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Je suis Naki un bœuf Breton Pie Noire de dix neuf ans et demi qui recherche un compagnon pour la retraite

Naki Frédérique

Je suis Naki un bœuf Breton Pie Noire de dix neuf ans et demi en cette fin de juillet 2025.

Je suis le dernier de l’équipe initiale de quatre bovins que mon patron avait constituée au printemps 2006.

Nos trois copains, à moi et à lui, ont été euthanasiés, deux courant cet hiver 2025, cf quelques lignes intitulées « Le départ de Peeshoo et de Peelish » dans la rubrique Parcours de ce blog, et mon demi frère et collègue de traction, Naha, à la mi juillet 2025. Je suis en danger aujourd’hui, non pas par la volonté de mon patron mais juste parce que je suis en train de perdre le goût de la vie et que je ne sais pas me battre contre une solitude que je n’ai jamais connue auparavant.

Mon patron et moi cherchons donc un bovin pour refaire une équipe, non pas pour travailler car je suis à la  retraite depuis quelques années, mais pour couler des jours heureux à pâturer, ruminer, dormir dehors ou au chaud à l’étable selon la saison : bref avoir une vie respectant notre esprit grégaire et nos moyens de communication à nous, les bovins.

Cette recherche pourrait s’arrêter sur un autre bœuf qui ne me bousculerait pas et que je ne bousculerait pas plus ou bien une vache à qui son patron actuel accorderait une retraite sûrement bien méritée en Auvergne sur la commune d’Olliergues entre Clermont Ferrand et Saint Etienne. Si besoin, il peut venir la ou le chercher avec son 4×4 et van dans la mesure du raisonnable car il ne peut vivre loin de nous tous.

Un petit paradis de silence et de tranquillité avec deux belles pâtures jouxtant l’étable et un patron solitaire ne vivant plus que pour nous ainsi que pour ses deux chevaux, deux chiens, un chat et trois poules. Le rêve pour deux vieux comme nous qui serions comme deux coq en pâte jusqu’à notre fin avec foin, eau, abri à volonté juste en dessous de son habitation et gâteries à chacune de ses visites.

Nous serions même couverts en cas de sa disparition prématurée car son testament prévoit notre transfert, ainsi que celui de tous ceux vivants encore à ce moment là, à une fondation animale bien connue et respectueuse de nos vies comme il l’est aujourd’hui.

Alors contactez le sans hésiter, il s’appelle Frédéric Iehlé. Nous vous attendons à l’adresse mail ou aux téléphones suivants : cheyenne2019@protonmail.com ou 0463332522 ou encore 0619213398.

Mr Bouriaud avec une paire de bœufs Nantais vers 1946, Pays de Retz (44)

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Une photo de 1946-47 prise par un photographe professionnel renommé dans la région Pierre Fréor. Le bouvier est Mr Bouriaud avec une paire de bœufs Nantais.

Merci à Marie-Jo Fioleau pour sa communication. Elle a réalisé avec son téléphone cette photographie d’un cadre chez le fils du bouvier qui a 87 ans aujourd’hui.

Fernand BORDAGE “Toucheur” de bœufs, article du site « Au fil du temps » sur l’histoire de Bournezeau (85)

 

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Retrouvez  en cliquant ici  un très bel article sur Fernand Bordage, ancien bouvier Vendéen.  ces propos sont issus du journal “Vendée Matin” du 18 octobre 1989 et dans la revue de Radio Alouette “La fin de la Rabinaïe”
Témoignages : Yvette Guigné/Bordage, Patrick Guigné.

Pdf de l’article en cliquant ci-après article-au-fil-du-temps-bournezeau

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Voici l’article : 

Fernand BORDAGE “Toucheur” de bœufs

Fernand, agriculteur au village des Brosses à Saint-Vincent-Puymaufrais, a cessé son activité le 1er novembre 1989. C’est une page qui se tournait pour cet éleveur qui avait la passion des animaux et des attelages de bœufs. Il était l’un des derniers toucheurs de bœufs de la région. Fernand est maintenant rentré dans l’histoire. Nous rappelons un peu la vie de ce paysan traditionnel qui a marqué la population locale. Fernand Bordage est né le 3 février 1932 à Villeneuve de Bournezeau. Son frère jumeau s’appelle René. Sa sœur Yvette est née en 1933.

Fernand Bordage vers 1955

Ses parents : Églantine Rattier née en 1911, Fernand Bordage né en 1907, ont vécu, à l’époque après leur mariage en 1931, à Villeneuve, avant de s’installer dans une ferme à la Boule, puis en 1939, à la ferme des Brosses de Saint-Vincent-Puymaufrais

Lieu historique : Les Brosses

La ferme est au cœur d’une région connue et célèbre du temps des Guerres de Vendée, comme le décrit avec beaucoup de chaleur Henri de Villedieu de la Réorthe, une région qui était contrôlée au début de l’insurrection de 1793 par Gaspard de Béjarry et ses 400 hommes. Elle faisait partie de Saint-Vincent-Fort-du-Lay, fusionné depuis 1833 avec Saint-Vincent-Puymaufrais.

La ferme est appelée les Brosses. Maurice Bedon, l’historien chantonnaysien rappelle qu’elle a été le théâtre d’un combat à la fin des Guerres de Vendée. Le 1er ventôse de l’an IV (20 février 1796), quatre officiers vendéens étaient dans une métairie. Trahis, puis encerclés, trois réussirent à s’échapper, le quatrième combattit jusqu’à ce qu’il tombe de quinze balles. La ferme des Brosses, vendue comme bien national, a été rachetée par la même famille Béjarry qui en avait été dépossédée le 7 février 1799.

Lieu-dit Les Brosses en 2013

Comme autrefois, la polyculture

Ce petit coin de la Vendée profonde et pittoresque va perdre de son charme et de son originalité avec le départ de cette famille d’agriculteurs “à l’ancienne mode” au sens noble de l’expression.

Églantine et son mari Fernand se sont donc installés en 1939, avec leurs trois enfants, à la ferme des Brosses. Comme tous les enfants des villages, Fernand, René et Yvette allaient à l’école à pied, tout d’abord à la Réorthe, puis à l’école de l’Augoire. René et Yvette ont quitté le domicile familial à leur mariage. Églantine devint veuve en 1968. Elle resta donc avec son fils Fernand, célibataire.

Patrick Guigné, petit-fils d’Églantine et neveu de Fernand, a travaillé à la ferme de 1981 à 1989. Après son mariage, il a quitté Les Brosses, pour aller travailler à la Gaubretière. Dès l’âge de 9/10.ans, Patrick allait déjà aider Fernand, le mercredi, le samedi et quand il n’y avait pas d’école.

Les 4 bœufs de Fernand
attelés à la vanneuse lors d’une fête de battage.

Ils ont cultivé avec amour cette terre de 47 ha à l’exemple de leurs ainés, défiant le progrès et l’aventure. Comme autrefois, ils ont fait de la polyculture : betterave, blé, chou, maïs, foin, luzerne, un peu de tout et de l’élevage de charolais. En 1988 il y avait soixante-dix têtes de bétail. Ils avaient également des chevaux : deux juments poulinières et un poulain.

Églantine Bordage élevait cochons, poulets, lapins, comme au bon vieux temps. Leur principe : vivre tranquille, sans emprunt, achetant quand l’argent était là.

Pour leur retraite, Fernand et sa mère avaient, depuis quelques années déjà, acheté, entretenu et amélioré une maison à Bournezeau.

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Deux bœufs de Fernand
attelés sur un tonneau un jour de fête

Dresser les bœufs

Fernand Bordage avec deux bœufs
aux Brosses en mai 1988.

Il n’y a pas de durée fixe pour dresser les bœufs. Certains, après trois sorties sous le joug, marchent très bien… D’autres, au bout d’un an, seront aussi bêtes que la première fois  Il est nécessaire de lier d’abord un jeune bœuf avec un vieil habitué au joug. C’est comme un gosse pour l’apprendre à marcher, on le tient par la main.Après un temps d’apprentissage, plus ou moins long, on lie les jeunes ensemble et on les attache à un arbre.

Il faut les surveiller, et ils connaissent leur homme. Un jour, pendant que je coupais des choux, mon neveu a voulu détacher les bœufs. Ils sont partis comme des fous en courant, ont sauté les clôtures, se sont arrêtés à un buisson de houx après bien des dégâts

Une autre fois, un jeune homme a voulu voir, par dessus la haie, mes bœufs attelés à une charrette. Ils ont pris peur, ils sont très peureux, ils se sont emballés en traînant la charrette. Quelle course épouvantable, je criais : tot é perdu, tot é perdu ».Fernand, après avoir traversé les champs en courant, a réussi, après plusieurs kilomètres, à se trouver devant pour les arrêter.

Tous les ans Fernand vendait deux bœufs gras et en dressait deux autres pour assurer la relève .

Fernand conduit ses quatre bœufs et sa jument pour tirer la vanneuse un jour de battage.

Toucher les bœufs

Conduire des bœufs est un art :

« Avec certains  “boués”, des bœufs démarrent et marchent au commandement. Avec d’autres ils ne bougent pas. Faut savoir leur parler. Souvent, je leur parle, pour eux je chante. Ils connaissent leur maître, sa voix, son odeur. Faut de la douceur, de la patience ».Il y a une manière de les piquer, avec la pointe au bout de l’aiguillon : « Si vous appuyez ferme, vous crevez la peau. Faut avoir du doigté. Moi, je n’ai jamais fait saigner mes bœufs ».et Fernand conclut avec un brin de nostalgie « Dans les fermes, l’amour des bêtes c’est fini. Aujourd’hui on préfère entendre “péter” les tracteurs. »

Des bœufs pour le travail et pour la fête :

Pour ses bœufs, Fernand avait de l’admiration et de l’affection. Il en parlait avec de l’émotion dans la voix. À eux, il a parlé, chanté.

«À cinq ans, j’ai commencé à garder les vaches du matin au soir »nous dit Fernand, « en partant vers 10 heures, rentrant le soir vers 6 heures, quant on venait me chercher. C’était dur »

Le père et le fils Bordage au labour

A 7 ans, il “touchait” (conduisait) déjà les bœufs, On disait que j’étais un bon boué » (bouvier)

Il a toujours conservé des bœufs. Non pas qu’il fut réfractaire au progrès mécanique : depuis 1956, il possédait un solide tracteur. Mais les bœufs étaient pour lui de précieux compagnons,l’hiver, pour charroyer choux et betteraves, et l’été, depuis 15 ans, pour aller aux fêtes »

De cette participation aux fêtes, il en parle avec enthousiasme. Dans tout l’ouest, chaque été pendant trois mois, il conduisait son attelage de six bœufs précédés de sa jument, pour déplacer la machine à battre sous les applaudissements des foules, ou pour labourer.

Il est allé dans les Deux-Sèvres, le Finistère, les Côtes-du-Nord, le Maine-et-Loire, un calendrier très chargé l’accaparant tous les dimanches. Sa dernière sortie c’était le 3 septembre 1989,près d’Angers.« C’étaient de grosses journées. Dès que les bêtes descendaient du camion, je les lavais…Car, quand elles sont sales, ça ne présente pas ».

Toute sa vie, Fernand a élevé aussi des juments. Les dernières, c’étaient “Paulette” une forte jument poulinière de 8 ans, mélange de race percheronne et bretonne, et “Rainette>”, une jeune pouliche.« En 1940, puis pendant toute l’occupation, mon père a fait saillir sa jument pour éviter la réquisition par les Allemands. Depuis, j’ai toujours eu des poulains. »>A la fin de son activité, deux bœufs “Bas Blanc, Roquet” sont partis à Bordeaux pour la viande. Les deux autres paires, “Viens-tu, Trinquet”et “Capricieux, Charlatan” ont été vendues à Denis Bonnin de la Chaize-le-Vicomte, un collègue voisin qui assurait aussi des fêtes de labours

Le départ des Brosses

C’est après 50 ans de labeur fécond et généreux, que Fernand et sa mère ont quitté la ferme des Brosses pour raison de santé, cette ferme. à laquelle ils étaient très attachés, comme à leur propre bien, appartenant à Michel de Béjarry. Églantine avait 78 ans, Fernand 57 ans. Pour Fernand, ce fut un déchirement : La ferme n’était-elle pas toute son histoire d’homme ? Les terres ont été attribuées à une exploitation voisine : aux frères Perrocheau de la Fouquetterie.

Fernand et Églantine s’installèrent donc dans leur maison, rue de la Végo à Bournezeau., ils méritaient bien leur retraite. Églantine est décédée le 10 janvier 1994, Fernand s’est marié en mai 1995 avec Marie-Thérèse Péaud. Il est décédé le 5 avril 2001.

Grange et écuries des Brosses en 2013

Églantine et Fernand étaient connus dans nos communes. C’étaient des personnages, qui ont marqué les habitants de la commune et dont les noms resteront à jamais gravés dans la mémoire de leurs proches.

Louisette Lemoullec

Propos recueillis dans le journal “Vendée Matin” du 18 octobre 1989.
et dans la revue de Radio Alouette “La fin de la Rabinaïe”
Témoignages : Yvette Guigné/Bordage, Patrick Guigné

Livre de jacques Laporte sur Renée Bagelet, l’attelage des vaches et sa vie de paysanne

 

Jacques Laporte présente son livre et sa démarche:

« Photographe naturaliste et humaniste, passionné des hommes et de leurs traditions, j’ai suivi pendant quinze ans la vie de Renée Bagelet, afin d’immortaliser dans un ouvrage, le dur labeur d’une agriculture « Paysanne » au plus près de la terre et des bêtes.Renée a travaillé ainsi jusqu’en 2010……Ce n’était pas du folklore!!!!! »

Pour commander le livre de Jacques Laporte Cliquez ici et ici.

 

Consultez le blog de l’occitan en cliquant ici

Renée Bagelet, femme authentique

A bientôt 86 ans, Renée Bagelet ne perd pas le nord. Lucide, et très active, même si depuis 5 ans elle n’amène plus ses bœufs dans les champs pour labourer, charger du foin ou sortir du bois… Mais n’allez pas croire qu’elle reste assise sur sa chaise, al canton. Renée, c’est une vedette. Les visites se succèdent : des curieux qui l’ont vue dans un film, impatients de la découvrir… Des habitués qui ne peuvent pas se résoudre à ne plus prendre de nouvelles. Plusieurs films sont sortis sur elle dont celui d’Amic Bedel et Jack Levé « Las 4 sasons de la Renada » en V Òc. Jacques Laporte, un photographe qui la suit depuis 15 ans va sortir un livre d’ici quelques jours. Renée, sous les projecteurs mais nous ne sommes pas au spectacle. Une femme authentique qui se fiche pas mal du qu’en-dira-t-on.

Photo Jacques Laporte

Photo Jacques Laporte

Una mirgueta per las polas

Elle a le sens de la formule; des piques aussi. Mais elle sait également être dame de coeur. C’était ma première rencontre avec cette légende. J’en ai vu d’autres, mais me voilà un peu sur ma réserve. Jacques Laporte le photographe nous attend. Il l’a prévenue. Mais elle a déjà oublié. On ne va pas s’embarrasser avec les présentations. La Renada sap pas ont se virar. Oc-ben! Quitament a 85 ans ! Pas besoin de lui demander de faire quelque chose. Elle fera ce qu’elle voudra, comme elle entend, au moment choisi. Un brin résistant, un zeste cabot. Elle observe, écoute mon occitan : « es pas lo mème que lo meu mas parlas melhor que l’autre que venguèt ». Me damne, un compliment ! C’est Jacques qui va prendre : « Aquel li comprend pas res. Parla francés. Li vos cal explicar ». Elle « rondine » un peu mais se prête au jeu : « sabiái sachut, auriái metut un polit capèl. N’ai un trentenat! ». Mais pas de temps à perdre. Il faut aller nourrir les poules… avec une souris qu’elle a attrapée ! Dans la grange, Blanchette et surtout Pétassou ne sont plus là : « Es mòrta aquí, dabant ieu, de vielhum ». Depuis 5 ans, elle ne travaille plus les champs avec son parelh de buòus dondats. Fini les labours, les moissons, le foin, rentrer le bois, faire la vigne. Tot aquò ambe los buòus…e de bravas susadas ! Mais la grange n’est pas vide pour autant. Jacques Laporte lui demande de travailler. Elle fait la litière des 5 vaches. Jack Levé qui avait fait les images du film d’Amic Bedel est revenu pour s’y frotter. Mais c’est son manteau qui ressort, orné de paille. Prétexte ou pas, Renée a l’œil et se fait un plaisir de le brosser. Un tantinet séductrice.

Photo Jacques Laporte

Photo Jacques Laporte

Jacques lo pastissièr

Ca fait plus de 15 ans que Jacques laisse ses éclairs. Il a flashé sur la Renée. Pâtissier de métier, sortir des murs pour mettre en boîte la nature, les savoirs-faire qui se perdent, ceux qui les font encore. Une photographe humaniste tel qu’il se définit. Un ami lui a parlé de Renée. « Je suis des années 50 et j’ai connu ce monde paysan en pleine mutation. Aujourd’hui on veut refaire du folklore. Mais Renée c’est de l’authentique ». Renée, il faut savoir l’apprivoiser. Alors Jacques lui amène des gâteaux. « Les photos c’est joli. Mais les gâteaux c’est bien meilleur ! » Alors lo pastissièr comme elle l’appelle a gagné sa confiance. Mais pas totale : « Vous avez intérêt à me donner un livre quand il sortira ! » Jacques préfère en rire. Elle semble satisfaite des photos du livre. Mais sa coquetterie en pâtit. « J’ai les cheveux frisés comme une queue de rat. Et là, mais je suis grosse comme une barrique !  » Mais se rassure de suite : « Là j’étais plus jeune, j’aurais pu encore me remarier ». Son premier mari : « l’ai fotut a la pòrta » !

Photo Jacques Laporte

Photo Jacques Laporte

Lo regent que quirda

Vient le moment de l’interview. De cette vie riche faite d’authenticité de durs labeurs, tout lui semble normal. « Que volètz que vos digue? Era coma aquò. » Bien sûr, elle égraine ses histoires, son histoire, avec la même saveur, ce certificat d’études loupé pour un exercice de calcul mental. « I comprenguèri pas res, mè alèra res de tot ! E lo regent me fotèt una engulada, quirdava talament, entendi enquèra que quirda! » Un sens inné de la formule, magnifié par une théâtralité très probante. D’ailleurs elle a longtemps brûlé les planches. Sa vie de regenta aurait été plus calme mais certainement plus banale et moins médiatique. Car Renée n’en finit plus d’être connue et reconnue. « N’i a que son jaloses. Tè, enquèra la Renée que passa al cinema. Que vòl enquèra ? … M’en foti, los emmèrdi ! » Pas facile, sans concession mais attachante. Elle ne dit rien de ce qu’on attend mais se raconte à sa manière. Elle a l’allumage facile mais c’est sans doute une marque de gratitude. De toute façon c’est comme ça. E se siás pas content, vira te lo cuol al vent !

En quittant la Renada, je lui fait le poutou. Oui, vraiment, dans ce monde d’uniformité et de conventions, l’authenticité de La Renada détonne. Elle tonnera et trônera longtemps dans ma mémoire.

Lo Benaset @Benoit1Roux

Plus d’informations sur ce livre qui fait appel au financement participatif :

https://fr.ulule.com/femme-paysanne/description/

Renée Bagelet et ses bœufs Photo : Jacques Laporte

Photo : Jacques Laporte

Film ancien d’attelage de boeufs en Loire atlantique sur le site de la cinémathèque de Bretagne

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Retrouvez dans la seconde partie de ce film amateur (à 7 minutes) une séquence d’attelage de boeufs chez M. J. Rousseau (liage, travail au cultivateur et au brabant) tourné au Landreau, La Charbonnière (44) en 1979 par Emmanuel Maillard.

La Chapelle-Heulin, vendanges mécanisées avec tracteur enjambeur (marque Vectur) accompagné de remorque tirée par un tracteur Renault, portraits de vendangeurs.

Chapelle-Heulin, retour de noces avec de jeunes gens, certains sont assis, d’autres sur un transat.

Chapelle-Heulin, course cycliste, fête locale, majorettes.

Fête locale à Vallet, cheval tirant une charrette, démonstration de pressoir à long fût lors de la fête du muscadet, danses folkloriques derrière le pressoir, hangar avec inscription « Palais du muscadet », dégustation de jus de raisin pressé, jus coulant après pressurage du raisin.

Au Landreau, à la La Charbonnière, démonstration d’attelage de bœufs par M. J. Rousseau le 22 avril 1976. Des bœufs sortis de l’étable, décavaillonneuse puis charrue à brabant, cheval.

Cliquez ici pour voir le film.

Film disponible sur le site de la cinémathèque de Bretagne (Cliquez ici pour voir).

Genre : Documentaire

Durée : 00:12:41

Coloration : Couleur

Format durée : CM – Court métrage

Format original : Film super 8

Son : Muet

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Décès de Jean Bartin, un « Monsieur » dans le monde de l’attelage bovin, Vierzon (18)

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Jean Bartin en compagnie de Christelle de Freitas (Photo Berry républicain)

Par un mail du 13 Décembre 2018, Christelle de Freitas nous communique la triste nouvelle de la disparition de Jean Bartin de Vierzon, une référence et un fervent défenseur de l’attelage bovin.

Les quelques mots du message de Christelle en disent long sur sa détermination et son amour des boeufs d’attelage: « Mr Bartin nous a quittés hier soir chez lui à l’âge de 95 ans, nous avions encore attelé ses boeufs ensemble il y a 1 mois ».

Le 13 mai 2017, il contactait aussi notre blog pour rechercher un nouveau bœuf pour remplacer l’un des siens à l’attelage.

Nous présentons toutes nos condoléances à la famille, ainsi qu’une pensée pour Christelle qui a tant travaillé à ses côtés. Il restera pour beaucoup une figure incontournable du milieu des bouviers Français.

Ainsi qu’un bel article du Berry Républicain en cliquant ici.

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Témoignage de Cozette Griffin Kremer:

« J’ai connu Jean Bartin tout d’abord pour son dévouement à Vierzon et au projet pour un musée du tracteur.

C’est avec un grand plaisir que j’ai eu l’occasion de le revoir autour des ses boeufs à l’Ecomusée du Perche, où il a fait une intervention accompagné par un maréchal-ferrant très compétent.

Mais je l’ai aussi croisé à Rambouillet, où il venait avec une partie de son équipe de bouviers tous les deux ans pour la Fête de la Saint-Lubin, inventée par Gérard Larcher, Président du Sénat, Madame Marie-France Faure, conseillère municipale, et Germain Dalin, ancien élève de la Bergerie Nationale, fondateur du F.A.I.R. (Festival animalier international de Rambouillet) et camarade de Jean Bartin dans l’intérêt commun à défendre les musées d’agriculture et de vie rurale. »

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Voir l’article paru le 14 décembre 2018 sur le blog VIERZONITUDE en cliquant ici.

Joug de dressage à trois têtières et témoignage autour de l’attelage bovin en Sud-Périgord par Jeanine LEGAUT

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En même temps qu’un témoignage sur les attelages de boeufs et ses danger, Jeanine Legault nous communique de nombreuses photos sur un joug à trois têtes qu’utilisait son père. Merci à elle pour sa contribution.
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« Mon enfance a été marquée par un accident très grave causé par un attelage de bœufs.
En 1954, j’avais sept ans. Mes parents étaient de petits  agriculteurs  du  Sud-Périgord. Dans  ce  temps-là, on  fauchait  les  fougères  sèches dans  les  bois  pour faire la litière dans l’étable. Ainsi cela économisait  la paille.
Pour charger un maximum, mon père avait fait réaliser un plateau sur deux roues basses en fer. Le ramassage terminé, ma mère passe devant  les bœufs pour les faire avancer et là, tout s’est enchaîné de façon catastrophique. Pour une raison inconnue, les bêtes foncèrent en tournant très vite autour d’un arbre contre lequel j’étais appuyée. Le  miracle voulut que je sois plus grande que la roue qui m’écrasa contre le  chêne: cinq jours de coma, de multiples fractures et un séjour de trois  mois à l’hôpital.
Les années qui suivirent, mon père préféra dresser des vaches et ce fut  l’époque de la BERMEE de race Garonnaise et CASTA au pelage clair. Toute la famille aimait ces deux-là pour leur force et leur docilité. C’est  donc avec CASTA et BERMEE que mon père soumettait une novice au  joug à trois têtières.
Dans mon souvenir, je les vois déambuler inlassablement dans notre  allée et les chemins.
Evidemment, au début, l’apprentie était rétive mais cernée par la forte  expérience de CASTA et BERMEE, la jeune vache apprenait vite…
Avec un joug simple, elle était destinée à tirer une sarcleuse dans la  petite vigne de ce temps-là ainsi que dans d’autres cultures. Je me souviens particulièrement des fourchées de foin bien sec et odorant, ramassées à la hâte avant l’orage menaçant. BERMEE et CASTA ramenaient la lourde charretée et, toutes fumantes sous les premières  gouttes, ne rataient pas la grande porte de la grange!
En relatant ces souvenirs, je voulais rendre hommage à mes parents et  à toute cette génération de modestes paysans de l’après-guerre, pour leur  courage et leur détermination.
Mon destin ne fut pas agricole si j’ose dire mais je suis très fière de mes  origines de fille de la terre Périgourdine! »
Jeanine Legault
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Attelage de boeufs en Lauragais dans le film « Saint Anatoly » de Jean-Luc Prince

Photo extraite du film de Jean-Luc Prince

Regardez absolument cet exceptionnel document filmé par Jean-Luc Prince.

En voici le résumé écrit par l’auteur.

« Ce documentaire, tourné en 35 mm en 1993 et 1994, retrace la dernière année de travail de Germain et François, métayers à Saint-Anatoly, petit hameau lauragais près de Toulouse. Les deux paysans sont jumeaux, ils n’ont jamais voyagé et ils parlent peu. Ils accomplissent leurs travaux en un rituel immuable depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Le réalisateur pose sur ce couple hiératique et sur quelques personnages locaux dont une formidable raconteuse, Georgette, un regard humaniste et sans nostalgie. Un travail d’observation « photographique »: le temps s’est arrêté à Saint-Anatoly, les personnages évoluent dans un continuum circulaire et saisonnier, balisé d’événements inamovibles.
Ce film réalisé par Jean-Luc Prince, le créateur de la société de production l’Imagécrit, et produit en son temps par la société Imako, a été diffusé sur FR3 et Planète, dans différents festivals dont celui de Clermont-Ferrand, et a obtenu le prix du public du Festival de Saint-Flour en 1994. »

Voir le site de la société de production « l’Imagécrit » créée par Jean-Luc prince ou ça chaine sur Vimeo.

Monsieur Moreau, Saint-Jouvent (87), photos de Jean Tabaud

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Jean Tabaud est photographe et consacre une grande partie de son travail aux ânes et au monde de l’attelage. Il est l’auteur du livre « Ânes d’hier et d’aujourd’hui ».

Il nous a aimablement communiqué ces documents sur Monsieur Moreau et son commis à Puymounier, commune de Saint-Jouvent en Haute-Vienne.

Nous l’en remercions.

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« Ces photos, je les ai prises en janvier 1994, peu de temps avant que ces deux vaches Limousines ne partent pour une bien triste destination… malgré les bons et loyaux services rendus. Ce sont leurs destinés, la fin du parcours de la plupart des animaux de trait de cette époque.

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Mais il ne faut pas croire pour autant que cela ne bouleversait pas ces hommes et ces femmes qui avaient trimé durant de longues années en leurs compagnies.

Presque tous ces paysans, après que leurs bêtes aient quittées définitivement la ferme, allaient très souvent mais discrètement se cacher dans l’étable pour pleurer. Certains « anciens » me l’on confirmé.

Dans ce temps-là, on n’affichait pas ses peines et ses chagrins devant sa famille et encore moins devant ses voisins.

La vie était dure et il fallait faire avec.

Cet attelage de vaches était l’un des derniers du Limousin (Creuse, Haute-Vienne, Corrèze) mais très certainement le dernier de la Haute-Vienne, c’était celui du père Moreau. »

 Jean Tabaud   

Pierre Dubreil, Port-Saint-Père (44)

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