Étiquette : Race vosgienne
Philippe Kuhlmann, Soultzeren (68)
Philippe Kuhlmann, éleveur, dresseur, et utilisateur de bovins, nous présente lui-même son parcours.
«Adolescent, j’ai vu des anciens travailler avec des bœufs vosgiens, et cela m’a fasciné !
Après avoir démissionné de l’ONF, j’ai repris une ferme laitière en vente directe en montagne vosgienne à 21 ans ! Travaillant avec un tracteur au début (1981), j’ai dressé mon taureau de reproduction pour de menus travaux, puis je l’ai utilisé de plus en plus, puis dressé d’autres, puis des paires de bœufs…
En 1985 je me suis séparé de mon tracteur et faisais alors le foin entièrement avec les bœufs attelés.
Pour des raisons familiales, j’ai arrêté ma ferme en 1994 pour débarder sur le plateau de Millevaches avec des bœufs et des taureaux vosgiens, 35000 stères de bois en 6 ans.
Depuis 2001, salarié-animateur à l’Ecomusée d’Alsace, je dressais les bœufs et faisais les animations attelage et transformation du lait.
Parallèlement, j’ai remonté un troupeau de bovins et actuellement ce sont 3 à 5 paires de bœufs, taureaux et vaches qui réalisent les travaux de la ferme, 35 ha de prairies dont 28 fauchées. Une estive de 20 ha permet d’élever les jeunes bêtes, génisses et bouvillons.
Depuis 1982, ce sont 110 à 120 bovins qui ont été débourrés, une bonne partie vendue pour l’attelage en France et à l’étranger, ceux ne donnant pas satisfaction partent en caissettes sous vide!
Un important travail sur le matériel, les moyens d’atteler, est réalisé avec les concours d’artisans travaillant le bois, le cuir, le métal.
J’anime aussi des fêtes de village et suis prêt à transmettre le savoir-faire. Je le fais entre-autres grâce à la rencontre des bouviers et par des articles.
Je travaille à la rédaction d’un manuel pratique sur l’attelage des bovins.»
Coquet et Mignon prêts au travail avec un joug expérimental articulé conçu par Philippe.
Contact:
Philippe Kuhlmann
06 19 05 79 85
ab.ph.kuhlmann@gmail.com
Emmanuel Fleurentdidier, Moulismes (86)
Emmanuel Fleurentdidier est formateur en utilisation de chevaux attelés et formateur en traction bovine au CFPPA de Montmorillon.
Il est également exploitant et travaille avec une paire de boeufs Vosgiens, une paire de boeufs Maraîchins et une paire de boeufs Limousins.
Il nous présente son parcours, son travail et sa démarche.
« Je travaille en traction chevaline depuis 1992 et j’ai commencé la traction bovine en 1996 avec un boeuf pour débarder. Puis en 2006, j’ai dressé une paire, puis un seconde en 2007 pour réaliser les travaux courants sur l’exploitation que j’avais dans les Vosges. Ensuite, j’ai commencé à faire aussi des prestations de travail.
Je suis à l’origine de ce renouveau et de cet engouement pour la traction bovine car j’ai fait travailler l‘INSIC de St-Dié-des-Vosges (Institut Supérieur d’Ingénierie de la Conception) sur le développement du joug et du collier pour bovin.
La parution de différents articles dans la presse locale et nationale a fait boule de neige et fait sortir au jour la traction bovine. Depuis la présentation avec les élèves ingénieurs à l’écomusée d’Alsace, d’autres personnes font des essais sur le développement du matériel.
J’ai également aidé à la création d’une petite entreprise vosgienne AMB88 à Mandray pour le développement du matériel pour la traction animale, et aujourd’hui le seul à faire du matériel spécifique pour bovin (J.F Sommer 06 03 11 74 84).
Mon parcours en quelques dates:
- Une première partie de travail avec les chevaux depuis 1992.
- 1996: Un boeuf dressé pour le débardage et le voiturage.
- 2002: Création de Trait Malin pour le développement de la traction animale (président fondateur).
- 2006: Une paire dressée pour mon loisir.
- 2007: Une paire dressée pour travailler sérieusement en forêt et en maraîchage (2 mâles entiers qui avaient 18 mois à l’époque) castrés depuis, ils se trouvent actuellement chez Jo Durand (44).
- 2008: Je réponds au projet lancé par l’UNESCO sur le PVI dont le porteur est le Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges. Sur 15 projets, 8 sont retenus et le mien sur la traction animale est élu par un jury citoyen (voir l’article en cliquant ici) « Il paraît alors que je suis un « dieu vivant » formulation japonaise lorsque l’on transmet un savoir-faire »!!
- 2009: Je suis contacté par le CFPPA de Montmorillon qui me débauche des Vosges, et je deviens formateur au CFPPA au départ pour le Certificat de Spécialisation « Utilisateur de Chevaux Attelés » (CS UCA). Mais très vite, je convaincs mon directeur de développer la traction bovine.
- 2010: Fête de la vache Nantaise au Dresny (44) avec le directeur Fred Numa et le chargé d’ingénérie du CFPPA de Montmorillon et moi-même. Nous faisons le déplacement et les convainquons de créer une formation.
- 2010: Travail avec l’INSIC (Institut Supérieur d’Ingénierie de la Conception): études , essais…
- 2010/2011: Rédaction d’un livret « La traction bovine : un outil moderne », qui me servira de support à la formation.
- 2011: Première formation traction bovine en France sous l’égide du Ministère de l’Agriculture.
- 2011: Salon de la traction animale à Montmorillon avec, pour le première fois, aussi la traction bovine à l’honneur. Réalisation d’une grande attelée dont la vidéo est sur votre blog.
- 2013: Le 26 mai, mise en place d’une journée à Mandray pour la traction animale.
- 4/5 octobre 2013: Salon de la traction animale à Montmorillon.
J’étais dans les Vosges jusqu’en 2009 où j’ai dressé des boeufs en simple et en double , formé quelques personnes ainsi que mon fils Emile, qui a commencé en 2006. Il mène seul aujourd’hui. Lors des journées à l’écomusée d’Alsace, mon second fils, Elian, agé de 7 ans, a aussi montré qu’il manipulait les bovins.
Aujourd’hui je suis installé à Moulismes dans la Vienne à 10 kilomètres de Montmorillon, sur une ferme de 7 ha où je travaille avec un étalon breton et des boeufs (Vosgien, Limousin, Maraîchin).
Travaux réalisés :
Débardage, travail du sol, maraîchage, voiturage du bois et du fumier, la fenaison et divers travaux liés à la ferme.
Je fais également du dressage ou de la reprise de dressage de certains bovins parfois trop vite débourrés et vendus à de jeunes meneurs.
Mon activité principale est formateur au CFPPA , je fais découvrir la traction bovine à tous mes stagiaires. Nous étions la semaine dernière chez Jo et Christine durand (44), et chez Jean-Bernard et Laurence Huon à Riec (29). Je fais une formation traction bovine la première semaine de juin. »
Emmanuel FLEURENTDIDIER
Formateur utilisation de chevaux attelés
Formateur traction Bovine
CFPPA de MONTMORILLON
Chateau Ringuet
86500 MONTMORILLON
Tel : 05 49 91 97 20
Emmanuel avec Jean-Bernard Huon et Philippe Kuhlmann, trois références des attelages bovins en France
Jean-Luc Guerringue, à Rantechaux (25)
Jean-Luc Guerringue présente lui-même son activité avec ses animaux.
« J’ai actuellement un boeuf vosgien en solo « Chao » et un jeune boeuf de 26 mois « Gamin », que j’attelle en solo et en paire avec Chao. J’ai commencé son dressage en début d’année.
J’ai également Hibou, un jeune boeuf de 9 mois qui sortira comme apprenti cette année. J’ai également deux chevaux Pinto que j’ai dressés à l’attelage. J’élève également pour ma consommation personnelle un boeuf.
Je précise qu’ils sont tous de race Vosgienne.
Je cultive un petit champ pour mes légumes (charrue et hersage avec mes boeufs). Je débarde mon affouage. Je sors dans quelques manifestations avec mes boeufs.
A la maison
Dans les fêtes locales
Je ne suis pas exploitant agricole. J’ai un parcours atypique: mon grand père maternel était un petit paysan Vosgien. Il a travaillé toute sa vie avec des boeufs. C’est lui qui m’a donné le virus: « la vrai vie » comme il disait. Je n’ai découvert le tracteur qu’à quinze ans.
J’ai commencé au lycée agricole de Dannemarie-sur-Crête en 1975 (je suis né en 1959) puis je suis parti en Espace Vert pépiniériste. Là, j’ai découvert le travail avec les chevaux comtois pour buter les arbres et arbustes.
J’ai un long parcours d’agent communal en tant que jardinier puis chef de service dans quatre villes différentes. Je suis aujourd’hui ingénieur au Conseil général du Doubs en tant que chef d’exploitation et adjoint au chef de parc routier du Doubs. J’ai toujours gardé les valeurs acquises chez mes grands-parents, je fais mon cochon chaque année. »
Visite de Philippe Kuhlmann
Maya Gascard, Montréal (89)
Roland Ayel, Sauvessanges (63)
Roland Ayel nous présente son travail avec ses animaux.
« Je suis double actif sur une petite ferme à 1000 mètres d’altitude. J’ai 5000 mètres de légumes de plein champ, deux vaches et quelques chèvres du Massif Central (race à faible effectif).
Mon grand-père avait toujours travaillé avec un attelage de vaches. C’est pourquoi j’ai acheté deux vaches dressées de race vosgienne en 2009. J’utilise les vaches pour transporter le fumier et le bois de chauffage avec le tombereau, pour herser dans le champ où je cultive les légumes. »
Vidéo de 2021
Chantier de bois chez André Kammerer à Breitenbach (67)
André Kammerer à Breitenbach (67)
André Kammerer est passionné.
Il travail avec « Givré » son boeuf Vosgien pour ses petits travaux, débusque et charrie du bois, fait du transport pour la micro brasserie associative de Breitenbach.
Allez voir les quelques photos de Jean Stéphane Arnold en cliquant ici
Photo de Jean Stéphane Arnold
Joseph Durand, le Dresny en Loire Atlantique (44)
la paire de boeufs attelée au porte-outils fait maison
Jo et Christine nous présentent leur ferme.
Nous avons une petite ferme en polyculture-élevage.
Karine Huguenot à Lusse dans les Vosges (88)
Karine Huguenot , par ce petit texte, nous présente sont exploitation et sa démarche. Elle utilise un boeuf Vosgien en solo.
« Je suis à la tête d’une petite exploitation de montagne en légumes de saison et en quasi-autonomie. Les terrains y sont très pentus et donc difficiles à travailler. De nombreuses parcelles auparavant cultivées sont devenues des friches depuis l’arrivée des tracteurs. Le seul moyen pour moi si je souhaitais travailler les terrains qui m’entourent était la traction animale. J’ai tenté de me familiariser avec les chevaux de trait, l’âne… mais la découverte du boeuf l’a emporté : l’approche de l’animal fut plus facile, le contact meilleur, c’est un animal calme, plus lent et qui correspond mieux à mes attentes. L’aspect financier n’a pas été négligeable non plus car entre l’achat de l’animal lui-même et le matériel qui sert à atteler, on peut diviser le prix par dix par rapport à l’achat d’un cheval de trait et son harnachement. Je travaille avec un seul boeuf, il a trois ans, il effectue du travail du sol, le débardage, la conduite de fumier sur les parcelles et tous les petits travaux qui ne sont pas possibles à bras d’homme. Les sols sont respectés, la structure et la fertilité en sont améliorées : pas de tassements et un enrichissement de ceux-ci par le fumier. Et point non négligeable : le rapport avec l’animal. Il existe une relation avec votre animal qui ne sera jamais celle que vous avez avec votre tracteur ! Et puis le carburant c’est le foin ! Entre les problèmes de pollution, d’énergie, de finances que la société actuelle (que l’on appelle « moderne ») nous fait vivre, cette alternative est à mon sens le passage obligé pour l’avenir d’une agriculture respectueuse et vivrière. Car travailler avec un boeuf est loin d’être une démarche passéiste même si quelques organisateurs de manifestations aiment nous solliciter pour mettre en valeur l’agriculture d’autrefois. Le seul hic aujourd’hui est que les institutions en place vous aident à financer de gros tracteurs et du matériel démesuré mais ne vous aident pas dans ce genre de projet, mais en cherchant un peu, quelques papys ont encore au fond de leur grange de quoi assouvir la passion des nouveaux(elles) bouvier(e)s ! »
Karine huguenot fait également un accueil à la ferme en gîte rural.




















































