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Liage des boeufs Charollais de Pierre Billon, Anost (71)

Film d’archive en « Super-8 » qui nous a été aimablement communiqué par Philippe Berte-Langereau.

« Pierre Billon était un bouvier de Corcelles (Anost) et cette scène a été filmée en 1977 ou 1978. Il montre comment lier ses deux énormes boeufs l’un après l’autre ; celui de droite, en les regardant de face est dit « premer â zu » (premier au joug) et l’autre, « le deuxième â zu ». Ils gardaient toujours la même place sous le joug et étaient toujours liés dans le même ordre. On notera aussi les fers des onglons. Chaque animal pesait plus d’une tonne. »

Philippe Berte-Langereau.

Liage des boeufs chez Louis Moulignat à Saint-Léopardin-d’Augy (03)

En 2005, Louis Moulignat agé alors de 83 ans, éleveur et dresseur de Charollais, lie ses boeufs de plus d’une tonne chacun, dans sa ferme de la vallée de l’Allier dans le Bourbonnais. 

Les boeufs n’avaient pas été liés depuis déjà quelques temps.
C’est un des derniers liages que Louis a fait avant sa disparition en Mai 2013. 
Un moment de vie, de partage de savoir-faire, de transmission et d’échange.

Emile Azais Jougtier à Fraïsse sur Agout (34)

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Document extrait du livre d’Alain Robert , Centre de Recherche de Rieumontagné, communiqué par Nadia Pardigon. Elle habite et travaille dans la ferme d’un ancien jougtier à Fraïsse-sur-Agout, qui  fabriquait à peu près 300 jougs par an.

Merci à elle.

 

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Papier à entête de Emile Boisseau, jougtier à Saint Didier (89)

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Philippe Berte-Langereau, qui s’intéresse depuis longtemps à la traction bovine, nous fait parvenir ce document.

C’est un papier à en-tête d’un fabricant de joug de Côte-d’Or. Ce jougtier travaillait vers 1920-40 aux Ventes, commune de Saint-Didier -21210- près de Saulieu. Il taillait à l’herminette bien sûr, dans son atelier de ce hameau qui comptait vers 1930 une trentaine de personnes. Il fréquentait les foires, notamment celle de Saulieu et faisait des dépôts chez des commerçants de son secteur. Il travaillait le hêtre.

Robert Pannetier, Saint Vallier (71), Par Philippe Berte-Langereau

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 Consultez ce document issu de la revue « Vents du Morvan » en cliquant ici.

René Alibert et Lionel Rouanet, jougtiers, Laissac (12)

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René Alibert a taillé des jougs toute sa vie. Il a transmis son savoir et ses techniques à Lionel Rouanet. Lionel a appris méthodiquement, dans un apprentissage continu, à chacune de ses visites fréquentes, chez son maître de stage. Le travail est fait à la hache, à l’herminette et à la plane.

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Article de la dépêche du midi :

René Alibert, l’artisan jougtier devenu artiste

Publié le 20/02/2013 

LAISSAC

Autrefois symbole de soumission, le joug est devenu, aujourd’hui, un objet d’art et de décoration. Il reste aussi un outil du patrimoine rural, témoin d’un passé récent où les travaux des champs se faisaient à l’aide de la traction animale.

René Alibert est le dernier jougtier de l’Aveyron et peut-être de France. Son métier, il l’a appris avec son père et l’a exercé pleinement jusqu’en 1950. Il se rappelle l’époque faste où, sillonnant de long en large le département, ils ont façonné jusqu’à 20 jougs dans l’année.

A 73ans, René Alibert perpétue ce savoir-faire. Pour son plaisir, l’amour de la belle ouvrage et, sans doute, avec un brin de nostalgie, il continue à fabriquer des jougs. Le rituel est toujours le même. Il y a d’abord le choix du tronc et de l’essence : bouleau, frêne, noyer et merisier sont les essences les plus utilisées. Chaque joug est ensuite taillé dans la masse. Pas besoin d’un «combiné» ou d’une machine-outil sophistiquée. René Alibert n’a besoin que d’outils simples qu’il a soigneusement conservés et entretenus : la hache à col de cygne, le couteau à deux mains, la tarière et une herminette spéciale pour jougtier. Celle qu’utilise Mr Alibert a été fabriquée par Mr Canitrot, forgeron à Ségur.

Le jougtier n’a pas d’établi, il travaille à même le sol, à genoux ou courbé sur son ouvrage. Récemment, Mr Alibert a eu la joie de satisfaire deux irréductibles de la traction animale. Mr Ladet, de Barrage, près de Saint-Geniez, «joint» une paire de vaches pour de petits travaux agricoles. A Saint-Côme, Mr Bessière «joint» une paire de boeufs qu’il promène, l’été, à l’occasion des fêtes votives. Les autres jougs, de toutes dimensions, que René fabrique inlassablement chaque hiver, rejoignent une collection dont il fait profiter ses amis. Une collection à découvrir et un homme à rencontrer pour sa gentillesse, son talent et sa passion intacte et communicative pour ce métier de jougtier auquel il reste viscéralement attaché.

La Dépêche du Midi.

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En 1993, un film a été réalisé sur René Alibert par Gilles Charensol. Cliquez ici pour voir la vidéo et les références.

Thèse « Les briolages, des stimulations sonores et musicales utilisées en traction animale » par Thomas-Jean-Daniel Lecomte

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Suite à ses études à l’école vétérinaire d’Alfort, Thomas-Jean-Daniel Lecomte a présenté et soutenu publiquement en 2013, devant la faculté de médecine de Créteil, sa thèse sur les stimulations sonores en traction animale.

De nombreux éléments des actes du colloque sur les dariolages en Vendée ont servi de base à ce travail et permettent d’avoir une belle vue d’ensemble sur les études menées sur cette pratique, qui mêle travail et musique.

Vous pouvez la consulter en cliquant ici.

Jean Ousset, maréchal ferrant, parcours d’hier à demain. Par Tifenn Vital

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Il est des métiers qui disparaissent, des jeunes qui cherchent leur route, des laboureurs à cheval qui (ré)investissent les rangs des gros vignobles bordelais… Et des Vieux qui perpétuent leur savoir dans des fermes et des  forges… qui, lorsqu’ils prennent le temps d’échanger, nous rappellent l’étendue des savoir-faire qui animaient nos territoires au début du siècle dernier, avant le tracteur…

Jean Ousset a 74 ans.  Le 3 avril 1954, il signait un contrat d’apprentissage dans la forge de son père à Labroquère (31). Ce dernier lui forge alors un brochoir avec un manche en frêne. C’est ce même outil qui va aujourd’hui servir à ferrer les bœufs gascons d’Olivier Courthiade,  58 ans plus tard.

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Le travail est en chêne, fabriqué par un charpentier de la vallée à l’époque du père. La forge nous laisse un premier temps pantois dans les odeurs de charbon, la lumière filtrée par les fenêtres protégées par des grilles en fer forgé… Un univers de bois et de fer où les odeurs des bêtes se mêlent à la transpiration de l’homme qui s’affaire déjà à son Art…

« Avant, les bœufs et les vaches venaient ici en nombre se faire ferrer. Des chevaux aussi pour les fermiers les plus riches. Les mules étaient directement ferrées en montagne sur les chantiers.  Des bœufs Gascons, pas de Limousines et de Blondes qui augmentent la productivité, mais qui sont tout de même moins rustiques .

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Le pied des bœufs se pare peu. Composé de deux onglons, on lui pose donc huit fers. La paroi du pied est très fine ce qui nécessite une grande précision au moment d’enfoncer les clous. Aujourd’hui les clous à bœufs n’existent plus, ils avaient la tête plus plate que ceux utilisés pour les chevaux ! Les fers non plus d’ailleurs ! » Mais il y a cinq ans alors que Jean s’arrêtait dans une station d’autoroute sur la route du rendez-vous chez l’oculiste pour son épouse, celle-ci attire son attention sur un prospectus. Celui-ci mentionne une vente aux enchères où sera vendue une tonne de fers à bœufs.  Imaginez la tête du commissaire-priseur lorsque Jean lui a annoncé vouloir acheter la totalité des fers !

Pourtant maintenant, les animaux ont disparu des champs, les brabants ont été remplacés par les charrues des tracteurs… et les forgerons, maréchaux, débardeurs à cheval, muletiers ont disparu rapidement. Jean s’est adapté en réparant les divers outils utilisés par la mécanisation. Les maréchaux ont aussi développé leur activité en se rendant au domicile des particuliers pour ferrer les premiers chevaux pour le loisir.

Et la transmission alors ? « Eh beh, tu vois tous les fers accrochés au plafond ? C’est les essais des jeunes apprentis ! On y touche pas c’est des souvenirs… Il y en a eu des jeunes exceptionnels ».

Jean a vécu un drôle de tournant dans notre société. « Mais tout cela, il fallait le vivre pour pouvoir analyser ». Et quand on lui demande s’il pense que la traction animale va revenir à la mode…il doute,  et hausse un sourcil stupéfait lorsque je lui annonce que les deux bœufs qu’il vient de ferrer vont aller travailler dans un vignoble bordelais pour l’entretien des sols. Pour la photo ? Il ne faut pas douter que le domaine saura tirer partie de ce nouvel outil… Cependant, cela laisse entrevoir un possible « retour » à de « nouvelles » façons de (re)travailler… A méditer !

 Tifenn Vital, monitrice-guide de tourisme équestre dans les Pyrénées-Atlantiques, ancienne stagiaire d’Olivier Courthiade. Elle collabore aussi à la mise à jour du carnet d’adresses de ce site. 

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Chants à mener les boeufs, dariolages, thiaulages, boiteries…..

Voici différents documents sur le travail effectué en Vendée sur les chants à mener les boeufs.

On les appelle dariolages en Vendée, briolages en Berry, boiteries en Charollais Brionnais.

Un livre a publié les actes du colloque qui s’est tenu sur le sujet en Octobre 2010. Cliquez ici.

Rencontre à Rambouillet en 2006 autour du chant à mener les boeufs.

Quelques vidéos

Pliage des jougs

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La manière de plier les liens des jougs (qu’on appelle plus communément plier les jougs) varie selon les régions et les personnes.

Certaines formes de jougs ont des liens qui ne sont pas fixés au joug de manière permanente. Dans ce cas les liens sont donc pliés à part du joug, en une grande boucle.

Dans le Charollais et le Brionnais, on avait plutôt l’habitude de plier les jougs très simplement en rassemblant les deux liens, en les entourant simultanément en une large boucle autour d’une des oreilles du joug et en arrêtant le tout par un tour de l’extrémité des liens autour du paquet de liens et d’une têtière.

Lors de nos rencontres avec Louis Moulignat, dès 2005, nous avons appris de lui une belle méthode de pliage « en huit », où chaque lien est plié en huit sur sa têtière respective. On peut par la même occasion, placer un coussin d’attelage (pieumet chez nous, frontiau en Bourbonnais) sous les liens à chaque têtière.

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Photo Philippe Griot

Pour plier, on tient le joug piqué devant soit en le retenant entre les genoux par les cordets.

On réalise un huit avec le lien entre l’oreille du joug et sa main. On forme le huit en utilisant la main gauche pour le lien de gauche et la main droite pour le lien de droite.

Le fait de lier les liens sur les jougs peut présenter l’inconvénient de faire prendre de mauvaises formes au cuir, surtout pendant une longue période d’inutilisation.

 La méthode du Charollais pourrait donc paraître plus respectueuse de l’état des liens.

Nous vous présentons une vidéo, qui comme pour le liage, est beaucoup plus parlante que n’importe quel discours.

Article paru à l’origine le 19 Janvier 2013.

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