voué au nomadisme. J’attends encore leur réponse bien que je commence à me dire que je vais sûrement chercher une autre maison pour Nougaï afin qu’il travaille davantage.
Alors voici la vraie raison de cet article : Je cherche une bonne maison pour Nougaï !! Une maison où il ne finira pas en steaks tout de suite, car ça tout le monde peut s’en occuper et c’est une prédiction qu’il a déjà assez souvent entendue ! Nougaï est sensible, heureux et loyal, c’est un animal de coeur qui donnera sans compter car il a appris à aimer l’humain et ça … ce n’est pas une évidence pour tous les êtres vivants !!
Si vous êtes prête ou prêt à l’aimer, venez le voir et … peut-être deviendra-t-il votre compagnon de vie et de travail comme il l’a été pour nous. Je serais par ailleurs intéressée pour terminer d’atteler Nougaï à la quatre roues, et serais prête à rémunérer une personne pour venir à la maison une semaine afin de le travailler à deux.
Viviane Dautais
Merci à Erwan Morin qui partage ses textes et photos de la FORMATION à la TRACTION BOVINE qui se déroule cette semaine.
Quelques nouvelles depuis Ungersheim à l’ecomusée d’Alsace où je suis la formation bouviers avec Philippe Kulhmann
La formation a fait le plein: nous sommes 10 stagiaires
Première journée:
Approche des bœufs, généralités sur la morphologie et les types de jougs puis très vite la prise en main.
Nous avons la chance d’avoir Fréderic Grivel avec sa paire de bœufs crunchy et gipsy
Donc on travaille avec deux paires.
Et cet après midi on a attelé le tombereau avec la paire de l’écomusée pour du débardage.
Puis la grande charrette avec les bœufs de Fred
On a de supers échanges avec les autres stagiaires
Voilà pour la première journée
Demain on devrait travailler dans les champs
Voir Facebook en cliquant ici où vous découvrirez quelques vidéos.
Jour 2
Deuxième jour de formation en traction bovine sous l’égide de Philippe Kulhmann :
La matinée est consacrée au débardage dans les bois. Les deux paires de bœufs sont attelées au joug double.
Les techniques sont variées.
Les apprentis bouviers se familiarisent petit à petit à la force de traction vigoureuse des bœufs vosgiens.
La paire Varo-Grivet de l’écomusée est plus puissante.
Les bœufs de Frédéric Grivel Gipsy-Crunchy sont plus jeunes, très dynamiques et apprennent le métier.
L’après midi est consacrée à l’épandage du fumier dans les vignes.
Les bœufs travaillent seuls l’un au joug simple, l’autre au collier.
Une charrue simple est attelée tour à tour sur les différents animaux.
La journée se termine avec le soin des bêtes qui l’ont bien mérité.
Jour 3
La matinée est consacrée au travail dans les vignes et au débardage. Une jeune vache n’ayant jamais porté le joug est débourrée au collier. L’après midi est consacrée à la visite des installations, du troupeau et des matériels de Philippe Kulhmann.
France 3 Alsace a fait un reportage ce matin sur le stage. Voir à 17 minutes 17 secondes.
Jour 4
Quatrième journée de formation à la traction bovine avec Philippe Kuhlmann.
La matinée est consacrée au travail des bœufs à la vigne et à l’attelage au collier avec les guides.
Les travaux de débardage avec différents matériels occuperont notre après midi ainsi que le dressage d’un jeune veau.
Jour 5
Cinquième et dernière journée de formation. La matinée est consacrée au travail en maraîchage avec un boeuf attelé au collier puis au joug simple.
L’atelier suivant était consacré au ferrage des boeufs.
Au cours de l’après-midi, Philippe Kuhlmann nous a fait la démonstration du chargement d’une grume à la scierie avec une paire de boeufs.
Découvrez l’article disponible sur le site https://la1ere.francetvinfo.fr/ en cliquant ici.
Marcel Margerit travaille avec des boeufs depuis toujours.
Voici presque deux années qu’il s’est installé en Saône-et-Loire après sa retraite.
Il remet en état un petit domaine de quelques hectares à l’aide de ses jeunes boeufs Vosgiens achetés chez Philippe Kuhlmann.
Voici une vidéo du printemps 2019 où il herse et nivelle une prairie en utilisant le système ancestral et économique des branchages réunis en un gros fagot alourdi par une charge. Cette technique peut être aussi utilisée pour émietter le fumier après un épandage à la fourche.
Mélusine Bailloux-Arbeit vient de créer une page Facebook pour notre site « Attelages Bovins d’Aujourd’hui ».
Retrouvez la page en cliquant ici.
C’est à l’occasion de la dernière rencontre de bouviers en Alsace, que cette jeune passionnée qui côtoie régulièrement l’attelage bovin sur la ferme de Jo Durand et de Christine Arbeit sa mère, nous a annoncé qu’elle mettrait en place la page.
Ce réseau social permettra surement de diffuser plus largement les informations et de faire connaitre a de nouveaux publics la pratique de l’attelage bovin en France.
N’hésitez pas à consulter, alimenter, partager la page Facebook et à diffuser l’information.
Merci à Mélusine qui, malgré ses études agricoles en cours, prend du temps pour alimenter la page et faire connaitre la pratique.
Photos Bruno Barlier, issue de l’article de « La Montagne »
Cet article de Romain Conversin a été publié dans « La montagne » le 18/05/2019 et est consultable en ligne avec sa vidéo en cliquant ici.
Le lycée agricole d’Ahun a vécu un retour dans le passé. Jeudi, des machines anciennes, tractées par des chevaux, des ânes et des bœufs, ont permis de planter des patates dans deux parcelles de l’établissement. C’était la quatrième édition de l’opération « Patates solidaires », pilotée par l’Association des membres de l’ordre du mérite agricole (AMOMA) de la Creuse.
« Nous voulons conduire une opération d’intérêt général en partenariat avec le lycée agricole et la banque alimentaire, précise Alain Parrain, président de l’AMOMA 23. La banque alimentaire nous disait qu’ils manquaient de légumes frais, alors on s’est demandé ce que l’on pouvait faire. On a décidé de planter des pommes de terre. La moitié de la récolte revient au lycée agricole, et l’autre moitié à la banque alimentaire. »
Près d’une tonne de semence a été plantée ce jeudi sur deux parcelles avoisinant les 7.000 mètres carrés à elles deux. De quoi avoir une récolte bien fournie à la fois pour le lycée et pour la banque alimentaire.
Il y a deux ans, 20 tonnes avaient été récoltées. L’année passée, moitié moins, la faute à la sécheresse. « Il y a deux ans, on avait pu tenir toute l’année avec les patates récoltées », rappelle Christophe Montagne, enseignant en agro-équipement au lycée agricole.
Après la plantation, un comité de pilotage, mené en partie par les professeurs et leurs élèves, mais aussi des bénévoles de l’AMOMA et de la Banque alimentaire, s’occupera de prendre soin du terrain. « Il s’agit surtout de bien vérifier qu’il n’y ait pas de doryphores », précise Christophe. Ces mêmes bénévoles se chargeront ensuite de la récolte. Au mois de septembre. Romain, en troisième, l’avait déjà fait l’année dernière. « Il faut bien trier selon les calibres, les races, les couleurs. »
Photos Bruno Barlier, issue de l’article de « La Montagne »
Pour Jean-Pierre Lafaye, directeur du lycée agricole, c’est obligatoire d’inclure les élèves dans le processus. « Ils mettent de la sueur dans la plantation et plus tard dans la récolte. C’est concret. Et ils voient comment fonctionne une action solidaire. C’est important pour un établissement public comme le nôtre de transmettre ces valeurs. »
Les élèves du lycée agricole ont pu aussi apprécier la manière dont les patates ont été plantées. Avec du matériel agricole ancien. « Ca nous permet de voir un peu comment nos grands-parents pouvaient travailler », raconte Romain. « On voit surtout que c’est plus compliqué qu’avec un tracteur », sourit Henri, lui aussi élève en troisième.
Ce n’est pas vraiment l’avis de Christophe Montagne, qui pense que ces matériels étaient en avance sur leur temps. « Cela demande plus de préparation en amont, avec les bêtes notamment. Mais au niveau de la plantation, c’est le même type de travail, précise-t-il. On voit quand même que ces machines étaient déjà très sophistiquées. Les machines d’aujourd’hui reprennent un peu le même fonctionnement. »
Pour l’AMOMA, faire appel à ce type de matériel était avant tout pour marquer les esprits. « On voulait sensibiliser un public plus large, dit Alain Parrain. C’est un peu insolite de voir des bœufs et des planteuses anciennes. »
C’est aussi grâce à la société d’attelage, qui a ramené matériels et animaux, que Brigitte Conrairie est retournée au lycée agricole. Elle gère la société Mon Jardin avec son mari et a donné des plants. Elle n’avait pas entendu parler de l’opération « patates solidaires » avant cette année. « Je faisais partie de la promotion 1978, sourit-elle. Je n’étais pas revenue depuis. Cette opération permet aussi de créer du lien entre les anciens et la jeune génération.
Romain Conversin
Photos : Bruno Barlier
Voir aussi l’article de « La Creuse agricole et rurale » en cliquant ici.