1 … 8 9 10 … 12

Rencontres de bouviers 2016, La traction bovine au XXI ième siècle, écomusée d’Alsace, ungersheim (68) les 5, 6, 7 et 8 mai 2016 par Michel Nioulou

Les 5, 6, 7 et 8 Mai 2016, se sont déroulées les onzièmes rencontres de bouviers à l’écomusée d’Ungersheim (68). C’est Philippe Kuhlmann, éleveur et dresseur de bovins à Soultzeren, en collaboration avec l’écomusée, qui fédère ces rencontres.

Ce sont vingt-cinq personnes venues de toute la France et même de Suisse cette année qui, pendant ces journées, ont échangé sur leur pratique de l’attelage bovin, l’avenir, la formation, la transmission et les techniques.

Tous les profils étaient représentés : paysans éleveurs/dresseurs, maraîchers, prestataires de services en traction animale, utilisateurs particuliers, formateurs, chercheurs, jougtiers, blogueur (ABA), sympathisants, bouvier au Puy-du-Fou, bouviers et représentants de l’écomusée d’Alsace.

rencontres 2016 alsace 36 ok

Toutes photos Véronique Nioulou

La plupart des participants étaient plutôt présents les vendredi et samedi.

Une partie des rencontres a été consacrée à la discussion en salle, faisant suite aux rencontres informelles réalisées à l’occasion du dernier Salon de l’Agriculture de Paris.

Tout d’abord, chacun a présenté sa région, son parcours, sa pratique. Ensuite le groupe est rentré dans le vif du sujet.

rencontres 2016 alsace 23 ok

11ème rencontre des bouviers

Photo J. Durand et C. Arbeit

11ème rencontre des bouviers

Photo J. Durand et C. Arbeit

De grands thèmes se sont dégagés des débats :

L’émergence d’une association des « Bouviers de France et d’ailleurs » sous l’impulsion d’Emmanuel Fleurentdidier. La discussion a permis d’avoir de nouveaux avis des gens présents et s’est orientée vers l’utilité, la nécessité et les buts de la future association.

Le volet information sur la législation en vigueur par rapport aux animaux (déplacement, aspects sanitaires) sera, entre autres, un des rôles de l’association.

La trame d’un bureau a été annoncé et reste bien sûr modifiable tant que le siège social n’a pas été défini et qu’en conséquence, les statuts n’ont pas été déposés.

La définition du siège social a fait débat avec des avis qui balançaient entre des structures institutionnelles de l’élevage et un lieu plus en adéquation avec les valeurs des participants particulièrement enclins à la défense des races anciennes plus aptes au travail.

Aux yeux de beaucoup, ces institutions présentent une contradiction éthique par rapport aux races à faibles effectifs souvent utilisées en traction bovine et le peu d’intérêt que ces structures leur portent, le tout appuyé par les buts de rentabilité, de productivisme qu’elles développent, en contradiction et au détriment du travail et de ce que défendent la plupart des acteurs de la traction bovine et animale en général.

La formation fut également au cœur des débats.

Chacun constate une demande régulière de formation en traction animale et particulièrement en traction bovine. Il ressort que le stage d’initiation à la formation bovine mis en place chaque année au CFPPA du Lycée Agricole public de Montmorillon  est un atout très important qui permet un premier contact avec ce type d’attelage. Mais il apparaît qu’une semaine de formation/initiation reste insuffisante. On ne devient pas bouvier en une semaine et seule une pratique de longue durée sur le terrain avec des meneurs expérimentés permet d’améliorer, de perfectionner, la formation des néo-bouviers.

Chacun de son côté se débrouille pour orienter les apprentis vers des bouviers confirmés. Le blog « Attelages bovins d’Aujourd’hui » y participe en partie. Il devient donc nécessaire de répertorier dans un annuaire, les personnes aptes à recevoir chez eux des bouviers en devenir. L’association pourrait être le support de ce travail.

L’idée d’un centre de formation privé a été évoquée avec le financement du genre DIF (droit individuel à la formation).

Les témoignages d’utilisateurs professionnels comme Philippe Kuhlmann, Jo Durand et Christine Arbeit, Laurent Janaudy, Joël Blanc, ont permis de découvrir des parcours, des expériences et les problématiques de l’utilisation de la traction bovine au quotidien.

Laurent Martin, bouvier bénévole au Puy-Du-Fou en Vendée, a présenté l’Académie des Bouviers créée pour former les nouveaux bouviers du parc.

Cozette Griffin-Kremer a évoqué le travail autour de l’attelage bovin en Allemagne, en Australie et en Angleterre, l’intérêt des structures comme les écomusées à participer au maintien et à la redécouverte du grand public de ces pratiques. 

Nicole Bochet a abordé le thème du bien-être animal qui a rapidement dérivé sur les lois mises en place qui ne favorisent pas nécessairement le milieu des dresseurs et bouviers comme par exemple interdiction des animaux attachés à l’hivernage. 

André Kammerer a, quant à lui, en décrivant son parcours de bouvier « de loisir », mis en lumière le lien social créé par l’animal. Son témoignage sincère sur son expérience de la relation qui s’établit entre des enfants en souffrance et son boeuf de travail était réellement touchant.

Il a été souligné aussi qu’aucun profil de bouvier n’est rejeté, qu’il soit professionnel ou amateur. Toute pratique qui, d’une manière ou d’une autre peut contribuer à ce que perdurent des savoir-faire est sans aucun doute utile pour l’avenir. Elle doit être respectée et encouragée.

rencontres 2016 alsace 1 ok

Les participants ont également mis en avant l’intérêt de la recherche sur le matériel et des améliorations qui peuvent y être apportées. Elles sont faites par les quelques fabricants de matériels de travail, par les utilisateurs eux-mêmes qui les adaptent au mieux selon leurs besoins. La recherche sur les jougs composites menée par L’insic à Saint-Dié-des-Vosges a été abordée et a soulevé quelques débats au sujet du résultat même et de l’emploi de matériaux synthétiques qui ne paraît pas s’inscrire dans une démarche durable, en contradiction avec celle des bouviers. Cependant, ce genre de recherche, même si elle n’est pas complètement aboutie, mérite d’être soulignée. On peut signaler aussi les jougs en bois contre-collés que j’ai personnellement mis en oeuvre pour éviter les problèmes de fentes post-construction et qui ont également soulevé le même genre de problématique.

A la demande des initiateurs de la future association, le site « Attelages bovins d’Aujourd’hui  » servira d’interface internet pour la mise en ligne des activités, infos et documents (le site est ouvert à toutes structures ou particuliers dont l’activité est l’attelage bovin).  

Chacun pourra donc prochainement retrouver plus d’infos concernant l’association au sein du site ABA.

A ce sujet, le site que chacun s’est accordé à définir comme incontournable aujourd’hui (mais je tiens à titre de réalisateur du blog à vous remercier tous, mais aussi à tempérer et rester humble devant tant d’intérêts portés) devient pour moi, qui le gère seul et bénévolement, un travail à part entière. Malgré cela, j’ai aussi une profession !! J’ai souligné que, devant la quantité de travail pour la réalisation des articles, les contacts avec les acteurs, les relances pour avoir des infos, de la matière, le traitement des photos, des vidéos, la mise en ligne, la tenue du carnet d’adresses, la gestion des annonces, les réponses aux nombreux courriers, les réponses aux appels téléphoniques, j’avais du mal à continuer d’assurer de manière suivie la tenue à jour du blog.

Une proposition de mettre en place des relais régionaux a été faite pour au moins réaliser le travail de collecte des informations. Mais la chose est compliquée, les gens impliqués dans ce milieu étant déjà fort occupés. La tenue du blog nécessite également une unité et une neutralité la plus objective possible, la solution est complexe.

J’ai aussi insisté sur le volet communication, réalisation d’articles pour la presse spécialisée, la réalisation d’un film sur les bouviers du XXI ème siècle. Il est aussi nécessaire de faire connaître cette pratique méconnue de tous et de la sortir de l’image « folklorique » que beaucoup, pour le peu qu’ils s’y intéressent, pourraient avoir aujourd’hui. 

Mais là aussi, il faut beaucoup de temps. J’ai personnellement lancé plusieurs pistes au gré des contacts sur le site avec des photographes, cinéastes, réalisateurs, producteurs, télévisions et maisons d’éditions. Mais le sujet n’est pas porteur pour qui ne connaît pas la richesse des choses à aller collecter. 

Il y aurait pourtant des parcours de vie forts enrichissants à découvrir.

 

Le reste du temps a été consacré aux démonstrations et pratiques en extérieur avec du matériel et les animaux.

Philippe Kuhlmann avait descendu de sa ferme deux paires de bœufs: une paire de jeunes Vosgiens et une paire de bœufs Ferrandais plus âgés.

rencontres 2016 alsace 28 ok

rencontres 2016 alsace 49 ok

Plusieurs fois au cours de ces deux jours du vendredi et samedi, Philippe a présenté « le ramé », un matériel de levage qu’il a créé voici 2 ans et qu’il améliore au fil du temps.

Il permet de déplacer des balles rondes et des palettes, de charger du fumier et l’utilisation en fagoteuse.

rencontres 2016 alsace 20 ok

rencontres 2016 alsace 33 ok

rencontres 2016 alsace 34 ok

Il est aussi apte à servir d’avant-train de débardage avec l’avantage d’avoir un ancrage au timon pivotant qui permet aussi d’utiliser les bœufs en poussant le matériel, et de manœuvrer plus facilement dans des endroits restreints en place. 

rencontres 2016 alsace 32 ok

rencontres 2016 alsace 16 ok

rencontres 2016 alsace 15 ok

Comme lors des dernières présentations, chacun commente et apporte son avis technique, d’autres pistes, d’améliorations possibles. Phillipe depuis 2014 a d’ailleurs modifié le « Ramé » en y apportant un timon qui passe au dessus des boeufs et dont l’angle avec le bâti est réglable par un système de « vérin crénelé » faisant crémaillère manoeuvrable depuis l’avant, à la tête des boeufs. Ceci permet de modifier facilement l’angle d’attaque des dents de chargement sans avoir à intervenir en se déplaçant au niveau du bâti. Pour utiliser ce système, il lui a fallu freiner l’essieu. La commande de blocage des roues est également commandée depuis l’avant du « Ramé ».

Eric Petit avait présenté à la journée technique 2015 à Soultzeren, un modèle similaire inspiré de celui qu’il avait vu chez Philippe aux rencontres de 2014. On voit bien ici l’émulation entre utilisateurs qui cherchent les meilleures solutions et qui s’inspirent l’un l’autre.

Bien sûr, les discussions ont aussi amené à parler du dressage, du rapport à l’animal, des méthodes de menages et de bien d’autres sujets engendrés par les situations rencontrées sur le terrain.

A l’occasion de la « parade des attelages » de l’écomusée sur la place des charpentiers, Philippe a présenté au grand public l’attelage bovin d’hier, d’aujourd’hui et de demain, en s’efforçant de bien expliquer que la pratique d’aujourd’hui n’est pas que festive ou démonstrative comme dans les écomusées ou les fêtes locales, mais bien utilisée au quotidien pour le travail.

Emmanuel Fleurentdidier avait apporté un matériel de travail du sol modulable et léger issu d’un outil traditionnel espagnol, « la Forcat » utilisé en maraîchage en traction hippomobile.

rencontres 2016 alsace 43 ok

Des séances de labour et de buttages ont été réalisées avec un des boeufs de l’écomusée attelé à cet outil au collier et mené par différents bouviers. Elles se sont avérées fort concluantes devant la simplicité, l’efficacité et la maniabilité de l’engin dues à sa faible longueur.

rencontres 2016 alsace 44 ok

rencontres 2016 alsace 45 ok

rencontres 2016 alsace 48 ok

Une dernière petite réunion de synthèse en fin d’après-midi de samedi a permis de clôturer deux jours de rencontres intenses sur des avancées et des conclusions plutôt positives concernant aussi bien la future association que sur l’intérêt de se rencontrer et de partager ses expériences.

Si les échanges en salle ont été fournis, ont permis d’y voir plus clair sur les projets individuels et les projets communs, même si parfois chacun affirmait bien haut ses positions, les discussions informelles sur le terrain autour des attelages que chaque bouvier présent a utilisés au cours de ces deux jours, ont tout autant été constructives et riches.

La réunion d’utilisateurs, d’acteurs du milieu, professionnels ou amateurs qui partagent leur expériences bénéficie autant à eux-même qu’à ceux qui écoutent autour d’eux. Les discussions sont toujours techniques, qu’elles soient axées sur l’animal, le matériel, le menage, les cultures, les méthodes de travail, ou le matériel.

Il ne faut pas non plus oublier les rencontres humaines, à l’occasion desquelles se tissent chaque année des liens forts. Merci à Philippe Kuhlmann d’être la cheville ouvrière de cet événement. Merci à tous les participants venus souvent de loin, ainsi qu’à tous ceux qui se sont impliqués dans le déroulement de ces journées.

Un grand merci à l’écomusée d’Alsace et à sa direction qui sait chaque année recevoir les bouviers au sein de ses emprises avec des conditions idoines.

Ces rencontres ont été par leurs contenus fort intéressantes, mais elles ont eu aussi le grand avantage de rassembler des acteurs éparpillés sur le territoire et de créer une dynamique, une émulation qui remotive et qui fait voir l’avenir avec plus d’entrain et de sérénité.  

On attend tous l’année prochaine! 

Michel Nioulou

Vidéo de Christine Arbeit et Jo Durand:

Voici quelques photos en vrac de ces journées.

rencontres 2016 alsace 2 ok

rencontres 2016 alsace 3 ok

 

rencontres 2016 alsace 4 ok

rencontres 2016 alsace 5 ok

rencontres 2016 alsace 6 ok

rencontres 2016 alsace 7 ok

rencontres 2016 alsace 8 ok

rencontres 2016 alsace 9 ok

rencontres 2016 alsace 10 ok

rencontres 2016 alsace 11 ok

rencontres 2016 alsace 12 ok

rencontres 2016 alsace 13 ok

rencontres 2016 alsace 14 ok

rencontres 2016 alsace 17 ok

rencontres 2016 alsace 18 ok

rencontres 2016 alsace 19 ok

rencontres 2016 alsace 21 ok

rencontres 2016 alsace 22 ok

rencontres 2016 alsace 24 ok

rencontres 2016 alsace 25 ok

rencontres 2016 alsace 26 ok

rencontres 2016 alsace 27 ok

rencontres 2016 alsace 29 ok

rencontres 2016 alsace 30 ok

rencontres 2016 alsace 31 ok

rencontres 2016 alsace 37 ok

rencontres 2016 alsace 38 ok

rencontres 2016 alsace 39 ok

rencontres 2016 alsace 40 ok

rencontres 2016 alsace 41 ok

rencontres 2016 alsace 46 ok

rencontres 2016 alsace 47 ok

rencontres 2016 alsace 42 ok

11ème rencontre des bouviers, du 5 mai au dimanche 8 mai 2016, La traction animale bovine pour le XXIème siècle. Ungersheim (68)

ballade en charette a boeufs ecomusee d alsace ok

Du jeudi 5 mai au dimanche 8 mai 2016.

11ème rencontre des bouviers.

Thème 2016 : La traction animale bovine pour le XXIème siècle.

DATE

Du jeudi 5 mai au dimanche 8 mai 2016. 

CONTENU DE L’EVENEMENT

La rencontre des bouviers se déroule sur une période de 4 jours, à l’Écomusée d’Alsace.

 

¤ Jeudi 5 mai.

La journée de jeudi est axée sur la vache, le veau et le lait.

Un accent particulier est mis sur la polyvalence de la vache : le travail, le veau, le lait.

  • 10h-11h : accueil des participants, en interface avec les visiteurs (place des charpentiers).
  • 11h-12h : présentation de deux vaches attelées (place des charpentiers).
  • 14h30-15h30 : à l’issue de la présentation quotidienne Des attelages et des hommes, travail dans les champs avec les deux vaches (terroir de l’Écomusée d’Alsace).
  • 15h30-16h : retour en cortège jusqu’à la place des charpentiers.
  • 16h-16h30 : traite de la vache (ferme de Sternenberg).
  • 16h30-17h : transformation paysanne du lait (maison des goûts et des couleurs).

¤ Vendredi 6 mai.

La journée de vendredi est une journée technique (sous la direction de Philippe Kuhlmann) avec une exposition de matériel de traction bovin et la présentation d’un outil de levage avec la force bovine (le ramé). La journée comprendra du travail en salle (en l’occurrence à la salle de Muespach).

¤ Samedi 7 mai.

La journée de samedi est axée sur le travail agricole des bovins.

  • 10h-11h : accueil des participants, en interface avec les visiteurs (place des charpentiers).
  • 11h-12h : démonstration de familiarisation des bovins au travail et présentation d’un outil fonctionnel et polyvalent (le ramé, place des charpentiers), puis tour dans le musée et approvisionnement de la scierie en bois.
  • 14h-15h : présence à la médiation quotidienne Des attelages et des hommes, avec un maximum d’attelages (place des charpentiers).
  • 15h-17h : utilisation de la force bovine au service d’un projet contemporain, celui de la nouvelle sellerie de l’Écomusée d’Alsace (Ittenheim).
  • 17h-18h : soins aux animaux, en interface avec les visiteurs.

¤ Dimanche 8 mai.

La journée de dimanche est axée sur le travail agricole des bovins.

  • 10h-11h30 : travail agricole avec des bœufs, avec l’accent mis sur le levage et l’outil fonctionnel et polyvalent (terroir de l’Écomusée d’Alsace)
  • 11h30-12h : retour en cortège jusqu’à la place des charpentiers.
  • 14h-15h : présence à la médiation quotidienne Des attelages et des hommes, avec un maximum d’attelages (place des charpentiers).
  • 15h-17h : utilisation de la force bovine au service d’un projet contemporain, celui de la nouvelle sellerie de l’Ecomusée d’Alsace (Ittenheim).

 

LIEU

¤ Jeudi 5 mai : place des charpentiers, terroir, ferme de Sternenberg, maison des goûts et des couleurs.

¤ Vendredi 6 mai : Eomusée d’Alsace et plus particulièrement salle de Muespach.

¤ Samedi 7 mai : place des charpentiers, maison d’Ittenheim.

¤ Dimanche 8 mai : terroir, place des charpentiers, maison d’Ittenheim.

 

HORAIRES

  • ¤ Jeudi 5 mai : 10h-17h.
  • ¤ Vendredi 6 mai : 10h-18h.
  • ¤ Samedi 7 mai : 10h-18h.
  • ¤ Dimanche 8 mai : 10h-17h.

 

CONDITIONS D’ACCES

Tous les visiteurs intéressés par les bovins en général, et la traction bovine en particulier, sont invités à suivre les bouviers.

 

PERSONNE REFERENTE

  • Pour le service : Thomas Lippolis.
  • Personne ressource : Philippe Kuhlmann.

MATERIEL NECESSAIRE

Sans objet.

SECURITE

Le travail avec les bœufs doit s’effectuer avec toute la prudence nécessaire.

AUTRE

Les bouviers qui le souhaitent peuvent être hébergés au rez-de-chaussée du centre pédagogique de l’Écomusée d’Alsace. En contrepartie, le nettoyage des locaux (chambres et couloirs) est à assurer. Par ailleurs, la gestion de la clé doit se faire en toute responsabilité.

Contacts:

Tél. 03 89 74 44 74
ecomusee-alsace@ecomusee-alsace.fr

reflexion attelage bovin xxi sciecle p kuhlmann 1 okreflexion attelage bovin xxi sciecle p kuhlmann 2 ok

Réflexions sur la traction animale bovine du XXIème siècle, par Philippe Kuhlmann

 

reflexion attelage bovin xxi sciecle p kuhlmann 1 ok 

En préambule des rencontres de bouviers 2016 qui se dérouleront en Alsace à l’écomusée d’Ungersheim du 5 au 8 mai 2016, Philippe Kuhlmann nous livre une réflexion autour de l’attelage bovin aujourd’hui.

_______________________________________

A la veille de la 11ème rencontre des bouviers, je rebondis sur l’article de Lionel (et par voie de conséquence de Michel Nioulou. Autodidacte ou apprenti, chaque parcours est le fruit de rencontres et d’opportunités.

Je partage l’avis de Lionel qui dit que le maître peut éviter bien des erreurs mais que ce que l’on a appris et vérifié par soi-même est bien mieux assimilé.

Il est cependant essentiel d’ancrer et de conforter les connaissances par de la pratique. J’aime bien l’histoire que me contait mon grand-père né en 1902 :

« A Vienne, un gamin portant un violon dans sa boîte s’adresse à un policier et lui dit : « Quel est le chemin le plus court pour aller à l’opéra viennois ? ». Et le policier de lui répondre : « De l’exercice jeune homme… beaucoup d’entraînement !… ». C’est en forgeant que l’on devient forgeron ! »

Ceci s’applique aux bouviers autant qu’aux bœufs de travail. Ce n’est pas au pré en regardant passer les trains que les bœufs vont apprendre à travailler.

Je vais reprendre le sujet des jougs massifs ou contrecollés…En 1980, j’accompagnais Gusti, l’un de mes maîtres, paysan, débardeur, bûcheron, maréchal-ferrant, boucher, tonnelier, fromager, vétérinaire… et surtout paysan, et nous allions chercher les vaches pour les traire. En passant dans une zone de pré-bois, je le vis s’arrêter, s’accroupir, sortir le canif de sa poche, tailler un bâton, le pousser en terre près d’un jeune saule qu’il plia pour lui donner une courbure à la base et il le lia au bâton qu’il avait enfoncé dans le sol. Il me dit : « Le saule marsault est la meilleure essence pour faire les cornes de schlitte et il est rare de trouver les arbres qui ont la courbure naturelle pour réaliser ces dernières ». Les saules ainsi pliés pouvaient être utilisés dans douze à quinze ans. Gusti n’a plus fait de schlitte après 1988 ! Merci pour ce qu’il m’a donné et paix à son âme…

Les paysans observaient, et comme dit Lionel, connaissaient le bois. Ils avaient une connaissance profonde, presque instinctive du bois, de la matière, de la pierre, de la vie, des animaux, connaissance que nous perdons à force de repères scientifiques cartésiens et technologiques. Où est le juste milieu entre la connaissance empirique et instinctive et la part acceptable de science avec conscience ? C’est là que mes amis Lionel et Michel se rejoignent. Ils veulent faire perdurer un art, des connaissances, des savoir-faire menacés qui pourtant seront indispensables à la survie des générations futures.

Jougs massifs, jougs contrecollés, occitans, jougs vosgiens traditionnels, jougs vosgiens modernes avec matelassures incorporées…

Même si mon argument de rapidité de liage me paraît primordial, je suis convaincu qu’il est important que des connaisseurs continuent à lier des bœufs avec les jougs aveyronnais ou occitans, sachent les fabriquer, fassent des recherches pour en fabriquer de nouveaux modèles.

Cela fait trente-cinq ans que je tâtonne, expérimente, avance, régresse, tire des leçons, donne des leçons, prends des gamelles. Lionel disait « voler avec les yeux » ! Oh que oui ! Mais où sont passés les maîtres dignes de ce nom, ces hommes et ces femmes qui ont pratiqué l’art du menage à une époque où il n’y avait pas d’autre alternative que la traction animale, qu’à la moindre difficulté on remise les bœufs et on prend le tracteur ou le 4×4 ? Ces maîtres nés en 1903, 1908 ou 1923 ne sont plus de ce monde et n’ont point été remplacés. Ils détenaient beaucoup de connaissances, d’expériences même s’ils n’étaient pas forcément tous ouverts à des évolutions, des techniques.

A ce jour, nous avons en France un blog qui fédère les bouviers, qui fait un trait d’union entre les différents partenaires, les professionnels, les aspirants, les vendeurs, les acheteurs de bœufs dressés. Merci Michel, tu fais un travail considérable. Nous avons un journal « Sabots » qui diffuse les informations et se fait le porte-parole de ceux qui ont quelque chose à faire partager, merci Daniel et François. Nous avons un centre de formation qui enseigne les rudiments de l’attelage bovin et une première prise de contact. Il a le mérite de permettre à des bouviers en herbe de mettre le pied à l’étrier. Nous avons beaucoup de gens qui attèlent pour leur plaisir et ainsi conservent le savoir-faire. Sans obligation de résultat, ils ont le mérite de maintenir le tissu rural vivant, de se tenir à atteler régulièrement, du moins assez régulièrement pour que leurs animaux ne perdent pas leur niveau de dressage. Nous avons encore quelques éleveurs qui, contre vents et marées, élèvent des animaux de races (ou plutôt de souches) rustiques adaptées à la traction animale, alors que la dernière mouture de la PAC les a encore une fois défavorisés. Nous avons des associations de chercheurs qui créent (ou améliorent) des outils adaptés à la traction animale, mais surtout chevaline malheureusement.

reflexion attelage bovin xxi sciecle p kuhlmann 3 ok

Nous avons eu des ingénieurs qui ont planché quelques années, alliant matière grise et technologie pour pondre un nouveau modèle de joug. Il a peut-être le mérite d’exister !

Les lacunes.

Il manque un centre de recherches en conditions réelles avec une obligation de résultat (seule garantie de travail véritable) qui saurait allier les connaissances empiriques et les technologies actuelles. Ceci dit, il ne faut pas vouloir imiter les tracteurs à tout prix. Il y a quarante ans, en 1976, j’ai demandé à mon prof de machinisme si on ne pouvait pas adapter une faucheuse rotative aux bœufs. A l’époque, j’avais 16 ans, je fauchais à la faux, n’avais pas encore de bœufs, mais des vaches et un poney que j’attelais avec mon frère. Le prof de machinisme du lycée forestier, pourtant très moderne, m’a dit : « Aïe !… La rotative est très gourmande en puissance et n’a pas un impact extra sur la végétation ; si tu veux vraiment faucher avec les bœufs, essaie d’adapter et de transformer les faucheuses à doigts. » Je pense que le XXIème siècle est le siècle de la synthèse entre les méthodes empiriques et les techniques qui ont envoyé ces méthodes au diable, mais que la notion d’économie doit être plus présente que jamais :

  • économie budgétaire, sachant que les aides publiques à l’agriculture sont revues à la baisse et que chaque ferme devra imaginer un mode de fonctionnement moins gourmand !
  • économie des énergies fossiles et autres, sachant que notre mode de vie occidental épuise la planète et vit au détriment du tiers-monde.
  • économie humaine et sociale. Les activités devraient être fédératrices et favoriser les relations inter-générationnelles. Toutes sociétés dans l’histoire de l’humanité où les générations savaient cohabiter, se respecter, s’entraider et se compléter étaient des sociétés au sein desquelles le vandalisme et la délinquance étaient minimes.
  • économie de la matière et des minerais. Chaque fois qu’une machine ou partie des machines pourra être réalisé en bois ayant poussé sur place, il faudra opter pour cette solution, mais faire preuve de discernement et favoriser le recyclage.

Les années 1950-1960 ont vu les roues en bois disparaître au profit d’essieux de Jeep ou autres véhicules costauds. Il existe de nos jours des axes de voitures solides permettant de construire des remorques ou charrettes à moindre frais et de recycler les rebuts de notre société.

Cette rencontre des bouviers 2016 devrait permettre de faire le point sur les moyens à mettre en œuvre pour que la traction animale bovine puisse être le moteur adapté à de petites structures.

L’Ecomusée d’Alsace, avec son directeur Eric Jacob, a choisi de passer au XXIème siècle sachant que les générations futures auront tout à gagner en faisant une synthèse des moyens empiriques qui ont permis à de très nombreux humains de vivre sur cette planète et des avancées technologiques. Le tout, en gardant comme objectif l’économie des ressources de notre planète. Ceci passe par la formation des meneurs, celle des animaux de travail, de matériel moderne adapté à de nouvelles techniques de travail. Il me paraît essentiel de mettre l’accent sur l’efficacité autant technique qu’économique.

Philippe KUHLMANN.

Traction animale, attelage bovin avec philippe Kuhlmann

Philippe kuhlmann et ses boeufs dans un article de Patrice COSTA dans Vosges Matin du 16 Août 2015

p kuhlmann article vosges matin 2015 ok

Photo issue du site Vosges Matin

À SOULTZEREN, SUR LE VERSANT ALSACIEN DES VOSGES, PHILIPPE KUHLMANN EXPLOITE SA PETITE FERME COMME LE FAISAIENT LES PAYSANS D’AUTREFOIS. PAR VOCATION ET RESPECT DE LA TERRE.

Un nuage de mouches enrobe les museaux humides de Milou et Papillon, deux solides bœufs de trois ans, issus d’un métissage entre les races Vosgiennes et Ferrandaises. « Pas bouger ! », leur intime Philippe Kuhlmann. Les deux bovins, de 650 kg chacun, se plient bon gré mal gré à l’ordre du patron. C’est qu’il fait particulièrement chaud en ce jour de juillet sur les pentes du Val de Munster, et les deux auxiliaires en sabots n’apprécient guère de quitter la fraîcheur de leur parc ombragé pour tirer la charrette de foin du bouvier. Une poignée de minutes suffit au paysan pour positionner le double joug sur la nuque des bêtes, qu’il place ensuite devant la charrette, avant de glisser la cheville de métal qui bloque la pièce de bois au timon de l’attelage. Le geste est précis, efficace et réclame juste un peu d’énergie pour forcer les animaux à courber la tête. « Ces deux-là sont parfois rétifs, mais ils ont du potentiel », sourit l’éleveur de Soultzeren. « Sur le plat, ils peuvent tracter un volume de quatre à cinq tonnes, mais beaucoup moins quand ça monte, surtout par ces chaleurs. » Pour récupérer le fourrage qu’il a coupé la veille au soir à l’aide d’une motofaucheuse munie d’une barre de coupe – le seul écart mécanique qu’il s’autorise – Philippe a mobilisé Milou et Papillon tôt dans la matinée, histoire d’épargner les deux poids lourds des effets de la flambée du baromètre. Mais lui était au boulot avant l’aube. Du haut de ses 55 ans, entre les prairies à faucher, le foin à organiser manuellement au râteau en andains avant de le nouer en fardeaux puis de le véhiculer sur son dos jusqu’à une cabane de stockage, l’Alsacien à la chevelure poivre et sel respire l’endurance et n’a jamais compté ses heures. Tout au long de l’été, il bosse tous les jours de 4 h 30 à 23 h, s’accordant juste quelques instants pour déjeuner.

Au fil de la fenaison, il va ainsi porter sur ses épaules plus de 600 fardeaux de foin de 40 à 50 kg ! Ce choix de pérenniser ces pratiques extensives, dictées par le rythme des saisons et l’entretien de son cheptel de 45 têtes, des vaches et bœufs Vosgiens répartis aux beaux jours sur une soixantaine d’ha de pâturages d’altitude et confinés à l’étable en hiver, ce fils de négociant en vin l’assume avec force. Philippe Kuhlmann est pourtant né au cœur des Trente Glorieuses agricoles, cette époque où la campagne de France a jeté aux oubliettes le legs culturel ancestral qui avait modelé ses terroirs. Mais le futur exploitant a regardé passer le train de la révolution verte et les wagons de la mécanisation, de l’élevage hors-sol, de l’arsenal phytosanitaire ou de la monoculture céréalière sans jamais vouloir y embarquer.

« Quand les jeunes de mon âge allaient au bal, je préférais filer écouter les anciens, notamment un vieil oncle fermier dans la vallée de Munster. C’est lui, entre autres, qui m’a transmis le respect de la terre et des plantes. » Inoculé par le virus de la traction animale, il opte tout d’abord pour des études sylvicoles, travaille quelque temps pour l’Office national des forêts, puis s’installe en 1981 à Soultzeren, où il produit du lait trait au pis qu’il vend en circuit court dans les villages de la vallée. En 1994, pour des raisons familiales, il quitte sa ferme perchée sur le piémont alsacien des Vosges et se lance dans une activité de débardage de bois à l’aide de bœufs, de taureaux et de chevaux dans le Massif Central. « En six ans d’activité là-bas, j’ai sorti plus de 35.000 stères des forêts du plateau des Millevaches », dit-il.

Son parcours le conduit ensuite en Suisse, où il devient berger trayeur de vaches. Mais son goût pour l’attelage le tenaille. Revenu dans le Val de Munster en 1999, Philippe Kuhlmann reprend les rênes du dressage de bovins pour les travaux agricoles, réunit son troupeau de Vosgiennes qu’il croise parfois avec des Ferrandaises, cette autre race rustique et docile qui rumine sur les estives de la chaîne des Puys, et partage à mi-temps son expérience en public à l’Ecomusée d’Ungersheim, dans le Haut-Rhin. Aujourd’hui, dans le petit monde quasi marginal de la traction bovine, le paysan vosgien est une référence. Et pour cause : durant sa carrière, il a dompté entre 150 et 160 vaches, bœufs et taurillons, qu’il a sélectionnés quelques mois après la naissance en fonction de leur future aptitude au job. « Je commence le débourrage par des travaux légers, comme le hersage des prairies. Puis les animaux passent progressivement à la fenaison, à la traction des charrettes, à l’épandage de fumier ou au débardage des bois. » Des bêtes obéissantes, formées à la rude, qu’il cède ensuite à des exploitants attirés par un tel retour aux sources, voire à des organismes comme les Établissements et services d’aide par le travail (les anciens CAT), soucieux de développer un relationnel entre l’animal et les personnes en situation de handicap.

Alors un rescapé de la préhistoire agricole, le bouvier de Soultzeren ? Pas vraiment. Entre la vente de ses ex-élèves à cornes, les revenus tirés de la production d’un peu de viande ou de lait et la fourniture de bois énergie, il affirme, avec sa compagne propriétaire du Chalet vosgien (quatre chambres d’hôtes disponibles à côté de la maison familiale), « vivre correctement » de sa ferme, située totalement à la marge du circuit conventionnel. Une philosophie certes héritée du passé mais qui, par les temps qui courent, esquisse peut-être les enjeux de l’agriculture de demain.

Dans le petit monde quasi marginal de la traction bovine, le paysan vosgien est une référence.

Patrice Costa

Retrouvez l’article sur le site de Vosges Matin en cliquant ici.

Manuel Olivier, viticulteur à Nuit-Saint-Georges (21)

manuel olivier photo site climat de bourgogne logo

Manuel Olivier est viticulteur en Bourgogne. Il exploite un domaine de grand vins de Bourgogne sur dix hectares de vignobles des Hautes-Côtes de Nuits, de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune.

Depuis 2015, il possède deux boeufs Vosgiens achetés chez Philippe Kuhlmann pour travailler sur le domaine.

Manuel Olivier 2

Pendant deux ans, ils ont été utilisés intensément au labour.

Après le départ d’un employé meneur qualifié, le manque de disponibilité des bonnes personnes a fait que les bœufs ont travaillé beaucoup moins, mais Manuel Olivier compte bien les ré-utiliser plus fréquemment prochainement. Il cherche d’ailleurs un bouvier volontaire pour ré-engager le projet.

Manuel Olivier 1

Site:http://www.vindebourgogne-manuel-olivier.com/

Journée technique autour du débourrage et dressage des jeunes boeufs le 15 Mai 2015 chez Philippe Kuhlmann à Soultzeren (68)

soultzeren 2015 12 ok

Une journée technique organisée dans le cadre des rencontres de bouviers de l’écomusée d’Alsace, s’est déroulée à Soultzeren chez Philippe Kuhlmann le vendredi 15 Mai 2015.

La journée était axée sur le débourrage et dressage des jeunes boeufs.

La longue expérience et le recul de cet éleveur/dresseur de la haute vallée de Munster, dont la seule force motrice au quotidien sur sa ferme est la traction animale bovine, lui permettent  de transmettre et de faire partager un savoir appris auprès des anciens et peaufiné par sa pratique de chaque jour depuis de longues années.

soultzeren 2015 9 ok

Pratiquer est une chose importante pour le maintien d’un savoir-faire, mais le transmettre est essentiel et impératif.

C’est un des objectifs prioritaire de Philippe qui d’ailleurs est en train de rédiger un manuel de dressage et d’utilisation des boeufs de travail.

soultzeren 2015 8 ok

La journée a rassemblé une bonne quarantaine de participants pour la plupart bouviers, agriculteurs et/ou passionnés venus de tous horizons, le tout sous l’oeil des caméras de la télévision Allemande qui réalisait un documentaire d’une trentaine de minutes sur les quatre jours des rencontres de bouviers de l’écomusée.


soultzeren 2015 2 ok

Avant d’aborder le thème du dressage, une suite à la journée technique de 2014 était donnée par la venue d’Eric Petit utilisateur de boeufs Vosgiens et d’un outil polyvalent qu’il a nouvellement construit en s’inspirant du matériel conçu et présenté l’an passé par Philippe Kuhlmann.

 soultzeren 2015 6 ok

Ce matériel permet soit de déplacer les balles rondes, soit une utilisation en train avant de débardage qui limite les frottements et la résitance au débardage à la traîne. Sa particularité est qu’il peut travailler, sans dételer, aussi bien en poussant qu’en tractionnant grâce à pivot placé en bout de timon lui même positionné façon col de cygne au dessus des boeufs. Il permet aussi des manoeuvres fines et des déplacements en reculant le matériel mais en ayant les boeufs en marche avant (on évite la difficulté du reculement sur une longue distance des animaux).

Il peut aussi être attelé en solo.

soultzeren 2015 7 ok soultzeren 2015 18 ok soultzeren 2015 21 ok soultzeren 2015 23 ok soultzeren 2015 25 oksoultzeren 2015 28 ok

 Une démonstration de manipulation de botte ronde et une utilisation en débardage à montrer l’évolution du projet qui a abouti à un matériel facile d’utilisation et performant.

soultzeren 2015 17 ok

soultzeren 2015 29 ok

Ensuite, manipulations de sociabilisation, débourrage et dressage ont occupé le restant de la journée jusqu’au soir. Du jeune veau jusqu’au boeuf de trois ans, Philippe a expliqué de nombreuses méthodes de mise aux ordres, de précautions à prendre, de techniques de manipulations pour arriver à obtenir un animal à la fois fiable et volontaire au travail.

 soultzeren 2015 39 ok

Plusieurs paires à différents stades de dressage ont été mises au joug, boeufs Ferrandais, Vosgiens, Hérens.

soultzeren 2015 36 ok soultzeren 2015 40 ok soultzeren 2015 37 ok soultzeren 2015 38 ok

La fermeté, la patience, la prudence, l’anticipation de réactions, la fréquence et la régularité de travail, la manière de mettre au joug de jeunes bêtes, ont fait l’objet de démonstrations et de débats alimentés par des questions techniques des participants.

Philippe a aussi illustré ses propos par les exemples de sa pratique et son expérience du dressage au quotidien dans le travail. En effet ses animaux sont rapidement mis en situation de travail en adaptant bien sûr la tâche à leur force et à leur avancement dans le dressage. Il dresse généralement au bois en tirant des pièces plus ou moins grosses selon le degré de dressage et l’âge des animaux.

Un volet matériel d’attelage a aussi été abordé par la venue de Mr Mougin qui fabrique entre autres des jougs Vosgiens et de Jean-Claude Mann, bourrelier sellier qui fabrique et répare des colliers d’attelage pour bovins et qui réalise toutes les garnitures nécessaires aux jougs Vosgiens. Leur venue régulière chaque année permet aux bouviers présents d’avoir des contacts avec des artisans rares mais indispensables.

soultzeren 2015 34 ok soultzeren 2015 35 ok

En fin d’après-midi, un boeuf Ferrandais noir a été installé dans le travail à ferrer, et un moment a été consacré au ferrage avec la complicité d’un maréchal ferrant venu de Suisse qui a beaucoup pratiqué le ferrage des bovins. 

soultzeren 2015 30 ok soultzeren 2015 31 ok soultzeren 2015 32 ok soultzeren 2015 33 ok soultzeren 2015 3 ok

Malgré la pluie et une température un peu basse, la journée s’est  déroulée comme si le soleil avait été de la partie. Le repas de midi et l’excellente soupe aux sept herbes et aux saucisses concoctée par Anne-Catherine Kuhlmann a permis encore plus d’échanges et de convivialité.

Prendre le temps de se rencontrer pour des gens qui travaillent souvent éparpillés sur le territoire est un point très apprécié de tous. Les échanges tant techniques qu’humains et amicaux sont capitaux et attendus chaque année pour repartir chez soi regonflé par l’élan d’une pratique commune ré-alimentée et encouragée par des gens comme Philippe, qui sait chaque année captiver son public par son savoir, sa générosité et sa gentillesse.

Il est parfois des gens essentiels, merci à Anne-Catherine et Philippe d’être de ceux-ci.

 Michel Nioulou

Vidéo N° 1

Vidéo N° 2

Vidéo N° 3

Journée technique du vendredi 15 Mai 2015, autour de l’attelage bovin chez Philippe Kuhlmann à Soultzeren (68)

rencontres alsaces journee technique pk 2014 ok 4

A l’occasion des 10ième rencontres internationales de bouviers organisées à l’écomusée d’Alsace, Philippe et Anne Catherine Kuhlmann vous accueilleront sur leur exploitation de Soultzeren pour une journée technique.

Cette année, Philippe axera la journée sur le débourrage et le dressage des jeunes boeufs.

Chaque année de nombreux bouviers se retrouvent sur le terrain, au sein d’une des rares exploitations françaises entièrement travaillée en traction bovine, pour confronter et partager leurs expériences et leurs savoir-faire.

Toutes les personnes, bouviers ou non, qui sont intéressées par cette journée pour partager ou découvrir et se renseigner, sont invitées à participer à un moment rare d’échanges et de contacts.

Important: Pour une question d’organisation, les personnes qui comptent venir, doivent réserver afin de pouvoir mieux gérer l’accueil de chacun. Participation à la journée 8 €.

Réservations et renseignements:

03 89 77 44 46

ph-ac-kuhlmann@voila.fr

Anne Catherine et Philippe Kuhlman

Gesellenmatt, Chemin du Londenbach

68140 Soultzeren

rencontres alsaces journee technique pk 2014 okrencontres alsaces journee technique pk 2014 ok 9

10e rencontre internationale des bouviers à l’écomusée d’Alsace 14/15/16 et 17 Mai 2015

rencontres alsaces journee technique pk 2014 ok 16

Professionnels et passionnés se donnent rendez-vous pour présenter les usages des boeufs.

Démonstrations de harnachement, de dressage et de conduite dans le village et dans les champs.

Professionnels et passionnés présentent les usages des bœufs au travers de démonstrations dans le village et les champs. Cette année, le thème de la rencontre sera le débourrage et l’utilisation des bovins.

Au programme :

Jeudi 14 mai

La journée est axée sur la vache, le veau et le lait. Un accent particulier est mis sur la polyvalence de la vache : le lait, le travail, le veau, la viande et le cuir.

  • 11h-12h : à l’issue de la médiation quotidienne d’accueil de nos visiteurs, arrivée et présentation de la vache et apéritif avec lait, confiture, etc. (place des Charpentiers) ;
  • 14h30-15h : à l’issue de la présentation quotidienne sur les attelages, explications autour de la vache, du bœuf, du joug double et des différents modes d’harnachement (place des Charpentiers). S’ensuit un départ pour les champs de l’Ecomusée d’Alsace ;
  • 15h-15h30 : présence aux champs ;
  • 15h30-16h : discussion sur la place d’une vache dans une exploitation durable à échelle humaine au début du 21ème siècle, dans le contexte du Sundgau (ferme de Sternenberg) ;
  • 16h-16h30 : traite de la vache (ferme de Sternenberg) ;
  • 16h30-17h : transformation paysanne du lait (maison des goûts et des couleurs).

Vendredi 15 mai

Journée de travail dans la Vallée de Munster chez Philippe Kuhlmann (pas de bouviers présents sur le site de l’écomusée).

Samedi 16 mai

La journée est axée sur le travail agricole des bovins.

  • 10h-11h : accueil des participants, en interface avec les visiteurs (place des Charpentiers) ;
  • 11h-12h : démonstration de familiarisation des bovins au travail (place des Charpentiers) ;
  • 14h-15h : présentation quotidienne des attelages (place des Charpentiers) ;
  • 15h-17h : travail d’un bovin aux guides dans le terroir de l’Ecomusée d’Alsace (aux champs et aux vignes) ;
  • 18h30-19h : soin aux bovins, en interface avec les visiteurs ;
  • A partir de 19h : repas et discussion dans le cadre de l’ouverture nocturne du musée à l’occasion de la Nuit des musées/Nuit des mystères (jardin d’été).

Dimanche 17 mai

La journée est axée sur le travail agricole des bovins.

  • 10h-11h30 : travail agricole avec des bœufs aux colliers et aux guides, et au joug double et aux guides (terroir de l’Ecomusée d’Alsace) ;
  • 11h30 : retour en cortège jusqu’à la place des Charpentiers ;
  • 14h-15h : présentation quotidienne sur les attelages (place des Charpentiers) ;
  • 15h-16h : travail agricole pour les bœufs et synthèse de la rencontre pour les bouviers et les visiteurs (terroir de l’Ecomusée d’Alsace et place des Charpentiers).

Consultez la page du site du musée en cliquant ici.

Du jeudi 14 au dimanche 17 mai 2015

Ecomusée d’Alsace

Chemin du Grosswald
BP 71
68190 Ungersheim
 

Philippe Kuhlmann, article de « campagnes solidaires » la revue de la « confédération paysanne »‘utilisation, en passant par la formation

Philippe Kuhlmann travaille sur son exploitation de Soultzeren (68) uniquement en traction animale bovine.

Sa longue expérience et son savoir-faire font de lui une des références de l’attelage bovin en France tant pour le dressage que pour l’utilisation.

Le Numéro 302 de Janvier 2015 de « Campagnes Solidaires », la revue de la « Confédération Paysanne » lui consacre un article.

Philippe accueille régulièrement des stagiaires qui souhaitent apprendre ou se perfectionner à l’utilisation des boeufs de travail.

Il est aussi un des dresseurs les plus actifs du pays, en capacité de proposer constamment des paires d’animaux de travail. C’est souvent six à huit paires plus ou moins avancées qui sont en dressage sur l’exploitation.

Contacts:

Kuhlmann Philippe, chemin Londenbach – 68140 – Soultzeren, 03 89 77 44 46

ab.ph.kuhlmann@gmail.com 

____________________________________________________________

article p kuhlmann confede ok ok ok

Agnès et Luc Bernard en stage avec leur boeuf chez Philippe Kuhlmann, Soultzeren (68) en 2014

 stage agnes et luc bernard chez p kuhlmann 3 ok

Après avoir rencontré Philippe Kuhlmann à la fête de la vache Nantaise en 2014, Agnès et Luc Bernard se sont rendus chez lui à Soultzeren (68), pour apprendre à travailler en solo avec leur Boeuf « Cassis ».

luc bernard cassis au jouget le dresny 2014 1 ok

Luc Bernard et « Cassis » à la fête de la vache Nantaise au Dresny

stage agnes et luc bernard chez p kuhlmann 1 ok

Ils avaient jusqu’alors une paire de bovins Bretons Pie-noire. Mais ils ont dû se séparer de l’un des deux. C’est pour cette raison qu’ils ont décidé de faire le voyage de la Sarthe à l’Alsace.

stage agnes et luc bernard chez p kuhlmann 2 ok

Dans la vidéo, ils abordent différents travaux en solo et en paire, en débardage et à la traction de matériels. 
On peut y voir aussi le changement d’un animal sous le joug sans dételer, opération facilitée par l’utilisation du joug Vosgien, rapide et simple à lier.

La qualité des images est assez basse au début du film, veuillez nous en excuser.

1 … 8 9 10 … 12
↑
↓