1 36 37 38 48

Débardage en 2010 par Thierry Dupré, prestataire de service, article du site du conseil général de Haute-Garonne.

Article issu du site du conseil général de Haute-Garonne.
 
Des animaux de trait en forêt de Buzet.
 
Deux demi-journées d’animation sur le thème du débardage par traction animale ont été organisées les 8 et 20 juillet 2010 en forêt départementale de Buzet. La présentation d’une exposition de joucs et de photos anciennes a été suivie d’une démonstration du travail de débardage par Rainette, la jument, Paco, l’âne, Pardol et Boêt les deux bœufs. Outre le fait de faire découvrir ou redécouvrir ces pratiques aux participants ces journées avaient pour but de mettre à l’étude le traitement de certaines parcelles forestières du massif.
 
 
200 personnes sont venues assister au travail de ces animaux et de leur meneur, Thierry Dupré, aidés par les agents forestiers en poste sur le massif. Une occasion rare de se rendre compte de la complicité entre l’homme et l’animal ainsi que de la qualité des travaux réalisés par les animaux.Ces techniques de trait, respectueuses de l’environnement, s’inscrivent dans une politique de développement durable et de respect des pratiques sylvicoles.
 

Une histoire de transmission…, le ferrage des boeufs aujourd’hui, par Tifenn Vital

Une histoire de transmission…

Les bœufs Blanc et Marrel sont arrivés au château Pape Clément sous les premières lueurs du discret soleil printanier: l’aventure se poursuit.

Après le dressage de ces deux Gascons originaires des Pyrénées Ariègeoises , il fallut former des personnes compétentes au travail du sol et à l’utilisation des bovidés, trouver les derniers selliers-harnacheurs fabricant des colliers adaptés, des jougs sur mesure…

Mais alors que Blanc et Marrel commençaient à travailler dans les rangs des grands crus, leurs onglons s’usaient et risquaient de rendre pénible leur travail. C’est ainsi que nous prenons la direction de Labroquère (31) afin de rencontrer Jean Ousset, maréchal-ferrant de 74 ans qui nous accueille dans son atelier … Le brochoir que l’Homme tient dans ses mains lui a été forgé par son père en 1954, et n’a cessé de ferrer bœufs, vaches et chevaux malgré le tournant dont Jean fut le témoin au cours de la mécanisation… Les animaux de trait disparaissent ainsi progressivement des champs et les centres de formation n’apprennent plus aux jeunes maréchaux-ferrants la délicate technique du ferrage des bœufs à la française dans le traditionnel travail.

Mais grâce à l’audace de Monsieur Magrez, c’est toute une branche de la traction animale qui est en émulation aujourd’hui ! Et les maréchaux-ferrants, A. Fauquey et A. Vacher, qui officient déjà sur les chevaux de Frédéric Fardoux attachés au domaine, se sont prêtés à cette rencontre étonnante au cœur des Pyrénées.

Les sourcils se froncent…un bœuf représente huit fers, chaque pied est en effet composé de deux onglons aux parois très fines qui impliquent une grande précision du geste. Il s’agit aussi de forger des fers sur mesure dans une forge au charbon car le gaz ne chaufferait pas assez… Monsieur Ousset sourit devant la surprise des deux jeunes maréchaux ! Et oui : «  Ca paraît pas mais c’est du boulot ».

(Ré) introduire des bœufs dans la vigne implique une vraie démarche globale de réappropriation des savoirs. Au 14ème siècle, le domaine du château Pape Clément était déjà pilote en terme d’innovation en organisant la vigne en « règes » (en Bordelais, rangée de vigne palissée) afin de permettre le travail du sol attelé. Aujourd’hui, et toujours dans une optique d’excellence, tradition et innovation s’orchestrent ensemble afin de proposer aux papilles le meilleur de notre terroir … »

Tifenn Vital

 

Les bouviers du Château Pape Clément à Pessac (33)

C’est Fred Fardoux qui gère la traction animale au château. Son entreprise fait de la prestation en vigne, forêt, et bientôt sur le domaine territorial, en ville.

Tifenn Vital, bouvière au domaine, nous présente l’équipe impliquée dans la remise au travail des boeufs sur ce grand domaine viticole.

« C’est avec un sourire malicieux que Fred Fardoux, débardeur et laboureur au cheval nous tend nos contrats ou en titre de l’emploi occupé, nous pouvons lire « bouvier ». L’aventure commençait, nous sommes en juin 2013…

La petite équipe se compose de Pauline Réaux qui, après un court passage en formation de CS cocher, a préféré se rapprocher des professionnels pour apprendre sur le terrain… Elle est aussi passionnée de bovins et remplit notre équipe de sa motivation et de son rire communicatif. Charles Quignard est aux guides depuis quelques années entre maraîchage, débardage et cheval territorial. Bricoleur, nous aurons bientôt sur nos charrues un porte-aiguillon grâce à lui ! Tous deux ont passé un séjour de quelques semaines chez Olivier Courthiade afin de prendre connaissance avec Blanc et Marrel. Quant à moi, je suis presque arrivée avec les bœufs dans le camion depuis l’Ariège! Je suis dans les quartiers de la ferme de Méras depuis janvier 2012, date de ma rencontre avec l’attelage bovin « Tu veux apprendre à atteler les chevaux ? Eh bien… nous allons commencer avec les bœufs !!! »…

Des parcours différents pour cette chaleureuse équipe qui, à la veille de l’interruption estivale du travail du sol dans la vigne, fait le bilan… En juin, remettre les bœufs au travail ne fut pas une mince affaire…et s’ils avaient été débourrés au collier, ils n’étaient pas habitués au travail spécifique de la vigne et très raides sur les guides… Nous avons commencé par une personne à la tête et une personne aux guides jusqu’à ce qu’ils commencent à se détendre et à répondre à la voix, ainsi qu’aux indications des guides. De la tête, une personne restait en sécurité dans le rang voisin, puis au bout des rangs et maintenant, Blanc et Marrel travaillent en solo. Griffes, lames interceps essentiellement. Le rendez- vous est pris à l’automne pour les chaussages puis au printemps pour le décavaillonnage, des travaux un peu plus précis qui vont encore demander des efforts d’apprentissage aux deux bœufs du domaine !

Quant à nous, si nous sommes heureux du travail que nous effectuons avec les bœufs, nous n’avons pas envie de nous auto-proclamer « bouviers ». Nous nous documentons, recherchons des infos, expérimentons sur la base de notre bon sens … Il faudra encore quelques années, d’autres dressages, d’autres utilisations avant de se targuer de Savoir ! »

Tifenn Vital

Transport et ramassage avec deux boeufs Normands, chez Jean-Claude Delestre à Triquerville (76) 2012

Transport de bois de chauffage avec deux boeufs Normands, chez Jean-Claude Delestre à Triquerville (76)

Fin 2012, Jean-Claude Delestre rentre du bois de chauffage avec ses deux boeufs Normands à Triquerville en Seine-Maritime.

 

Ramassage des fanes de betteraves avec les boeufs Normands. Jean-Claude Delestre travaille avec ses deux boeufs Normands à Triquerville, en Seine-Maritime à l’occasion de la récolte de betteraves 2012.

Boeufs de race bretonne pie noir en cours de dressage chez Agnès et Luc Bernard à Courgenard (72)

Agnès et Luc sont éleveurs dans la Sarthe. Après avoir fait la formation traction bovine au lycée agricole de Montmorillon, Agnès dresse une paire de boeufs pour faire des petits travaux sur l’exploitation.

Chargement et transport d’une grume de peuplier avec deux trinqueballes et une paire de vaches Aubracs chez Laurent Janaudy à Manziat (01)

Chargement à la roule de peupliers chez Laurent Janaudy à Manziat (01)

Noëlle Tite, Coutras (33)

Noëlle est de la jeune génération montante et passionnée. Elle nous présente son parcours.
« Je suis fille et petite-fille de paysan et j’ai passé mon enfance au milieu des animaux.
Mon père est un éleveur passionné de chevaux de trait, il m’a transmis sa passion du dressage et du travail.
Alors, lorsque deux veaux Bordelais sont nés chez nous, n’ayant pas le cœur à envoyer à l’abattoir des animaux d’une race en voie de disparition, nous avons décidé de les garder pour en faire des bœufs de travail !
Seul problème, on ne savait pas dresser et les vieux ne se souvenaient plus trop. Je suis donc partie quelques jours en Ariège chez Mr Olivier Courthiade pour apprendre les bases.
Après avoir essayé de lier une vieille et brave vache (Mignonne), les anciens ont retrouvé la mémoire, quelques anecdotes et de bons conseils.
A maintenant 2 ans et demi, Hercule et Achille sont enfin liés en paire. »
.

Taille d’un joug par Raymond Garnier à Anost (71) 1977

Film d’archive en « Super-8 » qui nous a été aimablement communiqué par Philippe Berte-Langereau.

 « J’ai rencontré Raymond Garnier à Pâques 1977 chez lui à Varin (Anost) d’où sa femme Marie était originaire. Lui, sortait des Miens, un hameau plus au-dessus. Il avait fait son apprentissage de charron et a travaillé dans son atelier.

A l’époque, il avait 70 ans ; on a bien discuté et, à un moment, il m’a dit en patois : « S’il fallait, un joug, j’en referais bien un ». Je l’ai pris au mot et il a été d’accord.

Il fallait cependant trouver la pièce de bois à tailler. Une amie, Martine Hunimels, avait son grand-père qui avait fait débiter un hêtre dans les années 40 en vue d’en faire des jougs. Ces pièces de bois était toujours dans « l’aizu » depuis plus de trente ans dans un pré de la ferme de Savault (Ouroux-en-Morvan 58).

L’aizu, c’était une mare où l’on faisait rouir, « aizer », le chanvre pour le faire pourrir et en recueillir les fibres propres à être filées puis tissées jusqu’au début du 20ème siècle. Les bois destinés aux jougs étaient laissés un certain temps dans ces mares pour en éviter le piquage par les vers.

On a tiré la pièce de hêtre de cette mare et on l’a fait sécher jusqu’à l’automne 77 où Raymond Garnier l’a travaillée comme il le faisait trente ans auparavant.

On peut dire que ce joug est le dernier à avoir été taillé dans le Morvan par un charron de métier. »

Philippe Berte-Langereau.

Liage de boeufs, vidéo d’archives familiales de Pierre PEYTAVIN

1 36 37 38 48