la paire de boeufs attelée au porte-outils fait maison
Jo et Christine nous présentent leur ferme.
Nous avons une petite ferme en polyculture-élevage.
la paire de boeufs attelée au porte-outils fait maison
Jo et Christine nous présentent leur ferme.
Nous avons une petite ferme en polyculture-élevage.
Karine Huguenot , par ce petit texte, nous présente sont exploitation et sa démarche. Elle utilise un boeuf Vosgien en solo.
« Je suis à la tête d’une petite exploitation de montagne en légumes de saison et en quasi-autonomie. Les terrains y sont très pentus et donc difficiles à travailler. De nombreuses parcelles auparavant cultivées sont devenues des friches depuis l’arrivée des tracteurs. Le seul moyen pour moi si je souhaitais travailler les terrains qui m’entourent était la traction animale. J’ai tenté de me familiariser avec les chevaux de trait, l’âne… mais la découverte du boeuf l’a emporté : l’approche de l’animal fut plus facile, le contact meilleur, c’est un animal calme, plus lent et qui correspond mieux à mes attentes. L’aspect financier n’a pas été négligeable non plus car entre l’achat de l’animal lui-même et le matériel qui sert à atteler, on peut diviser le prix par dix par rapport à l’achat d’un cheval de trait et son harnachement. Je travaille avec un seul boeuf, il a trois ans, il effectue du travail du sol, le débardage, la conduite de fumier sur les parcelles et tous les petits travaux qui ne sont pas possibles à bras d’homme. Les sols sont respectés, la structure et la fertilité en sont améliorées : pas de tassements et un enrichissement de ceux-ci par le fumier. Et point non négligeable : le rapport avec l’animal. Il existe une relation avec votre animal qui ne sera jamais celle que vous avez avec votre tracteur ! Et puis le carburant c’est le foin ! Entre les problèmes de pollution, d’énergie, de finances que la société actuelle (que l’on appelle « moderne ») nous fait vivre, cette alternative est à mon sens le passage obligé pour l’avenir d’une agriculture respectueuse et vivrière. Car travailler avec un boeuf est loin d’être une démarche passéiste même si quelques organisateurs de manifestations aiment nous solliciter pour mettre en valeur l’agriculture d’autrefois. Le seul hic aujourd’hui est que les institutions en place vous aident à financer de gros tracteurs et du matériel démesuré mais ne vous aident pas dans ce genre de projet, mais en cherchant un peu, quelques papys ont encore au fond de leur grange de quoi assouvir la passion des nouveaux(elles) bouvier(e)s ! »
Karine huguenot fait également un accueil à la ferme en gîte rural.
photos Véronique Nioulou
La fête De Manziat d’Août 2012, a accueilli, outre de nombreux attelages de chevaux, quatre attelages bovins:
Laurent Janaudy avec ses vaches Aubracs, André Varey avec ses boeufs Salers, Laurent Billoux et Michel Nioulou avec leurs Charollais et Maurice Chevalier avec ses boeufs Salers. Il est rare dans la région, de réunir autant d’attelées bovines dans un même rassemblement.
Laurent Janaudy, bouvier de deux vaches Aubracs » est une des chevilles ouvrières de la fête, en particulier dans le contact avec les différents attelages. Voici un extrait de son discours qu’il a donné à l’occasion de la petite réunion des bénévoles de la fête qui a eu lieu en début d’année 2013. Il y fait un bel hommage à l’attelage des bovins.
« Une grande joie pour moi (sans doute passée inaperçue pour beaucoup de monde) aura été la réunion exceptionnelle ce jour-là de 4 paires de bovins sous le joug. Citons-les :
Les amis, Laurent Billoux et Michel Nioulou (cliquez ici pour en savoir plus) (avec son enthousiasme communiquant) et leurs Charolaises.
Les Salers stars « Johny et Garou » formant un trio pétillant, avec leur patron au patronyme prédestiné pour le spectacle: « M. Maurice Chevalier ».
M. André Varey et ses Salers, rencontré en vitesse il y a une dizaine d’années, et ne m’ayant pas découragé de cette folle idée d’atteler des vaches. Il est pour moi un de ces indispensables passeurs de mémoire.
Pratique ancestrale si souvent décriée, méjugée, méprisée, méconnue et avant qu’il ne soit trop tard et que l’on se souvienne alors à regret du pas lent et lourd des bœufs, sachez pourtant quel attachement sincère, quelle irréductible motivation il faut à ce dernier bastion de bouviers pour perpétuer cette pratique à laquelle les mots de la Fontaine collent si bien: « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage ».
Au théâtre séculaire des champs, les bovins en auront été les premiers acteurs. Nous n’avons plus besoin de leur force aujourd’hui et pourtant ils continuent à nous impressionner, et ce sont bien eux qui auront été les rois de la fête. »
Laurent Janaudy, secrétaire.
Février 2013
photos Véronique Nioulou
photos Véronique Nioulou
Photos Jean-Paul faillet
Voici une vidéo des attelages bovins du charollais, qui permet de voir les quatre attelages pendant le défilé.

Azalée et Froment au chargement des gerbes
Photo Jean-Paul Faillet
Au mois d’Août 2012, nous nous sommes rendus avec notre attelage de Charollais (Azalée et Froment), à la demande de notre ami Laurent Janaudy, meneur de chevaux et bouvier, à la fête champêtre de Manziat. Laurent est l’un des piliers organisateurs de ce beau rassemblement.
Nous y avons retrouvé, outre de nombreux attelages de chevaux, trois autres attelages de bovins.
Monsieur André Varey de Meximieux était venu avec ses deux boeufs Salers.

Photo Jean-Paul Faillet
Monsieur Maurice Chevalier, originaire du village d’à côté de Manziat, mais exploitant dans l’Allier, Au Breuil, attelait également ses deux boeufs Salers.
Photo Jean-Paul Faillet
Laurent Janaudy, de Manziat, était avec ses deux vaches Aubracs.

Photo Jean-Paul Faillet
Il est rare de trouver un rassemblement de quatre attelages bovins dans la région.
Le matin, un défilé de tous les attelages a permis d’admirer à la fois les animaux et le matériel.
L’après-midi, de nombreuses animations ont donné à cette belle fête et ce grand rassemblement d’attelages, un aspect vivant des pratiques traditionnelles.
Les boeufs, les vaches et les chevaux ont travaillé à différentes tâches: arrachage de pommes de terres, moisson à la faucheuse à appareil, hersage, chargement de troncs de peuplier sur un char à quatre roues, ramassage des gerbes, hersage, manège de battage, labour, trépigneuse à cheval…
A côté, lavandières, dentellières, chapelier, batteuses et autres nombreuses activités apportaient à cette fête une grande richesse de présentation.
Voici une vidéo et quelques photos de la journée.
Photo Véronique Nioulou

Photo Véronique Nioulou

Photo Véronique Nioulou

Photo Jean-Paul Faillet

Photo Jean-Paul Faillet

Photo Jean-Paul Faillet

Photo Véronique Nioulou
Photo Véronique Nioulou

Photo Jean-Paul Faillet

Photo Jean-Paul Faillet

Photo Jean-Paul Faillet

Photo Jean-Paul Faillet

Photo Véronique Nioulou
Toute sa vie, Jean Bernard Huon a travaillé avec des chevaux sur son exploitation. Désormais, il n’a plus de chevaux et attelle uniquement trois paires de boeufs.
Il explique son parcours dans ce reportage de France 3 Bretagne.
En Alsace, à Soultzeren, Philippe Kuhlmann, éleveur de bovins de la race vosgienne, est l’un des bouviers et dresseurs de bovins, les plus reconnus de France.
On le voit ici, débarder du bois à la chaîne et au traîneau.

Nous attelons des vaches depuis 2005. Après Vérité et Valentie, Annabelle et Azalée, nous avions commencé de dresser une paire de boeuf en 2008.
Après un début de mise en confiance et une mise au joug, l’un des deux est devenu très craintif à l’égard de Michel Nioulou malgré un travail doux et mesuré. Il n’était donc pas possible de continuer le dressage.

Un des premiers liages de la première paire de boeufs dans la stabulation de l’exploitation


A la même période, une paire de jumeaux mâles naît sur l’exploitation. Laurent décide alors de les préparer dès leur plus jeune âge pour pouvoir les lier à terme.
Nous décidons de les nommer Papillon et Froment.
Froment dès le début, est le plus calme et le plus doux.
Dès leurs deux ans, il sont mis au joug de temps en temps et rapidement mis au timon du tombereau.
Tout se passe bien dans les petits chemins autour de l’exploitation et dans les prés.

Froment et Papillon au départ de vendenesse pour la Garaudaine à Charolles
Mais rapidement, il apparaît que Papillon est craintif devant l’imprévu et sur les obstacles. Sans être à première vue dangereux, il reste constamment « sur l’oeil », alors que Froment est d’une placidité à toute épreuve.

Froment et Papillon pendant le dressage



Froment et Papillon après un retour depuis vendenesse à La ferme de la Garaudaine


Froment et Papillon aux journées portes ouvertes de la cave du père Tienne chez Agnès et Eric Panay à Sologny (71) pendant la phase de mise en contact du public.
En 2011 après quelques sorties en ville et dans des environnements avec du public (portes ouvertes à la cave du père Tienne), Papillon se comporte avec crainte. Nous décidons donc d’arrêter de l’atteler vu notre présence fréquente dans la foule.
Nous travaillons donc actuellement avec Froment lié à Azallée. Cette paire, à priori dépareillée, ne manque pourtant pas d’intérêt. Ces deux animaux pour le moment d’une taille semblable sont très calmes, agréables, dociles et proches de nous.

Papillon à gauche sur la photo et Azalée au tombereau à Charolles en Octobre 2011


Froment et Azalée ont été filmé à la fin d’une scéance de travail au tombereau.

Louis Moulignat, agriculteur éleveur de l’Allier, a été avec Jean Fournier du Brionnais, la personne qui nous a définitivement convaincus de dresser nos animaux.
Il a, depuis les années 1980, dressé des boeufs à l’attelage. Aujourd’hui il n’attelle plus mais possède encore deux boeufs d’une quinzaine d’années.
2005 Louis avec Marin et Matelot
Depuis notre rencontre en 2005, nous lui rendons visite régulièrement et nous avons lié plusieurs fois ses boeufs chez lui.
Pigeon et Ramier étaient la dernière paire qu’il a vraiment utilisée chez lui et dans de nombreuses fêtes régionales. Ramier, le dernier survivant de la paire est mort en 2005.
Marin et Matelot, ses deux boeufs actuels, n’ont pas été attelés souvent mais sont cependant très dociles au joug.
Louis Moulignat a toujours gardé depuis sa jeunesse la passion de l’attelage des boeufs. Il en parle avec passion et conviction. Il a su nous conseiller et nous encourager à poursuivre notre expérience.
Bien que nous accordions un intérêt particulier à utiliser les méthodes d’attelage de notre région du Charollais Brionnais, nous avons retenu la technique de pliage des jougs de Louis, qui est fort pratique et esthétique. Les liens sont pliés en huit sur le dessus des têtières en prenant l’extrémité extérieure du huit sur l’oreille du joug. Les coussins d’attelages sont ensuite placés entre les liens et la têtière et solidarisés au joug avec quelques tours de corde de l’extrémité du lien.
Nous remercions sincèrement et du fond du coeur Louis de l’amitié qu’il nous accorde et d’être un de ces rares passeurs de mémoire et de savoir-faire.
2005 liage

2005 liage

2005 liage
2005 liage

2008 liage en compagnie d’Aimé Joigneaux

Marin et Matelot avec Louis en 2005

2005
Jean Fournier avec les boeufs de Louis: un homme heureux, après 50 ans, il est de nouveau à la tête d’une paire de bovin liée

2008

En 2008 avec Louis, Marin /Matelot, Anabelle/Azalée, Vérité/Valentie, Michel et Laurent

Louis surveille les apprentis!!

Article paru à l’origine le 16 octobre 2010