1 2 3 4

Le joug, Extrait de « La Harde » livre de Joseph de Pesquidoux, un témoignage littéraire sur la fabrication d’un joug d’attelage.

la harde

Cozette Griffin Kremer nous fait parvenir cet extrait d’un livre ancien intitulé  « La Harde » de Joseph de Pesquidoux de l’Académie Française (Plon Paris, 1936) qui évoque assez en détail, la fabrication des jougs et leur flambuscage.

 

LE JOUG

« On est toujours un écolier, on n’a jamais jamais fini de tourner les pages du livre agreste… Voici ce que je viens d’y lire… Mais, qu’est-ce qu’un joug? Une pièce de bois façonnée sous laquelle on accouple les bœufs pour le travail. Elle comporte deux entrées qui doivent s’appliquer exactement sur la nuque des animaux, de peur qu’elles provoquent de l’échauffement ou des plaies en frottant; deux oreilles, une à chaque extrémité, et deux chevilles pour y enrouler les courroies qui la fixent aux cornes ; enfin, en son milieu, des brides où pend un anneau, et, enfoncé derrière ces brides, un crochet. Brides, anneau, crochet sont de fer épais. Quand on attelle pour un transport on passe le bout du timon dans l’anneau, amarré par une cheville de fer ; quand on attelle pour le labour on accroche la chaîne de tirage au crochet… Et « va donc Bouet, va donc Marty », c’est le nom des bœufs… Un joug a 1 m. 35 de long, 6 à 7 centimètres de large, vu posé sur la tête des animaux, et 10 à 12 de haut, vue de champ. Cette dimension parce que c’est sous un joug de cet écartement que les animaux conjuguent le mieux leurs efforts : plus court, ils se gênent, plus long, ils perdent de leur puissance ; cette force de bois, parce qu’elle est nécessaire comme suffisante pour toute besogne. Ce sont là choses d’expérience millénaire. Enfin, un joug pèse à l’ordinaire de 10 à 12 kilos.

On ne fait les jougs qu’avec de l’ormeau ou du frêne; chez nous, toujours avec de l’ormeau. Ces bois sont seuls assez résistants et légers à la fois. Ils rompent rarement. Soit sous un poids excessif, soit sur un coup de tête des animaux qui attaquent trop brusquement leur charge. Ils le cassent à l’ordinaire sur le passage des brides, au joint de pénétration des boulons… Donc, un de mes métayers qui a brisé le joug de ses grands bœufs en tirant des cailloux des prestations 2 000 kilos de gravier, sans compter le poids du char), à court de bois sec, est venu me prier d’abattre un ormeau pour en faire façonner un autre. Je me récriai: « Vous n’y pensez pas. Ce joug humide et vert sera trop lourd; de plus, il va gauchir et se fendre au travail. Il vaut mieux acheter quelque part une bille sèche. » Le charron était là, amené par le métayer. « Non, monsieur. Nous allégerons, nous sécherons et durcirons le joug aussitôt façonné. Il ne gauchira pas, il ne se fendra pas. Ferré, il servira tout de suite, comme fait avec du bois de dix ans. Vous voulez acheter une bille? Oui, si vous la trouvez vieille d’abord, si on veut vous la vendre ensuite. Un morceau fin, pour joug, ça se garde. C’était juste ; l’économie paysanne veille à tout… « Allons » dis-je. Et tandis que nous cherchions un arbre, sain et droit comme un pilier, poussé sur un fonds compact et frais, mais non humide, qui nourrit une fibre dense, pour y trouver ce joug, et d’autres en prévision, le charron dit encore : « Venez après-demain à la métairie, vous verrez, monsieur, comment on fait un joug rassis d’un joug vert. »

J’y allai, assez incrédule. Tout le monde attendait, le joug façonné appuyé au mur, lourd comme un lingot de plomb. Le charron le prit, le frotta longuement avec des peaux de jambon. On vit le bois luire d’un reflet terne, d’un éclat gras. Une odeur de lard se répandit dans la cuisine où nous étions, autour de la vaste cheminée. Le chat, à pas muets, vint flairer cet étrange et onctueux objet. On le chassa. Des brassées de genêt emplissaient un coin de la pièce, toutes les tiges desséchées qu’on avait pu trouver sur les pieds. On en empila sur les landiers. On alluma. Une flamme éblouissante prit d’un coup. Le charron, qui tenait toujours son joug des deux mains, le plongea dans le brasier, à l’endroit le plus ardent, au milieu d’un bouquet d’étincelles. Le joug flamboya. De petites lueurs blêmes l’enveloppaient, aussitôt éteintes que jaillies, comme des éclairs, et une âcre buée sortait de toutes parts de lui. Il se mit à grésiller, à rissoler ; un bruit de friture s’éleva, comme celui qui monte d’une poêle où une viande cuit [sic] dans son jus. Et comme on le tournait et le retournait dans le brasier, on l’entendit bientôt siffler comme le vent, chanter comme une eau vive. Enfin, toutes les brassées consumées, le feu tomba soudain comme il s’était allumé, avec lui le bruit multiple et ce ruissellement d’eau comme un chant. Cependant le joug ne s’était pas un instant enflammé… On le laissa se refroidir, et le charron me dit en me le tendant : « Soupesez-le. » Il était considérablement allégé, il avait presque le poids normal. « C’est que, monsieur, il s’est séché et durci. » Et, cherchant un couteau sur la table, il frappa du manche sur le joug. L’outil rendit un son clair, comme un vieux madrier par exemple, lorsqu’on le heurte du doigt pour savoir son degré de siccité. Le charron acheva : « On le ferrera demain, et l’homme pourra le lier et finir ses prestations. Il ne lâchera, il ne cassera pas, il se fendra moins encore. » Ce fut vrai.

On brûle du genêt parce que c’est le combustible qui dégage la flamme la plus intense et que, partant, il est le plus susceptible d’amener le joug au point de siccité et de dureté voulu… On met de même au feu les piquets de châtaignier, pour en « tremper » la pointe… On se sert de graisse parce qu’en se mêlant à la fumée du brasier elle forme un corps visqueux qui empêche le bois de s’enflammer, et qu’en fondant et en l’imprégnant elle le garde de se fendre. C’est là tout le secret. Il était inutile, en effet, de courir pour trouver une bille d’ormeau rassise. »

Extrait de « La Harde » de Joseph de Pesquidoux

On peut trouver ce livre d’occasion sur internet.

Mesures de l’effort de traction des boeufs de travail publiées dans « Les boeufs de travail de la race Aubrac au concours de Rodez », Journal d’agriculture pratique 1907, Max Ringelmann

boeufs aubrac rodez ringelmann 1907 okVoici un document ancien communiqué par Laurent Avon tiré du « Journal d’agriculture pratique » du premier semestre 1907, consacré aux boeufs de travail Aubracs au concours de Rodez.

C’est un des rares documents qui aborde la mesure dynamométrique des efforts de traction des boeufs de travail

tableau des mesures deffort des boeufs aubrac concours rodez ringelmann ok

Merci à Laurent Avon pour sa collaboration précieuse.

Document PDF : ringelmann-rodez

Livre qui le publie :

Titre :  Annales de l’Institut national agronomique : administration, enseignement et recherche
Auteur  :  Institut national agronomique Paris-Grignon. Auteur du texte
Éditeur  :  Institut national agronomique (Paris)
Éditeur  :  Berger-Levrault (Paris)
Éditeur  :  J.-B. Baillière (Paris)
Date d’édition :  1913
Type :  texte
Type :  publication en série imprimée
Langue  :  français 
Description :  1913

Les boeufs au travail, ouvrage édité par l’AFMA

les boeufs au travail AFMA 1 ok

Les bœufs au travail – volume 1 –

Journée d’étude de la société d’Ethnozootechnie organisée conjointement avec l’Association Française des Musées d’Agriculture et du Patrimoine Rural – 17 octobre 1997
Ecole des Hautes Etudes en sciences Sociales – sous la direction de F. Sigaut, J.M. Duplan, Nicole Bochet
144 pages, Format : 21 cm X 30 cm, 1997

les boeufs au travail AFMA 2 ok

Actes du colloque Festival Animalier International de Rambouillet (FAIR) – 26 septembre 1998, Atenor imprimerie, 162 pages, Format : 21 cm X 15 cm, 1999, ISBN n° 2911692152

L’AFMA, association des musées d’agriculture et du patrimoine rural (cliquez ici pour voir leur site), a édité deux ouvrages sur les bovins au travail.

Cours complet d’agriculture ou nouveau dictionnaire d’agriculture, 1834

Les différents aspects du dressage, de l’usage et de l’entretien des boeufs et des chevaux de trait dans l’agriculture, sont abordés de la page 19 à 27, dans ce livre de 1834.

disponible sur :

cours complet d agriculture 1 ok

 

cours complet d agriculture 1 ok

De l’utilité de la substitution ou de l’adjonction des vaches aux boeufs dans les travaux de l’agriculture et du meilleur attelage, Bulletin des sciences agricoles et économiques 1824

De l’utilité de la substitution ou de l’adjonction des vaches aux boeufs dans les travaux de l’agriculture et du meilleur attelage, Bulletin des sciences agricoles et économiques 1824

Découvrez le livre sur:

bulletin des sciences agricoles et économiques 1 ok

bulletin des sciences agricoles et économiques 2 ok

bulletin des sciences agricoles et économiques 3 ok

bulletin des sciences agricoles et économiques 4 ok

bulletin des sciences agricoles et économiques 5 ok ok

La production du travail, Mesure du travail des boeufs et des chevaux de trait, Dynamométrie, par Paul Dechambre, Traité de zootechnie, 1914

Merci à Laurent Avon pour cet envoi extrait d’un traité de zootechnie de 1914 de Paul Dechambre.

Cliquez ici pour télécharger le PDF:fichier pdf Dechambre

dechambre 1 ok

dechambre 2 ok

dechambre 3 ok

dechambre 4 ok

dechambre 5 ok

dechambre 6 ok

dechambre 7 ok

dechambre 8 ok

dechambre 9 ok

dechambre 10 ok

dechambre 11 ok

dechambre 12 ok

dechambre 13 ok

dechambre 14 ok

dechambre 15 ok

dechambre 16 ok

dechambre 17 ok

dechambre 18 ok

dechambre 19 ok

dechambre 20 ok

dechambre 21 ok

dechambre 22 ok

dechambre 23 ok

dechambre 24 ok

La Gasconne Aréolée, François de la Serve, 1944

Encore un beau document de 1944 sur la race du Sud-Ouest, la Gasconne Aréolée, communiqué par Laurent Avon.

Nous le remercions chaleureusement pour l’envoi de ces documents qui présentent à la fois un intérêt historique et technique.

Cliquez sur le PDF pour le télécharger: fichier pdf DE LA SERVE – GASCONNE AREOLEE

la gasconne aréolé 1944 f de la serve 1 ok

la gasconne aréolé 1944 f de la serve 2 ok

la gasconne aréolé 1944 f de la serve 3 ok

la gasconne aréolé 1944 f de la serve 4 ok

la gasconne aréolé 1944 f de la serve 5 ok

la gasconne aréolé 1944 f de la serve 6 ok

la gasconne aréolé 1944 f de la serve 7 ok

la gasconne aréolé 1944 f de la serve 8 ok

la gasconne aréolé 1944 f de la serve 9 ok

la gasconne aréolé 1944 f de la serve 10 ok

la gasconne aréolé 1944 f de la serve 11 ok

Cliquez sur le PDF pour le télécharger: fichier pdf DE LA SERVE – GASCONNE AREOLEE

La ferrure du boeuf, Emile Thierry, 1904, Journal d’agriculture pratique, Tome 1

Merci à Laurent Avon de nous avoir communiqué ce document de 1904 extrait du « Journal d’Agriculture Pratique » consacré la ferrure des boeufs.

Téléchargez le PDFfichier pdfen cliquant ici.

 

Ferrure du boeuf 1 ok

Ferrure du boeuf 2 ok

Ferrure du boeuf 3 ok

« Revue d’Ethnozootechnie » et les boeufs de travail

La « Revue d’Ethnozootechnie », Patrimoines et Savoirs en Elevage, propose deux numéros consacrés aux bovins de travail

N°60 – Les boeufs au travail

Paru le 17/10/1997 
144 pages 

Sommaire

(144 pages) 
J.M. DUPLAN : Introduction – F. RINIERI-VILLAIN : Attelages de la vallée des Merveilles – F. SIDI MAMMAR : Le statut des boeufs dans les Alpes valaisiennes (Suisse). Réflexions anthropologiques à propos de la castration – M. PRIVAL : Le débardage à traction bovine dans les Bois Noirs (Puy de Dôme) – E. MONPIED : Les boeufs au travail : noms et nombre – L. REVELEAU : Les bovins de travail en Vendée du 19ème siècle aux années 50 – C. HONGROIS : Jouques de Vendée – F. SPINDLER : La répartition géographique en France des bovins utilisés pour la traction et son évolution jusqu’à la dernière guerre – E. MEININGER : Les bovins laboureurs à Cotacachi (Andes septentrionnales de l’Equateur) – F. VERSINI : De la compétition des boeufs-tirants et des charretiers en Guadeloupe – C. GRIFFIN-KREMER : Pourquoi et comment tourner à droite ? Labourer deisal avec des Boeufs – M. BARBOF : Jougs sculptés du Minho et du Douro littoral – E. VALL : La traction bovine en Afrique centrale soudano-sahélienne (Cameroun, Tchad et Centrafrique). 
HOMMAGE A FRANCOIS JUSTON 
N. BOCHET : Présentation des nouvelles contributions – F. JUSTON :A la recherche des attelages bovins à grand effectif. Réflexions d’un bouvier de France sur la Carrese de San Martino. Talents, tournage et poudre aux yeux – M. DES COLOMBIERS : Note sur le meilleur mode d’attelage des boeufs et des vaches (Reproduction d’une publication de 1841). Commentaires de F. JUSTON.

N°32 – Les bovins

Paru le 24/03/1983 
202 pages 

Ce document est aussi consultable directement sur le net en cliquant ici

Sommaire

(202 pages) 
J. M. DUPLAN : Présentation – F. POPLIN : Paléontologie des bovinae et origine des bovins domestiques – A. MUZZOLINI : La préhistoire du boeuf dans le nord de l’Afrique durant l’holocène – L. BODSON : Aperçu de l’élevage bovin dans l’Antiquité – J. M. DUPLAN : Le vocabulaire de l’élevage bovin dans les langues indo-européennes – J. J. LAUVERGNE : Les robes des bovins domestiques et leur formule génétique – C. MECHIN : Ethnologie d’une société forestière : le boeuf d’attelage dans la vallée de la Plaine (Vosges) – R. LAURANS : Les bovins et les transports routiers – N. BOCHET : Le comportement des bovins, savoirs traditionnels et acquis scientifiques – B. DENIS : Parenté et filiation des races bovines françaises actuelles vues par les auteurs anciens – M. THERET : L’introduction des races bovines britanniques dans le cheptel bovin français et ses conséquences – L. AVON : La conservation des ressources génétiques bovines en France : les causes d’amoindrissement – J. BOUGLER : Organisation actuelle des races bovines françaises – J. M. DUPLAN : Interventions et compléments.

« Journée Rosa Bonheur » vendredi 18 octobre 2013 à Nevers (58).

vm 3 ok

La « Journée Rosa Bonheur » se tiendra le vendredi 18 octobre aux archives départementales de Nevers. Elle sera consacrée à la présentation de l’ouvrage  « Autour d’un chef-d’oeuvre : Rosa Bonheur & le Labourage nivernais »,  à la visite du Muséo-bus départemental sur le même thème, puis de l’ancien château de la Cave où Rosa Bonheur a résidé lors de son séjour nivernais.

Contact: 

Maïté Metz 

Conservation des Musées et du Patrimoine 

Conseil Général de la Nièvre

03-86-60-67-61

1 2 3 4
↑
↓