Philippe Lefèbvre de Radio France a consacré une chronique sur les attelages de la Garaudaine. écoutez le en lançant le lecteur ci-dessous.
Catégorie : Ressources documentaires et archives
Les jougs et leurs accessoires en Charollais Brionnais
Contrairement aux chevaux et leurs harnachements complexes et couteux, le matériel d’attelage des bovins est beaucoup plus simple et limité.
Dans la région du Charollais Brionnais il se compose:
- d’un joug
- de deux anneaux d’attelage appelés « cordets »
- d’un lien en cuir (ou en bois torsadé sur lui même) qui relie les cordets au joug. Ce lien est nommé « tsordzeure » en charollais (chargeouère en bourbonnais) on peut le traduire par: « qui prend la charge »
- de liens longs qui solidarisent la tête des animaux au joug.
Les jougs:
On trouve en Charollais Brionnais deux types de jougs:
Le joug découpé aux formes élégantes, esthétiques et travaillées
Les têtières comportent sur le dessus des passages de liens avec un rebord qui évite les ripages de liens éventuels.
Les passages de cornes à l’avant sont entaillés à la forme des cornes.
Des motifs de décoration ainsi que les initiales ou le nom du jougtier sont marqués au fer rouge à l’avant.
Les jougs sont la plupart du temps peints en bleu comme les chars ou les tombereaux.
Au centre on trouve deux ou trois trous pour le positionnement et le réglage de la tsordzeure.
le joug droit est rudimentaire dans sa taille qui s’inscrit dans une section triangulaire. La forme se retrouve dans le morvan.
La face avant est parfaitement droite, il n’y a pas de logement entaillé pour les cornes. Les têtières n’ont pas de rebords pour retenir les liens à l’arrière.
On trouve en général qu’un seul trou de tsordzeure.
Les jougs découpés sont les plus fréquemment rencontrés. On retrouve la même forme dans le Haut Beaujolais.
La plupart des jougs observés sont en hêtre ou en frêne. Nous en avons un en cormier. Les jougs en hêtre sont les plus légers.
Ils étaient fabriqués par les charrons ou les sabotiers comme François Lamborot au vieux bourg de Dyo.
A Charolles la maison Michel / Clément fabriquait des jougs droits et découpés ainsi que tous les articles de boiselerie. Des jougs d’une forme différente étaient envoyés dans la loire.
On y trouvait aussi tout le nécessaire pour l’attelage bovin (liens, cordets, cordes)
Les cordets:
Les cordets les plus simples à se procurer sont ceux fabriqués par soi-même avec, le plus souvent, des pousses de Chêne de trois ou quatre centimètres à la base torsadées sur elles- même et enroulées en anneau.
Ils peuvent servir sans se rompre quelques mois suivant l’intensité d’utilisation.
cordets en bois torsadé anciens (Colombier en Brionnais)
Les cordets en cuir torsadé (comme pour ceux en bois) ont une durée de vie bien plus longue. Bien entretenus ils peuvent servir plusieurs années. Ceux fabriqués en nerfs de boeuf ont encore plus de résistance. Ils sont parfois recouverts d’une gaine de cuir cousue.
Pour réaliser un cordet à quatre tours (comme tous les anciens que nous avons rencontrés) il faut environ cinq mètres de lanière de cinq centimètres de large.
cordets anciens en cuir (Colombier en Brionnais)
noeud d’arrêt d’un cordet cuir ancien (Colombier en Brionnais)
Certaines régions utilisent des anneaux en fer forgé. Mais le système en cuir permet d’absorber les chocs transmis par le timon au joug amenant ainsi un confort appréciable pour les animaux.
La tsordzeure:
La tsordzeure peut être en cuir; elle ressemble alors à une grosse ceinture , ou en bois torsadé comme pour les cordets.
tsordzeure ancienne en bois torsadé sur son joug droit d’origine (Colombier en Brionnais)
tsordzeure neuve en cuir avec ses deux cordets utilisée à la Garaudaine
timon, cordets, tsordzeure en situation
Les deux ou trois trous du joug où passent la tsordzeure sont un moyen de réglage lorsque l’un des deux animaux a tendance à être plus dynamique que l’autre.
Ainsi, on fait passer la tsordzeure dans le trou du côté de la bête la plus vive afin de la charger pour la freiner par la charge. De cette manière, les deux animaux progressent parallèlement.
Les liens:
En Charollais Brionnais on les appelle « layoures ».
La plupart des régions utilisent des liens uniquement en cuir (Auvergne) ou en cordes (Ain). En Charollais Brionnais, les liens sont mixtes, cuir et corde de chanvre.
Chaque partie fait deux mètres cinquante à trois mètres soit cinq à six mètres de liens.
Leur largeur varie entre deux et trois centimètres pour le cuir et généralement une section de dix à douze millimètres pour les cordes.
Le raccord entre le cuir et la corde est simple. Le cuir est entaillé d’une fente de trois centimètres arrêtée à l’emporte pièce de chaque côté. La corde est bouclée à un bout. Le cuir est passé à travers la boucle et le brin de la corde passé à l’intérieur de la fente.
raccord entre cuir et corde
L’accrochage est fait à l’arrière du joug sur un point d’ancrage(une vis en générale) autour de duquel est inséré le lien cuir fendu de la même manière qu’au raccord cuir / corde.
Parfois le lien est cloué à la place de la vis à l’arrière.
Le lien cuir sort à l’avant du joug au niveau inférieur des passages de cornes intérieures par une fine mortaise.
têtière vue de l’avant, on distingue à droite la sortie du lien au passage de cornes intérieures
Au liage, on place sur le front des animaux et sous les liens un coussin appelé en Charollais Brionnais « pieumet ». Il est fait en paille de seigle, en paille de bois (variété de carex) ou simplement en toile de sac de jute rembourrée.
pieumets anciens en laîche état neuf (Saint Christophe en Brionnais)
Pour chasser les mouches des yeux des animaux pendant la saison chaude on dispose des chasses mouches en cuir ou en cordelettes de chanvre ou de lin. On les appelle « vire-moutses » ou « émoutsets ».
Les attelages de la Garaudaine utilisent uniquement du matériel neuf réalisé par nos soins (jougs, liens, cordets cuir, tsordzeure, vire-mouches, pieumets).
Jean Sanlaville Charron agriculteur à Gibles

Merci encore à Paul Malatier de Gibles de nous communiquer une photo de Jean Sanlaville de Gibles charron agriculteur.
On le voit en 1955 dans sa cour de ferme devant son atelier. A droite de la photo son tombereau à vaches est garé à côté du tas de fumier. On aperçoit par la porte ouverte de l’atelier la raboteuse dégauchisseuse.
Pratique de l’agriculture, Gustave Heuzé, Journal d’agriculture pratique, 1872
Une publication de 1872 communiquée par Laurent Avon que nous remercions une nouvelle fois chaleureusement pour sa participation active au site.
Cliquez ici pour télécharger la totalité du document gustave-heuze-pratique-de-lagriculture-2
Exposition » Hier en Berry, QUAND L’ANIMAL ETAIT UNE FORCE », Chateau du Plaix à Saint-Hilaire-en-Lignière (18)
Mic Baudimant, musicien chanteur et brioleur, amateur d’attelages bovins entre autres, nous communique les informations sur l’exposition que son association « Les Thiaulins de Lignière » présente cette année dans les sublimes locaux du château du Plaix.
« Utilisée depuis la haute antiquité, la force animale est rapidement décuplée par les progrès de la mécanisation agricole, dès la seconde moitié du XIXème siècle.
La motorisation des années 1950 aura raison des attelages de boeufs, et de chevaux, d’ânes et de mulets… Et même de chiens !
Quelques décennies suffiront à verser dans la seule mémoire paysanne les images de la force animale ; avec elle, ses charretiers et ses rouliers, disparaissent les maréchaux ferrant, les charrons, les bourreliers, les maquignons… tout un monde englouti dans la pétarade des moteurs et l’odeur du gazoil.
L’exposition du Musée du Plaix propose d’évoquer les croupes, les hennissements, les rudes commandements de la voix et du fouet, les odeurs de crins et de cuir d’un patrimoine révolu (peut-être), mais qui n’en finit pas de s’adresser à notre mémoire. »

Visites guidées – 6€ plein tarif – 4€ tarif de groupe
Ouverture du 8 Mai à la Toussaint
Du 8 mai au 15 juin et du 1er septembre à la Toussaint, samedi et dimanche de14h à 18h
Du 15 juin au 30 septembre, du mercredi au dimanche de 14h à 18h.
Téléchargez le PDF du dépliant:
« Trait de vie », un projet de film du « grenier d’images » sur la traction animale d’aujourd’hui (chevaux et boeufs) Appel à soutien financier du projet!!

N’hésitez pas à faire connaître ce projet autour de vous et à transférer ce mail à votre carnet d’adresse. Pour produire ce film Grenier d’images recherche des partenaires, contactez-nous pour obtenir plus d’information à ce sujet. Salutations cinéphiles,
L’équipe de Grenier d’images
Sophie, Maud et Fabien
Nous prenons de l’altitude ! Au bout de 15 jours, nous avons atteint 25 % de notre pari ! Un grand merci à ceux qui nous ont permis d’en arriver là. Mais il nous reste encore du chemin à faire. N’hésitez pas à communiquer et à partager nos actualités pour nous aider à atteindre un nouveau palier.
Trait de vie sur Kisskissbankbank
Grenier d’images Films documentaires, Ciné-Rencontres Contact : Grenier d’images 16, rue du Jardin des Sens 79340 COUTIERES E-mail : contact@grenierdimages.com www.grenierdimages.com www.facebook.com/Grenierdimages Tél. : 06-73-93-83-37 / 05-49-64-48-25 Siège social : ACEASCOP GRENIER D’IMAGES 16, rue Albert Einstein 86100 CHATELLERAULT
Chantier école avec les boeufs du lycée agricole de Montmorillon dans les bois de Saint-Pierre près de Poitiers (86)
Solène Gaudin nous communique un article sur un chantier école près de Poitiers.
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Réglage d’un joug neuf « Nioulou » chez Marcel Margerit, la Roche-sur-Foron (74)
Marcel Margerit travaille sur une petite exploitation de Haute Savoie.
Ses jeunes boeufs Aubracs n’avaient plus de joug à leur taille. C’est pourquoi il a fallu en tailler un neuf adapté à leurs tailles et à leurs cornes.
La particularité du joug est qu’il est fabriqué à partir d’une pièce de bois en plateaux contre-collés. Marcel participe ainsi à tester la résistance au travail d’une telle fabrication.
Un article y sera prochainement consacré.
Voici maintenant plus d’un mois que le joug travaille au débardage sans problème.
Voici quelques clichés et une petite vidéo du réglage.










Philippe Kuhlmann, article de « campagnes solidaires » la revue de la « confédération paysanne »‘utilisation, en passant par la formation
Philippe Kuhlmann travaille sur son exploitation de Soultzeren (68) uniquement en traction animale bovine.
Sa longue expérience et son savoir-faire font de lui une des références de l’attelage bovin en France tant pour le dressage que pour l’utilisation.
Le Numéro 302 de Janvier 2015 de « Campagnes Solidaires », la revue de la « Confédération Paysanne » lui consacre un article.
Philippe accueille régulièrement des stagiaires qui souhaitent apprendre ou se perfectionner à l’utilisation des boeufs de travail.
Il est aussi un des dresseurs les plus actifs du pays, en capacité de proposer constamment des paires d’animaux de travail. C’est souvent six à huit paires plus ou moins avancées qui sont en dressage sur l’exploitation.
Contacts:
Kuhlmann Philippe, chemin Londenbach – 68140 – Soultzeren, 03 89 77 44 46
ab.ph.kuhlmann@gmail.com
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Vache solo au collier attelée à une rateleuse au Québec par Amélie Anne Blaise




































