Découvrez ces deux vidéos qui montrent un dressage exemplaire de 8 boeufs liés au joug de garrot et menés à la voix et au fouet en Australie.
Regardez aussi ce film d’archive:
Découvrez ces deux vidéos qui montrent un dressage exemplaire de 8 boeufs liés au joug de garrot et menés à la voix et au fouet en Australie.
Regardez aussi ce film d’archive:
Voici mon retour du « Stage traction Bovine » auquel j’ai participé du lundi 6 au vendredi 10 novembre.
Cette première initiation axée sur la traction bovine et animée par Philippe Kuhlmann, se déroulait au sein de l’Ecomusée d’Alsace situé sur la commune d’Ungersheim.
Les premiers instants de ce stage ont commencé tout en douceur autour d’un chaleureux café. Philippe a pris le temps de saluer les huit participants, un à un, posément, avec son humilité habituelle. Il a pris le temps dès les premières heures du stage, d’écouter et de cibler les attentes et les besoins de chacun des participants.
Il est vrai que tous, nous venions des quatre coins de France (et même d’Allemagne) avec des horizons professionnels et personnels très variés. Entre le cantonnier Bourguignon curieux de traction, le passionné déjà dresseur, la vétérinaire, l’éleveur de chevaux, le viticulteur ou l’éleveur Gascon, il y en avait pour tous les goûts.
Nous ne le savions pas encore mais cette diversité de parcours et cette pluralité de profils, allait être le socle commun d’une prise de conscience et de réflexion d’une grande richesse pour chacun.
La découverte du site se fit en groupe, lors d’une visite guidée orchestrée par un animateur de l’Ecomusée. Cela a permis à chacun de prendre en main les lieux et de comprendre à quel point ce parc, chargé d’histoire et de sens, avait toute sa crédibilité et son poids pour servir de cadre à l’organisation d’une telle formation.
Les activités se sont organisées au fur et à mesure de la semaine, afin de combler les attentes de chacun.
Les animaux déjà présent sur le site, ainsi que ceux déplacés de chez Philippe, ont été vite pris en charge par l’ensemble des stagiaires. L’effectif conséquent d’animaux disponibles a été un réel point fort pour la réussite de la formation.
Chacun a pu se lancer à découvrir l’approche du bovin, la mise en place du licol, puis les premières manipulations des animaux, tout cela en sécurité, aussi bien pour les hommes que pour les animaux.
Le travail des vignes, le débardage, le travail aux champs, le débourrage de jeunes animaux, la ferrure, tous les points de découverte, de questionnement ou de perfectionnement ont été abordés. Philippe nous a également présenté le « Ramé », outil de levage et de transport qu’il a conçu. Les stagiaires ont pu à tour de rôle s’essayer à sa manipulation, attelé à une paire de boeufs.
Philippe nous a rapidement démontré ses impressionnantes capacités en terme de connection avec les animaux. Il a un tel pouvoir, presque hypnotique, que cela est tout simplement bluffant. Chaque jour, cela fut un plaisir de le voir communiquer et travailler avec les boeufs. Il a trouvé la recette parfaite entre la douceur et la justesse des gestes et de la parole, la posture et la lecture instantanée de l’animal, tout cela immergé dans un cadre de fermeté, nécessaire au bon maintien d’une autorité juste envers l’animal.
Il faut, je n’en doute pas, bon nombre de saisons passées au plus près des bêtes pour réussir à dessiner et à mettre en pratique une telle nature de relation avec ses animaux.
Ce fut un réel plaisir et une vraie fierté d’avoir pu participer à cette première pour l’écomusée. Mes remerciements vont bien sûr en tout premier lieu à notre formateur.
Un grand merci à toi Philippe, pour ton humilité, ton écoute, ta sagesse d’esprit. J’ai souvent l’habitude de dire à mes proches (novices en traction bovine) que j’ai la chance de connaître le « Pape » de la traction bovine française. Cela ne leur parle pas trop mais je trouve cette image est vraie. Tu portes en toi plusieurs dizaines d’années d’expérience en traction bovine. Tes acquis, tes savoirs font de toi un personnage porteur de message, d’expérience, d’espoir et conviction.
D’autres « personnages » sont présents sur tout le territoire français, je pense à Olivier COURTHIADE, à Jean-Bernard HUON ou encore Jo DURAND. Vous incarnez tous l’âge d’or de la traction bovine. Grâce à vous, vos transmissions, vos savoirs, une nouvelle génération de bouviers voit le jour. Je suis stupéfait lors de chaque déplacement et rencontres liées de près ou de loin à la traction bovine, de voir cette curiosité, cet enthousiasme de jeunes (ou moins jeunes) qui abordent, découvrent, pratiquent et vivent l’essor de la traction bovine française. Cela grâce entre autres à toi Philippe, et à tous les bouviers chevronnés qui sont là pour transmettre. Merci à toi et merci à tous les autres.
Je me dois aussi de remercier Hélène STRAMMIELLO, responsable de formation pour son organisation impeccable ainsi que Eric JACOB qui nous a accueillis sur ce site exceptionnel.
Je terminerai en remerciant chaque participant, Elke, Janet, Eric, Andy, Thierry, Jean-Michel et Olivier. Je pense que le stage ne se serait pas si bien passé si tous n’avions pas eu le souhait de partager, échanger, débattre, afin que nous repartions tous différents et tellement plus riches après cette semaine de formation…
Un grand Merci…
Laurent MARTIN-BLAIS
A voir aussi en cliquant ici.
Toutes photos et vidéo Véronique Nioulou
Voici quelques photos d’une belle journée de Février 2017 où Laurent Janaudy, maraîcher à Manziat (Ain), nettoyait une terre avant labour avec ses deux boeufs Gascons Cadet et Mignon.
C’était un des premiers gros travaux que cette jeune paire effectuait.
Nous les verrons dans de prochains articles sortir du bois et labourer.
Remy Dos Reis et François Caujolles attellent leurs jeunes boeufs Salers noirs à la javeleuse avec un joug neuf de Lionel Rouanet
Francois Caujolles aux guides et Pierre Bonzom au râteau sur une faucheuse à appareil
Merci à Michel Guerrero d’Autrefois le Couserans qui nous a communiqué ces deux photos avec les attelages de Remi dos reis, François caujolles et Pierre Bonzom.
Andy Gadet, 29 ans, a dressé deux boeufs Charollais. Issu d’une famille aux origines agricoles et après des études en lycée agricole, il s’oriente ensuite vers d’autres horizons professionnels.
Mais il a gardé le goût de la terre et cultive une parcelle vivrière pour les pommes de terre et les légumes de toute la famille.
Il a décidé de dresser des bovins. Après avoir recherché le maximum d’informations, il s’est engagé seul dans le dressage de ses animaux avec un résultat très probant.
Ses jeunes boeufs aux gabarits équilibrés sont bien aux ordres et constituent déjà une belle paire. Calmes, mais avec un caractère volontaire, ces deux boeufs sont assez prometteurs pour le travail.
Nous suivrons l’évolution de son parcours au fil du temps.
A Manziat dans l’Ain, la culture maraîchère intensive est présente sur la commune depuis plusieurs décennies. La terre sablonneuse du Val de Saône est un atout majeur pour la culture légumière. Le relief d’une plaine alluvionnaire est tout juste contrarié par une légère déclivité en allant sur le haut de la commune.
Au milieu des champs de poireaux, céleris, carottes et salades cultivés par de plus en plus grosses exploitations qui fournissent les grossistes et les grandes surfaces, Laurent Janaudy, une petite quarantaine, pratique une agriculture de proximité et respectueuse de l’environnement.
Dresseur remarquable de chevaux et de bœufs, il est depuis son enfance dans le monde du cheval.
Depuis de nombreuses années en double activité, partagé entre un emploi dans la restauration et son activité agricole, il a fait valoir des terrains familiaux, personnels et des petites parcelles qui, sans lui, seraient restés à l’abandon.
Depuis trois ans, il s’est installé à plein temps en développant son activité maraîchère. Il a dû abandonner la prestation de service à cheval dans les vignes par manque de temps.
Laurent travaille sur une superficie d’un hectare de maraîchage. Sept hectares de prairie permettent d’une part de nourrir les animaux et d’autre part de faire du foin en petites bottes pour la vente aux particuliers.
Il fait aussi un peu de céréales pour les animaux et la basse-cour (paille et grain).
Désormais, il fournit des restaurants renommés dont certains sont étoilés, tous en recherche de produits de qualité: L’ô des Vignes à Fuissé dont le chef Sébastien Chambru est MOF, le restaurant de Serge Vieira à Chaudes-Aigues, 2 étoiles, Le Greuze à Tournus tenu par Yohann Chapuis, 1 étoile, et Ma table en ville à Mâcon, restaurant chic à la cuisine soignée de Gilles Bérard.
Laurent fournit aussi des paniers de légumes aux particuliers et en dépôt à Lougalina, une épicerie fine de Replonges.
Sans être certifié bio (il faut maintenant presque s’excuser de travailler normalement!!) ses légumes, pour la plupart de variétés anciennes, sont menés en culture sans produits phytosanitaires.
La plupart des travaux, (labour, sarclage, hersage, déchaumage, charrois) sont effectués en traction animale avec deux juments et une paire de bœufs. Il possède aussi une jeune génisse Charollaise, Mauricette, qu’il a commencé de dresser en solo.
Même si les chevaux sont le plus souvent utilisés, il fait travailler régulièrement deux bœufs Gascons, Cadet et Mignon qui ont remplacé voici trois ans une paire de vaches Aubracs restées une huitaine d’années sur la ferme.
Il utilise aussi un tracteur pour certains travaux. Les modes de traction sont utilisés en complémentarité en fonction des conditions et des priorités. Mais la traction animale reste au centre du projet, comme depuis toujours dans la démarche de Laurent.
La récolte des « petits riz »
En cet après-midi ensoleillé de mi-septembre, une terre d’une quarantaine d’ares est recouverte d’andains bien rangés de haricots secs « Petit riz » autrefois beaucoup cultivés en Val de Saône. Après avoir été arrachés et posés au sol, ils ont séché pendant une semaine et ont été retournés à la main chaque jour pour parfaire le séchage.
La veille, Laurent avait récolté en fin de journée deux petites plate-formes de «petits riz» avec le tracteur. Mais ce 8 septembre 2017, c’est Poulette, une jeune Comtoise et les deux Gascons qui sont de service pour rentrer la récolte avant la pluie annoncée dès le lendemain.
Après avoir chargé deux chars et fait un premier voyage au cheval pour remonter le charroi à l’abri sous le hangar situé en haut de la commune, Laurent et moi-même redescendons dans la parcelle avec les deux bœufs attelés à une gerbière, suivis de Poulette.
De retour dans la terre, après avoir attaché la jument à l’ombre, les haricots sont rapidement chargés sur la gerbière par petites fourchées bien rangées pour «monter» le char, en prenant soin de les croiser pour qu’elles ne glissent pas lors du transport. Mais les pieds de haricots s’accrochent bien entre eux et sont relativement stables une fois entremêlés.
Une fois la jument reculée dans la limonière du char chargé en début d’après-midi, le convoi se met en marche pour la dernière remontée.
A mi-parcours, nous croisons comme au premier voyage, la grande route départementale qui traverse la commune. C’est un passage délicat du fait de la circulation automobile assez intense.
Si la présence des attelages de Laurent dans la commune n’est pas une surprise pour la plupart des habitants de Manziat, la traversée de la départementale, par contre, est plus surprenante pour les automobilistes de passage.
Les deux chars de haricots traversent, Poulette et Laurent en tête, avançant d’un pas plein d’allant, puis les deux bœufs gascons et leur long char à deux roues passent tranquillement avec une allure posée, sans stress.
Après environ un kilomètre et demi de voyage, nous arrivons à destination.
Les chars sont reculés sous le hangar, les animaux dételés, les bœufs déliés, Poulette dégarnie.
Les cinq chars de haricots sont à l’abri et finiront de sécher pendant un mois avant d’être battus avec une petite batteuse puis triés à la main en début d’hiver. Ils rejoindront ensuite les tables des grands chefs.
Il peut désormais pleuvoir pour compenser un peu la sécheresse de l’été, les haricots sont à l’abri!!!
La surface plantée cette année est nettement plus importante qu’en 2016, malgré cela il risque encore de ne pas avoir assez de quantité pour faire face aux besoins.
Voici trois ans que Laurent est à plein temps sur son activité agricole et les commandes sont toujours plus importantes au fil du temps. La démonstration est faite que la demande de produits de qualité est là, et qu’il est possible de la satisfaire dans un mode de production «hors norme». Bien sûr, cet engagement nécessite un investissement personnel et un travail très important. Malgré tout, il fait le maximum pour concilier la quantité de travail tout en maintenant son éthique, la qualité des produits et son mode de production avec la traction animale au coeur du système.
Michel Nioulou
Article paru aussi dans la revue « Sabots » N° 81 Novembre/Décembre 2017
Gilbert PAINBLANC amateur d’attelage, nous a communiqué le film qu’il a réalisé sur Jean-Luc Guerringue à l’occasion de la fête de « Fourg autrefois » 2017.
Voir aussi le site sur les cloches et sonnailles de Gilbert PAINBLANC en cliquant ici .