Voici une vidéo sur le travail avec les bovins sur la ferme de Roland Ayel à Sauvessange (63)
Étiquette : Video
Taille d’un joug Vendéen de A à Z en vidéo
Les boeufs de Laurent Martin avec Jo Durand le 6 juin 2021 au Musée départemental des tumulus de Bougon (79)
Le dimanche 6 juin 2021, le Musée départemental des tumulus de Bougon (79) a organisé une démonstration de traction animale d’araire dans le cadre de la manifestation nationale des Rendez-vous au jardin. Conservant un site mégalithique composé de cinq monuments exceptionnels, le Musée propose un voyage en Préhistoire. S’intéressant particulièrement au Néolithique, époque à laquelle les populations deviennent sédentaires en domestiquant certaines espèces animales et végétales le parcours de visite est ponctué par des expositions, des reconstitutions et le site archéologique.
L’araire, outil agricole à « tout faire* » apparaît vers -3500 avant notre ère1. Simple d’apparence, il est néanmoins complexe à produire et nécessite un savoir-faire pour qui souhaite s’en servir. Les recherches archéologiques et l’ethnologie font état de cet outil largement oublié dans nos régions.
Composés de matériaux périssables, les témoignages archéologiques sont rares et souvent partiels.
L’objectif de la démonstration réalisée au Musée était de tester en situation une reproduction d’araire d’inspiration archéologique et faire se rencontrer deux mondes professionnels qui ont à apprendre l’un de l’autre.
* travailler le sol : labourer, sillonner, butter, etc.
L’araire réalisé par Jérémie Vosges de la société Arkéo Fabrik est composé d’une pièce ramifiée d’orme. Le timon est formé d’une longue branche et le dental est taillé dans le tronc de l’arbre. Lors de l’expérimentation, le timon a été prolongé d’un faux-timon en frêne pour plus de maniabilité.
Les pièces annexes, mais néanmoins indispensables, sont réalisées en châtaignier pour le mancheron et en if pour le reille interchangeable. Le reille est solidarisé au corps de l’araire par un astucieux système de maintien : ces deux éléments sont percés d’une mortaise carrée dans laquelle vient se coincer le mancheron qui verrouille l’ensemble. Cette reconstitution s’inspire assez fidèlement d’une découverte archéologique exceptionnelle datée du tout début de l’âge du Bronze dans le site italien de Lavagnone près du lac de Garde. Le modèle est celui d’un araire dental.
La paire de jeunes bœufs, de leurs noms Max et Gaston, était menée par Laurent MARTIN, leur propriétaire et dresseur, ainsi que par Jo DURAND, éleveur et dresseur confirmé. Pour ces deux bœufs de race Vosgienne, cette démonstration de travail était leur première sortie réelle, depuis leur arrivée chez Laurent en août 2020. En effet, leur dressage est encore en cours et durera jusqu’en milieu d’année 2022. Toutefois, la majorité des bases du dressage sont déjà posées et acquises. C’est justement par le biais de travaux comme ceux réalisés au musée que leur apprentissage se valide, en nouant acquis et expérience.
Mis au joug sur un modèle américain, l’attelage à l’araire a nécessité l’utilisation de sangles en cuir et de cordes. L’ensemble formait ainsi un outil à la fois souple et stable, permettant un travail de sol efficace et aussi respectueux du rythme et des capacités des animaux.
Pour Laurent comme pour les bœufs, le maniement de l’araire fut une découverte. Mais grâce aux conseils affûtés et à l’expérience de Jo, le trio a pu assurer la bonne réalisation du projet. La parcelle de 400m² fut ainsi travaillée sans peine en 3h30 par Max et Gaston, en alternant phases de travail et de repos. Les passages successifs en croisé ont permis d’obtenir un résultat homogène. A noter que pour finir, Max a assuré à lui seul le tirage du rondin utilisé pour enfouir les graines de sarrasin semées par le public quelques minutes auparavant.
Si la culture du sarrasin n’est pas attestée dans nos régions au Néolithique sa présence à l’état sauvage a été mise en évidence grâce à différentes études. Citons notamment les analyses de restes de pollens réalisés dans la sépulture collective de la Chaussée Tirancourt (Somme)2. Le sarrasin sera récolté et transformé dans le cadre d’un projet pédagogique associant des élèves de 6een octobre 2021.
1 Pétrequin et. al. Les outils à moissonner et la question de l’introduction de l’araire dans le Jura (France). 2006. Pétrequin et. al., dir. Premiers chariots, premiers araires, CNRS éditions.
2Girard M. La sépulture collective néolithique de la Chaussée-Tirancourt (Somme) Analyse Pollinique. 2006, BSPF, n°103, p. 133-142
Débardage chez Philippe Kuhlmann début 2021
Merci à Léa et Batiste pour leur envoi de vidéo.
Les boeufs Montbeliards de Roger Piccoli à Meillonnas en 2009
Marie Cadot, Valence (82)
Marie Cadot une jeune dresseuse de bovin très active. Elle a rencontrée Renée Bagelet une référence en la matière. Son caractère volontaire et sa motivation lui ont permis un beau travail de dressage, sans à priori et très prometteur!
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L’histoire de Marie, Grive et Fury
Bonjour, je m’appelle Marie Cadot, j’ai 24 ans et je suis née le 12 octobre 1995 à Agen. C’est mon grand-père, fermier, qui m’a transmis son amour et sa passion pour les vaches ainsi que des chevaux. Dès l’âge de 2 ans, j’étais en permanence avec lui. Il y a 8 ans et demi, mon grand-père a rentré une petite velle, de race brune des Alpes, que j’avais choisie parmi tout un troupeau. Je lui donnais le doux nom de Grive. De là est née une grande histoire.
Dès le début, j’ai passé énormément de temps avec cette petite velle. Je la promenais partout, même jusque dans la cuisine de chez mon grand-père et chez la voisine . Mon oncle n’était pas d’accord que je promène toujours cette vache, car il considérait que cela pouvait représenter un danger. Mais je n’ai jamais tenu compte de ses remarques, et je continuais à la promener. J’avais 16 ans.
Lorsque Grive arriva à l’âge adulte, il est venu le moment de la reproduction: le premier vêlage s’est très bien passé, un petit mâle est né. Pour le second vêlage, le veau était mort-né. Grive est très maternelle, car elle accepte de laisser téter les autres veaux. Malgré le deuxième vêlage problématique, nous avons décidé de tenter une nouvelle insémination. Malheureusement ce fut un échec. Pour mon grand-père, une vache qui ne se reproduit pas, qui ne fait donc pas de lait, ne sert à rien. Cette situation a été source de beaucoup de nuits blanches, mais j’étais déterminée à la garder pour moi seule.
Mais je ne savais pas que pour élever une vache, il fallait se déclarer éleveur afin d’obtenir un numéro de cheptel. J’ai dû faire face beaucoup de démarches administratives.
Et pour garantir au maximum la validité de mes ambitions, j’ai fait faire un acte notarié pour que personne ne m’enlève ma vache. Le temps passe et on me propose alors de faire les foires agricoles, les comices, où bien sûr je me fais remarquer !
Je continue à essayer à nouveau une insémination mais malheureusement, c’est encore un échec. Je fais alors venir une nouvelle fois le vétérinaire et lui demande de tout faire pour ma vache. Il a donc fait un lavement puis des piqûres pour provoquer les chaleurs et l’inséminer à nouveau sans succès deux fois de suite. Même l’inséminateur me rassura en me disant que j’avais fait le maximum, je ne devais surtout pas me culpabiliser. Je le supplie d’intervenir une dernière fois. Nous en étions quand même à la quatrième insémination cette année-là, il me dit alors : « Si cela ne marche pas, c’est fini je n’en ferai plus ! Tu ne vas pas gaspiller tout ton argent pour un veau. Tu t’en rachètes une et on arrête là ».
Deux mois passent et l’échographie ne détecte rien. D’échec en échec, il fallait se rendre à l’évidence, il n’y avait rien à faire. Bon! Puisque ma Grive n’était bonne à rien, j’ai voulu prouver qu’elle avait d’autres qualités ! Je me suis mise à lui faire tracter dans un premier temps un pneu. En fait, elle adorait cet exercice, et progressivement une petite herse remplaça le pneu. Cette année-là, j’ai été invitée dans dix foires pour des démonstrations de travail aux champs.
Et puis un matin, ma vache montra tous les signes d’une grossesse, et l’histoire se répétant, cette grossesse n’était en rien normale. Du coup, j’appelle le vétérinaire qui me dit qu’elle devait faire une grossesse nerveuse !
Je lui demande de venir. Il fait une échographie et voit une poche sans veau, mais avec des cotylédons bizarres. Mais pas de veau … Or, selon moi, s’il y a une poche, il y un veau ! Il me dit que cela peut arriver qu’il n’y ait qu’une poche. C’est très rare mais le risque est que si elle se perce, elle peut infecter l’animal. Il me conseille donc de la surveiller. A ce moment-là, je travaillais en coopérative agricole où, bien sûr, tout le monde connaissait Marie et sa vache ! Dans le même temps, son état empirait, avec fièvre et absence d’appétit. Je la surveille même la nuit. Trois jours passèrent et le vétérinaire en la fouillant sortit une fois de plus un veau mort-né. Grâce à une analyse, on découvre que Grive est porteuse d’une maladie provocant les avortements, la néosporose.
Mais ma vache avait un pis énorme et le lait coulait par terre. La gestation avait donc tout de même provoqué une montée de lait. Il coulait, se perdait !!! Il fallait que je me mette à la traire.
Avant et après mes heures de travail à la coopérative où je suis employée, je me suis mise à traire à la main. Résultat : 40 litres par jour ! Faute de temps, je me rends à l’évidence, il fallait que j’achète un veau pour diminuer ce rythme infernal. En accord avec mes parents qui se rendaient bien compte de la situation, on se mit à la recherche d’un veau de la même race que Grive, et on le trouva chez Vincent dans le Gers. Grive l’adopta aussitôt et malgré la présence de ce veau, du lait, il y en avait toujours trop !!!
J’achète alors de nouveau un veau et avec le lait en surplus je me lance dans la confection de fromages nature, au poivre, au piment d’Espelette, mais aussi beurre et yaourts.
Le temps passe, les veaux grandissent … A mon grand regret, à six mois, j’ai été obligée de les vendre : je n’allais pas les garder et pour en faire quoi?
Grive avait toujours une lactation forte. Je fais donc l’acquisition d’un troisième veau, le bien nommé Monsieur Ficelle. Dans le même temps je continuais ma production de fromages pour le plus grand plaisir de mes collègues de la coopérative.
Un jour, dans le cadre de mon travail, un client me proposa une velle Blonde d’Aquitaine pour qui sa mère n’avait pas assez de lait. J’ai sauté sur l’occasion et me voilà chez Monsieur Grimal. Quelle ne fut pas ma surprise : il s’agissait d’une velle née en liberté, qui n’avait jamais côtoyé l’homme. Le propriétaire, non sans humour, me souhaita bon courage ! Arrivée chez moi, je la décharge. A un mois, elle a une sacré force. Je ne savais pas si j’avais acheté une velle ou un pitbull car elle hurlait et sautait partout. Elle a d’abord refusé de manger pendant un jour et demi bien qu’elle ait été mise sous la vache. Le lendemain matin, la situation était toujours la même … Elle ne voulait pas téter. Sans que je ne cède de mon côté, après avoir hurlé toute la journée dans son box, elle a fini par aller téter toute seule le soir. Mais il ne fallait pas que je la regarde ou que je la touche. Quel cinéma pour la remettre au box ! L’ancien propriétaire m’avait bien dit « bon courage ! »
Je comprends mieux pourquoi. Ce n’est pas pour rien que je l’ai nommée Fury. Quand elle me voyait, elle me chargeait et dès que je passais derrière, elle me donnait des coups de pieds. Petit à petit, elle s’est adoucie, mais madame refuse toujours le licol! Je l’ai fait marcher car c’est le minimum pour aller se présenter à une foire. Elle n’arrêtait pas de s’échapper. Comparativement, Monsieur Ficelle, à un mois, marchait très bien, uniquement tenu par une simple corde ! Fury est une Blonde d’Aquitaine, d’où son tempérament très vif. La génétique y est aussi pour quelque chose. Avec son comportement explosif, elle m’échappait, mais je n’ai cependant jamais utilisé un bâton .
Je la faisais marcher au petit matin, à 5 heures, au moment ou le soleil est encore bas. A cette heure-ci, Fury, plus tranquille, avait moins peur. Pour la rassurer encore plus, je la sortais avec son copain Monsieur Ficelle. Il a fallu des jours et des jours de marche, de patience à toute épreuve pour gagner sa confiance. Fury m’a fait tomber, me traînant sur vingt mètres. J’étais couverte de bleus. Mais après cinq mois d’un combat acharné, Fury, qui acceptait petit à petit ma compagnie, se mit à marcher à la perfection. Nous nous étions apprivoisées mutuellement, son véritable caractère s’était révélé …
Il lui a fallut cinq mois pour marcher correctement sans m’échapper, mais elle a été la meilleure de toutes.
Aujourd’hui elle fait des exercices de traction avec un plaisir non dissimulé, elle est même demandeuse ! Elle tire un pneu, une herse et se permet même le travail très compliqué de passer et suivre un sillon sans dévier de sa trajectoire.
Pour réaliser des travaux autrement plus compliqués comme débarder, tirer des charges, décavaillonner, je lui ai fait faire un collier sur mesure et réglable auprès de Monsieur Collin. Et vous allez me demander : « Qu’est devenu Mr ficelle ? » Après une sélection difficile, mon petit veau a été choisi par Madame Sabine Rouas, propriétaire d’ Aston le Taureau, pour entrer dans sa petite troupe et assurer des spectacles de dressage.
Des projets avec Fury ne manquent pas! Je voudrais travailler avec elle pour faire un jardin et pourquoi pas un peu de maraîchage : pomme de terre, tomate. Mais le plus important pour nous deux restera la représentation sur les foires et les comices pour faire découvrir le dur métier de la terre autrefois. D’ailleurs le bovin est très intelligent, plus que le cheval à mon avis. L’avenir nous dira la suite…
Téléphone de Monsieur Collin : +32 475 61 62 35
Contact Sabine Rouas, professionnelle du bovin: 07 81 72 27 59
Marie Cadot 06 71 05 40 14
The End
Vidéo de présentation sur la conférence du 8 et 9 mai 2021 « La traction animale, hier, aujourd’hui et demain », Claus Kropp
Saison 2020 de la ferme à l’ancienne chez Maryse et Michel Berne, Bourg Argental (42)
Maryse et Michel Berne (rouvrent leur musée agricole pour la saison 2020.
N’hésitez pas à faire un détour par Bourg-Argental dans le parc du Pilat, à 1h 15 de Lyon, 35 minutes de l’autoroute A7 et 30 kilomètres de Saint Etienne, pour découvrir leur ferme de montagne, leur musée et rencontrer deux passionnés dont la gentillesse est à la hauteur de leur investissement dans l’attelage des bovins, la sauvegarde du patrimoine agricole et le maintien des savoir-faire.
Attention, le musée est fermé le dimanche.
Contact, Maryse et Michel Berne:
04 77 39 60 75
maryse1955@hotmail.fr
Reportage photo sur la fabrication d’un joug à Anost (71) en 1977
Merci à Philippe Berte-Langereau de nous communiquer cette belle série de photos retrouvées dans les archives de « Lai Pouèlée » par son fondateur Pierre Léger.
Ce reportage photographique a été réalisé en 1977 à Varin sur la commune d’Anost en Saône et Loire, chez Raymond Garnier lors de la fabrication d’un joug dans du hêtre qui était resté quarante ans dans un « èzu » (une mare pour rouir de chanvre).
Photos de Louis Jouvet et Philippe Berte-Langereau.
Voici aussi la vidéo qui l’accompagne.
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Vidéo de louis GUIRAL Jougatier de Salles-Curan (12)
Voir le site « Occitan Aveyron » en cliquant ici.
Il y avait toutes sortes de petits métiers sédentaires ou ambulants comme le cordonnier appelé sudre ou pegòt, l’esclopièr (sabotier), lo jotièr (jougtier), lo barricaire (tonnelier), l’estamaire (étameur), l’amolaire, ganha-petit ou agusaire (rémouleur), le tailleur appelé sartre, lo cadièiraire (fabricant de chaises), lo candelaire (fabricant de chandelles), lo matalassièr ou matalassaire (fabricant de matelas), lo pelharòt ou pelhaire (chiffonnier)…
Pour fabriquer les jougs, on faisait appel à un jougtier : lo jotièr.
Habituellement, le jougtier venait sur place pour fabriquer les jougs sur mesure. Il fallait tenir compte de la taille des bêtes (bœufs ou vaches) ainsi que de leur morphologie.
La redonda est l’anneau, maintenu par une cheville (cavilha, ataladoira), qui reçoit le bout du timon (pèrga). Littéralement, redonda signifie ronde.
Las julhas sont les longes de cuir qui permettaient d’attacher le joug sur la tête des bêtes.


























































