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François Rivals, Aubiet (32)

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François Rivals est agriculteur à la retraite mais exploite encore 5 hectares.

Il a une paire de vaches Gasconnes attelées sur son exploitation et les utilise pour réaliser ses travaux. Il fait ses labours, son fumier, ses charrois, sort du bois, fait ses foins avec ses animaux.

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Voici le petit texte qu’il nous a fait parvenir et qui retrace son expérience avec les attelages de bovins.

 » Voici l’histoire de ma vie, résumée bien sûr. 

A ma naissance, il y avait des bêtes de race Gasconne, mon père et ma mère travaillaient avec elles.

A l’âge de 7 ans, j’étais devant pour les guider au labour, plus tard en prenant un peu d’âge et de taille, je les menais seul et les joignais pour atteler un outil.

Puis le tracteur est arrivé en 1958 et a remplacé petit à petit les vaches.

J’ai repris l’exploitation en 1972 toujours en élevage, mais sans atteler.

Ce n’est qu’à la retraite que j’ai repris cette passion , j’avais toujours pensé le refaire.

J’ai fait part de mon idée à mes enfants, il m’ont alors fait le plaisir de m’offrir une paire de vaches Gasconnes pour mes 60 ans, ce qui leur a permis de voir comment se faisait le dressage d’une paire de vaches.

Depuis, elles ne font pas tous les travaux, mais elles vont travailler à la vigne, au jardin, pour le fanage et un peu tout ce que l’on peut faire avec pour se faire plaisir »

Il participe à quelques manifestations locales avec sa paire de vaches.

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Cliquez ici  pour voir aussi un article du journal Sud-Ouest.

les boeufs de Frédéric Iehlé pendant l’hiver 2013/2014, Martagny (27)

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Frédéric Iehlé nous communique un texte sur son hiver avec ses boeufs.

« La Rouge Mare / 26 janvier 2014

C’est l’hiver.

On le passe à l’abri dans l’étable sur un plancher de chêne avec un tapis de caoutchouc en guise de litière. Plus de paille, presque plus de fumier juste de la bouse à ramasser. Surtout un grand confort pour les pieds. Pieds qui ne font absolument pas partie des sujets de sélection des races bovines étant donné la durée de vie assez courte de cette espèce.

Ihélé frédéric 2014 travaux hiver 2 okLes bœufs ne sont pas plus sales pour autant, à l’exception de Peelish qui ne rate jamais un couchage sur bouse…

Au total c’est une petite heure de travail pour tout nettoyer matin et soir avec un coup de jet sur les tapis le soir pendant les deux heures quotidiennes de liberté et de désaltération à l’abreuvoir.

Auparavant les pieds qui marinaient dans le fumier devenaient sensibles et marcher ensuite sur les chemins empierrés devenaient un calvaire avec des difficultés pour maintenir l’attelage régulier. Maintenant les pieds sont toujours propres et les allures de l’attelage sont plus homogènes. Reste que la sensibilité sur les silex des chemins est variable entre chaque bœuf et que certains endroits ne sont pas toujours appréciés. Mais nous n’en sommes pas encore à la nécessité de ferrer.

Le comble ! Le graissage du bourrelet de peau entre les onglons des quatre pieds avec de la graisse à traire après nettoyage au jet bien sûr. Cela assouplit cette peau et donne à deux de mes bœufs une démarche franchement plus souple en hiver. L’été, rosée et marche libre dans la pâture suffisent à l’entretien des pieds.

Pour compléter les soins des pieds, la pédicure vérifie et taille les pieds tous les deux ans s’il n’y a pas nécessité plus tôt bien sûr.

Il y a aussi la douche mensuelle, si besoin. Un mélangeur permet d’avoir l’eau chaude sur le robinet extérieur. Le nettoyage est plus facile, plus rapide et surtout cela évite de voir le bœuf rentrer son ventre au contact de l’eau froide.

C’est le premier hivernage avec tout cet équipement et soins, c’est aussi le premier hivernage le plus simple et le plus abouti que les bœufs et moi passons.

L’hiver c’est aussi le moment où les bœufs travaillent le plus car ils sont à la maison.

Les Bretons sont à la guinguette (châssis de 205 habillé de bois) pour emmener le fumier dans la pâture à deux petits kilomètres de la maison, mais tout en pentes et côtes, avant qu’au printemps il ne soit étalé et disséminé par les Normands en traînant soit des branches soit trois rails d’épandeur. Il faut reconnaître que cet hiver, étant donné la quantité d’eau et donc l’état de la pelouse qu’il faut obligatoirement traverser, le fumier est plutôt stocké sur place pour ne pas transformer la pelouse en bourbier.

Les Normands sont plutôt cette année au débardage. Peelish l’avait déjà fait l’année dernière mais seul avec un collier de cheval bricolé (j’ai essayé de trouver un collier mais sans succès, un bourrelier aussi pour en fabriquer un, mais sans plus de succès …). Cette année, le débardage se fait avec la paire de Normands sur un chantier de nettoyage après le passage des exploitants forestiers où l’on récupère de belles pièces de bois laissées sur place et sur le nettoyage de cloisonnement (passage au sein d’une plantation) envahi de bouleaux. Le bouleau fait de très beaux feux et les pièces de hêtres et chêne fournissent la chaleur. Et puis l’achat de stères à l’ONF n’est pas exorbitant, ce qui ne gâte rien. Encore mieux avec la forêt à trente mètres derrière la maison et 10 minutes de marche pour aller sur le chantier !

Le chantier ! Nous y voilà.

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Joug Alibert d’Aveyron, liens Fargeix du Puy de Dôme, élingue fabriquée par une PME spécialisée en levage portuaire en Bretagne pour la traction, voilà notre équipement plus notre calme, c’est nous les Normands de Lyons !

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Là on est en plein sous-bois pour refaire le cloisonnement. Il faut savoir tourner sur place et au patron de nous éviter les souches dont les chocs résonnent dans les cornes. Pour cela un outil est en préparation, une sorte d’entonnoir qui regroupera les extrémités de bois et « glissera » sur les obstacles.

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La charge se prépare.

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Maintenant il faut la sortir et nos 750-800 kilos chacun font le boulot.

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Non on ne sortira pas tout d’un coup, le patron ne veut pas nous écœurer, juste nous faire acquérir endurance petit à petit avec des coups à donner pour sortir du sous-bois et puis de la traction pépère jusqu’au lieu de cubage final.

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La traction pépère mais traction tout de même avec toutes les branches ! Mais cela permet de comprendre que le boulot n’est pas le bagne en alternant dur et plus facile.

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Combien de temps va-t-on attendre les pieds dans l’eau que le patron soit enfin prêt ?

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Encore ces deux-là et on s’arrête. Faut surtout ne pas nous écœurer et nous faire regretter de mettre tout notre cœur à l’ouvrage. Et puis merde on y va tout seul, on les sort ces deux derniers, on connaît le chemin !

Voilà une après-midi des Normands en forêt de Lyons au travers de quelques photos et quelques unes de mes idées sur le bien vivre avec mes potes les bœufs. »

Frédéric Iehlé

Laurent Mallet, Lavastrie (15)

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2003 Joly et Baïssou

Laurent Mallet, transporteur de voyageur, taxi et restaurateur, possède trois boeufs Aubracs dressés, qui viennent enrichir l’activité d’animation du restaurant et du petit musée agricole qui s’y rattache.

Il nous présente son parcours et son travail avec ses boeufs.

« L’entreprise familiale a été créée par notre père dans les années 1970. Nous sommes à l’origine transporteur de voyageurs et taxi.

C’est depuis 1985 que nous avons ajouté une activité complémentaire à notre entreprise. En effet, nous sommes également propriétaire d’un restaurant.

Dans le cadre de cette dernière activité, notre père, passionné et amoureux des gestes d’autrefois, avait souhaité créer une exposition de matériels agricoles anciens.

Aussi, au sous-sol de notre restaurant, on trouve notre « musée » retraçant la vie de nos aïeux.

Cette rétrospective de la vie de nos campagnes ne pouvait être complète sans la présence d’un attelage.

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En 1999, nous avons acheté deux jeunes broutards de race Aubrac, Joli et Baïssou (noms des deux derniers boeufs de la ferme familiale), que nous avons eu le plaisir de dresser.

Malheureusement,en 2009, Baïssou est mort d’une crise cardiaque. Son demi frère, Joly, s’ennuyait tellement, qu’il a fallu trouver une solution rapide pour palier à son chagrin.

Un voisin agriculteur possédait une paire de boeufs qu’il avait commencé de dresser.

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Joly et Baïssou

Il a accepté de les mettre en pension chez nous. Nous avons continué le dressage. A ce jour, nous avons donc trois boeufs dressés.

Que faisons-nous de ces boeufs?

Très régulièrement dans notre restaurant, nous recevons des groupes du troisième âge, des associations que nous avons plaisir à accueillir avec notre attelage et à leur offrir l’apéritif dans notre musée familial.

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2013 Clairon et Baïssou 2

Notre attelage est aussi amené à sortir sur des manifestation dites « de terroir » où il défile avec un char: foire des Tersons à Pierrefort, concours de la race Aubrac à Saint-Flour.

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2012 à gauche clairon et Baïssou 2, à droite boeufs de Mr Tufféry (Le Malzieu-Ville 48)

De temps en temps ce sont des mariés qui profitent d’une promenade en char à quatre roues tiré par Clairon et Tambour (Baïssou 2) et parfois Joly qui va maintenant avoir 15 ans.

Ils partagent l’étable avec une jument de trait Comtoise nommée Surprise, et trois moutons: Noisette, Cacahuète et Rabinette. La cohabitation se passe très bien.

On peut retrouver Joli et Baïssou sur un DVD de Guylène Laur, tourné chez nous en 2005 avec notre père décédé depuis. Le fond musical est, bien entendu, « J’ai deux grands boeufs dans mon étable ».

On retrouve les boeufs sur le logo de notre établissement, sur les cartes publicitaires, sur nos véhicules, et sur les étiquettes du vin servi sur nos tables. »

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Travaux de dressage avec les boeufs d’Agnès et Luc Bernard, Courgenard (72)

Luc et Agnès Bernard continuent de dresser leur paire de boeufs. Merci à eux, de nous envoyer régulièrement des images.

Premiers sillons chez Agnès et Luc Bernard, Courgenard (72)

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Le dressage continue de manière assidue chez Agnès et Luc Bernard. Les premiers sillons ont été tracés avec la paire de boeufs Bretons.

« la traction animale, une pratique moderne pour une ruralité durable », Mandray (88) 2013

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Karine Huguenot, était présente sur les journées de Mandray en 2013

« La traction animale, une pratique moderne pour une ruralité durable » réalisée par le Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges dans le cadre de l’expérimentation participative et délibérative sur le Patrimoine Culturel Immatériel.

 Allez voir la page en cliquant ici

Témoignages de professionnels, de formateurs, de personnes ressources, d’élus et d’habitants et démonstrations de traction chevaline et bovine recueillis lors de la journée de découverte de la traction animale à Mandray le 26 mai 2013.

Cette journée était organisée en partenariat avec la commune de Mandray, les professionnels de la traction animale, l’Institut Français du Cheval et de l’Equitation, des centres de formation et des associations locales. 

Cette action était proposée dans le cadre de l’expérimentation participative et délibérative sur le Patrimoine Culturel Immatériel portée par le Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges où un jury-citoyen a sélectionné la pratique de la traction animale présentée par Emmanuel Fleurentdidier, praticien, pour représenter le Patrimoine Culturel Immatériel de la Déodatie.

Jean Garnier, Lissac (43)

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Monsieur Garnier de Lissac en Haute-Loire, Nous communique l’histoire de sa vie avec ses attelages.

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« Permettez-moi de de faire l’historique de cette passion.

J’ai 69 ans, et j’ai travaillé avec une paire de boeufs Aubrac (Murat et Muscat). Je passais le rouleau, la herse et faisais le transport du fumier. C’était la plus belle paire de boeufs de la foire de la Saint-André au Puy-en-Velay en 1951.

Je me rappelle des paysans qui étaient fiers de leurs attelages et qui n’hésitaient pas à donner un coup de brosse avant de les sortir. L’apothéose de leur fierté était de réussir à tirer la batteuse d’un emplacement difficile, là où la paire de leur voisin avait calé!!

En 1953 est arrivé le premier tracteur, un TEA Fergusson. Les boeufs sont restés sur la ferme jusqu’à fin 1956, et en pensant même que le tracteur ne pourrait pas faire tous les travaux, mon père a acheté une paire de vaches Salers très docile. J’ai participé au dressage. Elles s’appelaient Violette et Pervenche.

A contrario des vaches, les boeufs s’achetaient dressés. Ils venaient pour la plupart (à pieds!!) de Lozère, de l’Aveyron ou du Cantal. 

Dans notre région, les attelages de boeufs étaient presque tous des Aubracs, un peu plus lents que les Salers, mais plus résistants à la chaleur.

Pour les paires de vaches, c’était plus varié, on voyait même des croisées ou des « Mézines », une race pure du nom de la montagne la plus haute de Haute-Loire.

Cette race a complètement disparu. La race Aubrac a bien failli être dans le même cas. C’est aujourd’hui chez nous la race allaitante la plus en vogue.

Les noms des boeufs les plus usités sont : Ladet, Lebroux, Rousset, Doura, Froment, Clairon, Dragon…

Le retour de l’attelage.

En 2000, en regardant la vidéo-cassette qui s’intitule « Toi l’auvergnat, dernier paysan » (film de René Duranton sur Michel Boudon de Saint-Jean-des-Ollières, un film tourné dans le Puy-de-Dôme, où un agriculteur travaille comme il y a soixante ans avec ses deux paires de boeufs, il m’est venu l’idée de dresser à nouveau des boeufs.

Un pari un peu fou que m’ont lancé un stagiaire et mon gendre.

A une quinzaine de kilomètres de chez moi, j’ai trouvé trois broutards un peu vieux, dans un élevage correspondant aux normes sanitaires souhaitées.

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Je les ai fait castrer par le vétérinaire, et j’ai choisi les deux plus réguliers, Rancou et Rabissou.

Six mois plus tard, j’ai commencé à mettre le joug que nous avions conservé. Petit à petit, aidé de mon gendre, nous avons avancé dans le dressage, une demi-journée par semaine. Ils traînaient, au début, un bloc de ciment.

Puis, plus tard, nous les attelions au tracteur mis au point mort pour les faire tirer!!

Nous les utilisions de nouveau à la maison pour le débardage du bois de chauffage. C’était leur plus gros travail chez nous.

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Bien sûr, j’ai été demandé pour animer des fêtes et des concours de labours, la plupart du temps bénévolement. Je labourais au brabant et à la charrue à mancherons.

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Après soixante ans, je pensais avoir plus de temps libre et faire diverses animations. Mais j’avais un problème pour le transport, avec la nécessité d’avoir le permis poids lourds car la paire pesait deux tonnes deux cent kilogrammes.

Fin 2008, Rancou a été pris de paralysie incurable. Après de nombreux soins, il est mort à la maison. Il était impensable de le remplacer, et j’ai dû me séparer de Rabissou, pas facile et trop lourd (612 kg de viande).

Je ne regrette pas cette expérience. Le plus important était, à mon sens, de faire connaître à nos enfants et petits-enfants, le travail d’agriculteur en traction animale. J’espère avoir livré mon expérience et mes sentiments. »

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« Les vaches de François », article d’Eric Rousseaux à propos de François Ladet (12)

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Sur une petite route, aux environs de Saint Eulalie d’Olt, dans l’Aveyron…

Texte et photos Eric Rousseaux Paru dans la revue « Sabots » numéro 17, mars / avril 2007.

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Les vaches de François.

Souvent présents lors des moissons à l’ancienne et autres fêtes traditionnelles, les attelages de bœufs et leurs conducteurs enchantent généralement le public. Imaginez alors le bonheur qui vous attend si un jour vous avez la chance d’entrer dans l’intimité de l’un de ces passeurs de mémoire !

Au détour d’une petite route.
Nous en avions pourtant vu, des vaches Aubrac sur les petites routes de l’Aveyron au cours des jours précédents ! Nous venions d’assister à la transhumance qui anime chaque année les Monts d’Aubrac au retour du printemps. Nous aurions dû en être rassasiés…

Ces deux là avaient cependant quelque chose de plus. Telles deux sœurs siamoises, solidarisées par le joug placé sur leur nuque et lié à leurs cornes, elles suivaient docilement un homme marchant devant elles, l’aiguillon posé sur une épaule, la fourche sur l’autre.
Le temps de trouver un emplacement pour se garer, quelques virages plus loin, tout le monde avait disparu. Avec le chant des oiseaux pour seule compagnie, nous marchions, mon épouse et moi-même, à la recherche de cet équipage. Il était forcément dans les parages !
Et puis enfin, un indice : des andains de foin à flanc de coteau… Ce devait être là !
Suants, soufflants, nous avons fini par retrouver « nos vaches » au sommet d’une colline. L’homme était en train de les atteler à une remorque maintes fois rafistolée, comme en témoignaient les composants hétéroclites de sa structure. Après avoir échangé quelques civilités, nous l’avons accompagné et regardé travailler.

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Maintes fois rafistolée…

Essentiellement utilisée pour la production extensive d’animaux de boucherie, et de façon plus marginale, pour la production de lait destiné à la fabrication du fromage de Laguiole, la race Aubrac a longtemps été employée comme bête de trait, spécialement pour les travaux de la ferme, les moissons, le transport du foin et des céréales, mais aussi pour le débardage.
Une paire de bêtes comme celles que nous avions devant nous peut tirer une tonne à la vitesse de 4 kilomètres par heure en travaillant 8 heures par jour et 250 jours par an. Ces animaux, agiles, calmes et appliqués, commencent à travailler à l’âge de 30 mois, ils pèsent en moyenne 700 kg.

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Après avoir été coupé avec une moto faucheuse, le foin a été fané puis andainé avec un râteau faneur tracté par les vaches.

Un homme heureux.
Tout en chargeant son foin, François Ladet, c’est le nom de notre homme, nous résuma sa vie en quelques mots. Aujourd’hui âgé de 67 ans, il avait logiquement succédé à son père sur la petite exploitation familiale, à Sainte Eulalie d’Olt (un des plus beaux villages de France), tandis que ses 5 sœurs quittaient la ferme. L’exploitation comptait alors 40 brebis, 24 vaches et 2 bœufs attelés. Cela suffisait à faire vivre la famille. En hiver, cependant, le père de François débardait avec ses bœufs pour le compte d’une scierie des environs.

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Le joug frontal est maintenu par une lanière de cuir d’abord enroulée autour du joug et de la corne externe, puis sous les cornes, autour du joug et du front sur lequel on a placé un coussin, puis autour du joug et de la corne interne. La lanière est enfin amarrée à un tenon placé à l’extrémité du joug.

François (qui n’avait jamais utilisé un tracteur, précisa-t-il), nous expliqua ensuite comment, chaque année, il dressait un bœuf à l’attelage. Il avait même fait réaliser un joug triple par le menuisier du village. Ce joug, d’un modèle peu commun, était destiné à recevoir un élève que le meneur plaçait entre 2 bœufs expérimentés.

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Un peu d’exercice !

On comprenait bien à l’entendre, que son existence n’avait pas toujours été une partie de plaisir, « j’ai vu de la misère toute ma vie ! ». Mais il semblait que cela soit dit sans amertume, juste pour en faire le constat.

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Là, pour les animaux, il ne s’agit plus de tirer, mais de retenir la voiture, une manoeuvre qui suppose une certaine expérience du travail en montagne…

Enfin, après avoir hissé une dernière fourche de foin en haut de son chargement, le visage illuminé d’un large sourire, François nous avoua qu’il avait maintenant une compagne, du même âge que lui, qui lavait son linge, lui faisait à manger… et que s’en était fini pour lui de vivre « seul comme une bête ».

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Retour à la ferme où ce foin d’excellente qualité sera entreposé pour l’hiver.

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Merci à Eric Rousseau pour nous avoir si gentiment communiqué son article.

Roger Constant, Saint-Alban-sur-Limagnole (48)

Exploitant à la retraite, Roger Constant a toujours eu des boeufs attelés sur l’exploitation.

Il travaille encore aujourd’hui avec une paire de vaches Aubracs dans les bois, et va bientôt préparer au dressage une paire de jeunes génisses pour la relève de la paire au travail actuellement.

Roger Constant nous a envoyé un courrier qui décrit son travail:

« Pendant longtemps, j’ai dressé et fait travailler des paires de boeufs.

Maintenant je possède une paire de vaches Aubracs que je soigne et fais travailler au ramassage des bois dans mes plantations difficiles d’accès aux engins mécaniques.

Je le fais pendant la saison d’hiver, de la Toussaint au mois de Mai. Pendant l’été, elles sont à la pâture.

J’ai eu la chance de pouvoir élever une paire de génisses Aubracs de dix-huit mois, issues de mon étable: il faut penser à la relève!!

J’ai un fils qui s’occupe de mon exploitation agricole, et des petits-fils de 12 et 15 ans qui sont passionnés par les bovins attelés. Je leur apprends à passer les courroies en dehors de leurs heures d’études. »

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