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Char processionnaire de Saint Blaise à Neuilly en Donjon (03)

Voici une belle attelée à deux paires devant l’église de Neuilly en Donjon dans l’Allier.

On distingue une belle paire de boeufs Charollais à l’avant et peut être, une paire de vaches au timon. Le char à quatre roues est abondamment décoré pour la procession de Saint Blaise

Certes, elle sort de l’aire géographique dont nous traitons ordinairement, mais Neuilly en Donjon n’est qu’à seize kilomètres de Marcigny, situé dans le sud ouest du Brionnais, dans la vallée de la Loire. La photo est tellement belle, qu’elle mérite d’être partagée.

Merci à Maroussia Laforêt pour nous avoir communiqué ce cliché et à Monsieur D. Margottat, pour l’avoir sauvé de l’oubli en le récupérant dans une brocante.

Article paru à l’origine le 27 janvier 2013.

Premiers labours pour Froment et Azalée à Vitry en Charollais les 8 et 9 septembre 2012

Premiers labours pour Froment et Azalée à Vitry en Charollais les 8 et 9 septembre 2012 1

photo Marc Labille

Premiers labours pour Froment et Azalée à Vitry en Charollais les 8 et 9 septembre 2012 2

photo Marc Labille

En septembre 2012, nous avons pour la première fois, labouré avec une de nos paires de bovins.

Froment et Azalée ont été mis au brabant dans les terres sableuses de Vitry-en-Charollais à l’occasion de la fête de l’agriculture « le Charollais en fête » les 8 et 9 septembre.

Ni les animaux, ni nous-mêmes, n’avions encore labouré. Pour notre plus grand bonheur, après quelques réglages d’allure et de matériel, nous avons travaillé sans grande difficulté. 

Premiers labours pour Froment et Azalée à Vitry en Charollais les 8 et 9 septembre 2012 3

photo Marc Labille

Nous avons pu, pendant ces deux jours, rencontrer plusieurs anciens qui nous ont, au fil des deux jours, conseillés et encouragés dans notre démarche. Nous leur sommes très reconnaissants et nous les remercions.

Premiers labours pour Froment et Azalée à Vitry en Charollais les 8 et 9 septembre 2012 4

photo Jean-Jacques Billoux

Premiers labours pour Froment et Azalée à Vitry en Charollais les 8 et 9 septembre 2012 5

photo Jean-Jacques Billoux

Premiers labours pour Froment et Azalée à Vitry en Charollais les 8 et 9 septembre 2012 6

photo Jean-Jacques Billoux

Merci à Laurent Janaudy de Manziat (01) qui nous avait, pour l’occasion, prêté un brabant. Ceux que nous possédons étant plus gros, nous ne voulions pas commencer en ajoutant la difficulté du poids du matériel. Nous avions en plus, une météo chaude et sèche. Nous avons ainsi, préservé nos animaux et mis le maximum de chances de notre côté pour réussir nos premiers labours bovins.

Voici quelques images de ces deux journées. Dans la première vidéo, filmée par Jean-Jacques Billoux, on voit le début du labour avec toutes les hésitations des bêtes et des hommes.

Article paru à l’origine le 24 Janvier 2013.

Pliage des jougs

La manière de plier les liens des jougs (qu’on appelle plus communément plier les jougs) varie selon les régions et les personnes.

Certaines formes de jougs ont des liens qui ne sont pas fixés au joug de manière permanente. Dans ce cas les liens sont donc pliés à part du joug, en une grande boucle.

Dans le Charollais et le Brionnais, on avait plutôt l’habitude de plier les jougs très simplement en rassemblant les deux liens, en les entourant simultanément en une large boucle autour d’une des oreilles du joug et en arrêtant le tout par un tour de l’extrémité des liens autour du paquet de liens et d’une têtière.

Lors de nos rencontres avec Louis Moulignat, dès 2005, nous avons appris de lui une belle méthode de pliage « en huit », où chaque lien est plié en huit sur sa têtière respective. On peut par la même occasion, placer un coussin d’attelage (pieumet chez nous, frontiau en Bourbonnais) sous les liens à chaque têtière.

Photo Philippe Griot

Pour plier, on tient le joug piqué devant soit en le retenant entre les genoux par les cordets.

On réalise un huit avec le lien entre l’oreille du joug et sa main. On forme le huit en utilisant la main gauche pour le lien de gauche et la main droite pour le lien de droite.

Le fait de lier les liens sur les jougs peut présenter l’inconvénient de faire prendre de mauvaises formes au cuir, surtout pendant une longue période d’inutilisation.

 La méthode du Charollais pourrait donc paraître plus respectueuse de l’état des liens.

Nous vous présentons une vidéo, qui comme pour le liage, est beaucoup plus parlante que n’importe quel discours.

Article paru à l’origine le 19 Janvier 2013.

Fête des foins à Saint Bénigne juin 2011

Photo C Perdrix

Le 26 juin 2011, nous avons participé à la fête des foins organisée par les cavaliers du pré fleuri sous la houlette de Dominique Poncet professionnel de l’attelage, à Saint Bénigne dans l’Ain.

La journée s’est déroulée « en prairie » dans la grande plaine de la vallée de la Sâone. Ce sont des prairies naturelles innondables, souvent communales, qui sont très fertiles.

Nous étions là pour atteler un char à quatre roues, couplé à un chargeur de foin en vrac.

La petite quantité de foin due à la sécheresse de cette année, nous a obligé à charger en passant sur les andains. D’habitude, on utilise plutôt ce genre de matériel sur du foin à plat.

Les différents chargements se sont bien déroulés avec Anabelle et Azallée parfaites dans leur comportement, malgré une chaleur étouffante et des taons très offensifs!!

De nombreux attelages de chevaux réalisaient tous les autres travaux de fenaisons, attelés aux faucheuses, faneuses, râteaux-faneurs et râteleuses.

On pouvait noter parmis eux, Bernard Michon d’Azé (71), bien connu dans le milieu de l’attelage et de la fabrication de matériels hippomobiles modernes.

La simplicité généreuse des organisateurs, la convivialité qui se dégage de cette fête ainsi que sa réelle authenticité en font un moment fort de nos rencontres 2011.

Un grand merci à Christian Perdrix ainsi qu’à Marie Delcampe (photomariefloue@hotmail.fr) de nous avoir donné l’autorisation d’utiliser quelques uns de leurs clichés pour garder quelques souvenirs de cette belle journée.

Photo M Delcampe

Photo M Delcampe

Photo C Perdrix

Photo M Delcampe

Photo M Delcampe

Photo M Delcampe

Photo C Perdrix

Photo C Perdrix

« Un après-midi à Charolles »

Nous avons eu la chance en mai 2006 de pouvoir recevoir en même temps à Charolles, Jean Fournier et Louis Moulignat.

 Ces deux personnes ont été essentielles pour notre projet.

Ils ont passé la journée avec nous et pour la première fois, Louis rencontrait notre première paire de charollaises encore génisses à l’époque.

Nous vous présentons aujourd’hui le film que nous avions fait.

 Louis regarde, commente, cite des anecdotes, nous encourage.

 A la fin de ce petit document qui prend son temps comme pour retranscrire le rythme tranquille de la journée, à l’image du pas de nos bêtes, on voit Jean, mener Vérité et Valentie. Il n’avait pas fait ces gestes depuis les années cinquante-cinq. L’émotion est palpable.

Merci encore à ces deux passeurs qui nous portent toujours dans nos activités. Ce film est un hommage que nous leur rendons.

Merci à eux.

Article publié à l’origine le 15 Mars 2012.

La fabrication des coussins d’attelage (pieumets)

Les coussins d’attelage appelés « pieumets » en Charollais Brionnais sont essentiels au confort de traction des animaux (voir l’article « les jougs et leurs accessoires en Charollais Brionnais »).Ils sont placés sur le front de l’animal, sous le premier lien.

Ils peuvent être fabriqués par les bourreliers en cuir, rembourrés et cousus.

Dans notre région, ils étaient plutôt fabriqués par les bouviers eux-mêmes. Ils utilisaient donc les matériaux disponibles dans leur environnement. Le plus utilisé était la paille de seigle. Produite sur les exploitations, elle présente aussi l’avantage d’avoir des brins longs qui permettent une réalisation plus facile.

On a trouvé aussi des pieumets anciens en laiche, une graminé de lieux humides.

pieumets anciens en laiche Saint Christophe en Brionnais

Jean Fournier en avait fabriqué avec son grand-père. Dans un premier temps il ne se souvenait pas de la technique. Mais après y avoir réfléchi quelque temps et après quelques essais, il nous a transmis à son tour le savoir-faire qu’il avait retrouvé.

La réalisation

étape 1

La première étape consiste à réaliser deux anneaux avec des brins d’environ un mètre vingt noués à leurs extrémités. Ces brins sont traditionnellement de la paille torsadée (« rôtée ») en un petit boudin de deux à trois centimètres de diamètre. Ils vont servir de base de montage des pieumets.

Les deux anneaux ici montés sur un bâti miniature avec les deux boulons à la place du genoux et du pied

Ils sont noués en les plaçant entre le dessous du pied et le dessus du genou. On prend soin de disposer le noeud de l’un sur le genou et le noeud de l’autre sous le pied.

Attention à bien maintenir les anneaux l’un contre l’autre de chaque côté de la jambe comme s’ils ne formaient qu’un, afin qu’ils constituent deux axes, supports de tressage.

montage des brins torsadés (ici en ficelle de cisal pour la démonstration) par Jean Fournier sur les anneaux de base tendus sur le genou

étape 2

On prépare l’un après l’autre, d’autres brins torsadés légèrement plus gros que ceux des deux anneaux (quatre à cinq centimètres) en prenant soin de mettre les pieds des épis tous du même côté.

Ces brins vont être tressés en huit en passant dessous/ dessus autour des anneaux de base:

1 on passe le premier brin torsadé en le tenant côté pieds des épis, entre les deux anneaux de base et on l’appuie sur l’anneau qui se trouve dessous, en laissant dépasser environ vingt centimètres.

 2 On passe une fois dessous/dessus autour du brin de l’anneau de base opposé à celui où l’on a appuyé le brin torsadé (cf étape 1)

3 on tourne dessous/dessus autour du brin de l’anneau de base opposé (côté pieds des épis)

 4 on ressort le brin torsadé (c’est le côté épis) une dernière fois sous l’anneau de base opposé à celui sur lequel on s’est appuyé au début.

On renouvelle l’opération avec de nouveaux brins jusqu’à obtenir une largeur correspondant au front des animaux. En général, suivant la grosseur des brins torsadés, on passe huit ou neuf brins torsadés.

 

Les cinqs premiers brins torsadés sont passés

étape 3

     Il faut maintenant solidariser, en serrant, les brins torsadés passés entre les anneaux de base.

Le serrage s’obtient grâce aux deux anneaux de base.

1 On dégage du pied l’anneau qui n’a pas le noeud.

2 On dégage de la main l’anneau qui n’a pas le noeud.

3 On tire à la main sur l’anneau qu’on a dans les mains. L’autre noeud resté sous le pied bloque pour permettre le serrage. L’ensemble des brins torsadés qu’on a tressés en huit, se trouve serré en tenaille entre les deux anneaux de base.

4 L’un après l’autre, on défait les noeuds des anneaux de base et on refait un double noeud au ras des brins torsadés en les serrant au maximum.

     étape 4

 On se trouve avec un coussin qui a, d’un côté, les épis des brins torsadés qu’on vient de serrer et nouer. De l’autre, on trouve les pieds des épis des brins torsadés.

 

1 La longueur qui reste des brins des anneaux de base une fois liés, est ramenée et liée avec les brins qui dépassent côté épis.

2 On peut alors lier ensemble tous les brins côté épis pour former un petit toupet. On peut aussi les partager en deux parts égales et former ainsi deux petits toupets. Il est préférable de lier avec un fil de fer fin. Il faut prendre garde de bien l’arrêter de manière à ce qu’il ne dépasse pas de partie blessante.

En liant, on donne un petit galbe au coussin avant de serrer le fil de fer qui fixera le réglage du galbe.

3 Il reste maintenant à égaliser la longueur des brins côté pieds des épis des brins torsadés. On en profite pour régler, en tirant plus ou moins desssus, la longueur définitive des brins tressés en huit afin d’avoir une pièce harmonieuse dans sa forme.

 

Comme les pieumets vont par deux, il faut toujours veiller à ce que les dimensions soient les même entre les deux pièces.

pieumets réalisés en laiche

Il faut aussi bien maintenir les torsades des brins pendant qu’on les travaille, c’est ce qui fait leur solidité.

On peut aussi fabriquer les pieumets en utilisant à la place de la jambe, les deux pieds d’une échelle, ou mieux un petit bâti en bois qui permet de disposer les deux anneaux de base.

bâti de montage en bois    

Attelage de vaches à Chassigny sous dun

Jean Fournier a été notre maître pour recommencer notre activité d’attelage bovin en 2005. Il nous a communiqué ces beaux documents familiaux. Ce sont des photos exceptionnelles du quotidien des années 30 /40.

Merci à lui pour sa générosité et sa gentillesse.

Une belle attelée devant un char à quatre roues chez les parents de Jean Fournier à Chassigny sous Dun

Deux paires de vaches attelées avec ancena, prouet et tchon d’tsérrue (cf l’article de notre blog « attelage des matériels au joug », rubrique « technique ») à une charrue Dombasle et son train avant (tsédzu).

Ces trois photos ont été prises le même jour chez les parents de Jean Fournier à Chassigny sous Dun pendant un petit labour derrière la moisson. On voit les « dzeurbires »  (gerbières) dans la terre qui attendent.

Foire de Paray le Monial

foire de paray le monial photothèque

Collection Michel Nioulou

Voici une photo de la partie du champ de foire de Paray le Monial où se vendait les paires de boeufs et de vaches.

On en distingue de nombreuses paires liées pour la vente. Elles étaient d’ailleurs souvent vendues habillées, c’est à dire avec le joug qui leur est adapté.

Transport de grumes à Charolles

Une très belle photo glanée au gré de nos rencontres de terrain, de deux attelages avec des chars de grumes. Une seule paire pour un bon char!!

collection Michel Nioulou

Départ pour le labour

Collection Michel NIOULOU

Cette paire de boeufs apparement, porte les « pieumets » caractéristiques du Charollais Brionnais. Aux cordets pends un « ancena ». On distingue une autre paire attelée à l’arrière. Elle doit être reliée par un « prouet » à « l’ancena » et probablement au départ pour une journée de labour au vu de ce type de configuration et de la longueur de la « guige ».

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