Marie Cadot, Valence (82)

marie cadot 3Marie Cadot une jeune dresseuse de bovin très active. Elle a rencontrée Renée Bagelet une référence en la matière. Son caractère volontaire et sa motivation lui ont permis un beau travail de dressage, sans à priori et très prometteur!

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L’histoire de Marie, Grive et Fury

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Bonjour, je m’appelle Marie Cadot, j’ai 24 ans et je suis née le 12 octobre 1995 à Agen. C’est mon grand-père, fermier, qui m’a transmis son amour et sa passion pour les vaches ainsi que des chevaux. Dès l’âge de 2 ans, j’étais en permanence avec lui. Il y a 8 ans et demi, mon grand-père a rentré une petite velle, de race brune des Alpes, que j’avais choisie parmi tout un troupeau. Je lui donnais le doux nom de Grive. De là est née une grande histoire.

Dès le début, j’ai passé énormément de temps avec cette petite velle. Je la promenais partout, même jusque dans la cuisine de chez mon grand-père et chez la voisine . Mon oncle n’était pas d’accord que je promène toujours cette vache, car il considérait que cela pouvait représenter un danger. Mais je n’ai jamais tenu compte de ses remarques, et je continuais à la promener. J’avais 16 ans.

Lorsque Grive arriva à l’âge adulte, il est venu le moment de la reproduction: le premier vêlage s’est très bien passé, un petit mâle est né. Pour le second vêlage, le veau était mort-né. Grive est très maternelle, car elle accepte de laisser téter les autres veaux. Malgré le deuxième vêlage problématique, nous avons décidé de tenter une nouvelle insémination. Malheureusement ce fut un échec. Pour mon grand-père, une vache qui ne se reproduit pas, qui ne fait donc pas de lait, ne sert à rien. Cette situation a été source de beaucoup de nuits blanches, mais j’étais déterminée à la garder pour moi seule.

Mais je ne savais pas que pour élever une vache, il fallait se déclarer éleveur afin d’obtenir un numéro de cheptel. J’ai dû faire face beaucoup de démarches administratives.

Et pour garantir au maximum la validité de mes ambitions, j’ai fait faire un acte notarié pour que personne ne m’enlève ma vache. Le temps passe et on me propose alors de faire les foires agricoles, les comices, où bien sûr je me fais remarquer !

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Je continue à essayer à nouveau une insémination mais malheureusement, c’est encore un échec. Je fais alors venir une nouvelle fois le vétérinaire et lui demande de tout faire pour ma vache. Il a donc fait un lavement puis des piqûres pour provoquer les chaleurs et l’inséminer à nouveau sans succès deux fois de suite. Même l’inséminateur me rassura en me disant que j’avais fait le maximum, je ne devais surtout pas me culpabiliser. Je le supplie d’intervenir une dernière fois. Nous en étions quand même à la quatrième insémination cette année-là, il me dit alors : « Si cela ne marche pas, c’est fini je n’en ferai plus ! Tu ne vas pas gaspiller tout ton argent pour un veau. Tu t’en rachètes une et on arrête là ».

Deux mois passent et l’échographie ne détecte rien. D’échec en échec, il fallait se rendre à l’évidence, il n’y avait rien à faire. Bon! Puisque ma Grive n’était bonne à rien, j’ai voulu prouver qu’elle avait d’autres qualités ! Je me suis mise à lui faire tracter dans un premier temps un pneu. En fait, elle adorait cet exercice, et progressivement une petite herse remplaça le pneu. Cette année-là, j’ai été invitée dans dix foires pour des démonstrations de travail aux champs.

Et puis un matin, ma vache montra tous les signes d’une grossesse, et l’histoire se répétant, cette grossesse n’était en rien normale. Du coup, j’appelle le vétérinaire qui me dit qu’elle devait faire une grossesse nerveuse !

Je lui demande de venir. Il fait une échographie et voit une poche sans veau, mais avec des cotylédons bizarres. Mais pas de veau … Or, selon moi, s’il y a une poche, il y un veau !  Il me dit que cela peut arriver qu’il n’y ait qu’une poche. C’est très rare mais le risque est que si elle se perce, elle peut infecter l’animal. Il me conseille donc de la surveiller. A ce moment-là, je travaillais en coopérative agricole où, bien sûr, tout le monde connaissait Marie et sa vache ! Dans le même temps, son état empirait, avec fièvre et absence d’appétit. Je la surveille même la nuit. Trois jours passèrent et le vétérinaire en la fouillant sortit une fois de plus un veau mort-né. Grâce à une analyse, on découvre que Grive est porteuse d’une maladie provocant les avortements, la néosporose.

Mais ma vache avait un pis énorme et le lait coulait par terre. La gestation avait donc tout de même provoqué une montée de lait. Il coulait, se perdait !!! Il fallait que je me mette à la traire.

Avant et après mes heures de travail à la coopérative où je suis employée, je me suis mise à traire à la main. Résultat : 40 litres par jour ! Faute de temps, je me rends à l’évidence, il fallait que j’achète un veau pour diminuer ce rythme infernal. En accord avec mes parents qui se rendaient bien compte de la situation, on se mit à la recherche d’un veau de la même race que Grive, et on le trouva chez Vincent dans le Gers. Grive l’adopta aussitôt et malgré la présence de ce veau, du lait, il y en avait toujours trop !!!

J’achète alors de nouveau un veau et avec le lait en surplus je me lance dans la confection de fromages nature, au poivre, au piment d’Espelette, mais aussi beurre et yaourts.

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Le temps passe, les veaux grandissent … A mon grand regret, à six mois, j’ai été obligée de les vendre : je n’allais pas les garder et pour en faire quoi?

Grive avait toujours une lactation forte. Je fais donc l’acquisition d’un troisième veau, le bien nommé Monsieur Ficelle. Dans le même temps je continuais ma production de fromages pour le plus grand plaisir de mes collègues de la coopérative.

Un jour, dans le cadre de mon travail, un client me proposa une velle Blonde d’Aquitaine pour qui sa mère n’avait pas assez de lait. J’ai sauté sur l’occasion et me voilà chez Monsieur Grimal. Quelle ne fut pas ma surprise : il s’agissait d’une velle née en liberté, qui n’avait jamais côtoyé l’homme. Le propriétaire, non sans humour, me souhaita bon courage ! Arrivée chez moi, je la décharge. A un mois, elle a une sacré force. Je ne savais pas si j’avais acheté une velle ou un pitbull car elle hurlait et sautait partout. Elle a d’abord refusé de manger pendant un jour et demi bien qu’elle ait été mise sous la vache. Le lendemain matin, la situation était toujours la même … Elle ne voulait pas téter. Sans que je ne cède de mon côté, après avoir hurlé toute la journée dans son box, elle a fini par aller téter toute seule le soir. Mais il ne fallait pas que je la regarde ou que je la touche. Quel cinéma pour la remettre au box ! L’ancien propriétaire m’avait bien dit « bon courage ! »

Je comprends mieux pourquoi. Ce n’est pas pour rien que je l’ai nommée Fury. Quand elle me voyait, elle me chargeait et dès que je passais derrière, elle me donnait des coups de pieds. Petit à petit, elle s’est adoucie, mais madame refuse toujours le licol! Je l’ai fait marcher car c’est le minimum pour aller se présenter à une foire. Elle n’arrêtait pas de s’échapper. Comparativement, Monsieur Ficelle, à un mois, marchait très bien, uniquement tenu par une simple corde ! Fury est une Blonde d’Aquitaine, d’où son tempérament très vif. La génétique y est aussi pour quelque chose. Avec son comportement explosif, elle m’échappait, mais je n’ai cependant jamais utilisé un bâton .

Je la faisais marcher au petit matin, à 5 heures, au moment ou le soleil est encore bas. A cette heure-ci, Fury, plus tranquille, avait moins peur. Pour la rassurer encore plus, je la sortais avec son copain Monsieur Ficelle. Il a fallu des jours et des jours de marche, de patience à toute épreuve pour gagner sa confiance. Fury m’a fait tomber, me traînant sur vingt mètres. J’étais couverte de bleus. Mais après cinq mois d’un combat acharné, Fury, qui acceptait petit à petit ma compagnie, se mit à marcher à la perfection. Nous nous étions apprivoisées mutuellement, son véritable caractère s’était révélé …

Il lui a fallut cinq mois pour marcher correctement sans m’échapper, mais elle a été la meilleure de toutes.

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Aujourd’hui elle fait des exercices de traction avec un plaisir non dissimulé, elle est même demandeuse ! Elle tire un pneu, une herse et se permet même le travail très compliqué de passer et suivre un sillon sans dévier de sa trajectoire.

Pour réaliser des travaux autrement plus compliqués comme débarder, tirer des charges, décavaillonner, je lui ai fait faire un collier sur mesure et réglable auprès de Monsieur Collin. Et vous allez me demander : « Qu’est devenu Mr ficelle ? » Après une sélection difficile, mon petit veau a été choisi par Madame Sabine Rouas, propriétaire d’ Aston le Taureau, pour entrer dans sa petite troupe et assurer des spectacles de dressage.

Des projets avec Fury ne manquent pas! Je voudrais travailler avec elle pour faire un jardin et pourquoi pas un peu de maraîchage : pomme de terre, tomate. Mais le plus important pour nous deux restera la représentation sur les foires et les comices pour faire découvrir le dur métier de la terre autrefois. D’ailleurs le bovin est très intelligent, plus que le cheval à mon avis. L’avenir nous dira la suite…

Téléphone de Monsieur Collin : +32 475 61 62 35

Contact Sabine Rouas, professionnelle du bovin: 07 81 72 27 59

Marie Cadot 06 71 05 40 14

The End

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Vends bovins dressés, attelés indifféremment droitier et gaucher, Périssac (33)

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ATEA 33  vends deux bovins dressés attelés indifféremment à droite, à gauche ou en solo.
Les deux animaux sont très sages et peuvent même servir de « dresseurs » pour de jeunes animaux.
L’un est un boeuf vosgiens et l’autre une vache blonde d’aquitaine (deuxième rang à gauche sur la photo ci-dessous.
Contact:

lemoulindelavie@wanadoo.fr

06 12 63 02 63

05 57 49 46 86

 
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Daniel Hourqueig, à Lys (64)

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Daniel Hourqueig attelle pour son plaisir deux paires de vaches Blondes d’Aquitaine et une paire de vaches Béarnaises.

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 Daniel Hourqueig nous présente son parcours:

« Je suis né en 1953 dans l’exploitation agricole familiale de 9 hectares en pente, située à Lys, petite commune de 300 habitants, en vallée d’ Ossau dans les Pyrénées Atlantiques.
Jusqu’en 1966, j’avais donc 13 ans, il y avait sur l’exploitation une paire de vaches pour effectuer les travaux quotidiens. C’était deux vaches béarnaises « Poulide et Aricade » âgées de plus de 10 ans.

Il fallait donc les remplacer et ce fut fait….par un tracteur Som de 25 cv. Mes parents se sont orientés vers la production laitière que j’ai reprise en 1981 jusqu’en 2009 date à laquelle je me suis reconverti en bovins viandes (Blondes d’Aquitaine).

Parallèlement à mon activité professionnelle, je jouais avec une grande passion au rugby dans le club de Buzy en championnat du Béarn.

A l’âge de 50 ans, me trouvant un peu vieux pour ce sport, je mis fin à ma carrière. Je me suis vite aperçu qu’il me manquait quelque chose ; vivre une passion en dehors des contraintes du travail. C’est en allant voir une fête des moissons dans les Landes que j’ai repensé avec nostalgie à Poulide et Aricade. A partir de ce jour, j’ai décidé de dresser ma première paire de vaches .

J’avais dans mon troupeau une vache « Baleine », très docile . J’ai cherché, toujours dans mon troupeau, une vache ayant la même morphologie , « Bikini ». Elle était plus rude avec un caractère bien trempé mais pas méchante et sans vice . J’ai commencé à leur faire accepter le joug attaché au cornadis, et c’est madame Valérie WEIDER, âgée de 85 ans , qui m’a montré comment lier (ici on dit june, joindre en français).

La deuxième étape du dressage a été de leur apprendre à me suivre au licol, une par une, puis les deux ensemble sans être jointes. Pour la troisième étape, c’est-à-dire leur apprendre à marcher jointes, j’ai demandé de l’aide à René WEIDER, le fil de Valérie, qui venait de prendre la retraite, mais qui n’avait aucune expérience avec les animaux.

René a été tout de suite emballé par le projet. Mais lorsque je lui ai présenté Baleine et Bikini, que je lui ai expliqué qu’elles étaient différentes, il fut surpris et loin d’imaginer que deux vaches pouvaient être différentes.

Je lui ai alors expliqué que tant qu’il n’aura pas compris cela, on ne pourra pas les travailler. Je lui ai demandé de prendre un seau de granulés et de passer du temps seul avec elles. Au bout de deux après midi, René arrivait à me faire un commentaire sur chacune d’elles . Le déclic avait eu lieu.

Cette communication avec Baleine et Bikini a fait naître en lui la passion .

Deux jours par semaine, pendant cinq mois, il venait m’aider à les faire travailler : marcher sur la route, les habituer aux événements extérieurs, au bruit, à l’approche des gens, à la musique, à croiser les voitures et enfin à les atteler aux outils anciens que nous avons restaurés : faucheuse- faneuse- chariot- herse- semoir etc…

En 2011 et 2012, les organisateurs de la foire d’Arudy nous ont demandé de venir animer la foire avec l’attelage pour faire promener les gens sur le chariot à foin. En 2013, nous leur avons proposé d’organiser une reconstitution des travaux des champs d’antan. C’est ainsi qu’est née la première fête des semailles dans le cadre de la foire d’Arudy qui est désormais fixée au troisième dimanche du mois d’octobre. Le thème était : le semis du blé (du labour au semis) et la fenaison (de la fauche au stockage).

Suite aux commentaires de visiteurs de toutes générations, les plus anciens qui avaient pratiqué, les moins âgés qui avaient entendu dire et les plus jeunes qui découvraient, la décision de renouveler cette manifestation pour 2014 a été prise en prenant comme thème la culture du maïs.

C’est au cours de ces représentations que je me suis rendu compte combien les gens étaient attachés à leurs racines, et que nous, paysans de notre génération, étions les derniers à pouvoir transmettre ces gestes et pratiques sur lesquels l’agriculture d’aujourd’hui s’est bâtie.

J’ai à ce jour 3 paires de vaches dressées, dont deux paires de Blondes d’Aquitaine et une paire de Béarnaises.

Dans le piémont pyrénéen, les exploitations agricoles de petite taille (2 à 6 hectares) ne produisaient du fourrage que pour nourrir deux à six vaches, une paire de bœufs aurait été une charge trop lourde. Ces vaches étaient donc dressées, elles produisaient du lait pour fabriquer le beurre et le fromage et elles faisaient un veau par an qui était vendu.

Ce sont ces raisons qui m’ont orienté à dresser des vaches plutôt que des bœufs, qui étaient pourtant plus forts pour le travail. »