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Maison Michel-Clément, jougtiers-boisseliers à Charolles

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Alice Michel-Fèbvre est l’une des filles de Claude Michel qui excerça le métier de fabricant de jougs à Vendenesse-les-Charolles dans un premier temps, puis à Charolles, rue Gambetta.

Alice Michel-Fèbvre nous propose un petit historique de l’activité de son père et de son grand-père, en nous livrant ses souvenirs.

Merci à elle pour cette participation.

enseigne fabrique de joug charronnage

« Mon grand-père, Pierre Clément né le 16 Octobre 1854, à Vendenesse-lès-Charolles, était installé sur la commune au lieu-dit « Molaise ». Il fabriquait des jougs pour la demande locale.

C’était un travail artisanal qui laissait libre cours à la forme particulière et personnelle qui s’adapterait le mieux à celle de l’animal pour lequel il était destiné, en l’occurence, les vaches et les boeufs Charollais. C’est ce qui fît la renommée du fabricant.

Pour exercer cette activité, il fallait une autorisation du directeur des contributions de l’arrondissement. En effet, le percepteur de Charolles, Monsieur P.Finaud, lui délivra l’avertissement-formule suivant:

« Monsieur Pierre Clément demeurant à Molaise sera redevable de la somme de 58 francs 90, pour exercer l’activité de marchand forain, n’allant pas à plus de 20 kilomètres de sa résidence à l’aide d’une voiture à quatre roues avec collier ».

Depuis, l’atelier de « Molaise » où travaillait Pierre Clément a été détruit au moment de la modification du tracé de la route Express dans les années 1980.

Après la guerre de 1914, Monsieur Claude Michel, né le 12 Août 1885 à Suin, revient au pays, miraculeusement épargné par l’horreur de la Grande Guerre, après sept ans sous les drapeaux, service militaire compris. La paix retrouvée, malgré sa formation d’électricien dans les ascenseurs à Paris, Claude Michel est attiré par son Charollais.

Il épouse en 1919 sa promise, Antoinette, née le 2 Août 1885 à Vendenesse-lès-Charolles. C’est précisément la fille de Pierre Clément, le fabricant de joug bien connu. Le jour venu, après avoir travaillé quelques années avec son beau-père, malgré sa formation d’électricien en ascenseur, il prend tout naturellement sa succession. Il s’installe à Charolles, rue Gambetta. Son atelier a été aussi détruit, il y a quelques année pour dégager une partie des remparts de la ville.

La fabrication de jougs se poursuit jusque dans les années 1950.

Claude Michel va en forêt choisir ses arbres, des hêtres et des bouleaux, il en effectue le cubage avec une étonnante facilité, lui qui se vantait d’aller à l’école uniquement le Jeudi, jour de repos de l’époque.  Le calcul mental semblait pour lui d’une évidente simplicité, tant il était doué.

Une fois la matière première repérée et achetée, les arbres étaient abattus à l’aide d’un immense passe-partout. Il avait ensuite recours aux services des rouliers messieurs Machillot ou Burtin de Charolles, avec leurs grands boeufs Charollais attelés pour effectuer le débardage.

Les troncs étaient alors déposés à la scierie Sabatier-Roberjon, route de Mâcon à Charolles, pour obtenir des sections de bois vert dans lesquels seront sculptés les jougs. 

A l’atelier, après avoir tracé des repères avec des gabarits, quelques ébauches étaient données à la scie à ruban avant de commencer le travail très physique de ces pièces, qui allaient devenir le moyen d’atteler des boeufs et de leur donner ainsi toute leur puissance de traction.

Il fallait se rapprocher le plus possible de l’anatomie bovine. Quelques fois, une retouche était donc nécessaire suivant l’animal.

A genoux sur le sol de l’atelier, face à ce gros blocs de bois vert, protégé par un immense tablier et un coussin de toile rempli de frisons de bois, il dégrossissait pour ébaucher la forme, à l’aide d’herminettes, de grosses gouges et de planes.

Cela demandait une force évidente pour obtenir enfin, après des heures de travail, la forme désirée.

La finition s’effectuait à la râpe et au papier de verre.

Les formes étaient variables selon le modèle et la région. Trois tailles étaient proposées.

Dans la région, on proposait des jougs découpés Charollais et des jougs droits. Pour l’Auvergne où il avait une clientèle de grossistes, il proposait un modèle particulier.

La famille de Gramont de Lugny-lès-Charolles, qui possèdait une exploitation sucrière dans le bassin de l’Ile de France, avait fait une commande d’une vingtaine de jougs qui étaient partis pour lier les boeufs de l’exploitation. Ils avaient été payés en numéraires et en nature avec du sucre en poudre.

La production était gravée sur le bois avec un fer chauffé au rouge: c’était la signature de l’artisan-artiste CLEMENT.

A la vente, ils étaient accompagné d’accessoires:

Les « cordets  »  en cuir torsadé, qui soutiennent l’attelage au joug.

Les « pieumets » , petits coussins de paille de seigle qui protége la tête des boeufs ou des vaches attelés de la tension des liens.

Les sangles appelées « layoure » ou « liures » en cuir.

Les « vire-mouches » avec ses ficelles qui, pendues devant les yeux, et par leur mobilité continue, éloignaient les insectes.

Mon père travaillait beaucoup et de toutes ses forces, pour réaliser durant l’hiver, des réserves de matériels à vendre avant les ventes de printemps et de la belle saison.

Il employait plusieurs personnes suivant la demande, mais a toujours eu un employé embauché à l’année.

J’ai grandi dans cette atmosphère où l’odeur du bois s’est révélée inoubliable. Les années ont passé, la demande de jougs s’est peu à peu ralentie avec le remplacement progressive des bovins de trait par les chevaux puis par la mécanisation qui s’installait.

Dans le courant des années 1920, il a fallu pour assurer la stabilité financière de la famille, s’orienter vers d’autres fabrications, avec toujours cette merveilleuse matière première qu’est le bois.

C’est ainsi que barattes, moules à beurre ovales ou rectangulaires à décors de vaches, de fleurs ou de glands, cages à fromages, garde-manger, broyeurs à pommes de terre, vêleuses, ruches en bois, râteaux à blé et à foin en bois, selles à laver, battoirs à linge, pelles à grain, manches de faux, faux à blé avec un râteau intégré, fléaux, jeannettes sur pied (50X15) de repasseuse pour repasser les manches de corsages et de chemises, des « potets » (couffin d’aiguisage ») que l’on pendait à la ceinture, et qui contenaient la pierre d’aiguisage pour affûter les faux.

Les jouets en bois sont venus renforcer la gamme des produits:

Tricycles, brouettes d’enfants, trottinettes, luges et aussi tableaux noirs d’écoliers.

Les affaires étaient prospères. Il fallut même adapter la fabrication aux besoins de la clientelle Auvergnate, notamment pour  les jougs et pour la forme des râteaux à foin avec une certaine courbure de dents, obtenue par immersion dans l’eau bouillante.

On a changé de siècle depuis, mais la merveilleuse aventure est intacte dans mes souvenirs. Mon père était de ceux qui trouvaient le bonheur dans le travail.

Avec l’âge, lorsqu’il cessa son activité vers 1955, il continua malgré tout à aller tous les jours à son atelier « tourner autour de son établi » comme il aimait à le dire. »

Alice Michel-Fèbvre.

 

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Cliquez sur les photos pour les agrandir

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Fers à marquer

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Carte mentionnant en haut « Fabrique de jougs »

et en bas à droite « cordes, liures cuir, cordets etc ». Ce sont là tous les accessoires nécessaires à l’utilisation des jougs Charollais (dans cette région du Charollais et du Brionnais, les liens sont mixtes en cuir et corde, les cordets sont les anneaux de traction en cuir tressé).

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Monsieur Michel à gauche et un ouvrier, devant l’atelier, rue Gambetta à Charolles

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Lettre de commande de jougs

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Stand de la foire-exposition de Paray-le-Monial

On y voit, à gauche de la photo, sur un présentoir,  les jougs découpés Charollais rangés par taille, et tout en haut, les jougs droits.

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Dépliant mentionnant en bas à gauche, « jougs droits et découpés ».

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Toute la famille devant l’atelier rue Gambetta

Taille d’une reproduction d’un joug datant de l’âge de fer

Taille d’une reproduction d’un joug datant de l’âge de fer d’après un document de Stuart Pigott de 1949 issu de fouilles réalisées dans des tourbières d’Irlande du Nord.

Taille par Michel Nioulou et Gilles Péquignot en Décembre 2023 à Charnay lès Mâcon en Saône et Loire.

Ce joug est destiné à rejoindre l’exposition de jougs à l’occasion d’un symposium sur l’attelage bovin à Lorsch en Allemagne les 8, 9 et 10 Mars 2024.

Autour de l’archéologie de la traction bovine, Interprétation d’un motif peint à l’abri gravier (Mazaugues), article d’henri Pellegrini Les Cahiers de L’ASER N° 23″

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L’archéologue amateur passionné et engagé Henri Pellegrini (Membre de (l ‘IPAAM)  Institut de Préhistoire et d’Archéologie des Alpes Maritimes. Membre de (l’ASER centre Var). Président Honoraire d’ARCHEAM, Cercle d’Histoire et d’Archéologie des Alpes Maritimes)

nous fait le grand privilège de nous accorder la publication qui suit.
Il s’intéresse principalement aux peintures et gravures rupestres du monde entier, en archéologie.
Son attention est surtout d’analyser le mode d’harnachement et les caractéristiques des animaux et engins tractés, travois, chars, chariots, ainsi que les instruments aratoires utilisés depuis le néolithique à nos jours.
bibliographie de l’article :  H. P. ASER du Centre Var. : « in : Les Cahiers de L’ASER N° 23 »
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N°93 du journal de l’association FERME pour la sauvegarde et la promotion des races anciennes

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Dans le cadre du partenariat « races et populations orphelines », Attelages Bovins d’Aujourd’hui aide F.E.R.ME. (Cliquez ici pour voir) à promouvoir les races les plus rares et menacées en diffusant la version Pdf de son journal. 

  • Pour découvrir les derniers numéros, cliquez ici
  • Dernier journal en ligne : Lien direct pour le N°93 avec la  vache Bleue du Nord, le mouton Mahorais, le porc Kunekune, la poule Comtoise (œufs bleus), les tourterelles rieuses, les dindons nains… (Cliquez ici)
Les partenaires : Cf p. 21 et 22.
Bonne lecture ! 
Vous pouvez aussi cliquez sur le PDF pour télécharger le Numéro : fichier pdf N-93_Partenaires 

Les boeufs d’Emmanuel Fleurendidier dans Les France de l’Histoire Sur les traces des Gaulois – Première partie le 12 Décembre 2023

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Deux documentaires sur les Gaulois vont être diffusés sur Arte TV.

On peut y voir intervenir Emmanuel Fleurentdidier avec une paire de bœufs.

Cliquez ici pour voir le lien 

Géographie et ethnologie de l’attelage au joug en France du XVIIe siècle à nos jours, livre de Mariel Jean-Brunhes Delamarre, 1969

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Voici le PDF d’un livre de Mariel Jean-Brunhes Delamarre.

Cette Géographe et ethnologue Française (1905/2001) a beaucoup travaillé sur le milieu rural en France pour en noter de nombreuses données.

Merci à Philippe Berte Langereau pour nous avoir communiqué cet ouvrage de référence sur les jougs paru en 1969 et aujourd’hui introuvable: 

Géographie et ethnologie de l’attelage au joug en France du XVIIe siècle à nos jours

Cliquez sur le lien ci-dessous pour le consulter.

Document PDF : livre-jougs-delamarre_compressed

 Voir aussi le PDF sur son œuvre par Martine Segalen:

Une oeuvre entre géographie et ethnologie Martine Segalen Dans Ethnologie française 2002/3 (Vol. 32), pages 529 à 539 Éditions Presses Universitaires de France

Document PDF : ethn_023_0529

Appel pour information au sujet d’un collier entièrement en bois

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Elke treitinger nous a communiqué ce mail avec des photos pour un appel au sujet d’un collier entièrement en bois dont on ne connait rien. 

Si quelqu’un a des indices communiquez nous vos connaissances!!!Merci! 

Contact: aba.attelagesbovinsdaujourdhui@gmail.com

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Cher Monsieur,

Je demande l’aide de nos bouviers français au sujet d’un collier sculpté provenant du musée ethnographique de Ljubljana dont voici les photos.

Le musée n’a aucune information à ce sujet ; je demande partout, plus il y a de personnes au courant, plus l’information est intéressante. Si vous avez déjà vu ce genre de choses ou si vous en avez déjà fait l’expérience, n’hésitez pas à nous le faire savoir !

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Le collier est entièrement sculpté en bois, jusque dans les moindres détails ; seules les attaches pour les cordes de traction sont en fer. Il est nettement plus petit que les tailles de colliers habituelles ; c’est pourquoi nous supposons qu’il a été sculpté pour des ânes (mulets ?), en raison de l’angle supérieur horizontal du collier.

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L’angle inférieur du collier est ouvert et présente des fentes de chaque côté dans lesquelles étaient insérés soit deux bâtons, soit un arc en bois. Les trous sont bien visibles dans l’espace vide en haut et ils seraient protégés dans les fentes

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Il n’y a pas non plus d’indication sur son âge, si ce n’est qu’il faisait déjà partie de la collection du musée avant que celui-ci ne soit construit.

Quelqu’un s’est donné beaucoup de mal et nous espérons ainsi trouver des indices…

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Bien à vous et reconnaissant pour vos efforts

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Vaches coiffées, un livre de Lionel Rouanet, réservation dès aujourd’hui de l’ouvrage pour une sortie fin d’année 2022

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Vaches coiffées et autres histoires de derrière les fagots, va voir le jour !
Les finitions, la mise en page seront achevées dans l’été, le livre devrait partir pour l’impression en octobre et sera dispo selon toute probabilité pour la fin de cette année.
Trouvez ci-après le bon de réservation et de description au format pdf (Cliquez dessus).fichier pdf Bon de réservation pour Vaches coiffées
Cette « campagne de réservation » a pour but de permettre à l’éditeur de définir le nombre de tirages.
Ensuite, selon son souhait, viendra peut-être une souscription.
Si vous êtes intéressés, merci de me le signaler par retour de courriel.

N’hésitez pas de faire circuler l’info, par bouche à oreille, pigeon voyageur, malle poste et bien sûr moyens de communication contemporains … !

Lionel.
Contact: rouanetlionel@hotmail.com

Parution du livre « Jean le dernier paysan face aux Pyrénées » de Jean Paul Abadie

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Le nouvel ouvrage de Jean-Paul Abadie qui vient de paraître ‘’Jean le dernier paysan face aux Pyrénées’’  est un  témoignage ethnographique comme on en faisait avant et qui tend ici vers l’anthropologie. Ces sciences que la superficialité  de notre société a rendues presque désuètes. C’est fort dommage car il reste toujours des sujets et des domaines à explorer et à transmettre. 

Le sujet traite des derniers paysans, mais pas seulement. L’ouvrage retrace l’histoire de Jean Noël Dussenty  dont les ancêtres venus du Volvestre (région située aux confins de l’Ariège et de la Haute-Garonne)  à la fin du XIXème siècle, migrèrent jusqu’au pied des Pyrénées à Bazordan, village situé au Nord Est des Hautes-Pyrénées.                                                                         

Dès le plus jeune âge, la vie rude et agreste fait de Jean un vrai paysan. Une vie simple, d’homme libre et travailleur, qui va s’éteindre à l’âge de soixante-seize ans dans le petit village de Campistrous, face aux Pyrénées, où il s’était marié.

Jean et son épouse Marie, sont les derniers habitants de ce petit village pyrénéen du Plateau de Lannemezan à avoir mené jusqu’au bout la vie de paysans. Travaillant comme l’ont toujours fait leurs ancêtres avec un attelage de vaches Gasconnes des Pyrénées, vivant en quasi autarcie, ils ont contribué à maintenir leur petite propriété familiale, seul héritage légué par les aïeux. Une fois eux disparus, le paysage qu’ils entretenaient changera totalement.

Un ouvrage dans lequel on parle de paysans, de vaches Gasconnes des Pyrénées, de respect de la nature, de relations humaines, d’adaptation au modernisme, de passé, de présent et aussi d’espoirs d’avenir.

En information complémentaire:

Entretien avec Jean-Paul Abadie pour son livre « Jean, le dernier paysan, face aux Pyrénées » | Fréquence Luzen cliquant ici.

Parution: Octobre 202, 153 pages, EAN : 9782913781986

Ce passionnant livre est en auto édition. Pour vous le procurer, contactez directement l’auteur:

06.83.87.01.57 ou courriel  jeanpaul.abadie@gmail.com.

Jean le dernier paysan face aux Pyrénées - La 4 ème de couv.

Les boeufs de Laurent Martin avec Jo Durand le 6 juin 2021 au Musée départemental des tumulus de Bougon (79)

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Le dimanche 6 juin 2021, le Musée départemental des tumulus de Bougon (79) a organisé une démonstration de traction animale d’araire dans le cadre de la manifestation nationale des Rendez-vous au jardin. Conservant un site mégalithique composé de cinq monuments exceptionnels, le Musée propose un voyage en Préhistoire. S’intéressant particulièrement au Néolithique, époque à laquelle les populations deviennent sédentaires en domestiquant certaines espèces animales et végétales le parcours de visite est ponctué par des expositions, des reconstitutions et le site archéologique.

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L’araire, outil agricole à « tout faire* » apparaît vers -3500 avant notre ère1. Simple d’apparence, il est néanmoins complexe à produire et nécessite un savoir-faire pour qui souhaite s’en servir. Les recherches archéologiques et l’ethnologie font état de cet outil largement oublié dans nos régions.

Composés de matériaux périssables, les témoignages archéologiques sont rares et souvent partiels.

L’objectif de la démonstration réalisée au Musée était de tester en situation une reproduction d’araire d’inspiration archéologique et faire se rencontrer deux mondes professionnels qui ont à apprendre l’un de l’autre.

* travailler le sol : labourer, sillonner, butter, etc.

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L’araire réalisé par Jérémie Vosges de la société Arkéo Fabrik est composé d’une pièce ramifiée d’orme. Le timon est formé d’une longue branche et le dental est taillé dans le tronc de l’arbre. Lors de l’expérimentation, le timon a été prolongé d’un faux-timon en frêne pour plus de maniabilité.

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Les pièces annexes, mais néanmoins indispensables, sont réalisées en châtaignier pour le mancheron et en if pour le reille interchangeable. Le reille est solidarisé au corps de l’araire par un astucieux système de maintien : ces deux éléments sont percés d’une mortaise carrée dans laquelle vient se coincer le mancheron qui verrouille l’ensemble. Cette reconstitution s’inspire assez fidèlement d’une découverte archéologique exceptionnelle datée du tout début de l’âge du Bronze dans le site italien de Lavagnone près du lac de Garde. Le modèle est celui d’un araire dental.

La paire de jeunes bœufs, de leurs noms Max et Gaston, était menée par Laurent MARTIN, leur propriétaire et dresseur, ainsi que par Jo DURAND, éleveur et dresseur confirmé. Pour ces deux bœufs de race Vosgienne, cette démonstration de travail était leur première sortie réelle, depuis leur arrivée chez Laurent en août 2020. En effet, leur dressage est encore en cours et durera jusqu’en milieu d’année 2022. Toutefois, la majorité des bases du dressage sont déjà posées et acquises. C’est justement par le biais de travaux comme ceux réalisés au musée que leur apprentissage se valide, en nouant acquis et expérience.

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Mis au joug sur un modèle américain, l’attelage à l’araire a nécessité l’utilisation de sangles en cuir et de cordes. L’ensemble formait ainsi un outil à la fois souple et stable, permettant un travail de sol efficace et aussi respectueux du rythme et des capacités des animaux.

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Pour Laurent comme pour les bœufs, le maniement de l’araire fut une découverte. Mais grâce aux conseils affûtés et à l’expérience de Jo, le trio a pu assurer la bonne réalisation du projet. La parcelle de 400m² fut ainsi travaillée sans peine en 3h30 par Max et Gaston, en alternant phases de travail et de repos. Les passages successifs en croisé ont permis d’obtenir un résultat homogène. A noter que pour finir, Max a assuré à lui seul le tirage du rondin utilisé pour enfouir les graines de sarrasin semées par le public quelques minutes auparavant.

Si la culture du sarrasin n’est pas attestée dans nos régions au Néolithique sa présence à l’état sauvage a été mise en évidence grâce à différentes études. Citons notamment les analyses de restes de pollens réalisés dans la sépulture collective de la Chaussée Tirancourt (Somme)2. Le sarrasin sera récolté et transformé dans le cadre d’un projet pédagogique associant des élèves de 6een octobre 2021.

1 Pétrequin et. al. Les outils à moissonner et la question de l’introduction de l’araire dans le Jura (France). 2006. Pétrequin et. al., dir. Premiers chariots, premiers araires, CNRS éditions.

2Girard M. La sépulture collective néolithique de la Chaussée-Tirancourt (Somme) Analyse Pollinique. 2006, BSPF, n°103, p. 133-142

 

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Rédaction Émilie ROGER – Musée départemental des tumulus de Bougon, Société Arkéo Fabrik, Laurent Martin et Jo Durand.

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