Le dressage de la première paire a débuté pendant l’été 2005. Le problème majeur était qu’il n’y avait pas d’autres animaux déjà dressés. Autrefois le dressage était réalisé en utilisant les paires rendues au travail. Les jeunes bêtes suivaient ou étaient encadrées par les paires plus anciennes. Il a donc fallu s’y prendre différemment. La méthode douce de familiarisation et de dressage progressif a été choisi. Laurent a trié parmi son troupeau deux génisses qui présentaient un caractère docile et un gabarit semblable. Le travail s’est d’abord axé sur la familiarisation à l’homme, une levée des craintes des animaux.
Manipulations douces, brossage, caresses, accoutumance à la voix, mise en confiance sont des éléments déterminants pour avoir des animaux à l’écoute. Le début du dressage s’est fait à la corde en apprenant aux animaux à suivre l’homme, à s’arrêter, à savoir attendre en restant calme. Lors de cette phase chaque bête est travaillée seule puis rapidement les animaux sont mis en paire sans joug.
Parallèlement, pour les habituer à porter le joug sur la tête, on place à chacune, en dehors des séances de travail, un demi joug de dressage.
Lorsque les animaux en paire non encore liés au joug, ont acquis la faculté de suivre, s’arrêter et rester calmes, on passe à la phase de travail identique à la précédente mais en les liant à la tête par le joug. Elles sont alors solidaires ce qui peut provoquer au tout début un passage de panique, car, se sentant prises à la tête, elle peuvent chercher à résister voire à fuir. Mais en général, les bovins s’habituent rapidement. Le problème ne s’est jamais trop posé pour Vérité et Valentie.
Dès lors, le travail évolue rapidement vers une conduite sans corde, avec comme unique contact avec les bêtes, la voix et l’extrémité de l’aiguillon en bois de houx pour appuyer les ordres vocaux qui sont petit à petit intégrés par les animaux. C’est une confiance mutuelle entre les bovins et leur meneur qui permet la réussite du dressage. Dès que les animaux sont habitués à se déplacer et à manoeuvrer liés, on peut commencer la traction.
On procède par paliers en traînant à la chaîne un pneu, une palette pour que les bêtes s’habituent à avoir derrière elles un objet qui les suit et fait du bruit. Ensuite la mise au timon peut être un petit moment de stress. L’apprentissage du recul est plus compliqué car contre nature pour un animal.

Tout au long du dressage, l’important travail de désensibilisation est à réaliser pour que les vaches soient préparées à affronter toutes sortes d’événements surprenants (Bruits divers, musique, motos, petit moteurs, ballons, chiens, parapluies ……) Ce travail est essentiel si l’on veut utiliser les animaux en toutes circonstances. Cela dit, un animal reste un animal et la prudence doit rester de mise à chaque instant. Pour la seconde paire, Annabelle et Azalée ont été dressées attelées derrière la première paire après les avoir accoutumées au joug en liberté et encadrées progressivement à deux meneurs.
Dans un premier temps, les animaux sont moins proches de l’homme. Le dressage est fait avec moins de contacts. Une fois les bêtes habituées à suivre la paire de devant, et la reprise en main à deux encadrants, les phases de mise en confiance par rapport aux meneurs et à l’environnement restent les mêmes. Ce travail de dressage sur les deux paires a été mené avec passion et sans prétention aucune. La rencontre avec les anciens qui ont travaillé avec des bovins attelés est toujours fort enrichissante. Ils font souvent part de leur expérience et de leur savoir faire; savoir les écouter est essentiel.
Chacun apprend chaque jour un peu plus, homme et bête.












