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Formation Traction bovine 2017 écomusée d’Alsace, Ungersheim (68) par Laurent Martin-Blais

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Voici mon retour du « Stage traction Bovine » auquel j’ai participé du lundi 6 au vendredi 10 novembre.

Cette première initiation axée sur la traction bovine et animée par Philippe Kuhlmann, se déroulait au sein de l’Ecomusée d’Alsace situé sur la commune d’Ungersheim.

Les premiers instants de ce stage ont commencé tout en douceur autour d’un chaleureux café. Philippe a pris le temps de saluer les huit participants, un à un, posément, avec son humilité habituelle. Il a pris le temps dès les premières heures du stage, d’écouter et de cibler les attentes et les besoins de chacun des participants. 

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Il est vrai que tous, nous venions des quatre coins de France (et même d’Allemagne) avec des horizons professionnels et personnels très variés. Entre le cantonnier Bourguignon curieux de traction, le passionné déjà dresseur, la vétérinaire, l’éleveur de chevaux, le viticulteur ou l’éleveur Gascon, il y en avait pour tous les goûts.

Nous ne le savions pas encore mais cette diversité de parcours et cette pluralité de profils, allait être le socle commun d’une prise de conscience et de réflexion d’une grande richesse pour chacun. 

La découverte du site se fit en groupe, lors d’une visite guidée orchestrée par un animateur de l’Ecomusée. Cela a permis à chacun de prendre en main les lieux et de comprendre à quel point ce parc, chargé d’histoire et de sens, avait toute sa crédibilité et son poids pour servir de cadre à l’organisation d’une telle formation.

Les activités se sont organisées au fur et à mesure de la semaine, afin de combler les attentes de chacun.

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Les animaux déjà présent sur le site, ainsi que ceux déplacés de chez Philippe, ont été vite pris en charge par l’ensemble des stagiaires. L’effectif conséquent d’animaux disponibles a été un réel point fort pour la réussite de la formation.

Chacun a pu se lancer à découvrir l’approche du bovin, la mise en place du licol, puis les premières manipulations des animaux, tout cela en sécurité, aussi bien pour les hommes que pour les animaux.

Le travail des vignes, le débardage, le travail aux champs, le débourrage de jeunes animaux, la ferrure, tous les points de découverte, de questionnement ou de perfectionnement ont été abordés. Philippe nous a également présenté le « Ramé », outil de levage et de transport qu’il a conçu. Les stagiaires ont pu à tour de rôle s’essayer à sa manipulation, attelé à une paire de boeufs. 

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Philippe nous a rapidement démontré ses impressionnantes capacités en terme de connection avec les animaux. Il a un tel pouvoir, presque hypnotique, que cela est tout simplement bluffant. Chaque jour, cela fut un plaisir de le voir communiquer et travailler avec les boeufs. Il a trouvé la recette parfaite entre la douceur et la justesse des gestes et de la parole, la posture et la lecture instantanée de l’animal, tout cela immergé dans un cadre de fermeté, nécessaire au bon maintien d’une autorité juste envers l’animal.

Il faut, je n’en doute pas, bon nombre de saisons passées au plus près des bêtes pour réussir à dessiner et à mettre en pratique une telle nature de relation avec ses animaux.

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Ce fut un réel plaisir et une vraie fierté d’avoir pu participer à cette première pour l’écomusée. Mes remerciements vont bien sûr en tout premier lieu à notre formateur.

Un grand merci à toi Philippe, pour ton humilité, ton écoute, ta sagesse d’esprit. J’ai souvent l’habitude de dire à mes proches (novices en traction bovine) que j’ai la chance de connaître le « Pape » de la traction bovine française. Cela ne leur parle pas trop mais je trouve cette image est vraie. Tu portes en toi plusieurs dizaines d’années d’expérience en traction bovine. Tes acquis, tes savoirs font de toi un personnage porteur de message, d’expérience, d’espoir et conviction.

D’autres « personnages » sont présents sur tout le territoire français, je pense à Olivier COURTHIADE, à Jean-Bernard HUON ou encore Jo DURAND. Vous incarnez tous l’âge d’or de la traction bovine. Grâce à vous, vos transmissions, vos savoirs, une nouvelle génération de bouviers voit le jour. Je suis stupéfait lors de chaque déplacement et rencontres liées de près ou de loin à la traction bovine, de voir cette curiosité, cet enthousiasme de jeunes (ou moins jeunes) qui abordent, découvrent, pratiquent et vivent l’essor de la traction bovine française. Cela grâce entre autres à toi Philippe, et à tous les bouviers chevronnés qui sont là pour transmettre. Merci à toi et merci à tous les autres.

Je me dois aussi de remercier Hélène STRAMMIELLO, responsable de formation pour son organisation impeccable ainsi que Eric JACOB qui nous a accueillis sur ce site exceptionnel.

Je terminerai en remerciant chaque participant, Elke, Janet, Eric, Andy, Thierry, Jean-Michel et Olivier. Je pense que le stage ne se serait pas si bien passé si tous n’avions pas eu le souhait de partager, échanger, débattre, afin que nous repartions tous différents et tellement plus riches après cette semaine de formation…

Un grand Merci…

Laurent MARTIN-BLAIS

A voir aussi en cliquant ici.

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Des boeufs et des hommes, douzièmes rencontres de bouviers en Alsace, Ascension 2017.

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Une nouvelle fois, les acteurs du monde de l’attelage bovin actuel se sont retrouvés dans l’exceptionnel cadre de l’écomusée d’Alsace à Ungersheim pour le long pont de l’Ascension à l’occasion des douzièmes rencontres de bouviers.

Au fil de ces quatre jours, c’est bien une bonne trentaine de personnes concernées par le sujet qui se sont retrouvées autour des bœufs et des vaches d’attelage, venues de toute la France, aussi de l’Allemagne et de la Suisse proche.

Il faut souligner le rôle important de l’écomusée, avec ses permanents et bénévoles, qui accueille très généreusement l’ensemble des participants aux rencontres et qui met à disposition tout le nécessaire au bon déroulement de ces journées.

Un couple de cinéastes, Patricia et Didier Ladry, était présent pour réaliser des prises de vues des rencontres, et les intégrer à un film sur la traction bovine aujourd’hui en cours de réalisation.

Philippe Kuhlmann, en collaboration avec l’écomusée, est le pivot de ces rencontres. Il cristallise autour de quelques idées et projets des réflexions et discussions la plupart du temps très techniques, c’est là toute l’essence de ces rencontres.

Matériels et expérimentations.

Cette année, Philippe a présenté un projet de joug d’épaule, proche de celui utilisé traditionnellement avec les colliers Landais sur les mules.

Certes, de son propre aveu, le prototype était rudimentaire. Mais il a l’intérêt d’ouvrir une piste d’un système d’attelage des bovins, qui allie la rapidité de jumelage des animaux sans avoir à utiliser un liage plus ou moins long et la praticité d’attelage rapide au matériel, similaire à celle rencontrée avec un joug de cornes.

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Ce projet est parfaitement dans la continuité des améliorations des systèmes de garnitures de jougs intégrés qu’a mis au point Philippe ces dernières années dans l’optique d’avoir des matériels faciles et rapides à mettre en œuvre.

En comparaison avec le joug Vosgien, il met souvent en avant le temps important nécessaire au liage sur d’autres type de jougs tels que ceux qu’on peut trouver dans le Massif Central.

Le système présenté appuie aussi l’idée selon laquelle les animaux sont plus libres au collier qu’au joug et sont donc plus aptes à développer leur force de travail.

Toutes ces approches et ces argumentaires ont bien sûr alimenté grandement les discussions selon les « écoles » d’attelage : colliers, jougs, jougs libres du type Vosgien, jougs très solidaires des têtes du type Massif Central…

Le joug d’épaule de Philippe se compose de deux barres transversales sur lesquelles sont fixées des attelles de colliers où viennent se loger les têtes des animaux. Les deux attelles extérieures sont mobiles afin de permettre le placement des bovins au système.

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Au centre, entre les deux colliers fixes, un point d’attelage permet comme sur les jougs, de relier rapidement le timon des matériels au joug d’épaule avec l’aide d’une simple cheville. Le timon vient se positionner dans une grosse bague en métal, articulée sur un axe transversal qui permet les mouvements verticaux.

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Le joug proposé ici nécessite cependant d’avoir un système de croupière et culeron afin de maintenir l’ensemble lorsque les animaux baissent la tête et d’un avaloir pour le recul et la retenue.

Différents essais et modifications ont été réalisés au cours des journées avec l’apport des idées d’améliorations de chacun.

Il a été aussi présenté une étable mobile réalisée à moindre frais permettant un hivernage avec une structure facile à construire, à installer et à déplacer.

Bien que n’étant pas directement un sujet de traction animale, elle est parfaitement adaptée aux fermes de petite taille, sans grands moyens financiers, qui sont justement celles qui utilisent la traction bovine ou équine.

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Philippe Kuhlmann qui a conçu cette étable alternative, l’a utilisée pendant l’hiver 2016/2017. Il en est ressorti une facilité d’utilisation et de déplacement de ce matériel au cours de la saison d’hiver. Elle ouvre ainsi une solution relativement abordable qui permet de palier au coût d’investissement trop élevé d’un bâtiment en dur.

Des bœufs et des hommes.

Chaque jour, une interface programmée avec le public de l’écomusée a permis de faire une présentation des rencontres, de l’histoire de l’attelage bovin, de l’état actuel de la traction bovine, des différents systèmes d’attelages, des matériels modernes, de son évolution et de ses projets.

La nouvelle paire de bœufs de l’écomusée a été fortement sollicitée.

Une jeune paire de bœufs Vosgiens de la ferme de Philippe Kuhlmann était aussi présente, descendue tout droit des estives du Valtin le matin même du vendredi.

C’est là qu’on voit l’intérêt de la sociabilisation des jeunes animaux, du travail de Philippe sur leur manipulation constante particulièrement en cours d’hivernage, ainsi que la sélection sur le caractère et l’aptitude au travail. Cela permet de rapidement mettre en paire des animaux jusque là non encore mis au joug. Nous les avons liés à un joug neuf du type Massif Central (Velay) que j’avais apporté, sans aucun souci ni énervement de la part des animaux alors qu’ils n’avaient jamais été liés ni même été mis en contact avec un nombreux public.

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Après une petite heure de travail avec la contribution de Jo Durand, les deux jeunes bœufs marchaient droit, obéissaient et tenaient l’arrêt. La paire ainsi liée a été présentée deux jours de suite à l’interface avec le public en compagnie de Jo ou de Michel Berne.

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Du fait du caractère facile des boeufs, Jo Durand a ensuite tenté avec succès de travailler en guide et de derrière l’un des deux jeunes animaux.

Un jeune bœuf de trois ans a, de la même manière, aussi été mis en guide au cours de la matinée du samedi afin de l’amener place des Charpentiers à la présentation publique des attelage bovins de l’après-midi.

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Des démonstrations de travail de sarclage dans les cultures de l’écomusée ont été effectuées avec le bœuf de trois ans en solo, soit à la corde, soit en guides.

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Des démonstrations du « Ramé », l’outil de chargement mis au point voici trois ans sur l’initiative de Philippe Kuhlmann, ont été faites avec la paire de bœufs de l’écomusée pour effectuer des chargements de balles rondes sur un char.

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La présence de bouviers nouvellement venus aux rencontres tels que Maryse et Michel Berne de la Loire, de Jean-Paul Foray et de René Desmarie de l’Ain, Agnès et Luc Bernard de la Sarthe, la deuxième venue d’Elvire Caspard venue des Pyrénées, de Marc-Antoine Jacot venu de Suisse, la venue aussi de Guillaume Coudray de chez PROMMATA ont élargi le public des habitués tels que Jo Durand, André Kammerer et de son petit fils très motivé, Emmanuel Fleurentdidier, Simon Kieffer, Cozette Graffin Kremer, Nicole Bochet, Anne Wiltafsky, René Crétin, Jean-Luc Guerringue, François Kiesler, ou moi-même. Les nouvelles têtes ont rapidement été adoptées et même embauchées!!!

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Jean-Claude Mann, bourrelier sellier à Muhlbach-sur-Munster, artisan fabricant de garnitures pour jougs Vosgiens, de colliers trois points pour bovins et de tout matériel en cuir, était aussi présent pendant ces journées.

Michel Berne et Marc-Antoine Jacot étaient venus avec leurs jougs de travail et j’avais personnellement apporté des jougs neufs de ma fabrication.

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Michel Berne a lié les bœufs de l’écomusée avec son très beau joug du Pilat, permettant ainsi de voir sa méthode de liage et de menage.

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Durant ces journées, les points d’animations autour des différents projets ont permis d’éveiller la réflexion et l’inventivité de chacun. Mais elles ont initié aussi les rencontres entre bouviers qui ne se connaissaient parfois pas jusqu’alors. Bien que le côté technique a prédominé, les échanges entre gens d’une même pratique ont été très forts.

Des projets structurants autour de la transmission.

Vendredi en fin d’après midi, une réunion s’est tenue avec tous les participants présents à ce moment-là, en compagnie d’Eric Jacob le directeur du musée.

Avec Philippe Kuhlmann, ils ont présenté les projets, d’une part de la création prochaine d’un centre de ressources et de documentation sur la traction bovine à l’écomusée et, d’autre part, l’organisation d’une initiation à la traction bovine en Novembre avec l’aide logistique et l’utilisation des emprises de l’écomusée.

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Le sujet de la création d’une association des bouviers a de nouveau été abordée en compagnie d’Emmanuel Fleurentdidier.

La situation des différents bouviers, tant par l’éloignement les uns des autres que par le manque de temps, ne créée pas visiblement un engouement spontané à sa création et surtout à son administration. Cependant, Emmanuel a souligné qu’elle serait indispensable dans le cadre de formations financées. En effet, les autorités compétentes aptes à financer des formations, demandent à avoir une structure fédératrice comme interlocuteur.

Il me semble donc que sa création devrait pouvoir se faire, même en comité restreint pour pouvoir répondre à cette exigence structurelle.

Cela dit, quelle que soit le type de fonctionnement et de financement des formations, elles ne sont pour moi nullement en concurrence et bien au contraire en complémentarité de par leur placement géographique, la diversité des maîtres de stage, la manière d’aborder la formation, l’expérience et les techniques de chacun. Plus il y aura de formations, plus les différentes techniques seront partagées, plus il se créera d’émulation et plus la passation de savoir-faire sera efficace. Les travaux de chacun doivent pouvoir se compléter en bonne intelligence pour le plus grand bénéfice des stagiaires.

N’oublions pas non plus que de nombreuses personnes vont se former directement au contact des meneurs, chez eux, en situation. Les formations sont aussi un complément indispensable à ce genre de démarche, avec des échanges de groupe qui décuplent les motivations et les expériences.

Philippe Kuhlmann a évoqué le fait que les choses évoluent vite tant au niveau des animaux qu’au niveau des meneurs et des savoir-faire qui gravitent autour de l’attelage bovins. Il a insisté sur deux points qui le touche personnellement: le maintien d’un cheptel issu de lignées faites pour le travail auquel il se consacre depuis très longtemps et la transmission de savoir-faire acquis auprès des anciens et au cours de longues années d’expérience et d’une pratique du travail avec les animaux uniquement en traction bovine.

Il a évoqué aussi les savoir-faire qui gravitent autour de l’attelage comme la fabrication des jougs, la bourrellerie, en rappelant la disparition récente de Pierre Mougin, charron, jougtier, artisan très polyvalent des Vosges, sur qui il pouvait toujours compter pour toute demande de matériel.

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Les choses tiennent et se maintiennent souvent à peu de choses. Il est donc important d’y penser, de transmettre un maximum et de multiplier les opportunités qui permettent une continuité.

Cozette Graffin-kremer et Nicole Bochet sont intervenues. La première pour présenter le « Théâtre de l’agriculture » en abordant tous les projets autour des attelages bovins dans différents musées agricoles et écomusées dans le monde. Nicole Bochet a, de son côté, abordé le sujet du bien-être animal ainsi que celui du parage et du ferrage des bovins autour desquels elle souhaiterais structurer un projet.

D’un sentiment général, le regret de beaucoup est de ne pas pouvoir déplacer ses propres animaux d’attelage. Même si c’est compliqué d’un point de vue logistique, du fait des distances, ce sont surtout les contraintes vétérinaires et sanitaires qui empêchent la venue de nombreuses paires outre département. Leurs utilisations avec les spécificités de menage, de jougs, de liage seraient un grand atout et de grands sujets d’échanges. Mais la législation et les risques vétérinaires empêchent, par les complications insurmontables qu’ils engendrent, un tel rassemblement, qui serait pourtant bénéfique et enrichissant pour tous.

Optimisme et vigilance.

La création prochaine d’un centre de ressources et de documentation, une association de bouviers, plusieurs formations/initiations à la traction bovine, un réseau, bien qu’informel, mais dynamique grâce à internet, le support du blog «Attelages Bovins d’Aujourd’hui», et la motivation des nombreux acteurs, nous permettent de penser qu’un maximum d’atouts sont là pour continuer à dynamiser la pratique, même s’il ne faut pas perdre de vue que tout est fragile et tient à peu de chose, à peu de gens. Restons vigilants mais positifs.

Chacun attend l’édition 2018 pour se revoir et, comme chaque année, parler sérieusement d’une pratique discrète et peu connue du grand public, mais pourtant bien vivante, nous en avons tous été témoins!

Michel Nioulou

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Attelage en solo d’un boeufs Vosgien chez Christine Arbeit et Jo Durand, Le Dresny (44)

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 Le 11 Août 2016, suite à la journée des boeufs de travail à Maillezais où Lionel Rouanet et moi-même avions taillé des jougs, nous nous rendions en compagnie de Nicole Bochet chez Christine Arbeit et Jo Durand.

Jo a attelé pour notre visite son boeuf Vosgien qu’il attelle en solo. A l’occasion de cette journée, nous n’avons pas participé aux travaux qu’il effectue d’ordinaire, mais avons fait un petit tour de loisir afin de découvrir la souplesse et le dressage du boeuf.

La journée, en continuité des discussions de la veille à Maillezais, a été tournée autour de l’attelage au collier des bovins, des jougs, des différences entre ces deux modes de garnissage.

Nous remercions Jo et Christine pour leur accueil, leur travail et leur engagement dans l’attelage des bovins et la traction animale en général.

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Un jour, deux jougs, deux jougtiers, Maillezais (85), 10 Août 2016 par Michel Nioulou

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Photo Jean-Léo Dugast

Une rencontre autour des bœufs de travail

Maillezais, au bord du marais Poitevin, accueillait le 10 Août 2016, la fête des bœufs de travail.

Jérome Csubak et son épouse ont organisé cette rencontre sur le site des roulottes de l’abbaye dont ils sont les promoteurs. Emmanuel Fleurentdidier et Solène Gaudin étaient également venus épauler l’équipe d’organisation .

On a pu voir évoluer la paire de Vosgiens d’Emmanuel et la paire de boeufs Parthenay du propriétaire des lieux qui présentait également une paire de jeunes bœufs en début de dressage.

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Jérome Csubak

Différentes démonstrations d’attelages ont eu lieu devant un public venu nombreux malgré le déroulement de la fête un jour de semaine.

Des séances de travail avec des chevaux étaient aussi au programme avec en particulier un bel attelage de Manu Davignon.

Brocante, artisans, maréchal-ferrant venaient compléter les animations d’une journée déjà bien remplie.

La naissance de deux jougs.

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« Depuis le matin, à l’abri du soleil, sous la stabulation, des coups sonores de haches et d’herminettes viennent régulièrement ponctuer l’ambiance de la journée.

Lionel Rouanet et moi-même avions été invités à venir présenter le travail de la taille des jougs à la fête des bœufs de travail de Maillezais.

Soigneusement enveloppés dans des bâches étanches, nous déballons un peu avant neuf heure nos pièces de bois maintenues humides depuis chez nous à l’autre bout de la France, l’Aveyron pour Lionel et la Saône-et-Loire pour moi.

Le plein été n’est certes pas la meilleure époque pour transporter dans les voitures surchauffées des pièces de bois parfois immergées depuis plusieurs mois et sujettes dès leurs sorties de l’eau à une dessiccation trop rapide et à l’apparition de fentes dans les pièces qui peuvent parfois être rédhibitoires.

Après un déballage et mise en présentation de nos différents modèles de jougs, nous attaquons rapidement le travail.

Très fortuitement, il se trouve que chacun des modèles que nous avons à tailler aujourd’hui est nouveau pour l’un et pour l’autre.

Lionel commence un joug en frêne qui lui a été commandé. Ce dernier, un joug mixte, est destiné à joindre d’un côté un bovin et de l’autre une mule ou un âne.

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Photo Jean-Léo Dugast

Ce type de joug a suscité de nombreuses interrogations et questionnements du public.

Pour ma part, c’est un joug double que je taille, un modèle de la Loire, à la limite du Puy-de-Dôme, un joug « de montagne » comme le nomme la personne qui me l’a commandé. C’est avec le modèle d’un joug ancien à proximité que je taille la pièce de frêne.

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Je travaille différemment de Lionel en pratiquant un traçage avec un gabarit sur la bille dégauchie.

Bien sûr le traçage n’est qu’indicatif mais permet aussi, au moins au début sur un modèle nouveau, d’avoir des repères précieux. La réalisation du gabarit à l’atelier permet aussi de bien s’imprégner des formes et des subtilités du joug que l’on découvre.

Bien qu’aujourd’hui à Maillezais, le modèle soit nouveau pour lui, Lionel réalise le plus souvent des jougs du type Aveyronnais dont il maîtrise la réalisation du fait de son apprentissage auprès de René Alibert à Laissac dans l’Aveyron.

A contrario, je travaille en autodidacte et j’ai été amené à réaliser de nombreuses formes régionales différentes (Charollais, Velay, Vendée, Loire). C’est aussi pour cela que je réalise des gabarits qui me permettent de mémoriser les formes et les tracés.

C’est donc avec prudence que nous avançons la taille sur nos jougs respectifs.

Bien sûr le public s’interroge et s’étonne de nos réponses lorsque nous leur expliquons que nous réalisons régulièrement des jougs dont la destinée n’est pas de finir en décoration au dessus d’une cheminée ou d’une porte, mais bel et bien d’avoir un usage réel, une fonction de travail chez les différents bouviers qui nous les réclament.

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La découverte de la part du public de l’existence encore active de la pratique professionnelle de l’attelage bovin les laissent souvent dubitatifs, certains repartent sûrement en se disant qu’on leur a raconté des mensonges !!! Et pourtant!!

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En milieu de matinée, une dizaine de personnes de l’académie des bouviers du Puy-Du-Fou nous rendent visite. Le groupe guidé par le dynamique et motivant Laurent Martin, a échangé sur la technique, les différentes formes de jougs, l’attelage, le liage. Cette rencontre a été pour nous l’occasion de croiser des praticiens, apprentis ou confirmés qui travaillent dans l’environnement très spécifique du spectacle, mais dont l’implication dans l’attelage des bovins est très marquée et passionnée.

La présence en visiteurs de Jo Durand, paysan bouvier au Dresny en Loire-Atlantique et de Nicole Bochet, chercheuse et passionnée par l’attelage bovin, a permis une nouvelle fois, outre l’amitié que nous avons pour eux, de croiser des expériences, des points de vues.

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En discussion avec Jo Durand 

A la pause de midi avant d’aller manger quelques mogettes pour reprendre des forces, nous mouillons copieusement nos deux pièces de frêne et nous les couvrons soigneusement pour limiter le séchage. La température est forte et le soleil ardent !! Nous devons être vigilants !!

Après avoir repris nos tailles en début d’après-midi, comme une pause dans notre journée, nous prenons le micro devant la paire de Parthenay pour un moment de présentation du travail des jougs, de leur fabrication et de leur utilisation avec différents liages de plusieurs modèles de notre fabrication.

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Photo Jean-Léo Dugast

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Emmanuel Fleurentdidier

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Solène Gaudin

Nous reprenons ensuite le travail, toujours au son des haches, grandes et petites herminettes, planes, ciseaux, gouges et maillets entrecoupé d’explications de notre part, et d’enrichissants témoignages et anecdotes que nous confient les nombreuses personnes de la région qui viennent à nous et qui voici quelques décennies encore, liaient des bovins.

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Progressivement, le public se fait plus clair, puis disparaît. Les jougs ont déjà bien pris forme. Les deux lourdes pièces de frêne du matin se sont visiblement affinées et allégées, la finition se fera à la maison dès notre retour.

Le soir est venu et, malgré la fin de la fête, nous taillons encore un peu, comme pour prolonger ce moment, où, malgré le fait que nous nous connaissons déjà depuis plusieurs années, nous avons pour la première fois travaillé côte à côte. Moments rares, intenses où, dans la même passion, nous avons fabriqué chacun un joug qui coiffera des bœufs qui patiemment travailleront dans la discrétion des montagnes du Massif Central et des Pyrénées. »

 Michel Nioulou

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Toutes photos Véronique Nioulou sauf mentions « Jean-Léo Dugast ».

Un grand merci à Jean-Léo pour sa contribution.

Réflexions sur la conduite d’un boeuf en solo de derrière par Jo Durand, le Dresny (44)

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Jo Durand travaille sur sa ferme avec entre autres, une paire de boeufs Vosgiens. Il a aussi dressé un boeuf Vosgien en solo qu’il mène souvent en guide.

Il nous communique quelques photos et un petit argumentaire sur les avantages de la pratique. 

Pour les cultures légumières qui ne demandent pas de puissance, je n’ai besoin que d’un seul bœuf et le menage par l’arrière permet de conduire le bœuf et l’outil en même temps.
Je suis seul pour effectuer ce travail, c’est donc plus rentable que si nous étions deux.

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Pour les transports légers, j’utilise un avant-train (avec un siège) sur lequel j’attelle une remorque. Je voyage donc assis.

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Pour les débardages, je travaille souvent derrière le bœuf .
En plaçant le bœuf avec les rennes longues, de derrière je suis beaucoup plus précis et rapide; j’accroche mes bois en restant derrière, j’ai beaucoup de précision pour le tirage car de derrière je vois la trajectoire du bois.

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Merci à Jo et Christine pour leur communication.

Débardage de poteaux de chataignier avec un boeuf au collier chez Jo Durand, le Dresny (44)

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Christine Arbeit et Jo Durand nous ont communiqué cette vidéo du boeuf qu’ils utilisent en solo au collier.

Démonstration en pousse du « Ramé » avec deux boeufs de Philippe Kuhlmann aux rencontres de bouviers d’Alsace en mai 2016

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Christine Arbeit et Jo Durand, nous ont communiqué cette  vidéo du matériel de levage, le « Ramé » conçu par Philippe Kuhlmann, en démonstration aux rencontres de bouviers 2016 à Ungersheim (68).

Merci à Christine et Jo pour leur contribution.

Labour au brabant avec deux boeufs Vosgiens chez Jo Durand et Christine Arbeit, Le Dresny (44)

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Christine et Jo travaillent en traction animale sur leur ferme. Merci à eux de nous avoir communiqué ces images réalisées par Frédéric Rouffy à l’occasion d’une visite de « l’Académie des Bouviers » du Puy-Du-Fou.

Rencontres de bouviers 2016, La traction bovine au XXI ième siècle, écomusée d’Alsace, ungersheim (68) les 5, 6, 7 et 8 mai 2016 par Michel Nioulou

Les 5, 6, 7 et 8 Mai 2016, se sont déroulées les onzièmes rencontres de bouviers à l’écomusée d’Ungersheim (68). C’est Philippe Kuhlmann, éleveur et dresseur de bovins à Soultzeren, en collaboration avec l’écomusée, qui fédère ces rencontres.

Ce sont vingt-cinq personnes venues de toute la France et même de Suisse cette année qui, pendant ces journées, ont échangé sur leur pratique de l’attelage bovin, l’avenir, la formation, la transmission et les techniques.

Tous les profils étaient représentés : paysans éleveurs/dresseurs, maraîchers, prestataires de services en traction animale, utilisateurs particuliers, formateurs, chercheurs, jougtiers, blogueur (ABA), sympathisants, bouvier au Puy-du-Fou, bouviers et représentants de l’écomusée d’Alsace.

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Toutes photos Véronique Nioulou

La plupart des participants étaient plutôt présents les vendredi et samedi.

Une partie des rencontres a été consacrée à la discussion en salle, faisant suite aux rencontres informelles réalisées à l’occasion du dernier Salon de l’Agriculture de Paris.

Tout d’abord, chacun a présenté sa région, son parcours, sa pratique. Ensuite le groupe est rentré dans le vif du sujet.

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11ème rencontre des bouviers

Photo J. Durand et C. Arbeit

11ème rencontre des bouviers

Photo J. Durand et C. Arbeit

De grands thèmes se sont dégagés des débats :

L’émergence d’une association des « Bouviers de France et d’ailleurs » sous l’impulsion d’Emmanuel Fleurentdidier. La discussion a permis d’avoir de nouveaux avis des gens présents et s’est orientée vers l’utilité, la nécessité et les buts de la future association.

Le volet information sur la législation en vigueur par rapport aux animaux (déplacement, aspects sanitaires) sera, entre autres, un des rôles de l’association.

La trame d’un bureau a été annoncé et reste bien sûr modifiable tant que le siège social n’a pas été défini et qu’en conséquence, les statuts n’ont pas été déposés.

La définition du siège social a fait débat avec des avis qui balançaient entre des structures institutionnelles de l’élevage et un lieu plus en adéquation avec les valeurs des participants particulièrement enclins à la défense des races anciennes plus aptes au travail.

Aux yeux de beaucoup, ces institutions présentent une contradiction éthique par rapport aux races à faibles effectifs souvent utilisées en traction bovine et le peu d’intérêt que ces structures leur portent, le tout appuyé par les buts de rentabilité, de productivisme qu’elles développent, en contradiction et au détriment du travail et de ce que défendent la plupart des acteurs de la traction bovine et animale en général.

La formation fut également au cœur des débats.

Chacun constate une demande régulière de formation en traction animale et particulièrement en traction bovine. Il ressort que le stage d’initiation à la formation bovine mis en place chaque année au CFPPA du Lycée Agricole public de Montmorillon  est un atout très important qui permet un premier contact avec ce type d’attelage. Mais il apparaît qu’une semaine de formation/initiation reste insuffisante. On ne devient pas bouvier en une semaine et seule une pratique de longue durée sur le terrain avec des meneurs expérimentés permet d’améliorer, de perfectionner, la formation des néo-bouviers.

Chacun de son côté se débrouille pour orienter les apprentis vers des bouviers confirmés. Le blog « Attelages bovins d’Aujourd’hui » y participe en partie. Il devient donc nécessaire de répertorier dans un annuaire, les personnes aptes à recevoir chez eux des bouviers en devenir. L’association pourrait être le support de ce travail.

L’idée d’un centre de formation privé a été évoquée avec le financement du genre DIF (droit individuel à la formation).

Les témoignages d’utilisateurs professionnels comme Philippe Kuhlmann, Jo Durand et Christine Arbeit, Laurent Janaudy, Joël Blanc, ont permis de découvrir des parcours, des expériences et les problématiques de l’utilisation de la traction bovine au quotidien.

Laurent Martin, bouvier bénévole au Puy-Du-Fou en Vendée, a présenté l’Académie des Bouviers créée pour former les nouveaux bouviers du parc.

Cozette Griffin-Kremer a évoqué le travail autour de l’attelage bovin en Allemagne, en Australie et en Angleterre, l’intérêt des structures comme les écomusées à participer au maintien et à la redécouverte du grand public de ces pratiques. 

Nicole Bochet a abordé le thème du bien-être animal qui a rapidement dérivé sur les lois mises en place qui ne favorisent pas nécessairement le milieu des dresseurs et bouviers comme par exemple interdiction des animaux attachés à l’hivernage. 

André Kammerer a, quant à lui, en décrivant son parcours de bouvier « de loisir », mis en lumière le lien social créé par l’animal. Son témoignage sincère sur son expérience de la relation qui s’établit entre des enfants en souffrance et son boeuf de travail était réellement touchant.

Il a été souligné aussi qu’aucun profil de bouvier n’est rejeté, qu’il soit professionnel ou amateur. Toute pratique qui, d’une manière ou d’une autre peut contribuer à ce que perdurent des savoir-faire est sans aucun doute utile pour l’avenir. Elle doit être respectée et encouragée.

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Les participants ont également mis en avant l’intérêt de la recherche sur le matériel et des améliorations qui peuvent y être apportées. Elles sont faites par les quelques fabricants de matériels de travail, par les utilisateurs eux-mêmes qui les adaptent au mieux selon leurs besoins. La recherche sur les jougs composites menée par L’insic à Saint-Dié-des-Vosges a été abordée et a soulevé quelques débats au sujet du résultat même et de l’emploi de matériaux synthétiques qui ne paraît pas s’inscrire dans une démarche durable, en contradiction avec celle des bouviers. Cependant, ce genre de recherche, même si elle n’est pas complètement aboutie, mérite d’être soulignée. On peut signaler aussi les jougs en bois contre-collés que j’ai personnellement mis en oeuvre pour éviter les problèmes de fentes post-construction et qui ont également soulevé le même genre de problématique.

A la demande des initiateurs de la future association, le site « Attelages bovins d’Aujourd’hui  » servira d’interface internet pour la mise en ligne des activités, infos et documents (le site est ouvert à toutes structures ou particuliers dont l’activité est l’attelage bovin).  

Chacun pourra donc prochainement retrouver plus d’infos concernant l’association au sein du site ABA.

A ce sujet, le site que chacun s’est accordé à définir comme incontournable aujourd’hui (mais je tiens à titre de réalisateur du blog à vous remercier tous, mais aussi à tempérer et rester humble devant tant d’intérêts portés) devient pour moi, qui le gère seul et bénévolement, un travail à part entière. Malgré cela, j’ai aussi une profession !! J’ai souligné que, devant la quantité de travail pour la réalisation des articles, les contacts avec les acteurs, les relances pour avoir des infos, de la matière, le traitement des photos, des vidéos, la mise en ligne, la tenue du carnet d’adresses, la gestion des annonces, les réponses aux nombreux courriers, les réponses aux appels téléphoniques, j’avais du mal à continuer d’assurer de manière suivie la tenue à jour du blog.

Une proposition de mettre en place des relais régionaux a été faite pour au moins réaliser le travail de collecte des informations. Mais la chose est compliquée, les gens impliqués dans ce milieu étant déjà fort occupés. La tenue du blog nécessite également une unité et une neutralité la plus objective possible, la solution est complexe.

J’ai aussi insisté sur le volet communication, réalisation d’articles pour la presse spécialisée, la réalisation d’un film sur les bouviers du XXI ème siècle. Il est aussi nécessaire de faire connaître cette pratique méconnue de tous et de la sortir de l’image « folklorique » que beaucoup, pour le peu qu’ils s’y intéressent, pourraient avoir aujourd’hui. 

Mais là aussi, il faut beaucoup de temps. J’ai personnellement lancé plusieurs pistes au gré des contacts sur le site avec des photographes, cinéastes, réalisateurs, producteurs, télévisions et maisons d’éditions. Mais le sujet n’est pas porteur pour qui ne connaît pas la richesse des choses à aller collecter. 

Il y aurait pourtant des parcours de vie forts enrichissants à découvrir.

 

Le reste du temps a été consacré aux démonstrations et pratiques en extérieur avec du matériel et les animaux.

Philippe Kuhlmann avait descendu de sa ferme deux paires de bœufs: une paire de jeunes Vosgiens et une paire de bœufs Ferrandais plus âgés.

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Plusieurs fois au cours de ces deux jours du vendredi et samedi, Philippe a présenté « le ramé », un matériel de levage qu’il a créé voici 2 ans et qu’il améliore au fil du temps.

Il permet de déplacer des balles rondes et des palettes, de charger du fumier et l’utilisation en fagoteuse.

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Il est aussi apte à servir d’avant-train de débardage avec l’avantage d’avoir un ancrage au timon pivotant qui permet aussi d’utiliser les bœufs en poussant le matériel, et de manœuvrer plus facilement dans des endroits restreints en place. 

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Comme lors des dernières présentations, chacun commente et apporte son avis technique, d’autres pistes, d’améliorations possibles. Phillipe depuis 2014 a d’ailleurs modifié le « Ramé » en y apportant un timon qui passe au dessus des boeufs et dont l’angle avec le bâti est réglable par un système de « vérin crénelé » faisant crémaillère manoeuvrable depuis l’avant, à la tête des boeufs. Ceci permet de modifier facilement l’angle d’attaque des dents de chargement sans avoir à intervenir en se déplaçant au niveau du bâti. Pour utiliser ce système, il lui a fallu freiner l’essieu. La commande de blocage des roues est également commandée depuis l’avant du « Ramé ».

Eric Petit avait présenté à la journée technique 2015 à Soultzeren, un modèle similaire inspiré de celui qu’il avait vu chez Philippe aux rencontres de 2014. On voit bien ici l’émulation entre utilisateurs qui cherchent les meilleures solutions et qui s’inspirent l’un l’autre.

Bien sûr, les discussions ont aussi amené à parler du dressage, du rapport à l’animal, des méthodes de menages et de bien d’autres sujets engendrés par les situations rencontrées sur le terrain.

A l’occasion de la « parade des attelages » de l’écomusée sur la place des charpentiers, Philippe a présenté au grand public l’attelage bovin d’hier, d’aujourd’hui et de demain, en s’efforçant de bien expliquer que la pratique d’aujourd’hui n’est pas que festive ou démonstrative comme dans les écomusées ou les fêtes locales, mais bien utilisée au quotidien pour le travail.

Emmanuel Fleurentdidier avait apporté un matériel de travail du sol modulable et léger issu d’un outil traditionnel espagnol, « la Forcat » utilisé en maraîchage en traction hippomobile.

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Des séances de labour et de buttages ont été réalisées avec un des boeufs de l’écomusée attelé à cet outil au collier et mené par différents bouviers. Elles se sont avérées fort concluantes devant la simplicité, l’efficacité et la maniabilité de l’engin dues à sa faible longueur.

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Une dernière petite réunion de synthèse en fin d’après-midi de samedi a permis de clôturer deux jours de rencontres intenses sur des avancées et des conclusions plutôt positives concernant aussi bien la future association que sur l’intérêt de se rencontrer et de partager ses expériences.

Si les échanges en salle ont été fournis, ont permis d’y voir plus clair sur les projets individuels et les projets communs, même si parfois chacun affirmait bien haut ses positions, les discussions informelles sur le terrain autour des attelages que chaque bouvier présent a utilisés au cours de ces deux jours, ont tout autant été constructives et riches.

La réunion d’utilisateurs, d’acteurs du milieu, professionnels ou amateurs qui partagent leur expériences bénéficie autant à eux-même qu’à ceux qui écoutent autour d’eux. Les discussions sont toujours techniques, qu’elles soient axées sur l’animal, le matériel, le menage, les cultures, les méthodes de travail, ou le matériel.

Il ne faut pas non plus oublier les rencontres humaines, à l’occasion desquelles se tissent chaque année des liens forts. Merci à Philippe Kuhlmann d’être la cheville ouvrière de cet événement. Merci à tous les participants venus souvent de loin, ainsi qu’à tous ceux qui se sont impliqués dans le déroulement de ces journées.

Un grand merci à l’écomusée d’Alsace et à sa direction qui sait chaque année recevoir les bouviers au sein de ses emprises avec des conditions idoines.

Ces rencontres ont été par leurs contenus fort intéressantes, mais elles ont eu aussi le grand avantage de rassembler des acteurs éparpillés sur le territoire et de créer une dynamique, une émulation qui remotive et qui fait voir l’avenir avec plus d’entrain et de sérénité.  

On attend tous l’année prochaine! 

Michel Nioulou

Vidéo de Christine Arbeit et Jo Durand:

Voici quelques photos en vrac de ces journées.

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Une page facebook pour la ferme de la cocotrie chez Jo Durand, utilisateur de boeufs de trait , le Dresny (44)

Jo Durand et Christine Arbeit travaillent en traction animale sur leur exploitation en Pays de la Loire. Il utilise entre autres, une paire de boeufs Vosgiens pour leurs travaux.

Merci à eux pour nous en avoir informé.

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