
En même temps qu’un témoignage sur les attelages de boeufs et ses danger, Jeanine Legault nous communique de nombreuses photos sur un joug à trois têtes qu’utilisait son père. Merci à elle pour sa contribution.
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« Mon enfance a été marquée par un accident très grave causé par un attelage de bœufs.
En 1954, j’avais sept ans. Mes parents étaient de petits agriculteurs du Sud-Périgord. Dans ce temps-là, on fauchait les fougères sèches dans les bois pour faire la litière dans l’étable. Ainsi cela économisait la paille.
Pour charger un maximum, mon père avait fait réaliser un plateau sur deux roues basses en fer. Le ramassage terminé, ma mère passe devant les bœufs pour les faire avancer et là, tout s’est enchaîné de façon catastrophique. Pour une raison inconnue, les bêtes foncèrent en tournant très vite autour d’un arbre contre lequel j’étais appuyée. Le miracle voulut que je sois plus grande que la roue qui m’écrasa contre le chêne: cinq jours de coma, de multiples fractures et un séjour de trois mois à l’hôpital.
Les années qui suivirent, mon père préféra dresser des vaches et ce fut l’époque de la BERMEE de race Garonnaise et CASTA au pelage clair. Toute la famille aimait ces deux-là pour leur force et leur docilité. C’est donc avec CASTA et BERMEE que mon père soumettait une novice au joug à trois têtières.
Dans mon souvenir, je les vois déambuler inlassablement dans notre allée et les chemins.
Evidemment, au début, l’apprentie était rétive mais cernée par la forte expérience de CASTA et BERMEE, la jeune vache apprenait vite…
Avec un joug simple, elle était destinée à tirer une sarcleuse dans la petite vigne de ce temps-là ainsi que dans d’autres cultures. Je me souviens particulièrement des fourchées de foin bien sec et odorant, ramassées à la hâte avant l’orage menaçant. BERMEE et CASTA ramenaient la lourde charretée et, toutes fumantes sous les premières gouttes, ne rataient pas la grande porte de la grange!
En relatant ces souvenirs, je voulais rendre hommage à mes parents et à toute cette génération de modestes paysans de l’après-guerre, pour leur courage et leur détermination.
Mon destin ne fut pas agricole si j’ose dire mais je suis très fière de mes origines de fille de la terre Périgourdine! »
Jeanine Legault
Est-ce que Jeanine Legault me permettrait d’utiliser une de ses photos du joug à trois têtières ?
Merci