Quand la corne arrachait tout, réédition du livre par l’Association Violette et François JUSTON

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La réédition du livre  » Quand la corne arrachait tout… » de François Juston est en projet.
François JUSTON, connu pour son ouvrage « Quand la corne arrachait tout », édité en 1994, a mené les bœufs dans la ferme familiale en Ardèche (Saint Maurice en Chalençon) jusqu’à 40 ans. Puis la vie l’a poussé à travailler comme salarié dans une autre exploitation, où l’unique vache servait à donner du lait et un veau de temps en temps, mais pas le temps pour l’attelage…
Toutefois, passionné qu’il était, il n’a jamais cessé de participer aux recherches sur l’attelage bovin, tant sur son histoire que sur son présent et son avenir. Une partie de la collection d’images et de textes qu’il a accumulée est aujourd’hui conservée au Musée national des arts et traditions populaires (13). L’autre partie est chez nous, sa famille.
Ce petit encart a pour but de vous faire savoir que Nelly et Lydie JUSTON, ses filles, et moi-même, sa petite fille Elvire, avons créé l’association Violette et François JUSTON (sans le soutien de sa femme Violette, François n’aurait pas été aussi loin dans ses recherches).
Son objectif est de protéger, promouvoir et diffuser ces ouvrages, en commençant par rééditer « Quand la corne arrachait tout… » épuisé très rapidement lors de sa parution.
Si vous souhaitez soutenir cette association qui a beaucoup de travail devant elle, adhérez en envoyant un chèque (à l’ordre de l’Association Violette et François JUSTON), à l’adresse en fin d’article, la cotisation étant de 5 euros. Vos dons seront les bienvenus.
Et vous pouvez acheter le fascicule (32 pages) sur les Grandes Attelées au prix modique de 4 euros , frais de port compris
Association Violette et François JUSTON
Logement communal
65240 ARDENGOST
06 03 94 77 37
asso.vfjuston@laposte.net
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Rencontres des bouviers de France et d’ailleurs, 8 au 12 Mai 2024, Châtelus-Malvaleix (23)

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17 ème Rencontre des bouvières et des bouviers de France et d’Ailleurs
du 8 au 12 mai 2024
Lieu:
chez Philippe Kuhlmann
Ferme le Mail
23270 Châtelus-Mavaleix
Contacts:
06 19 05 79 85
06 86 47 21 31
Cet évènement a contribué depuis de nombreuses années au maintien de la présence de la traction animale bovine en France.
Cette force de traction réduite à quelques irréductibles éleveurs, dresseurs et meneurs, il y a encore quelques années, semble aujourd’hui force de proposition  face au déclin des ressources en énergies fossiles, à l’appauvrissement des sols, au réchauffement climatique, à la perte de certaines valeurs universelles,  au besoin de produire de la nourriture de façon locale avec un impact social, économique et agronomique, positif.
Une multitude de personnes, souvent jeunes, s’empare de ces savoir-faire tant bien que mal parfois, faute de transmission des générations précédentes, ces dernières ayant été « converties » à l’agriculture dite moderne et productiviste. Ici vous irez à l’essentiel.
Cette rencontre existe par la volonté d’un homme, Philippe Kuhlmann, épris des bovins de travail. Philippe est soutenu par une communauté de scientifiques à travers le monde, d’amis et de bénévoles. Auteur du livre « Manuel d’attelage bovin ». Il nous accueillera chez lui.
Cette rencontre se veut un lieu de transmission de certaines valeurs qui nous font tant défaut actuellement. La convivialité, le partage des tâches, la simplicité, la joie seront mises à l’honneur encore cette fois-ci.
Les petits-déjeuners et les repas seront partagés. N’oubliez pas de venir avec vos préparations préférées, vos conserves, confitures, vos tisanes, votre fromage, des spécialités de votre région. On mettra tout sur la table, à boire et à manger. On cuira au feu de bois. Prévoyez quelques ustensiles de cuisine (cafetières, casseroles, couverts…).
Pour Info le téléphone portable » passe très difficilement ».
Venez avec vos instruments de musique, vos répertoires de chansons, vos danses; on se fera des veillées formidables!
Philippe ne peux pas nous accueillir à la maison, pensez à votre hébergement en autonomie. Camping municipal à proximité au 05 55 80 70 31.
Chalets réservations par Gîtes de France au 05 55 61 50 15. Un espace sera réservé aux audacieuses et audacieux qui dormiront sous toile, à la « roots ».
Durant ces 5 jours, vous pourrez rencontrer de nombreux acteurs de la traction bovine de France et d’Ailleurs. Des temps forts et plein d’échanges informels.
La richesse de cet évènement réside autant dans son On que dans son Off.
Une exposition permanente des collections de jougs et matériel d’attelage de Patrick Flèche et Philippe Kuhlmann.
Des démonstrations ponctuelles de filage de la laine au rouet et fabrication de longes avec Colette De Clerck, confection de vire-mouches par Véronique Nioulou, le jougtier Michel Nioulou (et musicien à ses heures).
Dès à présent, si vous en avez l’envie et le temps vous pouvez aider à la réalisation de cette rencontre, votre bénévolat est précieux. Vous pouvez joindre Christine au 06 86 47 21 31.
Voici le programme « On »
Tous les matins de 8 h à 10h il s’agit de s’occuper des animaux de la ferme, nettoyer les étables, nourrir et traire. Coups de main bienvenus.
Ensuite faire le fromage pour la consommation familiale. Avis à celles et ceux qui désirent apprendre…
Autonomie alimentaire en vue.
Chaque fin de journée, on fera la traite et tout ce qu’il faut pour s’occuper des animaux.
Mercredi 8 mai 2024
10h Accueil des participants et des participants. Visite de la ferme de Philippe, il est en cours d’installation. Toutes les questions à ce sujet seront les bienvenues.
Repas partagés.
l’Après-midi on parlera attelages, harnachement et débourrage. Présentations, échanges.
Jeudi 9 mai 2024
à partir de 10h selon la météo, on fera du travail du sol, charroi de fumier ou bien de bois, débardage.
Repas partagés.
l’Après-midi on continue
Ces moments permettent de présenter et d’échanger sur les différentes techniques, matériels, de se mettre en situation réelle.
Vendredi 10 mai 2024
10h Démonstration de fauchage à la main. Utilisation du faux dans un système résilient. Récolte de fourrage vert.
Repas partagé, échange sur la pertinence de la création d’une ferme-école. Les personnes intéressées peuvent d’ores et déjà se faire connaître par le Messenger du Facebook d’attelages bovins d’aujourd’hui ou auprès de Christine 06 86 47 21 31.
L’Après-midi
●Conférence de Christian Vallet archéologue : La genèse de l’attelage bovin.
avec présentation de documents et artefacts reconstitués d’après la démarche d’archéologie expérimentale.
●Conférence de Paul Starkey, Traction Bovine : Une Perspective Globale Paul est un spécialiste de la traction animale et du transport rural. Consultant pour la FAO sur un programme spécial de sécurité alimentaire et auteur de nombreux articles et ouvrages
Ensuite viendra l’ ○Assemblée générale de l’Association Attelages Bovins d’Aujourd’hui.
S’en suivra la préparation d’un repas cuisiné en commun à la ferme
Repas et soirée festive.
Samedi 11 mai 2024
10h Préparation des attelages en vue d’un défilé pour l’après-midi
11h30 Présentation par la famille Juston, Lydie et Nelly, d’une publication sur les attelages à grands effectifs et annonce du lancement de la réédition tant attendue du livre de François Juston « Quand la corne arrachait tout… »
Repas partagés
14h mise en place du défilé
15h départ du défilé pour le bourg de Châtelus-Malvaleix qui accueillera sa foire aux vins
Repas suivi partagé d’une dernière soirée ouverte avec vos instruments, votre musique, vos voix, vos danses, jonglage, poésie, histoires ou tout autre.
Dimanche 12 mai 2024
la matinée permettra de visiter la foire aux vins et aux livres de Châtelus-Malvaleix.
la foire aux livres accueillera des ouvrages sur la traction animale
Dernier repas partagé de cette rencontre.
l’après-midi certaines et certaines reprendront la route. Des démonstrations se feront suivantes les participants-es encore sur place.
Voilà un programme bien dense qui, nous l’espérons, permettra à toutes et à tous d’y trouver des ressources adaptées à vos attentes.
Il existe encore quelques incertitudes quand à la participation d’autres intervenants. Nous vous tiendrons informés-es en cas d’ajouts dans ce programme.

Création de l’association Violette et François JUSTON, archives autour des attelages de bovins

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« Quand la corne arrachait tout » couverture de la première édition

Elvire Caspar nous communique ce texte au sujet de la création d’une association autour de l’oeuvre de François Juston son grand-père.

Il a beaucoup milité pour les attelages de boeufs et a en particulier écrit un ouvrage de référence: « Quand la corne arrachait tout ».

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François JUSTON, connu pour son ouvrage « Quand la corne arrachait tout », édité en 1994, a mené les bœufs dans la ferme familiale en Ardèche (Saint Maurice en Chalençon) jusqu’à 40 ans. Puis la vie l’a poussé à travailler comme salarié dans une autre exploitation, où l’unique vache servait à donner du lait et un veau de temps en temps, mais pas le temps pour l’attelage…

Toutefois, passionné qu’il était, il n’a jamais cessé de participer aux recherches sur l’attelage bovin, tant sur son histoire que sur son présent et son avenir. Une partie de la collection d’images et de textes qu’il a accumulée est aujourd’hui conservée au Musée national des arts et traditions populaires (13). L’autre partie est chez nous, sa famille.

Ce petit encart a pour but de vous faire savoir que Nelly et Lydie JUSTON, ses filles, et moi-même, sa petite fille, avons créé l’association Violette et François JUSTON (sans le soutien de sa femme Violette, François n’aurait pas été aussi loin dans ses recherches).

Son objectif est de protéger, promouvoir et diffuser ces ouvrages, en commençant par rééditer Quand la corne arrachait tout, épuisé très rapidement lors de sa parution.

Si vous souhaitez faire partie des premiers soutiens de cette association qui a beaucoup de travail devant elle, vous pouvez adhérer en envoyant un chèque (à l’ordre de l’Association Violette et François JUSTON), à l’adresse en fin d’article, la cotisation étant de 5 euros.

Et si vous souhaitez faire partie des futurs soutiens, vous pourrez acheter le livre réédité courant 2020 (si tout se passe bien !).

 

Elvire CASPAR

Association Violette et François JUSTON

Logement communal

65240 ARDENGOST

06 03 94 77 37

asso.vfjuston@laposte.net

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Extrait de Quand la corne arrachait tout :

 

A titre d’introduction :

                        La plume et l’aiguillon.

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            Ce recueil d’un savoir complexe et mouvant, en voie de très proche disparition, est inséparable de la vie de son auteur. François JUSTON se présente lui-même.

 

            Un dur chemin.

 

            « Né le 4 août 1920, aîné de famille nombreuse, Ardéchois par mon père, Cévenol et Alsacien par ma mère, j’aime fidèlement le Massif Central, ses aspects, son histoire, les traces et souvenirs du métier exigeant de bouvier.

            Ainsi que beaucoup d’autres, à première vue moins bien placés, j’ai dû quitter en janvier 1960, net d’emprunts et amélioré, le bien familial, acquis voici fort longtemps par mon trisaïeul Mathieu Juston, dit le Cadet, le 9 ventôse, an XIII.

            Je n’ai servi que trois employeurs de l’enfance à la soixantaine : mon père en Ardèche ; un aviculteur-accouveur près de Valence ; et enfin une grosse société avicole près de Romans. Pour un homme atteint dans son corps par des sciatiques répétées pendant vingt-quatre ans, passer du bétail inscrit ou réputé… au poussin anonyme qui reflue par vagues et par milliers, passer de l’attelage heureux, fier et personnalisé… à la pintade bruyante et brise-tout, ce fut un crève-coeur accompagné de bien d’autres découvertes.

 

            Bouvier toujours.

 

            Sans négliger mon gagne-pain et d’autres activités culturelles, le bouvier recyclé que j’étais a trouvé des interlocuteurs, des amis, des correspondants. Des gens de tous horizons : fermiers, éleveurs, techniciens, vétérinaires, bibliothécaires. Pourquoi un tel acharnement ? Voici des éléments de réponse.

            La bibliothèque agricole de mon grand-père maternel – très érudit – et ses souvenirs de l’Italie Centrale avaient constitué pour moi un premier ferment du besoin d’apprendre. J’ai ensuite engrangé des observations faites sous l’uniforme des troupes alpines en Piémont, Alsace, Bavière et Autriche. S’y rajoutent les souvenirs de quatre années très dures de sécheresse, durant l’Occupation. Enfin, mes réflexions sur les incohérences multiples de l’élevage bovin dans le Massif Central et le maigre apport de la documentation agricole dans la période 1880-1945.

            Un tel foisonnement de sources contradictoires ne m’a pas rebuté. Je me suis peu à peu orienté vers l’étude de populations bovines traditionnelles ou négligées, et tout particulièrement des bovins d’ouvrage en tous pays. Il en est résulté plusieurs articles ou fascicules répondant à des demandes précises :

            « Permanence et variations, ou la génétique vue par un homme de terrain » (signalé par J.J. Lauvergne et R. Laurans dans leur bibliographie signalétique, 1961-1979)

            « Des vaches Ferrandaises, pour quoi faire ? »

            « Chars et boeufs de la préhistoire saharienne »

            « Virabio » (encouragé par F. SIGAUT, alors secrétaire de l’A.F.M.A.) et deux fascicules écrits à l’usage de nouveaux bouviers-charretiers-laboureurs d’Afrique (équipe Projet d’Action Educative Togo, de Quimper).

Plusieurs articles, non incorporés dans cet ouvrage, sont centrés sur les attelages bovins exceptionnels à grands effectifs, attelages attestés par des récits de voyages, des photos ou des films.

 

            La fuite des ans.

 

            Le temps a des conséquences irréversibles. C’est pourquoi Jean CUISENIER lançait dans son éditorial de juin 1984, cet avertissement : « Si d’autres bouviers ne viennent pas parler d’eux-mêmes, recueillons au moins les traces visibles et sonores de leurs pratiques ». (in Bulletin de l’A.F.M.A.)

            Je me suis alors rendu compte qu’il y avait mieux à faire. J’ai voulu dégager, comparer, creuser, expliquer des faits tangibles, le plus souvent ignorés. Ainsi en est-il de « six caractéristiques importantes des jougs de tête » (page 60). Importantes pour l’action mécanique du moteur vivant ; pour la liberté d’esprit du bouvier ; pour l’ethnologue qui veut dépasser les routines, les apparences, les préjugés…

            Comparativement à l’étude précitée, les éléments d’un lexique » (page 121) – sous la direction de Mr J.M. DUPLAN – ont été une tâche bien plus aisée et agréable à réaliser. D’autres mots occitans survivent, plus ou moins altérés, en Bourbonnais par exemple.

           

            Se comprendre.

 

            Sous le titre « les bovins enjougués découverts par l’image » (page 146), le dernier quart de l’ouvrage constitue une initiation directe à une langue étrangère. Il se veut accessible à un public non averti. J’ai envisagé un emploi possible de cette cinquantaine de pages sous forme d’affichage, dans un musée ou une exposition. Il faut que « ça saute aux yeux ». L’avantage pédagogique des silhouettes, c’est qu’elles éveillent l’active et sympathique attention des visiteurs. En effet, les bovins traditionnels ou exotiques sont devenus totalement étrangers à la population urbaine et souvent même aux gens de la terre.

 

            Découvrir.

 

            L’espèce bovine domestiquée a été mêlée à toutes sortes d’agricultures, de techniques, de migrations, de religions, depuis des époques très éloignées où la forêt feuillue, ou même la forêt-galerie, jouaient un rôle modérateur et nourricier, souvent favorable à la vache. Et ceci aussi bien en Inde qu’en Afrique, en Hongrie qu’en Scandinavie.

            Plus près de nos préoccupations, mon voeu constant peut se résumer ainsi : voir un jour des chercheurs qualifiés tirer parti de ma longue quête. Si les disciplines scientifiques sont parfois rivales ou pointilleuses, nous somme tous, finalement, solidaires dans la recherche du vrai ».

 

                                                                                                          F.J., février 1990

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Elvire aux rencontres de bouviers en Alsace chez Philippe Kuhlmann à Soultzeren en 2015 sur les pas de son grand-père